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Facebook ads : Leçons tirées de 2020 après avoir géré 12 millions de dollars en publicité Facebook

Épisode diffusé le 16 décembre 2020 par J7 Media

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Douze millions de dollars de publicité facebook en une seule année, gérés par une équipe de moins de dix personnes. Ce chiffre, Antoine Dalmas l’annonce presque en s’excusant dans le podcast Social Selling de J7 Media – « je suis peut-être tout seul à applaudir, ça peut paraître prétentieux » – avant de dérouler quatre leçons qui méritent qu’on s’arrête dessus. Pas des théories. Des trucs vécus, avec des budgets réels, des ROAS réels, des clients qui ont parfois failli lâcher avant que les chiffres basculent.

J7 Media, pour ceux qui ne connaissent pas, c’est une agence québécoise spécialisée e-commerce et lead gen qui a fait sa réputation en portant des clients de la croissance vers ce qu’ils appellent l’hypercroissance. Antoine Dalmas est analyste en publicité facebook chez eux depuis trois ans, Nathaniel Letourneur Rose en est directeur de compte. Ensemble, ils ont passé 2020 à gérer des budgets qui vont de quelques milliers à plusieurs centaines de milliers de dollars par mois sur la plateforme. Ce qu’ils ont retenu de cette année-là, c’est ce qu’on va décortiquer ici.

Et franchement, certaines de ces leçons – notamment sur le lifetime value et la simplification de compte – je les aurais voulu entendre bien plus tôt dans ma couverture du secteur.

L’offre d’abord, la publicité facebook ensuite

C’est la leçon numéro un. Celle qu’Antoine Dalmas place avant tout le reste, même avant les settings de campagne, même avant les audiences.

« Une des plus grosses leçons qu’on a reçu avec Facebook, c’est avant même la publicité, votre offre, c’est l’élément le plus important. Vous pouvez avoir les meilleurs settings de campagne, si votre offre est mauvaise, vous allez mal convertir. »

Dit comme ça, ça a l’air d’une évidence. Mais dans les faits, c’est tout sauf évident à appliquer.

Le cas concret qu’il décrit : un client qui vend une formation à plus de 4 000 dollars, impossible à vendre directement sur la plateforme. La solution ? Segmenter l’offre. Vendre le premier chapitre à moins de 30 dollars. Ajouter des upsells. Mettre du lead nurturing pour ceux qui n’achètent pas immédiatement. L’objectif – et c’est là que c’est malin – c’est d’obtenir une acquisition qui se rembourse toute seule pour ensuite convertir vers des produits beaucoup plus chers.

Résultat direct sur la plateforme : 31 000 dollars de chiffre d’affaires en trois mois pour un ROAS de 1,47. Pas folichon, non ? Sauf que quand on regarde le CRM, on trouve 190 000 dollars de chiffre d’affaires attribués à la publicité facebook. ROAS effectif : plus de 10.

Pour le détail de la segmentation d’offre sur Facebook Ads, J7 Media a consacré un épisode entier à la méthode. Nathaniel ajoute un point que j’aime bien : avoir un bon produit avec des avantages concurrentiels ne suffit pas. Il faut des micro-engagements à chaque étape du parcours d’achat. Ce qu’en marketing on appellerait des frictions réduites, mais lui l’explique de façon beaucoup plus viscérale.

Ce qui m’agace un peu dans la façon dont ce sujet est souvent traité, c’est qu’on parle de « segmentation » comme d’une technique avancée réservée aux gros budgets. C’est faux. Un business qui vend un service à 500 euros peut très bien tester un lead magnet payant à 9 euros. Ce n’est pas une question de budget – c’est une question de logique commerciale.

Carrousel et publicité facebook : quand le format fait le travail

Vendre des vêtements sur Facebook, tout le monde croit savoir comment faire. Une belle photo, un bon hook, une audience lookalike. Nathaniel Letourneur Rose raconte quelque chose de différent.

L’idée : utiliser le format carrousel non pas pour lister des produits individuels, mais pour construire un style complet. La première carte présente l’assemblage entier – le look global. Les cartes suivantes décortiquent chaque pièce séparément. Une campagne qu’ils ont appelée « stylist » en interne.

