audience broad facebook

Repost | La meilleure audience sur Facebook Ads (et comment l’utiliser)

Épisode diffusé le 28 juillet 2023 par Danilo Duchesnes

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L’audience broad facebook – ce ciblage sans intérêt, sans lookalike, sans rien à part un pays et une tranche d’âge – est probablement la stratégie la plus contre-intuitive que vous puissiez tester sur Meta en ce moment. Et pourtant, depuis un an et demi, deux ans, c’est celle qui tourne le mieux sur de nombreux comptes. Danilo Duchesnes, fondateur de DHS Digital et animateur du Rendez-vous Marketing, en est convaincu. Pas à titre anecdotique : il l’a déployée sur plusieurs comptes de son agence, comparé les résultats, et il en tire des conclusions assez tranchées.

Le truc, c’est que ça va à l’encontre de tout ce qu’on nous a appris. Cibler large, c’est gaspiller son budget, non ? C’est montrer une pub pour des chaussures de running à quelqu’un qui préfère le canapé. Sauf que l’algorithme Meta, lui, ne fonctionne plus comme ça depuis un moment. Et c’est là que ça devient intéressant – voire un peu inquiétant selon comment vous voyez les choses.

Ce que Danilo explique dans cet épisode, c’est pas une tendance floue. C’est une mécanique précise, avec ses conditions d’application, ses limites réelles, et quelques cas où ça ne marche tout simplement pas. On va rentrer dans le détail.

Ce que l’audience broad facebook change vraiment dans votre logique de ciblage

Prenons un exemple concret tiré de l’épisode. Danilo teste une audience composée uniquement de femmes entre 25 et 45 ans en France. Pas de centre d’intérêt. Pas d’audience similaire. Résultat : entre 9,4 et 11,6 millions de personnes. C’est énorme. Et c’est justement le point.

Avec une audience aussi large, vous ne dites pas à Meta qui cibler. Vous lui dites dans quel bassin pêcher. Et Meta, avec les données de votre pixel, fait le reste. Il identifie le profil type des personnes qui convertissent sur votre site, et il va chercher des gens qui lui ressemblent – dans un vivier de millions d’individus.

« Vous ne lui donnez aucune direction. Vous lui donnez une audience qui est très large et en quelque sorte, il doit tirer son plan. »

Dit comme ça, ça peut faire peur. Mais en pratique, c’est souvent plus efficace que de lui donner une direction approximative via des centres d’intérêt qui, eux, ont leurs propres problèmes de précision.

Ce qui m’agace dans la façon dont on présente souvent le ciblage par intérêts, c’est qu’on suppose que Meta sait parfaitement que vous aimez le tennis parce que vous avez lu un article là-dessus en 2021. Danilo le dit clairement : les intérêts capturent mal la réalité. Quelqu’un peut avoir été passionné de sport il y a trois ans et ne plus l’être du tout – Meta ne l’a pas mis à jour. L’inverse aussi : vous êtes peut-être un acheteur idéal pour un produit fitness, mais Meta ne vous a jamais associé à cet intérêt. Donc l’audience broad facebook contourne ce problème en ignorant complètement cette couche d’approximation.

Les 6 arguments qui jouent en faveur du ciblage large

Danilo liste six points positifs. Je vais pas les aligner en bullets comme une présentation PowerPoint – ce serait trop simple, et ça gommerait les nuances.

Le premier argument, c’est la performance brute. Plus l’audience est grande, plus elle tend à surpasser une audience restreinte – surtout quand le budget monte. Une audience de 2 millions va dépasser une audience de 200 000 personnes, pas immédiatement, mais sur la durée. C’est presque mécanique.

Le deuxième, c’est la qualité douteuse des intérêts. On en a parlé. Mais il y a un troisième argument que je trouve sous-estimé : Meta a supprimé de nombreux intérêts précis ces dernières années. Des intérêts santé très spécifiques – cardiologie, respiration – ont disparu. Ce qui reste, c’est des catégories larges comme « santé » qui ne veulent plus grand-chose dire. Donc même si vous vouliez cibler précisément, vous ne pouvez plus vraiment le faire.

« On avait l’habitude d’utiliser des intérêts très précis sur la santé, donc par exemple cardiologie, euh cœur, euh je pense qu’il y avait aussi respiration, enfin des trucs comme ça et je sais qu’une partie de ces intérêts là ont disparu. »

C’est exactement le problème. Les outils se réduisent, et l’audience broad facebook devient une réponse par défaut autant que par conviction.

