poser ses limites en business

#126. Se respecter, poser ses limites : la vraie liberté

Épisode diffusé le 5 mars 2026 par Aurélie Gauthey

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Poser ses limites en business, c’est le genre de sujet qu’on aborde en théorie – dans les livres de développement personnel, dans les posts LinkedIn bien formatés – et qu’on bâcle complètement dans la vraie vie. Aurélie Gauthey, mentor business depuis 8 ans et créatrice du podcast Née pour Impacter, a choisi de faire autrement dans son épisode 126 : raconter les situations réelles, sans enrobage, sans version édulcorée. Pas de leçon magistrale. Des coulisses brutes.

Ce qui frappe dans cet épisode – et je l’ai écouté deux fois parce que la première fois je me suis un peu perdu dans les anecdotes – c’est que chaque exemple concret touche quelque chose que beaucoup d’entrepreneurs ont vécu. Cette sensation de rester dans une conversation qui vous plombe. De répondre oui à un questionnaire que vous ne remplirez jamais. De courir après une collaboration pendant trois mois en espérant que ça va se débloquer.

Aurélie a généré 4 millions d’euros de chiffre d’affaires avec son équipe. Elle accompagne des femmes entrepreneures qui veulent passer au palier supérieur sans se disperser. Et pourtant, l’épisode ne parle pas de stratégie de croissance. Il parle de brosse à dents oubliée dans un hôtel de campagne. De femmes qui regardent par la vitre d’une voiture. De la différence entre décider à partir de la peur ou à partir de soi.

C’est ça qui m’a accroché. On va décortiquer ça ensemble.

Ce que personne ne dit sur poser ses limites en business

La blessure du rejet. Aurélie commence par là, et franchement, c’était inattendu pour un épisode de podcast business. À 7 ans, des copines lui disent qu’elle ne peut pas jouer avec elles. Au collège, ses parents doivent la changer d’établissement parce qu’elle est harcelée – à cause de ses yeux bleus, parce qu’elle venait de la campagne. Et à 17 ans, la rue.

Ces éléments biographiques ne sont pas là pour émouvoir. Ils expliquent un mécanisme précis : quand on a vécu le rejet en boucle, on développe un réflexe de survie qui consiste à dire oui à tout pour être aimé. À se contorsionner. À remplir les questionnaires qu’on ne voulait pas remplir, à rester dans les conversations qui plombent, à courir après les collaborations qui ne respectent pas les dates.

« J’ai souvent eu cette posture de je veux être aimé à tout prix parce que j’ai connu la dépendance, la dépendance affective, le lien anxieux à l’autre pour plein de raisons. Et toutes ces blessures m’ont amené à me changer, à m’abandonner régulièrement pour être aimé. »

Voilà. Le vrai point de départ, c’est pas une technique. C’est une blessure qu’on a compensée pendant des années.

Ce que ça implique concrètement pour poser ses limites en business, c’est que le travail n’est pas d’apprendre à dire non – c’est de comprendre depuis quel endroit on dit oui. Est-ce qu’on dit oui parce que c’est aligné ? Ou parce qu’on a peur d’être rejeté si on dit non ?

La tempête qui n’a pas eu lieu : décider à partir de soi ou à partir du bruit

Première anecdote concrète. Un matin, une personne prévient Aurélie qu’il y a une alerte météo – vents violents, pluie – sur la route de son rendez-vous personnel, un rendez-vous qu’elle attendait depuis un mois. Le réflexe humain : se renseigner, vérifier, hésiter.

Elle est allée sur ChatGPT. Elle a appelé une amie qui paye un abonnement météo premium (ce détail-là m’a amusé – on est tous pareils). Et en moins de 3 minutes, elle s’est posé la vraie question :

« Quel est ton choix ? De ne pas y aller, de reporter ou de rester si tu pars du principe qu’il n’y a pas un énorme danger mais que faut faire attention ? Qu’est-ce que tu fais d’une façon libre et non pas à partir d’un espace de peur ? »

Elle y est allée. À 18h30, il y avait du soleil. La tempête n’a pas eu lieu.

