publicité facebook pour newsletter

#65 – Comment promouvoir une newsletter avec les Facebook Ads

Épisode diffusé le 10 novembre 2021 par J7 Académie

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Faire de la publicité facebook pour newsletter, c’est un cas à part. Pas du e-commerce. Pas vraiment de la lead gen classique non plus. C’est quelque chose d’intermédiaire – une offre gratuite, une promesse éditoriale, un pari sur l’engagement à long terme. Et la plupart des gens qui s’y lancent ratent dès la première étape, pas parce que l’outil est compliqué, mais parce qu’ils n’ont pas répondu à une question simple avant de dépenser le moindre euro : pourquoi est-ce que quelqu’un devrait s’abonner à ta newsletter plutôt qu’à une autre ?

Joseph Dono, consultant Facebook Ads depuis 2016 et fondateur de Neomedia, a posé cette question en ouverture d’un webinar organisé avec Jean Abbiateci – journaliste, ancien rédacteur en chef adjoint chez Heidi News et Le Temps, et créateur de Bulletin, une newsletter d’actualité positive qui a attiré 30 000 abonnés en un peu plus d’un an. Joseph n’est pas théoricien. Il a lui-même lancé une newsletter sur Istanbul en 2014, atteint 10 000 abonnés en douze mois, 30 000 en deux ans – avec 10 euros par jour de budget Facebook. C’est cet épisode de No Pay No Play qu’on décortique ici.

Le sujet est plus riche qu’il n’y paraît. Et les erreurs les plus fréquentes ne sont pas techniques.

Ce que John Wanamaker ne savait pas – et nous si

Joseph ouvre sa présentation avec une citation d’un entrepreneur américain du 20e siècle, John Wanamaker :

«Je sais que la moitié de ce que je dépense en pub va à la poubelle. Le problème c’est que je sais pas de quelle moitié il s’agit.»

C’est exactement le problème. Sauf que ce problème n’existe plus.

Le marketing digital – et la publicité facebook pour newsletter en particulier – a tout changé. On sait précisément quel euro génère quel abonné. On sait ce qui marche, ce qui plante, ce qui coûte trop cher. Et ça rend la pub accessible à des structures qui n’ont pas des budgets d’agence : un journaliste indépendant, un petit média, une rédaction de deux personnes.

10 euros par jour. 300 euros par mois. Pour Joseph sur Istanbul, ça représentait entre 1 000 et 1 500 nouveaux abonnés chaque mois. Ce chiffre n’est pas anodin – c’est à peu près ce que dépensait Jean Abbiateci pour Bulletin (entre 10 et 25 euros par jour, selon ses propres mots). Deux acteurs différents, deux newsletters différentes, le même constat : à petite échelle, ça fonctionne, à condition de ne pas se tromper de priorités.

Les trois priorités selon Joseph : le ciblage, le contenu créatif, l’analyse des stats. Sur le webinar, il a choisi de se concentrer sur les deux premières. C’est là que se jouent 80% des résultats.

Audiences froides, tièdes, chaudes : la distinction qui change tout

Avant même d’ouvrir le gestionnaire de pub, il faut répondre à une question que beaucoup esquivent : à qui tu t’adresses ?

Joseph est direct là-dessus. L’erreur classique, c’est de se dire «ma newsletter s’adresse à tout le monde». Sans portrait robot de ton lecteur idéal – ses centres d’intérêt, ses marques, ses valeurs, les figures d’autorité qu’il suit – tu vas créer des créas pour toi, pas pour eux. Et tu vas cibler au doigt mouillé.

Une fois ce travail fait (Joseph recommande le template Buyer Persona de HubSpot, une centaine de questions dont on pioche ce qui est pertinent), Facebook propose trois types d’audiences. La distinction importante n’est pas entre les trois catégories techniques, elle est entre deux états : froid et tiède/chaud.

Les audiences froides : des gens qui ne te connaissent ni d’Eve ni d’Adam. C’est là qu’on va chercher de nouveaux abonnés. On y retrouve les audiences principales (critères socio-démographiques : lieu, âge, centres d’intérêt) et les audiences similaires – ou lookalike – qui s’appuient sur une source que tu fournis à Facebook pour trouver des profils ressemblants.

Sur les lookalike, Joseph est très concret :

«Vous pourriez uploader votre fichier d’abonnés dans Facebook et dire à Facebook j’aimerais trouver des personnes qui ressemblent à ces 1000 ou 2000 abonnés que j’ai déjà. Vous n’avez pas besoin de savoir qui sont ces personnes. Facebook va le savoir bien mieux que vous.»