Quatrième avantage : le scaling. Quand vous augmentez votre budget, une petite audience s’épuise. Meta tourne en rond, montre les mêmes pubs aux mêmes personnes, et les coûts s’envolent. Avec une audience de 10 millions, il y a de la marge. L’algorithme peut explorer. Si vous voulez scaler vos campagnes Facebook Ads sans vous heurter à un plafond, la taille de l’audience est un facteur critique.

Cinquième point : la fatigue publicitaire recule mécaniquement. Moins de répétition, plus de nouvelles personnes touchées. Et sixième argument – celui que j’aurais mis en premier si j’étais Danilo – : une créa qui performe sur une audience large a de très bonnes chances de fonctionner sur des audiences plus restreintes. C’est un filtre de qualité naturel.

Quand l’algorithme prend le dessus – et pourquoi ça prend du temps

Le premier point négatif de l’audience broad facebook, c’est la phase d’apprentissage. Elle est parfois plus longue. Plusieurs semaines, pas quelques jours.

Logique. Quand Meta doit trouver les bons profils dans un vivier de 10 millions de personnes sans indication de départ, il lui faut plus de données, plus de temps, plus de conversions pour affiner son modèle. Une audience de 500 000 personnes avec des intérêts bien choisis lui facilite la vie au départ – même si elle se retrouve limitée ensuite.

« Ça peut prendre plusieurs semaines avant que Facebook vraiment arrive à… arrive à sa vitesse de croisière, c’est-à-dire qu’il finit par sortir de la phase d’apprentissage et donc il a trouvé le prospect idéal dans cette audience là. »

Ce que Danilo ne dit pas explicitement mais qui découle de ça : si vous coupez votre campagne trop tôt parce que les résultats de la première semaine sont décevants, vous n’aurez jamais su si ça aurait marché. C’est un biais d’évaluation classique. Et c’est souvent là que ça coince.

Deuxième point négatif : parfois, ça ne marche tout simplement pas. Malgré les efforts créatifs, malgré un produit grand public, Meta n’arrive pas à optimiser correctement. Aucune explication magique. C’est une variable qu’on ne contrôle pas.

Troisième limite : les produits très nichés. De l’équipement de pêche, du matériel professionnel spécifique, des logiciels B2B ultra-ciblés… Sur ces marchés, l’audience broad facebook peut avoir du mal à identifier les bons profils dans la masse. Mais – et c’est là que Danilo nuance lui-même – David Sox, fondateur de Polar Analytics (un logiciel d’analytics multicanal pour e-commerçants, donc quelque chose d’hyper niche), génère ses meilleurs leads avec une audience large. Donc la règle n’est pas absolue. Loin de là.

Pour aller plus loin sur les erreurs fréquentes sur Facebook Ads que même les pros commettent, c’est un complément utile à tout ça.

Les conditions pour que l’audience broad facebook fonctionne vraiment

Danilo est assez direct sur ce point. Il y a des prérequis. Et si vous ne les remplissez pas, tester l’open targeting avant l’heure risque de vous coûter du budget sans retour.

Première condition : un produit grand public. Fitness, santé, déco, habillement, bijouterie, carrière professionnelle. Des secteurs où l’audience potentielle est naturellement large. Si votre produit ne s’adresse qu’à 50 000 personnes en France, l’algorithme va avoir du mal à trouver ses repères dans 10 millions.

Deuxième condition – et c’est celle que je trouve la plus critique : votre pixel doit être nourri. Danilo cite un seuil de 100 conversions par mois comme minimum arbitraire. Mais il précise que 150 achats mensuels, c’est intéressant sans être idéal, et que 10 000 ventes, c’est nettement mieux que 5 000 aux yeux de Meta. La logique est simple : sans données de conversion suffisantes, Meta ne peut pas construire un profil type fiable. Il tâtonne. Et quand il tâtonne sur une audience de 10 millions, ça coûte cher.

Troisième condition, souvent oubliée : si vous opérez localement ou dans un petit pays, l’audience broad facebook devient presque obligatoire – pas par conviction stratégique, mais par contrainte mathématique. En Suisse romande, même en ciblage large, vous atteignez peut-être 2 à 3 millions de personnes. Ajoutez des intérêts et des lookalikes, et vous tombez à des audiences trop petites pour que Meta soit à l’aise. Le paradoxe, c’est que dans ces cas-là, l’open targeting n’est pas un choix audacieux – c’est juste du bon sens.

Et quatrième usage recommandé : le testing créatif. Une créa qui cartonne sur une audience broad facebook a prouvé qu’elle parle à tout le monde, pas juste à une niche déjà convaincue. C’est un signal fort de potentiel de scale. Sur ce sujet, l’épisode sur la production de créas Facebook Ads de qualité donne un éclairage complémentaire utile.

