contenu 3d pour e-commerce

#79 – La 3D accessible à tous les e-commerces pour créer du contenu publicitaire de qualité et en quantité avec Hugo Borensztein, CEO @Omi

Épisode diffusé le 27 février 2023 par Danilo Duchesnes

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Le contenu 3d pour e-commerce n’est plus une lubie de studio de design haut de gamme. C’est ce qu’Hugo Borensztein, co-fondateur et CEO d’Omi, a compris bien avant la plupart – depuis ses années chez Meta où il conseillait des annonceurs qui dépensaient plusieurs centaines de millions d’euros par mois sur Facebook et Instagram. Un jour, un grand capitaine d’industrie du luxe lui pose la question cash : comment est-on censé suivre le rythme en cadence de contenu ? Hugo n’avait pas de réponse. Personne n’en avait. C’est là qu’Omi a commencé à exister.

Ce qui est frappant dans cette histoire, c’est que la question ne venait pas d’une petite marque en galère avec son budget photo. Elle venait du top level. Des gens qui avaient les moyens de payer les meilleurs studios, les meilleurs photographes, les meilleures agences créa – et qui se retrouvaient quand même bloqués par la cadence que réclame le digital.

Six millions d’euros levés en 2022. Des clients comme Respire, La Roche-Posay, Clarins, Sync ou My Variations. Et un positionnement qui commence à faire parler dans les équipes marketing des DNVB françaises. Omi, c’est l’outil qu’on ne connaît pas encore – mais qu’on va vite se reprocher de ne pas avoir adopté plus tôt.

Quand le shooting photo devient le goulot d’étranglement de ta croissance

5 à 10 heures par semaine. C’est ce que les équipes marketing d’Omi ont mesuré chez leurs clients sur la seule création de contenu. Pour une marque en phase de lancement, ça représente facilement la moitié du temps d’un fondateur. Et encore, c’est quand tout se passe bien – quand le photographe est dispo, quand les produits sont en stock, quand le studio ne double pas ses tarifs.

Le vrai problème ? Ce n’est pas le coût unitaire d’une photo. C’est la combinatoire. Tu as 50 références produits. Tu veux 3 angles différents. Tu veux 4 contextes saisonniers. Tu veux de la photo ET de la vidéo. Le calcul devient vite vertigineux – et les marques qui font ce calcul jusqu’au bout arrêtent souvent au milieu.

Hugo Borensztein le formule simplement :

Le contenu que tu vas créer avec ton shooting, avec ton freelance en studio, il va périmer super vite. Tu vas pouvoir l’utiliser pendant plusieurs semaines, plusieurs mois dans des ads. Mais au bout d’un moment, il va falloir que tu changes ce contenu-là parce que la fatigue créative va être trop importante.

C’est exactement le problème. Et personne ne veut l’admettre parce que ça revient à dire que tout l’argent investi dans un shooting va se déprécier – vite.

En organique, c’est encore pire. Une photo, tu la postes une fois. Tu ne vas pas la reposter dix fois sur ton Instagram. Donc tu dois produire du nouveau contenu en permanence, pour des formats – stories, Reels, TikTok – qui ont une durée de vie de 24 heures. C’est une machine vorace. Et la solution classique (plus de photographes, plus de studios, plus de freelances) ne scale pas. Les stratégies d’acquisition des DNVB à succès reposent toutes sur un renouvellement créatif permanent que la production traditionnelle ne peut tout simplement pas soutenir.

Ce que fait vraiment Omi – et ce qu’il ne fait pas

La promesse d’Omi tient en une phrase : transformer un produit physique en objet 3D, puis laisser les équipes marketing en faire ce qu’elles veulent – sans compétences techniques, depuis un navigateur, en quelques minutes.

Concrètement, tu fournis un plan, une photo référence, un mockup Photoshop ou même juste l’étiquette de ton produit. L’équipe d’Omi te crée un jumeau numérique photoréaliste. Ensuite, tu travailles dans une interface de type drag-and-drop – Hugo parle du « Canva de la 3D » – où tu peux :

  • changer le fond, les textures, les couleurs
  • insérer des accessoires issus d’une bibliothèque (on parle de centaines d’options pour une simple boule de Noël)
  • régler les reflets, la lumière, les angles de vue
  • exporter en PNG ou MP4, sur fond transparent si besoin

Une photo : 2 minutes. Une vidéo : 5 minutes. Contre plusieurs jours pour un shooting classique.

