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Ma sélection de podcasts à écouter – Episode 39

Épisode diffusé le 6 août 2020 par Estelle Ballot

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Les podcasts pour entrepreneurs qui valent vraiment quelque chose, ceux qu’on écoute deux fois parce qu’on a raté un truc la première fois – ils sont rares. Estelle Ballot, fondatrice du Podcast du Marketing, en a listé six dans un épisode estival un peu particulier. Pas les blockbusters que tout le monde cite. Les vrais, ceux qui sont enregistrés dans son téléphone depuis des mois. Et franchement, la liste m’a surpris.

Ce qui m’intéresse dans ce genre d’épisode – celui où quelqu’un ouvre son téléphone et te montre ce qu’il écoute vraiment – c’est que tu apprends plus sur la personne que sur les podcasts. Les choix d’Estelle Ballot racontent quelque chose : une obsession pour le concret, une vraie curiosité pour la psychologie des sportifs, et une fascination pour les marques qui savent raconter une histoire sans tomber dans le corporate.

Six podcasts. Des registres complètement différents. Et un fil conducteur qu’elle ne dit jamais explicitement mais qui traverse tout : la force mentale comme compétence business.

Amy Porterfield et les podcasts pour entrepreneurs qui fixent un standard

Commençons par l’aveu le plus intéressant. Estelle Ballot lance son épisode en parlant d’un podcast de marketing digital – ce qui est logique – mais surtout en disant que c’est celui qui lui a donné envie de créer le sien. C’est Online Marketing Made Easy d’Amy Porterfield.

700 000 abonnés. Américain. Un épisode par semaine, chaque jeudi.

« C’est littéralement mon podcast préféré et de très loin. C’est celui pour moi qui surpasse tous les autres, celui dont je suis une fan absolue, celui qui m’a donné envie de créer le podcast du marketing et dont je me suis beaucoup inspirée pour créer mon format. »

Voilà. Dit comme ça, c’est presque trop. Mais ce qui m’a accroché, c’est la nuance qu’elle ajoute juste après : le ton est trop enjoué, trop américain, trop de superlatifs pour un palais français. Elle le dit clairement. Et pourtant elle l’écoute depuis des années. Ce décalage entre la forme qui agace et le fond qui nourrit – c’est exactement ce qu’on vit avec la plupart des ressources en anglais disponibles sur le marketing.

La barrière de la langue filtre naturellement une partie de l’audience. Ceux qui passent outre accèdent à un niveau de structuration pédagogique qu’on trouve rarement en France. Amy Porterfield a compris un truc que beaucoup de créateurs de contenu français n’ont pas encore intégré : la régularité industrielle combinée à une vraie valeur d’usage par épisode, c’est ce qui crée la dépendance. Pas le buzz. La régularité.

Pour les entrepreneurs qui cherchent à attirer des clients, ce type de format – dense, actionnable, hebdomadaire – est un modèle à étudier autant qu’à consommer.

Joseph Dono et la pub Facebook expliquée à ceux qui en ont peur

Deuxième podcast de la liste : No Pay No Play. Joseph Dono, spécialiste de la publicité Facebook, qui sort un épisode toutes les deux semaines.

Ce que dit Estelle Ballot sur lui mérite qu’on s’y arrête.

« Joseph, c’est un vrai pro de la pub Facebook, il travaille pour de grands groupes et puis il donne des cours en école de commerce et surtout, il a cette faculté à expliquer clairement un concept compliqué. »

La faculté à expliquer clairement un concept compliqué. C’est exactement ça qui manque dans 80% des contenus sur la pub digitale. On a soit le théoricien qui te noie dans le vocabulaire de l’API Meta, soit le praticien qui te balance des screenshots de ses comptes publicitaires sans contexte. Joseph Dono semble être dans une troisième case – celle du technicien qui a aussi un cerveau pédagogique.

L’algorithme Facebook change en permanence (c’est même son principal défaut comme outil de formation – ce qu’on apprend aujourd’hui est partiellement obsolète dans six mois). Mais comprendre la logique profonde de comment un algorithme publicitaire pense, ça, c’est une compétence durable. Et c’est apparemment ce que propose ce podcast.

Ce point rejoint d’ailleurs ce qu’on explore dans cet article sur les outils digitaux essentiels à la stratégie d’entrepreneur – maîtriser un outil, c’est d’abord comprendre sa mécanique interne avant de toucher aux boutons.

Le Monde d’Hermès, ou ce qu’un podcast de marque peut vraiment faire

Là, on change complètement de registre. Et c’est probablement la recommandation la plus intéressante de la liste pour quiconque s’intéresse au branding.

Le Monde d’Hermès. Un podcast de marque. Produit par Hermès. Et pourtant – ce n’est pas un publicast.

