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Tremplin Numérique (Nicolas) – Pousser la vente de lien à son maximum 🔗 | E19

Épisode diffusé le 24 juillet 2023 par Les Makers | Podcast

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La vente de liens telle que la pratique Nicolas de Tremplin Numérique, ça ressemble de loin à du SEO classique. De près, c’est autre chose. Cet éditeur – cogérant d’une agence créée en 2019 avec un ami d’enfance, Romain – gère aujourd’hui un portefeuille de 800 sites. Pas 8. Pas 80. Huit cents. Et il te dit ça sans s’emballer, comme si c’était la logique naturelle des choses.

Ce qui m’a frappé en écoutant cet épisode du podcast Les Makers, c’est pas le chiffre en lui-même. C’est le chemin. Deux mecs partis de zéro pendant le Covid, sans budget rédactionnel, qui ont construit un système de publication automatisée en plusieurs langues – et qui ont appris à distinguer ce qui tient dans le temps de ce qui se casse la gueule au premier filtre Google.

Nicolas parle vite, il hésite, il se corrige. Mais derrière le débit, il y a une vraie lucidité sur les limites de ce qu’il fait. C’est ça qui rend l’échange utile – pas juste la liste des outils.

Vente de liens et édition de site : le modèle que personne ne t’explique vraiment

Au départ, l’idée était simple. Créer des sites satellites pour booster un site principal. Sauf que les satellites ont commencé à faire plus de trafic que le site qu’ils étaient censés pousser. Nicolas dit ça avec un flegme déconcertant.

«On avait des vieux sites avec le thème de base WordPress qui commençaient à faire des centaines puis des milliers de clics par jour. On s’est dit là il faut faire quelque chose avec quoi.»

Voilà. Le plan initial tombe à l’eau, mais c’est le plan B qui devient le vrai business.

La vente de liens s’est imposée naturellement – ou presque. Nicolas et Romain découvrent qu’il existe des plateformes d’échange, ils s’y inscrivent, ils commencent à vendre. Ce qui m’agace un peu dans beaucoup de discours sur le netlinking, c’est qu’on parle toujours de la demande – les gens qui achètent des backlinks pour monter dans les SERP. On parle rarement de l’offre, c’est-à-dire de ceux qui construisent les sites qui vendent ces liens. Nicolas est de l’autre côté du miroir. Et son témoignage éclaire pas mal de choses sur ce que le netlinking implique vraiment côté éditeur.

Le modèle économique, en gros : publier massivement du contenu sur des sites thématiques, générer du trafic organique, puis monétiser via la vente de liens, la publicité display et l’affiliation. Simple sur le papier. Complexe à tenir dans le temps.

La traduction automatique multilingue : génie ou bombe à retardement ?

2020. Confinement. Zéro budget rédactionnel. La solution trouvée par Nicolas et Romain : traduire des articles existants dans d’autres langues et les publier automatiquement sur leurs sites.

La logique est implacable. Nicolas l’exprime mieux que je ne pourrais le résumer.

«Si on traduit des articles en anglais et on les publie en français sur notre site, pourquoi on les traduirait pas nous-même en espagnol, en polonais, en italien ? Comme ça si on fait 1000 clics en France, il y a pas de raison qu’on fasse pas 3000 clics si je rajoute l’espagnol et l’italien.»

Dit comme ça, ça a l’air simple. Et ça l’était, au début.

Résultat concret : des sites passant de 1 000 clics dans une langue à 5 000 ou 6 000 clics en déployant cinq langues. Sans rédacteur. Sans budget. Juste de l’automatisation et deux plugins WordPress – WP Automatic et WP All Import – pour planifier les publications dans le temps. La vente de liens sur ces sites multilingues devenait mécaniquement plus rentable, puisque le trafic global augmentait.

Mais – et c’est là que ça devient intéressant – Google n’a pas mis longtemps à réagir. Certains sites se sont fait «détruire», selon Nicolas. D’autres ont tenu. Et même les sites touchés continuent, aujourd’hui, à faire plus de trafic qu’ils n’en auraient fait en restant monolingues. «Tout est relatif», dit-il. C’est une vraie concession – et elle est honnête.

(Ce type de stratégie à budget quasi nul rejoint d’ailleurs ce qu’on explore dans cet article sur comment faire du SEO sans budget – les contraintes financières forcent souvent l’inventivité.)

Automatisation : jusqu’où ça tient avant que l’humain reprenne la main ?

La question que pose l’animateur du podcast – et c’est la bonne – c’est : est-ce que tout est automatisé, ou est-ce qu’il y a un moment où un humain intervient ?

Nicolas est direct. L’automatisation pure, sur le long terme, ça ne tient pas.

«Si le long terme c’est plus d’un an, je pense qu’il faut quand même une petite patte manuelle à un moment donné.»

