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Comment on optimise des comptes Facebook ads chez DHS Digital ? (+ 7 cas d’optimisation courants)

Épisode diffusé le 23 mars 2023 par Danilo Duchesnes

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L’optimisation facebook ads – le vrai travail, pas le tableau de bord qu’on regarde en buvant son café – c’est ce que Danilo Duchesnes fait à l’échelle depuis des années. Son agence DHS Digital brûle plus de 3 millions d’euros de budget média Facebook chaque année. Pas pour le fun. Pour des clients qui attendent des résultats, et qui partent si les résultats ne viennent pas. Dans cet épisode du Rendez-vous Marketing, il détaille sans fard la mécanique interne de l’agence : quatre types d’actions possibles sur un compte, et sept situations réelles avec la réponse adaptée à chaque fois.

Ce qui est intéressant là-dedans, c’est pas la liste en elle-même. C’est le raisonnement derrière chaque décision. Quand couper une pub ? Quand augmenter un budget ? Quand l’algorithme prend le dessus et qu’il faut le laisser faire – ou au contraire le forcer ? Ces questions, la plupart des annonceurs y répondent à l’instinct. Danilo, lui, a des règles.

Ce que « optimiser » veut vraiment dire

Le mot est galvaudé. On entend « optimiser » partout, pour tout, souvent pour ne rien dire de précis. Danilo le pose clairement dès le début :

Optimiser, c’est simplement ajuster nos campagnes. Donc ça peut être revoir les créas, les audiences, les budgets et d’autres paramétrages afin d’améliorer la performance du compte généralement mesurée par le ROAS ou le coût d’acquisition, qu’on appelle CPA.

Dit comme ça, ça a l’air simple. Mais derrière cette définition minimaliste, il y a quatre niveaux d’intervention très différents – du geste technique rapide jusqu’à la remise en question stratégique complète.

Premier niveau : activer ou désactiver. C’est l’action la plus immédiate, la plus réflexe. Tu regardes tes créas, tu coupes celles qui dépassent ton CPA cible. Mais – et c’est là que beaucoup ratent – encore faut-il savoir quand couper. Pas trop tôt, pas trop tard. La règle de Danilo : attendre d’avoir dépensé au minimum deux fois le CPA cible en e-commerce avant de juger une pub. En génération de leads, c’est cinq fois le CPL cible. Pourquoi cette asymétrie ? Parce qu’une vente peut arriver le lendemain et diviser le CPA par deux. En lead gen, la variance est encore plus forte.

Deuxième niveau : les budgets. Augmenter ce qui marche, réduire ce qui plante. Ça semble évident. Mais il y a une règle précise : jamais plus de 20 % d’augmentation ou de diminution en une seule fois. Au-delà, on perturbe l’algorithme, on sort de la phase d’apprentissage, et les performances peuvent s’effondrer sans raison apparente. (Ce que j’ai vu arriver sur des comptes qui n’avaient pas cette règle – et qui ont mis des semaines à s’en remettre.)

Troisième niveau : ajouter de nouveaux éléments. Des créas, surtout. Danilo insiste là-dessus – c’est aujourd’hui le levier numéro un sur Facebook. Pas les audiences, pas les enchères. Les créas. Si tu veux comprendre pourquoi le créatif a pris autant d’importance ces deux dernières années, cet épisode sur la création publicitaire va dans le même sens.

Quatrième niveau : tester de nouvelles stratégies. Campagnes cost cap, campagnes par gamme de produits, Stories only, campagnes de lancement. C’est le niveau le plus risqué, le plus chronophage, et – attention – clairement déconseillé si ton budget mensuel est inférieur à 5 000 €. En dessous de ce seuil, la priorité c’est de simplifier, pas de complexifier.

Quand couper devient une science – la règle des 2x et des 7 jours

Freiner trop tôt, c’est tuer une campagne qui allait décoller. Freiner trop tard, c’est brûler du budget sur quelque chose de mort. Comment trouver le bon moment ?

Danilo a une double règle. D’abord les dépenses : si une publicité n’a pas dépensé deux fois le CPA cible, on ne la juge pas encore. Ensuite le temps : si après 7 à 14 jours de dépenses ça ne fonctionne toujours pas – qu’il s’agisse d’une créa, d’une audience ou d’une campagne entière – on coupe.

Admettons que vous avez une publicité par exemple qui a un CPA de 30 € alors que votre cible c’est 25, vous allez pas forcément dire qu’il faut la désactiver tout de suite parce que peut-être que le lendemain vous pourriez avoir une vente et ce qui ferait que le CPA sera diminué quasiment de moitié.

C’est exactement le problème – on coupe trop vite les pubs qui ont juste besoin d’un peu plus de données.