« On rentre pas dans la boutique, non, on rentre dans l’atelier, on vient s’asseoir juste à côté de l’artisan et pas n’importe quel artisan, c’est à côté de l’artisan d’art qu’on est assise. Donc on touche à l’essence de ce qu’est le travail d’Hermès… les bruitages sont parfaitement choisis, rien n’est laissé au hasard. »

Ce que réussit Hermès ici, c’est l’exercice le plus difficile du brand content : parler de soi sans parler de soi. L’atelier, les mains, le cuir, les sons – c’est Hermès sans jamais citer Hermès. C’est la marque incarnée dans un geste, pas dans un slogan.

Pour les podcasts pour entrepreneurs qui réfléchissent à leur propre contenu de marque – et ils sont de plus en plus nombreux à franchir le pas – c’est une masterclass à écouter en notant. Pas pour copier le budget de production d’Hermès (irréaliste), mais pour comprendre le principe : le détail sensoriel comme vecteur d’identité. Les cigales dans l’épisode sur la bastide du Sud. Le son du cuir travaillé. Ces choix ne sont pas du luxe, ce sont des décisions éditoriales que n’importe quelle marque peut transposer à son échelle.

La question que ça pose, en revanche : est-ce que la plupart des petites marques qui lancent un podcast ont réellement réfléchi à ce niveau de détail ? Je pose la question sincèrement.

Commencer, le podcast qui suit des entrepreneurs comme une caméra de cinéma

Quatrième recommandation. Et celle-là, je l’avoue, je ne la connaissais pas.

Commencer, produit par le Studio Nouvelle Écoute. Un podcast en saisons, qui suit des entrepreneurs dans leur aventure de création d’entreprise. Format documentaire, caméra à la main, avec les galères et les petites victoires.

La saison 3 au moment de l’épisode : Martin et Robinson, qui rêvent de monter un restaurant dans le Sud. La bastide, les parents qui co-investissent, les cigales en fond sonore. C’est presque romanesque. Et c’est précisément pour ça que ça marche – parce que la création d’entreprise est fondamentalement une histoire, avec des personnages, des obstacles, des rebondissements.

Ce format narratif long autour de l’entrepreneuriat fait quelque chose que la plupart des contenus business ne font jamais : il montre l’échec en temps réel, pas rétrospectivement. Pas le « j’ai failli couler mais j’ai réussi » qu’on entend dans 95% des interviews de fondateurs. Le « là maintenant, je ne sais pas si ça va marcher ».

C’est aussi ce qui explique pourquoi certains épisodes du catalogue du Podcast du Marketing – comme celui sur passer du rêve à la réalité en tant qu’entrepreneur – touchent juste : ils ne lissent pas la tension inhérente au processus.

Extraterrien : ce que les champions ont que les entrepreneurs oublient de travailler

Cinquième podcast. Barthélémy Fend reçoit des grands sportifs. Estelle Ballot n’est « pas une grande sportive » – elle le dit en précisant que son frère éclaterait de rire si elle prétendait le contraire (ce genre d’autodérision, c’est rare dans les contenus business, et c’est pour ça que ça passe bien).

Ce qui l’intéresse dans Extraterrien, c’est la psychologie. La force mentale. Et elle cite un exemple qui claque.

« Alexis Enquinquin a été champion de France de full-contact et a malheureusement subi un très très grave accident et a été amputé d’une jambe. Sa façon à lui de ne pas sombrer, ça a été de chercher un nouveau sport à pratiquer et puis alors si possible, un sport franchement difficile. Donc il choisit l’un des plus durs, c’est le triathlon. Et puis aujourd’hui, il est trois fois champion du monde. »

Trois fois champion du monde. Amputé d’une jambe. En triathlon. Je n’ai rien à ajouter à ça.

Ce qui m’intéresse dans cette recommandation, c’est la conviction sous-jacente : les principes qui font les champions sportifs sont transposables au business. Ce n’est pas une idée nouvelle – des dizaines de livres l’ont explorée – mais le format podcast avec des témoignages bruts de sportifs de haut niveau la rend beaucoup plus viscérale qu’un chapitre de livre de management.

Pour les entrepreneurs qui travaillent leur passage à l’action face aux blocages, ce type de contenu est probablement plus efficace qu’une énième formation sur la productivité. La force mentale ne s’apprend pas dans un spreadsheet.

Et d’ailleurs, cette logique rejoint ce que raconte Edgar Grospiron – champion olympique de ski – dans un autre épisode du catalogue, sur la façon dont plaisir et succès se combinent chez les athlètes de haut niveau. Deux sources différentes, même conviction.

Change ma vie, et la phrase qui a arrêté Estelle Ballot dans le hall de la Gare du Nord

Dernier podcast de la liste. Et le plus connu – Change ma vie de Clothilde Dusoulier. Estelle Ballot prend la peine de dire que c’est probablement le premier podcast français qu’elle a écouté, découvert via une amie d’amie, par une recommandation en cascade.