« On a trouvé que c’était une façon excellente de faire en sorte que les gens se donnaient une intention d’achat pour un style complet, plusieurs morceaux à la fois, puis ça l’a très bien fonctionné auprès de nos audiences. »

Avec 4 000 dollars investis sur des audiences 100% froides, le ROAS direct était deux fois plus élevé que leurs campagnes standard. La raison probable ? Le panier moyen. Les gens n’achetaient pas un produit – ils achetaient une idée, un look.

Ce concept est transposable bien au-delà du vêtement. De l’ameublement à la cuisine en passant par le sport – dès qu’on peut construire une expérience autour de produits complémentaires, le carrousel narratif a du sens. (Ce qui est rare, c’est que la plupart des annonceurs utilisent encore le carrousel comme un catalogue paginé.)

Pour aller plus loin sur la façon de trouver les variantes créatives qui scalent sur Meta, certains épisodes du catalogue traitent exactement cette question du format vs. du message.

L’Instant Experience : la publicité facebook qui ressemble à rien d’autre

Voilà le moment dans le podcast où Antoine Dalmas et Nathaniel commencent à parler en même temps, à couper les phrases de l’autre, à dire « c’était de la sorcellerie ». Ce n’est pas leur genre – d’où ma curiosité.

L’Instant Experience (anciennement Canvas) est un format mobile-only qui crée une mini-page web immersive à l’intérieur de Facebook. Nathaniel en parle à travers un cas client concret : une campagne Evergreen en top of funnel, uniquement sur audiences froides, optimisée en vue de contenu (pas en conversion directe).

Les chiffres : 13 000 dollars investis. Coût par ajout au panier de 0,70 dollar – trois fois plus faible que la moyenne sur campagnes de conversion standard. 2 149 achats. Valeur d’achat de 161 000 dollars. ROAS de 12,88, soit quatre fois plus élevé que leur benchmark habituel sur audiences froides.

« Si je dis pas de bêtises Nate, ta campagne Instant experience, elle a carrément remplacé une campagne Evergreen qui marchait qui était même en achat… elle avait tout cassé, c’était de la sorcellerie. »

Voilà. C’est exactement le problème – quand quelque chose marche trop bien, ça fait mal paraître tout ce qu’il y avait avant.

Antoine Dalmas apporte une nuance importante : l’Instant Experience ne fonctionne pas partout. Il faut d’abord analyser si les achats se font majoritairement sur mobile. Si 95% de tes conversions viennent du desktop, passer du temps sur ce format est une mauvaise allocation. Mais si ton produit se consomme bien sur mobile – et c’est le cas de plus en plus de catégories e-commerce – c’est un format à tester immédiatement.

Ce que j’aurais voulu qu’on précise davantage – enfin, ce que j’aurais voulu qu’on me dise quand j’ai découvert ce format il y a quelques années – c’est que l’Instant Experience excelle pour l’éducation client. Expliquer une marque, contextualiser des produits, raconter une histoire. Ce n’est pas un format de vente directe classique. C’est un format de conviction.

Pour ceux qui ont des structures de comptes complexes, la question de restructurer son compte Facebook Ads se pose souvent en parallèle du test de nouveaux formats.

Moins de campagnes, de meilleurs résultats en publicité facebook

Contre-intuitif. Vraiment.

Antoine Dalmas présente le cas d’un client dans le secteur de la rénovation – une plateforme qui met en relation particuliers et artisans. Le compte ressemblait à ce qu’on voit très souvent : une campagne par pièce de la maison (salle de bain, cave, jardin…), des budgets fragmentés, une optimisation sur les leads alors que le vrai objectif était l’inscription complète.

Avant la simplification : 27 515 dollars dépensés, leads à 3,18 dollars, inscriptions à 24,41 dollars.

Après – une seule campagne regroupant les meilleures publicités de chaque verticale, budget consolidé, optimisation sur l’inscription complète : 11 200 dollars dépensés, leads à 2,12 dollars, inscriptions à 13,46 dollars. Même contenu. Paramétrage différent.

