attribution facebook ads

#18 – Comprendre l’Attribution pour mieux optimiser vos campagnes

Épisode diffusé le 30 octobre 2019 par J7 Académie

Écouter l'épisode :

0:00 --:--
Vitesse

L’attribution facebook ads est probablement le sujet le plus sous-estimé de toute la discipline. Pas parce qu’il est obscur – il l’est, un peu – mais parce que la plupart des annonceurs ont choisi de ne pas se poser la question. C’est plus confortable comme ça. Tu regardes ton tableau de bord Facebook, tu vois des conversions, tu te dis que ça marche, tu passes à autre chose. Vincent Chevalier, fondateur de l’agence Impulse Analytics et consultant spécialisé en acquisition digitale, l’a expliqué très clairement dans un épisode du podcast No Pay No Play de Joseph Dognio : on est constamment dans une illusion de mesure.

Et ce qui m’a frappé en écoutant cet épisode, c’est pas la complexité du sujet. C’est que presque personne ne s’en préoccupe sérieusement. Alors que ça détermine directement où tu mets ton argent.

Le modèle Last Click : pourquoi tout le monde l’utilise et pourquoi c’est un problème

Commençons par le modèle dominant. Le Last Click, c’est l’idée que 100 % du crédit d’une conversion va au dernier point de contact. Tu cliques sur une pub Google, tu achètes – Google prend tout. C’est simple, c’est propre, c’est faux.

Vincent Chevalier l’a formulé comme ça, et c’est difficile de mieux dire :

Ce qui évidemment est biaisé et une vision très limitée du parcours puisqu’on va prendre en compte seulement cette dernière visite alors que cette dernière visite n’aurait pas eu lieu sans probablement cette première view, cette première vue sur Instagram ou cette review qu’il a vu sur YouTube.

Exactement. Le problème du Last Click, c’est qu’il récompense le buteur en ignorant tout le reste de l’équipe.

Joseph Dognio a donné un exemple concret dans l’épisode qui illustre bien la mécanique : quelqu’un voit une pub Facebook, clique pas. Deux jours après, il voit une deuxième pub, clique, arrive sur le site, n’achète pas. Deux jours plus tard, il tape le nom de la marque sur Google, revient, achète. Dans un modèle Last Click, Google s’attribue 100 % de la conversion. Facebook ? Zéro. Alors que sans Facebook, cette recherche Google n’aurait jamais eu lieu.

Et c’est là que ça coince pour l’attribution facebook ads. Facebook, par nature, joue souvent un rôle de déclencheur d’intention – pas de clôture. Lui appliquer un modèle Last Click, c’est lui couper les jambes dans ton reporting.

La vraie comparaison que j’aime bien (et que Vincent utilise dans l’épisode), c’est celle du football. Le débat sur qui mérite le crédit d’une conversion ressemble au débat sur qui mérite le crédit d’un but. Le buteur, oui. Mais l’ailier qui a débordé, le milieu qui a récupéré le ballon, le gardien adverse qui a raté sa sortie – tout ça compte aussi.

Pourquoi l’attribution facebook ads est si difficile à mesurer

Le vrai sujet, c’est pas le modèle choisi. C’est la mesure elle-même. Et là, on entre dans un territoire franchement compliqué.

Première difficulté : les gens changent d’appareil. Tu vois une pub Facebook sur ton téléphone pendant le métro. Tu rentres chez toi, tu ouvres ton ordi, tu achètes. Dans Google Analytics, ce sont deux utilisateurs différents. Dans Facebook, c’est la même personne – parce que Facebook tracke via le login, pas via les cookies.

Sur Google, on est sur un modèle cookie based qui va avoir besoin du coup de laisser une petite ligne de code dans le browser que tu as utilisé pour garder la trace de cette visite et l’attribuer plus tard. Donc si tu fais une visite d’un ordinateur et puis ensuite utilise un téléphone, bah cette ligne de code n’est plus là et donc du coup il n’y a pas de possibilité de tracker entre deux devices différents.

C’est exactement le problème. Et c’est pour ça que tes chiffres Facebook et tes chiffres Google Analytics ne matcheront jamais parfaitement.