Dit comme ça, ça a l’air simple. Et en fait, c’est à peu près aussi simple que ça.

Les audiences personnalisées – les tièdes et chaudes – c’est tout le contraire. Ce sont des gens qui ont déjà eu un contact avec toi : visité ton site, interagi avec une vidéo, répondu à un événement Facebook. Ces audiences-là convertissent mieux. Logique : ils te connaissent déjà.

Et il y a un usage des audiences personnalisées que Joseph souligne comme souvent oublié : l’exclusion. Si tu as déjà 30 000 abonnés à ta newsletter, tu dois les exclure de tes campagnes d’acquisition. Montrer une pub «abonne-toi» à quelqu’un qui est déjà abonné, c’est de l’argent gaspillé et une façon d’agacer des gens qui t’apprécient déjà.

Jean Abbiateci a admis en direct qu’il avait longtemps oublié de le faire. (Ce qui est rassurant, d’une certaine façon – même les gens qui savent ce qu’ils font ratent les bases parfois.)

Pour ceux qui se lancent avec des audiences locales ou restreintes, comme un média strasbourgeois évoqué pendant le webinar, la bonne pratique des 500 000 à 1 million de personnes peut sembler inaccessible. Joseph est honnête : c’est une recommandation générale, pas une loi. On teste sur dix jours à 10 euros par jour, et les chiffres parlent vite. Sur le terrain de la publicité facebook pour newsletter, les questions de ciblage et de taille d’audience reviennent constamment, et il n’y a pas toujours de réponse universelle.

Landing page ou formulaire Facebook : la vraie question

Deuxième arbitrage clé quand on fait de la publicité facebook pour newsletter : où envoyer les gens pour qu’ils s’inscrivent ?

Deux options. La landing page dédiée : tu envoies les clics sur une page de ton site avec un formulaire. Tu as besoin du pixel Facebook pour traquer les conversions. C’est plus de friction (l’utilisateur quitte Facebook), mais tu gardés la main sur l’expérience et tu construis une audience de visiteurs retargetable.

Le formulaire Lead Gen intégré : l’utilisateur ne quitte jamais Facebook ou Instagram. Le formulaire s’ouvre directement dans l’application, les champs se pré-remplissent souvent avec les données du profil. Moins de friction, taux de remplissage généralement plus élevé – mais les contacts sont parfois moins qualifiés parce que l’effort fourni est moindre.

Joseph ne tranche pas. Son conseil : tester les deux. C’est une réponse qui peut sembler paresseuse, mais elle est honnête. Sur Facebook, ce qui marche pour une newsletter d’actualité positive ne marche pas forcément pour une newsletter B2B ou une publication spécialisée. La seule façon de savoir, c’est de dépenser 100 euros sur chaque option et de regarder le coût par abonné.

Ce qui est sûr : il faut une campagne de conversion ou une campagne de génération de prospects. Pas une campagne de trafic. Pas un boost de publication. Joseph est catégorique sur le bouton «Booster» visible sous chaque post Facebook :

«Ne faites pas ça. Ça franchement ça sert à rien. Vous avez une infime partie de toutes les possibilités de ce que l’outil offre.»

C’est exactement le problème. Le bouton booster est conçu pour être simple – trop simple. Il retire l’accès aux objectifs de campagne, aux options de ciblage précises, aux placements détaillés. En gros, tu donnes de l’argent à Facebook sans pouvoir vraiment contrôler où il va. Pour générer des prospects en continu via Facebook, le gestionnaire de publicité est non négociable.

publicité facebook pour newsletter : six conseils sur le contenu créatif

C’est la partie où les gens passent le moins de temps et où ils perdent le plus d’argent. Le ciblage peut être parfait, le budget raisonnable – si la pub n’accroche pas, personne ne clique.

Joseph structure ses conseils créatifs autour d’une idée centrale : la pub doit répondre à la question que personne ne pose mais que tout le monde se pose en scrollant son feed. «Pourquoi est-ce que moi je devrais m’abonner à cette newsletter ?» Pas «qu’est-ce que c’est», pas «qui vous êtes» – mais «qu’est-ce que j’y gagne, moi, maintenant ?»

Ce glissement de perspective – de l’émetteur vers le récepteur – change tout dans la rédaction du texte. La plupart des newsletters décrivent leur contenu. Ce qu’il faut faire à la place, c’est décrire la transformation ou le bénéfice vécu par le lecteur. «Chaque lundi, une sélection d’actualités positives pour commencer la semaine autrement» parle au lecteur. «Bulletin est une newsletter d’actualité créée par Jean Abbiateci» ne parle qu’à vous.