Mais il y a des exceptions. Des signaux qui indiquent qu’une pub est mal partie et qu’elle ne rattrapera probablement pas son retard : CTR bas, taux de conversion bas, zéro ajout au panier. Dans ce cas, inutile d’attendre d’avoir atteint deux fois le CPA cible. La pub n’intéresse pas l’audience – et ça ne va pas changer avec plus de budget.

Pour calculer ton CPA cible avant de te lancer dans l’optimisation, c’est la base de tout. Sans cette référence, tu optimises dans le vide.

L’optimisation facebook ads face à la fatigue publicitaire

Cas de figure numéro deux chez DHS, et probablement le plus fréquent sur les comptes actifs depuis plusieurs mois : le CPA monte progressivement, le CTR descend, et la répétition sur les campagnes d’acquisition augmente. C’est de la fatigue publicitaire. L’audience a vu tes pubs trop de fois. Elle n’y réagit plus.

La réponse immédiate : nouvelles créas. Mais si ça ne suffit pas, il faut élargir ou changer l’audience. Danilo explique comment Facebook utilise les créas pour aller chercher différentes « poches » dans une même audience :

Un message pourrait plus m’intéresser moi qu’une autre personne et donc Facebook en fait va vite remarquer que je suis sensible à ce genre de message et il va me montrer plus comme ceci. C’est pareil pour les formats. Si moi j’ai tendance à beaucoup cliquer sur des publicités qui sont des vidéos et que vous mettez que des images, si vous rajoutez des vidéos, vous allez toucher les personnes qui sont sensibles aux vidéos.

Voilà. La créa n’est pas juste un habillage – c’est un outil de ciblage.

Ce point est souvent sous-estimé. On pense audiences, on pense ciblage démographique. Mais le format et le message font une partie du travail de segmentation à la place de l’annonceur. Si tu ne testes que des images statiques, tu laisses de côté toute la population qui réagit aux vidéos. C’est potentiellement 30, 40 % de ton audience accessible qui ne te voit jamais. Pour aller plus loin sur la méthodologie créa, cet épisode sur comment tester ses créas est une référence.

La saturation d’audience – un signal que peu de gens savent lire

Troisième cas de figure, plus subtil. La couverture d’une audience se stabilise – tu n’arrives plus à toucher de nouvelles personnes – et en parallèle le nombre d’achats stagne. Du coup le CPA grimpe, mécaniquement.

Comment voir ça ? Au niveau de l’ensemble de publicité, Danilo conseille d’aller dans « voir les graphiques » et de superposer les indicateurs « couverture » et « résultat cumulé ». Quand les deux courbes se plattent en même temps, c’est le diagnostic : l’audience est saturée.

Deux leviers à activer – souvent en parallèle. Élargir l’audience si elle n’est pas déjà très large. Et tester d’autres créas pour aller chercher des profils différents dans cette même audience. Si malgré ça le CPA reste élevé, c’est le signal qu’il faut changer d’audience. Pas ajuster – changer.

Ce cas est directement lié à la mécanique CBO. Quand Facebook concentre trop les dépenses sur une audience connue, les nouvelles audiences ne reçoivent jamais assez de budget pour prouver leur valeur. C’est l’objet du cas numéro cinq – et la solution du « demi-CBO » que Danilo propose est franchement une des approches les plus pragmatiques que j’ai vues sur ce sujet. Le débat ABO vs CBO sur Facebook Ads est exactement là.

Le demi-CBO et les sept cas qui font la différence

50 % du budget laissé à Facebook en CBO. Les 50 % restants répartis manuellement entre les ensembles de publicité avec des minimums de dépenses forcés. C’est la technique du demi-CBO.

Concrètement : sur une campagne à 1 500 € par jour, 750 € sont alloués librement par l’algorithme. Les 750 € restants sont ventilés à la main – 200 € sur l’audience A, 250 € sur la B, 300 € sur la C. Ça force Facebook à dépenser là où l’annonceur le décide, tout en laissant une marge à l’optimisation automatique.

C’est quelque chose que je vous conseille d’utiliser uniquement si le CBO ne fait pas bien son travail et si vraiment vous ne voulez pas utiliser des minimums ou des maximums, vous pouvez toujours prendre votre audience et l’isoler dans une campagne de test.

Ce n’est pas une solution systématique – c’est une correction chirurgicale pour un problème précis.

Les sept cas couverts dans l’épisode balaient les situations les plus fréquentes. CPA trop élevé sur toutes les audiences en même temps ? Problème de créa, pas d’audience – changez les visuels avant de toucher au ciblage. Budget non dépensé par Facebook ? Vérifiez dans cet ordre : type d’enchère (cost cap trop serré ?), taille d’audience (trop restreinte ?), placements (fil d’actualité et stories bien activés ?), créas (toutes approuvées ?). Et quand une campagne surperforme – CPA inférieur de 20 % ou plus à la cible – augmentez le budget de 10 à 20 %. Pas plus. Pas d’un coup.