Deuxième difficulté – et celle-là, personne ne la mentionne assez souvent : Facebook compte les conversions différemment selon la fenêtre d’attribution par défaut. Le modèle standard inclut 28 jours après un clic ET 1 jour de view-through. Ça veut dire que si quelqu’un voit ta pub (sans cliquer) et achète le lendemain, Facebook s’attribue cette conversion. Google Analytics, lui, ne peut pas savoir que cette vue a eu lieu.

Du coup tu as Facebook qui te dit 150 conversions, Google Analytics qui t’en montre 60, et ton backend e-commerce qui affiche 95. Lequel croit-on ? (La réponse honnête : aucun des trois pris isolément.)

Troisième difficulté, plus philosophique : même si tu arrives à retracer tout le parcours, tu dois décider quelle étape a été la plus importante. Et ça, il n’y a pas de réponse universelle. Pour un achat impulsif d’un photobook Instagram à 15 euros, le dernier touch point a probablement fait 95 % du travail. Pour l’achat d’une voiture à 40 000 euros avec un cycle de décision de six mois, le calcul est radicalement différent.

Les modèles alternatifs : de l’attribution facebook ads First Click au Time Decay

Face au Last Click, il existe deux grandes familles de modèles alternatifs. Vincent Chevalier les a expliqués avec une clarté que j’ai rarement vue sur ce sujet.

La première famille, c’est le Single Touch Attribution. On attribue toujours 100 % à un seul point de contact – mais on peut choisir lequel. Last Click, donc le dernier. First Click, donc le premier. Ou n’importe lequel jugé décisif. L’avantage : c’est simple à calculer. L’inconvénient : c’est toujours aussi réducteur.

La deuxième famille, c’est le Multi Touch Attribution. Là, on distribue le crédit entre plusieurs touch points. Et c’est là que ça devient intéressant.

Le modèle linéaire donne un poids égal à chaque étape. Le modèle Time Decay – celui que Vincent recommande pour pas mal de situations – donne un poids croissant aux touch points les plus proches de la conversion :

Il y a un modèle de multi touch attribution qui est un des modèles qu’on aime bien et qui fait finalement assez de sens, c’est le Time decay donc qui va finalement de manière croissante le plus proche de la dernière conversion attribuer un pourcentage de contribution de cette conversion. Donc on va imaginer peut-être 5 % au premier clic, 15 % au 2ème, 30 % au 3ème et le reste peut-être à la dernière conversion.

Dit comme ça, ça a l’air simple. En pratique, paramétrer ce modèle correctement dans tes outils, c’est une autre histoire.

Il y a aussi le modèle Position Based (ou U-shaped) qui donne plus de poids au premier et au dernier touch point – environ 40 % chacun – et distribue le reste aux étapes intermédiaires. L’idée : le premier contact crée la notoriété, le dernier déclenche l’achat, les étapes du milieu nourrissent la réflexion. Ce n’est pas faux. C’est juste une autre façon de simplifier quelque chose qui est fondamentalement complexe.

Ce qu’il faut retenir – enfin, ce que j’aurais voulu qu’on me dise il y a dix ans – c’est qu’il n’y a pas de modèle parfait. Il y a des modèles qui correspondent mieux à certains types de business, à certains cycles d’achat, à certaines stratégies. Et il faut les tester.

Pour aller plus loin sur la stratégie de retargeting sur Facebook qui conditionne souvent le choix du modèle d’attribution, l’épisode précédent de No Pay No Play est une bonne base.

Retargeting et attribution : le débat philosophique que personne ne tranche

Joseph Dognio a posé une question dans l’épisode qui m’a semblé vraiment pertinente, et qui révèle toute la complexité de l’attribution facebook ads en contexte multi-campagnes :

Si une campagne d’acquisition fait venir quelqu’un sur ton site et qu’une campagne de retargeting le fait acheter – à qui attribues-tu la conversion ? Au retargeting, qui a déclenché l’achat ? Ou à l’acquisition, sans laquelle le retargeting n’aurait jamais existé ?