C’est exactement comme ça que les bons podcasts pour entrepreneurs circulent – pas par les algorithmes, par les conversations.

Ce qui retient l’attention dans son témoignage, ce n’est pas la présentation du podcast (développement personnel, voix apaisée, conseils actionnables – c’est déjà beaucoup dit ailleurs). C’est l’anecdote précise : le hall d’attente de l’Eurostar, Gare du Nord, une phrase qui la cloue sur place.

« Elle explique que nous sommes seuls responsables de nos émotions. Nous sommes seuls responsables de l’impact qu’un événement va avoir sur nous. Autrement dit, si quelqu’un me fait une critique très dure, c’est moi seul et les émotions que je vais y associer qui va donner de l’importance ou non à cette critique. »

Ce n’est pas une idée nouvelle – la philosophie stoïcienne dit ça depuis 2000 ans, et les thérapies cognitives l’ont formalisé depuis les années 60. Mais entendre ça au bon moment, dans le bon contexte, avec la bonne voix – ça change quelque chose. C’est la promesse de tout contenu audio bien fait.

Ce qui m’agace un peu dans les podcasts de développement personnel en général, c’est qu’ils vendent souvent une forme de facilité émotionnelle qui n’existe pas. Estelle Ballot le dit elle-même : « ça ne veut pas dire qu’il est facile de contrôler ses émotions, nous ne sommes pas des robots ». La nuance est là. Elle est importante.

La connaissance de soi, la gestion des émotions face à l’échec, la capacité à ne pas se laisser détruire par une critique injuste – ce sont des compétences qui se travaillent, comme le syndrome de l’imposteur que beaucoup d’entrepreneurs connaissent bien et qu’on aborde dans cet épisode dédié. Et les podcasts pour entrepreneurs qui traitent ce sujet sérieusement – sans vendre du bonheur en poudre – sont beaucoup plus rares qu’il n’y paraît.

Six podcasts. Des registres qui ne se ressemblent pas. Et la même logique partout : apprendre quelque chose d’utile, maintenant, sans passer par la case théorie pendant six mois. C’est peut-être finalement ça, la vraie définition d’un bon podcast pour entrepreneurs – pas le format, pas la fréquence, pas le nombre d’abonnés.

Questions fréquentes

Quels sont les meilleurs podcasts pour entrepreneurs en français ? +
Change ma vie de Clothilde Dusoulier, Commencer du Studio Nouvelle Écoute et No Pay No Play de Joseph Dono sont parmi les références francophones les plus solides. Change ma vie traite de développement personnel avec une approche très pragmatique, Commencer suit des créateurs d'entreprise en temps réel dans un format documentaire, et No Pay No Play démystifie la publicité Facebook pour les entrepreneurs qui veulent lancer leurs premières campagnes.
Quels podcasts pour entrepreneurs écouter en anglais quand on débute ? +
Online Marketing Made Easy d'Amy Porterfield est la référence citée par Estelle Ballot. Avec plus de 700 000 abonnés, un épisode par semaine et un format très structuré, c'est un bon point d'entrée même si le ton très américain peut surprendre au début. L'investissement de comprendre l'anglais en vaut la peine pour accéder à ce niveau de qualité pédagogique.
Les podcasts pour entrepreneurs peuvent-ils vraiment remplacer une formation ? +
Non - et prétendre le contraire serait malhonnête. Les podcasts pour entrepreneurs offrent de l'inspiration, des frameworks et des exemples concrets, mais ils ne remplacent pas la mise en pratique ni l'accompagnement personnalisé. Ils sont plus efficaces utilisés comme déclencheurs de réflexion que comme tutoriels step-by-step.
Comment la force mentale des sportifs s'applique-t-elle à l'entrepreneuriat ? +
C'est précisément le sujet du podcast Extraterrien de Barthélémy Fend. Des sportifs de haut niveau comme Alexis Enquinquin, trois fois champion du monde de triathlon après une amputation, montrent que la capacité à reconstruire un projet après un échec brutal est une compétence mentale avant d'être une compétence technique. Ce principe se transpose directement à l'entrepreneuriat.
Qu'est-ce qu'un podcast de marque réussi ? L'exemple d'Hermès +
Le Monde d'Hermès est souvent cité comme référence du brand podcast bien fait. La clé : immersion dans l'atelier plutôt que promotion de la boutique, bruitages soigneusement choisis, narration sensorielle. Le principe transposable pour n'importe quelle marque est simple - incarner ses valeurs dans des détails concrets plutôt que les énoncer.
Combien de temps faut-il consacrer aux podcasts pour entrepreneurs par semaine ? +
Pas de réponse universelle. Estelle Ballot écoute ses podcasts pour entrepreneurs sur les temps morts - transports, jogging, attente à la gare. L'avantage du format audio est précisément de se glisser dans des créneaux inutilisables autrement. Mieux vaut écouter un épisode correctement deux fois que cinq en accéléré en ne retenant rien.

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