Sur le visuel, Joseph insiste sur le testing. Pas une image, pas deux – plusieurs visuels testés simultanément, sur la même audience, pour voir ce qui génère le meilleur coût par abonné. C’est là que les données prennent le dessus sur l’intuition.

Un point que je trouve souvent sous-estimé dans ces webinars sur la publicité facebook pour newsletter : la cohérence entre la pub et la landing page (ou le formulaire). Si ta pub promet une newsletter sur les bonnes nouvelles écolo, ta page d’inscription doit confirmer exactement ça en moins de cinq secondes. Tout écart entre la promesse et la réalité, et le taux d’inscription s’effondre.

Joseph évoque aussi l’importance du copywriting dans un cadre contraint – les formats Facebook n’autorisent pas des textes infinis. Chaque mot compte. Et paradoxalement, les pubs qui ressemblent à des posts organiques – sans trop de mise en scène publicitaire – ont souvent de meilleurs résultats dans un feed social. C’est un point que les meilleures publicités vidéo Facebook exploitent aussi : moins de polish, plus d’authenticité.

Le pixel, le RGPD et les choses qu’on oublie de dire

Deux sujets techniques abordés en webinar méritent d’être détaillés parce qu’ils créent souvent des blocages.

Le pixel Facebook d’abord. C’est un bout de code JavaScript à installer sur ton site – un peu comme Google Analytics – qui permet à Facebook de savoir quand quelqu’un qui a vu ta pub a ensuite réalisé une action sur ton site (remplir un formulaire, arriver sur une page de confirmation). Sans pixel, Facebook ne sait pas si ta campagne de conversion a converti. Il ne peut pas optimiser. Tu fais de la pub à l’aveugle.

Le pixel est indispensable si tu choisis la stratégie landing page. Pour les formulaires Lead Gen intégrés à Facebook, il est moins critique – les conversions sont traquées nativement dans le gestionnaire.

Le RGPD ensuite, sur la question de l’upload de fichiers d’abonnés. Une question a été posée pendant le webinar sur ce point. Joseph est transparent :

«Il faut avoir l’autorisation, c’est-à-dire qu’au moment où vous avez récolté les coordonnées de ces personnes, il faut que vous ayez récolté aussi leur consentement de partager leurs données avec des tiers. Si vous l’avez pas fait c’est pas RGPD compatible. Après c’est pas Facebook qui va aller vérifier.»

Voilà. C’est dit clairement. Facebook ne vérifie pas – mais la responsabilité est entièrement du côté de l’annonceur. Si ton formulaire d’inscription ne mentionne pas explicitement le partage avec des partenaires tiers, tu ne peux pas légalement uploader cette liste.

C’est une limite réelle de la stratégie lookalike pour les newsletters qui ont collecté des emails sans consentement RGPD explicite sur le partage. Pas dramatique si on repart sur une base propre, mais il faut en être conscient. Et c’est un sujet qui a pris encore plus d’importance depuis iOS 14 – l’impact d’iOS 14 sur le tracking Facebook a rendu les audiences first-party encore plus précieuses.

L’autre point souvent oublié : la validation de l’offre avant de dépenser. Joseph le formule comme un prérequis. Avant de lancer des campagnes d’acquisition, il faut avoir un minimum de signal que ton contenu plaît. Pas forcément 30 000 abonnés comme Jean Abbiateci – mais au moins assez de retours organiques pour savoir que tu tiens quelque chose. Lancer de la publicité facebook pour newsletter sur un concept non validé, c’est accélérer vers un mur.

Ce que les chiffres d’Istanbul ont changé

Le meilleur argument de Joseph dans ce webinar n’est pas technique. C’est son parcours.

2014. Une newsletter sur les bons plans d’Istanbul – «un My Little Paris pour Istanbul», dit-il. Flyers, totebags pour influenceuses, un peu de relations presse. La croissance était lente. Et puis il a testé Facebook. 10 euros dépensés, 30 à 40 abonnés. Il a trouvé ça magique, s’est intéressé au sujet, et progressivement tout son budget marketing est allé sur Facebook. Un an plus tard : 30 000 abonnés.

Ce n’est pas une histoire de génie du marketing. C’est une histoire d’itération rapide et de budget discipliné. 10 euros par jour, pas plus. Mais de manière consistante, sur les bonnes audiences, avec des créas testées.