Si les gens n’avaient pas vu cette deuxième campagne, ils auraient probablement pas acheté mais s’ils n’avaient pas vu la première, ils n’auraient pas eu la deuxième. Donc comment philosophiquement logiquement comment est-ce qu’on sort de ce de ce dilemme ?

Franchement, la plupart des annonceurs esquivent cette question. Ils regardent leurs campagnes de retargeting, voient des ROAS à 8 ou 10, concluent que ça marche très bien, et n’interrogent pas le modèle. Mais ce ROAS de 10, il est en partie construit sur le travail invisible de tes campagnes d’acquisition.

Vincent Chevalier a répondu avec nuance : dans une logique purement retargeting (tu regardes uniquement tes audiences de retargeting entre elles pour voir laquelle performe le mieux), le Last Click peut avoir du sens. Mais si tu regardes ton funnel en entier – acquisition + retargeting – il faut absolument un modèle Multi Touch pour ne pas tuer tes campagnes de haut de funnel au prétexte qu’elles ne convertissent pas directement.

C’est une erreur que j’ai vue des dizaines de fois. Des annonceurs qui coupent leurs campagnes de notoriété parce qu’elles n’ont pas de ROAS direct. Et qui voient leurs campagnes de retargeting s’effondrer trois semaines plus tard, faute de carburant en amont.

Le sujet est directement lié à la logique des audiences similaires sur Facebook – qui jouent un rôle de haut de funnel et sont souvent les premières sacrifiées quand on raisonne en Last Click pur.

Facebook vs Google Analytics : deux vérités qui ne se parlent pas

Un des points les plus pratiques de l’épisode, c’est la comparaison des méthodologies de tracking. Parce que comprendre pourquoi tes chiffres ne matchent pas, c’est déjà une victoire.

Google Analytics = cookie based. Facebook = people based. Ce sont deux approches fondamentalement différentes, avec des avantages et des limites opposés.

Le cookie de Google Analytics vit dans un navigateur, sur un appareil. Si l’utilisateur change d’appareil, change de navigateur, vide ses cookies (et depuis les restrictions ITP d’Apple, ça arrive souvent) – la trace est perdue. Google Analytics voit donc souvent moins de conversions que ce qui s’est réellement passé, et il ne peut pas détecter les vues d’une pub Facebook.

Le pixel Facebook, lui, s’appuie sur le login Facebook pour identifier la personne plutôt que l’appareil. Ça lui donne un avantage réel en cross-device. Mais ça l’enferme dans l’écosystème Facebook-Instagram-Messenger – il ne voit pas ce qui se passe sur Google, sur une newsletter, sur un podcast.

Résultat : les deux outils mesurent des choses différentes, avec des méthodes différentes. La réconciliation est possible (Google Analytics a un menu dédié aux modèles d’attribution et aux Assisted Conversions), mais elle demande un vrai travail d’enquête. Vincent le dit clairement – c’est un travail itératif, pas une solution clé en main.

Si tu veux comprendre comment bien paramétrer le pixel pour que cette mesure soit fiable dès le départ, l’épisode sur l’installation du pixel Facebook est un préalable indispensable à toute réflexion sur l’attribution.

Par où commencer concrètement : les premières étapes pour améliorer son attribution facebook ads

Bon. On a établi que le Last Click est biaisé, que Facebook et Google ne se parlent pas, et qu’il n’existe pas de modèle parfait. Et maintenant ?

Vincent Chevalier recommande une logique progressive. Pas de révolution du jour au lendemain – une itération constante. Voici les premières choses à faire :

  • Regarder les Assisted Conversions dans Google Analytics (Conversions > Chemins de conversion > Conversions assistées). Tu verras quels canaux contribuent à des conversions sans être le dernier clic – souvent, Facebook y apparaît beaucoup plus que dans les rapports standard.

Explorer les modèles d’attribution alternatifs dans le comparateur de modèles de Google Analytics est l’étape suivante. Compare Last Click vs Time Decay vs Position Based sur tes données réelles. La différence peut être surprenante.

Côté Facebook, vérifier ta fenêtre d’attribution par défaut dans le gestionnaire de publicités est non-négociable. Par défaut c’est 28 jours clic + 1 jour vue – ce qui peut gonfler significativement les chiffres. Tester avec une fenêtre plus courte (7 jours clic par exemple) donne une vision plus conservative mais souvent plus proche de la réalité.