Mais – et c’est là que certains se trompent sur le produit – Omi ne remplace pas tout. Les assets générés sont des bases de travail. Les marques les passent ensuite à leurs motion designers, leurs agences, leurs studios internes pour ajouter du texte, des hooks, des logos, du montage. Hugo est honnête là-dessus :

On ne remplace pas du tout les setups qui existent, mais on vient les compléter en te permettant de rajouter la 3D comme corde à ton arc.

Dit comme ça, ça a l’air simple. Et c’est peut-être justement pour ça que le positionnement est malin – Omi n’entre pas en guerre contre les photographes, les agences créa ou les studios. Il comble un vide que personne d’autre ne comble.

Le tarif d’entrée est à 250 euros par mois sans engagement (ce qui est rare dans le secteur SaaS B2B, habitué aux contrats annuels). Ça permet de servir aussi bien une marque en lancement qu’un groupe comme L’Oréal – avec La Roche-Posay parmi leurs clients, on est loin du positionnement « outil pour petites marques ».

Le cas du lancement produit – le contenu 3d pour e-commerce qui fait gagner 6 semaines

Sync, la marque de barres protéinées qui cartonne sur le marché français, a lancé toute sa dernière gamme produit en 3D. Sans jamais recevoir les produits physiques. C’est l’un des cas d’usage les plus sous-estimés du contenu 3d pour e-commerce – et l’un des plus puissants.

Le problème classique du lancement : tu attends la livraison de ta production pour shooter. La supply chain prend du temps. En attendant, tu ne peux pas construire ton audience, préparer tes ads, chauffer tes listes. Tu perds des semaines de ventes potentielles.

Avec la modélisation 3D, tu n’attends plus. Tu envoies les specs à Omi, ils te créent le produit en version numérique, et tu prépares toute ta communication en avance. Hugo chiffre le gain à 6, 8, voire 10 semaines de ventes. Sur un marché aussi concurrentiel que celui des compléments alimentaires ou de la cosmétique, ça peut changer la trajectoire d’un lancement.

Ce qui m’agace un peu dans la plupart des articles sur ce sujet, c’est qu’on parle toujours du coût de la 3D – jamais du coût de l’attente. Renoncer à 8 semaines de ventes pour ne pas avoir investi 250 euros par mois… le calcul n’est pas si compliqué.

My Variations, qui vend des brosses à dents électriques avec un modèle d’abonnement – le genre de système d’abonnement e-commerce qui demande un renouvellement constant des visuels – est un autre exemple cité par Hugo. Leur site adapte les bannières et fiches produits selon le calendrier marketing : Noël, Halloween, l’été. Et si tu ne savais pas que c’était de la 3D, tu ne le devinerais pas.

La personnalisation saisonnière – un levier de conversion que personne ne fait vraiment

Martin Ronfort était passé sur ce podcast pour parler des tendances e-commerce 2023 et il avait insisté sur un point : la personnalisation du site selon les périodes de l’année augmente les taux de conversion. Logique. Si tu arrives sur un site e-commerce le 20 décembre et que rien ne rappelle Noël, tu as un problème de cohérence – et la conversion s’en ressent.

Le truc, c’est que tout le monde le sait. Et personne ne le fait, parce que ça voudrait dire rechooter 1000 références produits pour chaque période de l’année. Intenable.

C’est là qu’Omi commence à décrire quelque chose d’assez ambitieux pour les deux prochaines années. Hugo explique :

Imagine que c’est Noël, tu veux contextualiser les fiches produits de ton site internet. Avec en deux clics ce qu’on veut, c’est que tu puisses insérer cette boule de Noël, faire tomber un rideau de neige dans tous tes packshot produits par exemple en un seul clic.

Voilà. Et ce n’est pas de la roadmap produit vague – ils ont déjà des clients qui fonctionnent comme ça. L’idée d’un outil qui se synchronise directement avec le site e-commerce et met à jour automatiquement tous les assets sur toutes les plateformes de distribution, c’est ce qu’Hugo décrit comme la vision à deux ans d’Omi. Pas cinq ans. Deux ans.

Pour les marques e-commerce qui innovent sur leur offre produit comme 900.care, qui renouvelle sa gamme régulièrement, cette capacité à contextualiser les visuels en temps réel sans passer par un studio est clairement un avantage compétitif. Et pas des moindres.

Trois familles d’usage – et une limite honnête

Quand on pousse Hugo sur les cas d’usage, il identifie trois grandes familles. Première famille : les réseaux sociaux, publicité et organique. C’est le terrain de jeu naturel du contenu 3d pour e-commerce – renouveler les créas ads pour éviter la fatigue créative, poster régulièrement sans se répéter, tester différents angles créatifs à moindre coût.