C’est ça qui rend la publicité facebook pour newsletter accessible à des gens qui ne sont pas des annonceurs professionnels. Le ticket d’entrée est bas. Les données arrivent vite. Et si ça ne marche pas au bout de dix jours, tu as perdu 100 euros, pas 10 000. Pour comparer avec d’autres approches d’acquisition, la stratégie de Libération pour promouvoir ses newsletters avec Facebook Ads donne une perspective intéressante côté grands médias.

Ce qui n’est pas dit explicitement dans le webinar mais qui transparaît : la publicité facebook pour newsletter fonctionne particulièrement bien quand l’offre est claire et différenciante. Bulletin a 30 000 abonnés en un an parce que «de l’actualité positive, chaque lundi» c’est une proposition de valeur qui tient en une phrase. Plus la promesse est floue, plus le coût d’acquisition grimpe – l’algorithme ne sait pas qui cibler, les gens ne savent pas pourquoi s’abonner.

Et sur le fond, c’est peut-être la vraie leçon de cet épisode : avant de se demander comment faire de la publicité facebook pour newsletter, il faut se demander ce qu’on promet vraiment aux gens qui vont s’abonner. Tout le reste – audiences, pixel, landing page – vient après. Mais ça, c’est le travail éditorial, pas le travail publicitaire. Et Joseph lui-même le reconnaît implicitement en citant Jean en milieu de webinar :

«Je te coupe une seconde Joseph, au-delà de ça ça sert à tout hein, ça sert pas juste à la pub, ça sert aussi pour le design, pour créer le média quoi. C’est vraiment toutes ces questions là elles sont aussi utiles pour tout le reste hein pas seulement pour le marketing.»

La pub Facebook amplifie ce qui existe. Elle ne répare pas ce qui ne fonctionne pas.

Questions fréquentes

Combien ça coûte de faire de la publicité facebook pour newsletter ? +
Joseph Dono cite un budget de 10 euros par jour comme point de départ réaliste. Avec ce budget, il générait entre 1 000 et 1 500 abonnés par mois sur sa newsletter Istanbul. Jean Abbiateci dépensait entre 10 et 25 euros par jour pour Bulletin. L'idée est de tester sur une à deux semaines et d'évaluer le coût par abonné avant d'augmenter le budget.
Vaut-il mieux une landing page ou un formulaire Facebook pour collecter des abonnés newsletter ? +
Les deux ont des avantages. Le formulaire Lead Gen intégré à Facebook génère moins de friction et un meilleur taux de remplissage, mais des contacts parfois moins engagés. La landing page dédiée nécessite le pixel Facebook mais offre plus de contrôle sur l'expérience et permet de retargeter les visiteurs. Joseph Dono recommande de tester les deux et de comparer le coût par abonné obtenu.
Peut-on faire de la publicité facebook pour newsletter avec une petite base d'abonnés ? +
Oui. Joseph Dono indique qu'on peut créer des audiences lookalike à partir de 1 000 à 2 000 abonnés existants. Facebook analyse les profils fournis pour trouver des personnes similaires. La bonne pratique recommande des audiences entre 500 000 et 1 million de personnes, mais elle s'adapte selon le contexte géographique ou la niche.
Est-il RGPD compatible d'uploader sa liste d'abonnés sur Facebook ? +
Seulement si vous avez obtenu le consentement explicite de vos abonnés au moment de la collecte pour partager leurs données avec des tiers. Si ce consentement n'a pas été demandé, l'upload n'est pas conforme au RGPD. Facebook ne vérifie pas ce point - la responsabilité repose entièrement sur l'annonceur.
Faut-il installer le pixel Facebook pour promouvoir une newsletter ? +
Oui si vous utilisez une landing page dédiée avec une campagne de conversion. Le pixel permet à Facebook de traquer quelles personnes ayant vu votre pub ont ensuite rempli le formulaire d'inscription. Sans lui, l'algorithme ne peut pas optimiser la diffusion. Pour les formulaires Lead Gen intégrés à Facebook, le pixel est moins indispensable car les conversions sont traquées nativement.
Quand faut-il commencer la publicité facebook pour newsletter - dès le lancement ou après ? +
Joseph Dono conseille d'avoir d'abord validé son offre éditoriale - pas forcément une large audience, mais des signaux organiques que le contenu plaît. Lancer de la publicité sur un concept non validé revient à accélérer sans savoir si la route est bonne. Une fois la proposition de valeur claire, on peut démarrer rapidement, même avec une petite base.

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