Et puis – c’est la recommandation que je retiendrai de cet épisode – regarder les résultats de tes campagnes Facebook pas seulement dans Facebook. Croiser avec Google Analytics, avec ton backend, avec tes données de vente réelles. Aucun outil ne te dit la vérité seul. La vérité est quelque part entre les trois.

Ce que j’aurais voulu savoir plus tôt : même une mesure imparfaite vaut mieux que pas de mesure du tout. L’attribution facebook ads n’est pas un problème à résoudre une fois pour toutes. C’est une habitude à prendre – celle de se demander régulièrement pourquoi les chiffres disent ce qu’ils disent.

Pour ceux qui gèrent des budgets conséquents sur Meta et qui veulent comprendre comment les erreurs d’attribution plombent les performances Meta, le travail sur les modèles d’attribution devient vite une priorité – pas une option.

Reste la question des outils tiers dédiés à l’attribution multi-touch (Northbeam, Triple Whale, Rockerbox pour les plus connus) – Vincent les évoque en fin d’épisode. Mais ça, c’est une autre conversation…

Questions fréquentes

C'est quoi l'attribution Facebook Ads exactement ? +
L'attribution Facebook Ads consiste à déterminer quelle action marketing a généré une conversion. Dans un parcours où un utilisateur voit plusieurs publicités avant d'acheter - une pub Facebook, une recherche Google, un email - l'attribution essaie de savoir à quoi attribuer l'achat final. C'est essentiel pour allouer correctement les budgets entre les canaux.
Pourquoi mes chiffres Facebook et Google Analytics sont différents ? +
Parce qu'ils ne mesurent pas la même chose avec la même méthode. Google Analytics utilise des cookies liés au navigateur - si l'utilisateur change d'appareil, la trace est perdue. Facebook utilise le login utilisateur pour tracker en cross-device. De plus, Facebook comptabilise les conversions après une simple vue de publicité (view-through), ce que Google Analytics ne peut pas détecter. Les deux outils ont raison dans leur propre cadre de mesure.
Qu'est-ce que le modèle Last Click et pourquoi est-il problématique ? +
Le modèle Last Click attribue 100 % du crédit d'une conversion au dernier point de contact avant l'achat. C'est le modèle par défaut de la plupart des plateformes. Le problème : il ignore complètement tous les points de contact précédents qui ont contribué à créer l'intention d'achat. Pour l'attribution Facebook Ads, c'est particulièrement biaisé car Facebook joue souvent un rôle de déclencheur en haut de funnel, pas de clôture.
Qu'est-ce que le modèle Time Decay pour l'attribution ? +
Le Time Decay est un modèle multi-touch qui attribue un poids croissant aux touch points les plus proches de la conversion. Par exemple : 5 % au premier clic, 15 % au deuxième, 30 % au troisième, et le reste au dernier clic. Il reconnaît le rôle de chaque étape tout en valorisant davantage ce qui a finalement déclenché l'achat.
Faut-il des outils spéciaux pour mesurer l'attribution Facebook Ads ? +
Pas forcément pour commencer. Google Analytics intègre un comparateur de modèles d'attribution et un rapport sur les Assisted Conversions accessibles gratuitement. Le gestionnaire de publicités Facebook permet aussi d'ajuster la fenêtre d'attribution. Des outils tiers comme Northbeam ou Triple Whale existent pour une attribution multi-touch plus poussée, mais ils sont surtout pertinents pour des budgets importants.
Comment choisir le bon modèle d'attribution pour mes campagnes ? +
Il n'existe pas de réponse universelle. Pour des produits à achat impulsif avec un seul touch point, le Last Click peut suffire. Pour des cycles d'achat longs avec plusieurs canaux, un modèle Multi Touch comme Time Decay ou Position Based reflète mieux la réalité. L'idée est de tester, de comparer les modèles dans Google Analytics sur vos données réelles, et d'itérer progressivement plutôt que de chercher une solution parfaite dès le départ.

Épisodes similaires

  • Social Ads & Acquisition