C’est exactement le problème avec les discours «100% automatisé». Le process de Tremplin Numérique, dans sa version mature, ressemble à ça : on publie massivement du contenu traduit ou généré automatiquement. On surveille ce qui commence à ranker. Et quand un article performe, on repassé dessus – réécriture, correction des incohérences de traduction, refonte des images, mise en page propre. La vente de liens sur ces contenus «nettoyés» est alors beaucoup moins risquée.

Nicolas décrit une astuce que j’aurais aimé connaître plus tôt (et c’est souvent la que ça coince dans les discussions sur l’édition de site) : afficher en page d’accueil uniquement les 10 articles rédigés proprement à la main. Les acheteurs de liens vérifient la home, pas les 200 000 articles cachés derrière. Les quality raters de Google, d’après ce qu’il a observé dans des logs, font en général deux clics depuis la home. Donc si tout ce qui est accessible depuis la page d’accueil est propre, le risque chute drastiquement.

C’est borderline. Nicolas le sait. Il l’assume. Et il ne te vend pas ça comme une méthode miracle – plutôt comme une réalité du métier d’éditeur de site en 2023.

L’IA pour générer du contenu : la vente de liens dans un monde post-GPT

Sur l’IA, Nicolas est plus prudent qu’on pourrait s’y attendre d’un mec qui gère 800 sites. Il fait la distinction entre «utiliser des outils qui s’appuient sur l’IA» et «être expert en IA». Et c’est une distinction qui compte.

Sa comparaison est brutalement juste.

«Gagner de l’argent avec l’IA, c’est comme si tu disais je vais vous apprendre à gagner de l’argent avec Microsoft Word quoi. C’est un outil.»

Voilà. Fin du débat sur les «experts IA» autoproclamés de Twitter.

Sur le fond, Nicolas utilise l’IA pour générer du texte – comme à peu près tous les éditeurs de site aujourd’hui. Mais il anticipe un filtre Google sur la qualité du contenu généré automatiquement, comparable au filtre Panda de 2011 sur le contenu de faible qualité. Quand ça arrivera, les sites full-IA sans relecture vont souffrir. La vente de liens sur ces sites deviendra beaucoup moins viable du jour au lendemain.

Sa stratégie pour contourner le risque : utiliser l’IA comme outil de test. Tu envoies 10 articles générés sur une thématique pour voir si tu ranks. Si ça marche, tu envoies un vrai rédacteur pour réécrire proprement. La vente de liens s’appuie ensuite sur des contenus qui tiennent à l’examen. C’est le même principe que pour la traduction automatique – l’automatisation comme filtre, pas comme produit fini.

Cette logique s’applique d’ailleurs aussi à ce que des gens comme Jessy SEO décrivent quand ils parlent de ChatGPT et IA dans une vraie stratégie éditoriale – l’IA accélère, elle ne remplace pas le jugement.

Nicolas le dit clairement : il fait lui-même des «grosses générations dégueulasses d’IA sans relecture» – mais sur 10 sites parmi 800. C’est du black hat assumé, avec une durée de vie limitée intégrée dans le plan. Ce qu’il déconseille, c’est de faire ça sur tes 2 sites principaux en pensant que ça va tenir 5 ans.

Ce que Nicolas dit sur la formation – et pourquoi ça mérite qu’on s’y attarde

École du web, bachelor, master. Nicolas a suivi la voie classique. Et il a un avis nuancé là-dessus – ce qui est rare dans un milieu où soit on crache sur les diplômes, soit on les sanctifie.

Ce qu’il dit, en résumé : les mêmes choses s’apprennent en ligne, via des MOOCs ou des formations. Mais lui avait besoin d’un cadre. La passion du web depuis le collège plus le cadre de l’école, ça a donné quelque chose que ni l’un ni l’autre n’aurait donné seul.

Mais sur l’évolution rapide des outils – IA en tête – il est catégorique. Une formation sur l’IA qui dure un mois est obsolète à la fin du mois. Pas à moitié. Complètement. C’est une limite réelle du secteur, et elle concerne aussi bien les formations que les articles comme celui-ci. (Ce qui ne t’empêche pas de lire ce que Stéphane Madaleno dit sur le parcours d’un SEO de haut niveau en France – les fondamentaux, eux, changent moins vite.)

Et sur la question qui ouvre l’épisode – faut-il apprendre les bases du SEO ou tout déléguer à l’IA dans 3 ans – Nicolas dit quelque chose qui dérange un peu. Avec GPT-3.5, il aurait dit «oui, apprends les bases». Avec GPT-4, il est à 50% d’accord. Dans un an, avec GPT-8, il pense qu’il sera à 0%.

Je ne sais pas si c’est juste. Mais c’est honnête.