Ce qu’elle pointe ici dépasse largement l’anecdote météo. L’extérieur – les avis des proches, les commentaires des collègues, les warnings des réseaux sociaux – va constamment tenter d’influencer vos décisions. Lancer un podcast, changer de ville, arrêter une collaboration : il y aura toujours quelqu’un pour dire que c’est risqué. Poser ses limites en business, ça commence par là – savoir depuis quel endroit on prend la décision.

Et la liberté financière n’est pas que dans les chiffres. Elle est dans le fait de pouvoir dire : si je me retrouve bloquée sur la route, je prends un hôtel, j’achète une brosse à dents, c’est OK. Le business qu’elle a construit en 8 ans lui permet de prendre 2-3 jours off sans que ça ne change rien. C’est ça, la vraie liberté – enfin, celle qu’elle décrit. Certaines entrepreneures dans des phases de lancement n’ont pas encore cette marge. La limite du modèle, elle existe.

La femme à la station essence et le prisme de réalité

Deuxième situation. Plus courte, mais peut-être la plus frappante intellectuellement.

Aurélie est dans une voiture à la station essence. Son compagnon remonte et lui dit : une femme est venue se coller à sa vitre deux fois pour la regarder, puis s’est approchée pour critiquer la grosse voiture – «quel est l’intérêt d’avoir une telle puissance ?»

Aurélie n’avait rien vu. Rien. La femme était venue deux fois devant elle, et elle n’avait pas levé les yeux.

« Ce que je veux vous faire comprendre dans ce mini exemple, c’est que quand les choses n’existent pas dans ton prisme, dans tes pensées, dans tes peurs, ça n’existe pas dans ta vie. »

C’est exactement le problème – et c’est vrai dans les deux sens. Les haters qu’elle dit ne jamais avoir eus : peut-être qu’ils existent quelque part, mais ils n’ont aucune prise parce qu’ils ne trouvent pas d’écho dans ses propres peurs. À l’inverse, une cliente qui donne une conférence devant des centaines de personnes et fixe l’unique spectateur qui fait autre chose – elle a mis toute son énergie sur le seul signal négatif. 19 places vendues dans une cohorte, et elle s’acharne mentalement sur les 3 qui ne répondent pas aux relances.

Où est le focus, où va l’énergie. Ce n’est pas une loi de l’attraction façon pensée magique. C’est une question d’attention sélective qui a des effets concrets sur l’état émotionnel, donc sur les décisions, donc sur les résultats. Pour aller plus loin sur ce qui freine vraiment les revenus en business, un autre épisode de ce podcast creuse le sujet différemment.

Trois mois de relances : poser ses limites en business et quitter une collaboration

Là on entre dans quelque chose que beaucoup ont vécu mais peu osent nommer.

Aurélie contacte une entrepreneur pour la faire intervenir dans son programme Liberté Indécente en tant qu’experte invitée. La personne dit oui. Puis les réponses s’espacent – plusieurs jours, plusieurs semaines sur Instagram. Aurélie propose WhatsApp pour fluidifier. Elle pose 4-5 questions, elle en reçoit une réponse. Trois semaines passent. Elle relance. Re-silence partiel. Ça dure trois mois.

Trois mois. Sans date confirmée. Sans réponses complètes.

« Je me suis dit là c’est plus OK. C’est plus OK parce que moi j’ai cette sensation de courir après la personne. Et moi, une collaboration, c’est un échange. C’est pas une qui sert l’autre sur un plateau, c’est elle m’apporte autant que j’y apporte. »

Elle envoie un audio. Clair, sans agressivité : on en reste là, je ne donne pas suite, je te souhaite de prendre soin de toi. Fin.