Deuxième famille : le e-commerce pur. Fiches produits, bannières site, newsletters, héros de page d’accueil. La capacité à tout synchroniser et tout mettre à jour d’un coup, c’est là que ça devient vraiment différent d’un simple outil de création visuelle.

Troisième famille – celle qu’ils n’avaient pas forcément anticipée – le print. Des marques utilisent Omi pour imprimer des affiches, des flyers, des placements presse, des PLV en magasin (Hugo cite des PLV dans tous les Monoprix de France). La haute résolution est supportée, les droits d’utilisation sont cédés à 100% sans restriction de durée ou de support.

Et la limite ? Elle est honnête. Pour l’instant, Omi travaille à partir de références existantes – plan, photo, mockup. La modélisation à partir d’un produit purement physique, sans aucune référence numérique, reste complexe. Hugo ne l’esquive pas – il dit que c’est « la question à 1 milliard de dollars ». C’est rare de la part d’un fondateur en plein pitch de ne pas promettre ce qu’il n’a pas encore. Ça mérite d’être noté.

Ce qu’il faut retenir – enfin, ce que j’aurais voulu qu’on me dise quand je couvrais les premières DNVB françaises – c’est que la barrière à l’entrée du contenu de qualité vient de tomber d’un étage. La question n’est plus « est-ce qu’on peut se permettre du bon contenu ? » mais « est-ce qu’on est prêts à revoir notre process de production ? »

Et ça, c’est une autre conversation. Pour comprendre comment les DNVB construisent leur marque sur le long terme, la production de contenu n’est qu’une pièce du puzzle – mais une pièce que beaucoup sous-estiment encore.

Questions fréquentes

Qu'est-ce que le contenu 3d pour e-commerce et à quoi ça sert concrètement ? +
Le contenu 3d pour e-commerce consiste à modéliser ses produits en objets 3D photoréalistes pour créer des visuels photo et vidéo sans passer par un shooting classique. Ça permet de produire des packshots, des vidéos produits et des animations en quelques minutes depuis un navigateur, pour les utiliser dans ses ads, ses fiches produits ou ses réseaux sociaux. Des outils comme Omi permettent de le faire sans compétences techniques, à partir d'un simple plan ou d'une photo référence.
Combien coûte la modélisation 3d pour une marque e-commerce ? +
Des solutions SaaS comme Omi proposent des abonnements sans engagement à partir de 250 euros par mois. C'est largement en dessous du coût d'un shooting photo classique qui peut mobiliser un photographe, un studio et des jours de post-production.
Le contenu 3d pour e-commerce peut-il remplacer les photos classiques ? +
Pas complètement. Hugo Borensztein, CEO d'Omi, estime que la 3D peut remplacer environ 50% de la création de contenu des marques - tout ce qui concerne le plan produit, le packshot et la vidéo produit. Mais un shooting avec des mannequins, des acteurs ou une direction artistique forte reste irremplaçable. La 3D vient en complément, pas en remplacement total.
Est-ce que la 3d est réservée aux grandes marques ou accessible aux petites boutiques e-commerce ? +
Les abonnements commencent à 250 euros par mois sans engagement, ce qui rend l'outil accessible à des marques en phase de lancement. Des clients comme Respire ou My Variations l'utilisent dès leurs premières années. Et des grands groupes comme La Roche-Posay ou Clarins l'ont adopté aussi - ce qui dit quelque chose sur la qualité des rendus.
Comment utiliser la 3d pour lancer un produit avant même de le recevoir ? +
C'est l'un des cas d'usage les plus puissants du contenu 3d pour e-commerce. A partir d'un plan technique, d'un mockup ou d'une étiquette, une équipe comme Omi crée un jumeau numérique photoréaliste du produit. Les marques peuvent ainsi préparer toute leur communication - ads, fiches produits, réseaux sociaux - avant même de recevoir leur production physique. Sync, la marque de barres protéinées, a lancé toute une gamme comme ça et gagné jusqu'à 6 semaines de ventes.
Quels formats d'export sont disponibles avec un outil de contenu 3d pour e-commerce ? +
Les formats d'export incluent généralement le PNG (avec fond transparent pour du motion design), le MP4 pour la vidéo, et des résolutions adaptées au print haute définition. Les droits d'utilisation sont cédés à 100% sans restriction de durée ou de support.

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