800 sites, vente de liens et quelques vérités qu’on préfère éviter

Ce qui ressort de cet épisode, c’est pas une méthode en 5 étapes. C’est un témoignage brut sur ce que le métier d’éditeur de site implique vraiment – y compris les pratiques grises, les sites qui sautent, les algorithmes qui bougent sans prévenir.

La vente de liens reste le cœur du modèle de Tremplin Numérique. Nicolas publie encore sur les plateformes d’échange – y compris quand il n’a plus besoin de crédits – parce qu’il croit au principe de l’échange dans la communauté SEO. C’est un détail qui dit quelque chose sur la façon dont il aborde le métier.

Mais la vraie leçon, si j’en tire une – enfin, ce que j’aurais voulu qu’on me dise quand je suivais ces sujets de plus près – c’est que l’automatisation n’est pas une stratégie. C’est un accélérateur. Ce qui est une stratégie, c’est de savoir quoi faire quand les algorithmes bougent. Et ça, aucun outil ne te l’apprend à ta place.

Pour aller plus loin sur les fondamentaux du référencement naturel avant de se lancer dans des stratégies aussi avancées, l’épisode sur construire sa stratégie SEO de A à Z reste une référence utile. Et si tu veux comprendre comment d’autres éditeurs de sites francophones ont construit des actifs SEO durables à l’international, le témoignage de Gaël Breton sur l’authority hacker complète bien ce que Nicolas décrit ici.

Ce qui m’intéresse dans tout ça, c’est la question que Nicolas ne pose pas directement mais qui flotte dans tout l’épisode : est-ce qu’un modèle basé sur la vente de liens à grande échelle peut rester viable si Google réussit à détecter fiablement le contenu généré automatiquement ? Il pense que oui, si tu as l’intelligence de distinguer les sites qu’on protège de ceux qu’on laisse brûler. Mais personne ne sait vraiment. Et c’est peut-être là tout l’attrait du jeu.

Questions fréquentes

Comment fonctionne la vente de liens pour un éditeur de site ? +
Un éditeur crée des sites thématiques qui génèrent du trafic organique. Une fois que ces sites ont une audience et une autorité suffisante, il vend des liens à des annonceurs ou via des plateformes d'échange comme Niche Empire. Le lien est publié dans un article sur le site de l'éditeur et pointe vers le site du client, ce qui lui transfère de l'autorité SEO. La rentabilité dépend directement du volume de trafic et du nombre de sites dans le portefeuille.
La vente de liens est-elle risquée pour son référencement ? +
Pour l'acheteur, oui si les liens viennent de sites de mauvaise qualité. Pour l'éditeur qui vend les liens, le risque principal est une sanction Google si le site est identifié comme un réseau de liens artificiels. Nicolas de Tremplin Numérique gère ce risque en maintenant une facade propre sur les pages accessibles depuis la home, et en distinguant les sites qu'il protège de ceux qu'il considère comme temporaires.
Peut-on vraiment automatiser la publication de contenu pour faire de la vente de liens ? +
Techniquement oui, avec des outils comme WP Automatic ou WP All Import. Mais Nicolas est clair : l'automatisation pure ne tient pas sur plus d'un an. Les articles qui commencent à ranker doivent être retravaillés manuellement pour éviter les sanctions algorithmiques. L'automatisation est un point de départ, pas une stratégie complète.
Combien faut-il de sites pour vivre de la vente de liens ? +
Ça dépend de la qualité des sites et de leur trafic. Nicolas et Romain ont commencé à dégager des revenus corrects en 2021 avec leur premier portefeuille, et 2023 marque une vraie accélération avec la vente de certains sites et la concentration sur les plus performants. Il n'y a pas de chiffre magique - mais avoir 800 sites en portefeuille, même avec des qualités très variables, permet de diversifier les risques.
L'IA va-t-elle tuer la vente de liens basée sur le contenu généré automatiquement ? +
Nicolas anticipe un filtre Google sur le contenu IA sans relecture, comparable au filtre Panda sur le contenu de faible qualité. Les sites 100% IA non relus seront probablement sanctionnés. Ceux qui utilisent l'IA comme outil de test avant de faire intervenir un rédacteur humain sur les contenus qui rankent devraient mieux s'en sortir. La vente de liens sur des contenus réellement retravaillés reste viable selon lui.
Quelles plateformes utiliser pour faire de la vente de liens en France ? +
Nicolas mentionne Niche Empire comme plateforme d'échange qu'il apprécie particulièrement pour son esprit communautaire. Il utilise également d'autres plateformes concurrentes, à la fois pour la vente et pour l'échange de liens. Il précise qu'il continue à publier sur ces plateformes même quand il n'a plus besoin de crédits, par principe de contribution à l'écosystème SEO.

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