Nathaniel explique pourquoi ça marche mécaniquement : en regroupant tout dans une seule campagne, on donne à l’algorithme la flexibilité d’allouer le budget là où l’enchère est la plus rentable à chaque instant. Le mercredi, les gens cherchent peut-être un artisan pour la salle de bain. Le jeudi, c’est l’agrandissement. Facebook optimise en temps réel – mais seulement si on lui donne suffisamment de budget et de liberté pour le faire.

La limite de cette approche – et c’est une vraie limite – c’est qu’elle suppose d’avoir déjà validé ce qui fonctionne. Nathaniel le dit explicitement : on fragmente d’abord pour tester, on consolide ensuite pour scaler. Si tu regroupes tout dès le départ sans avoir identifié les bonnes publicités, tu dilues l’apprentissage. (Et c’est souvent là que ça coince quand les gens appliquent ce conseil sans lire la deuxième partie.)

Le vrai différenciateur : comprendre la valeur long terme d’un client

C’est la leçon finale d’Antoine Gagnier, et c’est celle qui m’a le plus frappé dans tout cet épisode.

Il ne parle pas de ROAS sur 7 jours. Il parle de ce qui sépare les entreprises qui dépensent 5 000 dollars par mois sur la plateforme de celles qui en dépensent 20 000 par jour. La différence n’est pas technique. Elle est psychologique – et comptable.

« Les entreprises qui sont capables d’aller chercher la part de marché de leurs compétiteurs sont les entreprises qui sont prêtes à absorber une période plus longue de retour sur leur investissement. Ils sont capables de comprendre que l’argent venant de leur investissement publicitaire ne va pas rentrer sur 24 heures mais davantage sur le long terme. »

C’est exactement le problème. La majorité des annonceurs que je croise gèrent leur publicité facebook comme une machine distributrice : je mets un euro, je veux récupérer deux euros dans la semaine. Ça plante dès qu’on veut scaler, parce que la masse de gens prêts à acheter immédiatement est mécaniquement limitée.

L’exemple qu’il donne est éloquent. Le client mentionné plus tôt – ROAS de 1 à court terme, ROAS de 10 sur six mois. Et surtout : le client e-commerce qui a investi un demi-million de dollars en réchauffement d’audience sur 45 jours, en faisant très peu de ventes directes, pour terminer le mois de novembre avec environ 10 millions de chiffre d’affaires.

Dix millions. Avec une mise de départ de 500 000 dollars dont le retour n’était pas visible pendant des semaines.

Le lien avec la séquence Black Friday de Nathaniel est direct. Pendant septembre et octobre, ils ont lancé une « wish list campaign » pour un client vendant des jouets. Le mécanisme : les parents remplissent un funnel où ils décrivent la personnalité de leur enfant, ses préférences. Un algorithme leur propose des jouets adaptés au lancement de collection. Résultat sur audience 100% froide : 156 000 dollars investis, 20 915 leads à 7,47 dollars, 2 446 achats minimum attribuables, valeur d’achat de 348 000 dollars, ROAS de 2,23 – avec la précision que c’est un plancher, pas un plafond.

Et quand le lancement de collection a démarré début novembre, les audiences réchauffées étaient tellement massives que la question technique était devenue secondaire. Pour ceux qui veulent comprendre la mécanique complète de ce type de dispositif, l’article sur le réchauffement d’audience avant le Black Friday rentre dans le détail opérationnel. Et pour la suite logique sur comment bâtir sa campagne Black Friday sur Facebook Ads, le catalogue couvre aussi cette période.

Ce qui m’a scotché dans cette partie, c’est la façon dont Nathaniel décrit le stress psychologique – « un certain stress quand on met 5 10 000 dollars de réchauffement d’audience, qu’on met un demi-million de dollars, le jeu commence à être un autre jeu ». Il ne minimise pas. Il dit juste que les entreprises capables d’absorber ça sont celles qui gagnent. C’est honnête. C’est aussi un aveu que cette stratégie n’est pas accessible à tout le monde – pas parce qu’elle est complexe, mais parce qu’elle demande une trésorerie et une tolérance au risque que beaucoup de PME n’ont pas.