Ce que personne ne dit sur l’open targeting – la vraie question derrière

Franchement, la plupart des articles sur l’audience broad facebook s’arrêtent à « Meta fait le ciblage à votre place, c’est magique ». C’est vrai. Et c’est aussi le problème.

Parce que ça suppose que Meta travaille dans votre intérêt. Or Meta optimise pour l’événement que vous lui avez indiqué – un achat, un lead. Si votre pixel est mal configuré, si vos événements de conversion remontent des données erronées, l’algorithme va optimiser vers les mauvaises personnes avec une précision terrifiante. L’audience broad facebook amplifie ce qui existe déjà dans vos données. Si vos données sont bonnes, c’est puissant. Si elles sont bruitées, c’est catastrophique à grande échelle.

C’est – enfin, c’est ce que j’aurais voulu qu’on me dise quand j’ai commencé à regarder ces stratégies de près – la vraie limite de l’open targeting. Pas la taille de l’audience. Pas la durée d’apprentissage. La qualité du signal que vous envoyez à l’algorithme.

Pour ceux qui veulent comprendre comment optimiser des comptes Facebook Ads en partant de cette logique de signal, DHS Digital a documenté plusieurs cas concrets qui illustrent exactement ce type de problématique.

Et sur la question du scaling – qui arrive naturellement quand l’audience broad facebook commence à performer – les erreurs contre-intuitives qui plombent le scaling sur Facebook Ads valent la peine d’être lues avant d’accélérer.

Ce qui reste flou dans tout ça, c’est la frontière exacte entre « donner de la latitude à Meta » et « perdre le contrôle de sa stratégie ». Danilo dit que Meta finit par trouver le profil type. Mais combien de temps vous laissez avant de conclure que ça ne fonctionne pas sur votre compte ? Deux semaines ? Un mois ? Deux mois et 20 000 euros de budget ? La réponse dépend de votre tolérance au risque – et personne ne peut vraiment répondre à votre place.

Questions fréquentes

Qu'est-ce que l'audience broad facebook exactement ? +
L'audience broad facebook, aussi appelée open targeting, désigne un ciblage publicitaire sur Meta sans centre d'intérêt ni audience similaire. On filtre uniquement par pays, âge, genre et parfois langue. L'algorithme Meta se charge ensuite d'identifier les profils les plus susceptibles de convertir en s'appuyant sur les données du pixel. En France, une telle audience peut représenter entre 9 et 12 millions de personnes selon les critères démographiques retenus.
L'audience broad facebook fonctionne-t-elle pour les petits budgets ? +
Pour les petits budgets, les audiences avec intérêts ou lookalikes peuvent encore mieux fonctionner au départ, car elles donnent une direction immédiate à l'algorithme. L'audience broad facebook tend à surpasser les audiences restreintes sur la durée, à mesure que Meta accumule de la donnée et que le budget augmente. En dessous d'une centaine de conversions mensuelles sur votre pixel, elle est déconseillée.
Combien de données pixel faut-il pour utiliser l'audience broad facebook ? +
Danilo Duchesnes cite 100 conversions par mois comme seuil minimal, à titre indicatif. En pratique, plus vous avez de données de conversion, plus Meta peut construire un profil type fiable et optimiser efficacement dans une large audience. Avec seulement 5 achats mensuels, l'open targeting est clairement prématuré.
L'audience broad facebook marche-t-elle pour des produits de niche ? +
En théorie, elle est mieux adaptée aux produits grand public. Mais des exceptions existent : David Sox, fondateur de Polar Analytics, un logiciel d'analytics très ciblé pour e-commerçants, génère ses meilleurs leads avec une audience large sur Meta. La règle n'est donc pas absolue et mérite d'être testée même dans des secteurs de niche.
Quelle est la principale limite de l'open targeting sur Meta ? +
La phase d'apprentissage est plus longue, parfois plusieurs semaines. Mais la vraie limite, c'est la qualité des données que vous envoyez à l'algorithme. Si votre pixel remonte des événements de conversion erronés ou incomplets, Meta va optimiser vers les mauvaises personnes à très grande échelle. L'audience broad facebook amplifie la qualité de vos données - dans les deux sens.
Comment utiliser l'audience broad facebook pour tester ses créas ? +
Une créa qui performe sur une audience broad facebook prouve qu'elle fonctionne auprès d'un public non pré-qualifié. C'est un signal fort de potentiel de scale. Ces créas peuvent ensuite être dupliquées vers des audiences par intérêts ou des lookalikes avec de bonnes chances de succès, puisqu'elles ont déjà fait leurs preuves dans un contexte plus exigeant.

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