Ce qui m’a frappé dans cette séquence, c’est qu’elle ne cherche pas à analyser pourquoi la personne a agi comme ça. Peut-être qu’elle avait changé d’avis sans oser le dire. Peut-être qu’elle s’est fait déborder. Peut-être qu’elle n’a pas su gérer son agenda. En vrai, dit Aurélie – et c’est une formule qui mérite qu’on s’y arrête – «on s’en fout». Le point important : où est-ce que toi tu mets tes propres limites ? Pas en fonction de l’intention de l’autre. En fonction de ce que toi tu acceptes.

Et le deuxième point, moins évident : on n’est pas obligé de rester engagée parce qu’on a dit oui à un moment T. Les conditions changent. L’engagement initial reste valide jusqu’à ce qu’il ne serve plus personne. Les freins à la croissance d’un business sont souvent là, dans ces collaborations qu’on maintient par loyauté ou par peur du conflit plutôt que par intérêt réel.

«Je n’y répondrai pas» – quand poser ses limites en business se joue en temps réel

Scène de networking. Une entrepreneur s’approche, admire ce qu’Aurélie fait, lui demande si elle peut lui envoyer un questionnaire pour son nouveau projet. Réaction habituelle de 99% des gens dans la salle :

«Oui, bien sûr, envoie-le moi, je regarde ça dès que je peux.»

Résultat habituel : questionnaire jamais rempli, ou rempli en 4 minutes à contrecœur, culpabilité diffuse, énergie gaspillée.

Aurélie a dit – en face, dans l’instant – «C’est pas utile que tu me l’envoies parce que je n’y répondrai pas.»

La stupéfaction sur le visage de l’interlocutrice. Et quand elle l’a raconté à une amie plus tard, même réaction : «Ah ouais, c’est faut oser dire ça face à la personne.»

« Mon temps, mon énergie aujourd’hui, j’en prends soin. Et mon énergie a de la valeur. Et aujourd’hui, si je commence à dire oui à toutes les personnes qui me disent non mais c’est un appel de 5 minutes, non mais remplis juste ça… à la fin, j’ai plus de vie. »

Dit comme ça, ça a l’air simple. Et pourtant, j’ai du mal à imaginer combien de personnes dans cette salle de networking auraient été capables de sortir cette phrase. Moi le premier, probablement pas.

Ce qui est intéressant, c’est l’argument qu’elle donne ensuite : elle ne le fait pas par arrogance. Elle le fait parce que dire oui et ne pas tenir, c’est moins respectueux que de dire non directement. C’est du respect de l’autre autant que de soi. La nuance est réelle – mais elle ne change pas grand-chose à la difficulté de l’exercice dans le moment.

Pour celles qui travaillent sur la peur de vendre et les blocages liés au regard des autres, ce type de situation de networking est un terrain d’entraînement direct.

Quitter la table et arrêter d’être un consulting gratuit sur pattes

Deux dernières situations, plus rapides à décrire mais tout aussi parlantes.

Première : une conversation entre femmes entrepreneurs qui démarre bien, sur les rapports hommes-femmes, et qui glisse progressivement vers quelque chose de lourd, de tranchant, d’épuisant. Aurélie sent le changement d’énergie. Elle quitte la table. Sans explication dramatique. Sans se justifier longuement. Elle part.

Et là, la vraie provocation de l’épisode : «il y a pas de par rapport à quelqu’un de normal». Si ça vous pèse, c’est que ça vous pèse. Point. La question de savoir si quelqu’un d’autre l’aurait pris différemment ne change rien à votre vécu. Poser ses limites en business – et dans la vie – ce n’est pas une compétence réservée aux hypersensibles. C’est une décision que n’importe qui peut prendre.

Deuxième situation : les événements de networking où, dès qu’on sait qu’Aurélie est coach business, les questions fusent. «Et tu ferais quoi à ma place ? Et ma stratégie c’est quoi ? Et ma visibilité pourquoi ça marche pas ?» Des soirées entières à se faire «vampiriser jusqu’à la moelle» – le mot est fort, il est juste.

Maintenant, elle redirige : «On prend un appel, j’ai une hotline, on y va.» Ou elle change de sujet. Ou elle part. Ce n’est pas de l’arrogance. C’est la reconnaissance que si elle reste et répond, elle est partie prenante de la situation. Elle l’accepte. Et donc, elle s’abandonne.