Mais pour ceux qui ont cette capacité, l’enseignement est clair. En 2020, et a fortiori en 2021 et au-delà, la compétition sur la plateforme ne fait qu’augmenter. Si tu gères ton investissement publicitaire au ROAS hebdomadaire, tu es structurellement désavantagé face à des concurrents qui pensent en trimestres. La publicité facebook n’est pas un levier de trésorerie. C’est un levier de part de marché – et ça change tout à la façon dont on doit évaluer ses campagnes.

Est-ce que cette vision est accessible à une startup en phase d’amorçage ? Probablement pas. Mais c’est précisément le genre de question qu’un media buyer devrait poser à son client avant de structurer la moindre campagne.

Questions fréquentes

Quelle est la première chose à vérifier avant de lancer une campagne de publicité facebook ? +
L'offre. Avant les audiences, avant les créatifs, avant les settings de campagne. Si votre offre n'est pas adaptée au niveau de maturité de vos prospects, aucun paramétrage technique ne compensera. J7 Media recommande de segmenter l'offre principale en entrées de gamme accessibles - ce qu'on appelle un trip wire - pour déclencher un premier achat peu risqué, puis de remonter vers l'offre principale via des upsells et du lead nurturing.
Qu'est-ce que l'Instant Experience sur Facebook et pourquoi ça performe autant ? +
L'Instant Experience est un format publicitaire mobile-only qui s'ouvre en plein écran lorsqu'un utilisateur clique sur une publicité. Il permet de créer une mini-page immersive à l'intérieur de Facebook, avec images, vidéos, textes et boutons. Il performe particulièrement bien sur audiences froides parce qu'il éduque le prospect sur la marque avant de lui demander d'acheter. Dans le cas présenté par J7 Media, le ROAS était quatre fois supérieur à leurs campagnes de conversion standard sur les mêmes audiences.
Pourquoi simplifier son compte de publicité facebook améliore les résultats ? +
Parce que l'algorithme de Facebook a besoin d'un volume suffisant de données pour optimiser. Quand on fragmente son budget en 15 campagnes distinctes avec des petits budgets, chaque campagne apprend lentement et mal. En consolidant les meilleures publicités dans une seule campagne avec un budget plus important, on donne à Facebook la flexibilité d'allouer les dépenses là où les enchères sont les plus rentables en temps réel. Cela suppose d'avoir préalablement identifié ce qui fonctionne via des tests séparés.
Comment calculer la valeur long terme d'un client pour justifier des budgets Facebook plus élevés ? +
Le calcul de base consiste à multiplier le panier moyen par la fréquence d'achat sur une période donnée (généralement 12 mois), puis à soustraire les coûts de service. Mais le vrai enjeu mis en avant par J7 Media est plus psychologique que technique : êtes-vous capable d'accepter un ROAS de 1 ou 2 sur 7 jours si vous savez que ce même client génèrera un ROAS de 10 sur 6 mois ? Les entreprises qui dépensent des dizaines de milliers de dollars par jour sur la plateforme ont toutes cette tolérance au délai de retour.
Le format carrousel Facebook est-il efficace pour vendre des produits mode ou lifestyle ? +
Oui, mais pas de la façon dont la plupart l'utilisent. Plutôt que de lister des produits individuels, la technique testée par J7 Media consiste à construire un style complet sur la première carte du carrousel, puis à décortiquer chaque pièce sur les cartes suivantes. Cette approche crée une intention d'achat pour un panier complet plutôt que pour un article isolé. Avec 4 000 dollars investis sur audiences froides, le ROAS direct était deux fois supérieur à leurs campagnes standard.
Comment préparer ses audiences Facebook avant une période promotionnelle comme le Black Friday ? +
J7 Media recommande de commencer le réchauffement d'audience 6 à 8 semaines avant la période principale, via des campagnes de trafic, des lead magnets thématiques et des mécaniques d'engagement indirect comme une wish list campaign. L'objectif n'est pas de vendre immédiatement mais de constituer des audiences réchauffées massives qui seront retargetées pendant la période de vente. Cette approche permet d'étaler les ventes sur une période plus longue et d'éviter le creux habituel des premières semaines de novembre.

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