Le cas inverse – campagne qui sous-performe – mérite une réponse nuancée. Danilo est explicite là-dessus : ne pas baisser les budgets en premier réflexe. D’abord optimiser (créas, audiences, stratégies). La réduction budgétaire vient en dernier recours, avant la désactivation complète. Certains relancent une campagne coupée – il n’est pas fan de ça, mais il ne l’interdit pas non plus. C’est une des rares concessions de méthode dans l’épisode.

La règle des 20 % et ce qu’on rate quand on l’ignore

20 %. C’est le plafond. Ni les augmentations ni les diminutions de budget ne doivent dépasser ce seuil en une seule modification. C’est une règle connue dans le milieu – mais appliquée de manière très inégale.

Pourquoi ? Parce qu’une variation trop brutale perturbe la phase d’apprentissage de la campagne. Facebook recalibre son algorithme à chaque changement significatif. Trop fort, trop vite, et tu repars de presque zéro. Les mythes sur la phase d’apprentissage Facebook Ads sont nombreux – et ce point précis en fait partie.

Ce que j’aurais voulu qu’on me dise – enfin, ce que j’aurais voulu lire dans un article il y a cinq ans – c’est que l’optimisation facebook ads n’est pas une discipline de vitesse. C’est une discipline de patience et de lecture des signaux. Les erreurs les plus coûteuses que j’ai observées sur des comptes ne venaient pas d’une mauvaise stratégie initiale. Elles venaient de modifications trop fréquentes, trop importantes, trop réactives.

Et la limite principale de cette approche ? Elle fonctionne bien quand les données arrivent en flux suffisant. En dessous de 150 € par jour de dépenses, les signaux sont trop faibles pour prendre des décisions fiables. En dessous de 5 000 € par mois, la plupart des optimisations de niveau 3 et 4 (nouvelles stratégies, nouvelles campagnes) sont prématurées. C’est Danilo lui-même qui le dit – et c’est rare qu’un consultant soit aussi direct sur les limites de sa propre méthode. Les erreurs fréquentes sur Facebook Ads en e-commerce passent souvent par là : trop complexifier trop tôt.

Mais au fond, l’optimisation facebook ads c’est ça : savoir dans quel cas tu es, choisir le bon levier, et ne pas toucher à ce qui marche. Le reste, c’est de la théorie.

Questions fréquentes

Comment faire l'optimisation facebook ads quand le CPA est trop élevé sur toutes les audiences ? +
Quand le CPA dépasse la cible sur l'ensemble des audiences simultanément, le problème vient rarement du ciblage. C'est presque toujours un problème de créas. La première action : lancer de nouvelles publicités et couper celles qui sous-performent. Si ça ne suffit pas, on remplace aussi les audiences les plus mauvaises.
Quand faut-il couper une publicité Facebook qui ne performe pas ? +
La règle de base : attendre d'avoir dépensé au moins deux fois le CPA cible avant de juger. En génération de leads, c'est cinq fois le CPL cible. Exception : si les indicateurs précoces sont mauvais (CTR très bas, zéro ajout au panier, aucune vente), on peut couper avant d'atteindre ce seuil. Et dans tous les cas, après 7 à 14 jours sans résultats, on coupe - créa, audience ou campagne.
Peut-on augmenter le budget d'une campagne Facebook sans risquer de dégrader les performances ? +
Oui, à condition de ne jamais dépasser 20 % d'augmentation en une seule fois. Au-delà, l'algorithme recalibre sa phase d'apprentissage et les performances peuvent chuter. Même règle pour les diminutions de budget.
Qu'est-ce que la technique du demi-CBO sur Facebook Ads ? +
C'est une approche hybride : 50 % du budget de campagne est laissé en gestion automatique CBO par Facebook, et les 50 % restants sont répartis manuellement entre les ensembles de publicité via des budgets minimum par audience. Elle s'utilise quand le CBO standard ignore systématiquement certaines audiences, notamment les nouvelles.
L'optimisation facebook ads est-elle pertinente avec un petit budget ? +
Pour les budgets inférieurs à 5 000 € par mois, Danilo Duchesnes conseille de rester sur une structure simple : une campagne d'acquisition, une campagne de retargeting. Les tests de nouvelles stratégies (campagnes cost cap, campagnes par gamme) sont prématurés - les données arrivent trop lentement pour être exploitables. On se concentre sur les créas et les audiences dans les campagnes existantes.
Comment détecter la saturation d'audience sur Facebook Ads ? +
Dans le gestionnaire de publicités, au niveau de l'ensemble de publicité, aller dans 'voir les graphiques' et superposer les indicateurs 'couverture' et 'résultat cumulé'. Quand la couverture se stabilise (plus de nouvelles personnes atteintes) et que le nombre d'achats stagne en parallèle, l'audience est saturée. Solution : élargir l'audience et tester de nouvelles créas pour toucher d'autres profils.

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