Ce mécanisme – rester dans une situation qui vous épuise et blâmer l’autre – est au cœur de ce que certaines entrepreneures vivent quand leur business les épuise sans qu’elles en comprennent les signaux. Le problème n’est pas toujours le modèle économique. C’est souvent là, dans ces petits endroits où on s’efface.

Bref. Six situations, six manières différentes de poser ses limites en business sans entrer en guerre avec qui que ce soit. La cohérence du tout, c’est ça : pas d’agressivité, pas de posture de victime, pas de leçon morale. Juste des choix faits depuis un endroit ancré plutôt que depuis la peur du rejet. Ce qui n’empêche pas que c’est difficile à mettre en pratique – Aurélie elle-même dit qu’elle n’aurait pas pu faire ça il y a quelques années. Il y a eu un chemin. Et un travail sur les blessures sous-jacentes. Ce qui nous ramène toujours à la même question : depuis quel endroit toi tu décides ?

Questions fréquentes

Comment poser ses limites en business sans passer pour quelqu'un d'arrogant ? +
La clé, c'est la manière et l'intention. Dire non directement et clairement - comme refuser de remplir un questionnaire qu'on ne remplira pas - est plus respectueux qu'un oui suivi d'un silence. On peut poser ses limites en business avec calme, sans agressivité, en expliquant brièvement pourquoi. Ce qui change tout, c'est d'agir depuis un endroit ancré plutôt que depuis la peur du jugement.
Que faire quand une collaboration ne respecte pas les délais ou les engagements ? +
Aurélie Gauthey recommande de relancer deux ou trois fois, en laissant un délai raisonnable. Si après trois mois le partenaire ne répond toujours pas complètement à vos questions et ne confirme pas les dates, c'est un signal clair. Elle préconise d'envoyer un message audio ou écrit, sans agressivité, pour mettre fin à la collaboration. On n'est pas obligé de rester engagé parce qu'on a dit oui à un moment T.
Comment poser ses limites en business quand on a peur d'être rejeté ? +
La peur du rejet vient souvent de blessures anciennes - rejet dans l'enfance, harcèlement, dépendance affective. Ce réflexe pousse à dire oui à tout pour être aimé. Le premier pas, c'est d'identifier depuis quel endroit on prend la décision : à partir de la peur, ou à partir de ce qui est vraiment aligné pour soi. Ce n'est pas un travail instantané, mais il commence par observer sa propre réaction face aux situations inconfortables.
Peut-on quitter une conversation ou un événement de networking sans être impoli ? +
Oui. Aurélie Gauthey le fait régulièrement quand une conversation devient basse en énergie ou qu'elle n'apporte rien de constructif. Elle quitte simplement la table, sans drame. On peut aussi rediriger la conversation ou s'excuser brièvement. L'impolitesse n'est pas dans le départ - elle est dans le fait de rester et de subir en silence, puis de s'en vouloir.
Comment arrêter de donner des conseils gratuits dans les événements pro ? +
La technique d'Aurélie est simple : dès que la conversation dérive vers un audit informel non sollicité, elle redirige vers son offre (hotline, appel diagnostic) ou change de sujet. Si elle reste et répond, elle considère qu'elle est elle-même partie prenante de la situation. La vraie question à se poser : pourquoi est-ce qu'on reste ? Besoin d'être utile, ego flatté, peur de décevoir ? La réponse dit quelque chose sur où en est le respect de soi.
Poser ses limites en business aide-t-il vraiment à augmenter ses revenus ? +
Pas directement, pas mécaniquement. Mais indirectement, oui : les collaborations toxiques ou déséquilibrées coûtent du temps, de l'énergie et de la concentration qui pourraient aller ailleurs. Les conversations vampirisantes épuisent. Et l'état émotionnel influence les décisions, la créativité, la capacité à vendre. Ce n'est pas un argument magique - c'est une question de gestion des ressources.

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