tester ses créas facebook ads

[BONUS] Comment tester vos créas sur Facebook ads (+ 10 tests à mener) : Mon interview avec Joseph Donyo sur No Pay No Play

Épisode diffusé le 20 février 2023 par Danilo Duchesnes

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Tester ses créas Facebook Ads, c’est un peu comme faire de la chimie sans étiquettes sur les flacons. Tu mélanges des trucs, tu regardes ce qui explose, et tu espères que c’est pas toi qui prends dans la figure. Sauf que quand tu dépenses 3 000, 5 000 ou 10 000 euros par mois en publicité, l’approximation coûte cher. Danilo Duchesnes, fondateur de l’agence DHS Digital et créateur de contenu sur la publicité Facebook depuis 2018, a passé une heure sur le podcast No Pay No Play de Joseph Donyo à décortiquer exactement ça : quoi tester, dans quel ordre, et surtout pourquoi la plupart des annonceurs testent les mauvaises choses.

Ce qui m’a frappé en écoutant cet échange, c’est que Danilo ne parle pas en théorie. Il sort des cas clients réels – des sièges ballons, des compléments alimentaires, des culottes menstruelles – et montre concrètement comment une décision de créa change les chiffres. Pas de grands principes. Du terrain.

Et le sujet est plus complexe qu’il n’y paraît. Parce que quand on dit ‘tester une créa’, ça veut tout dire et rien dire. Est-ce qu’on teste le visuel ? Le message ? Le format ? Le produit lui-même ? La réponse de Danilo est tranchée : tout ça, mais pas n’importe comment.

Pourquoi tester ses créas Facebook Ads est devenu non négociable

Trois ou quatre ans en arrière, on pouvait se permettre de lancer une pub, attendre, voir. Le ciblage faisait une partie du boulot. Aujourd’hui – et c’est Danilo qui le dit clairement dans l’épisode – c’est la créa qui fait la différence, surtout quand les budgets commencent à peser.

« J’ai l’impression qu’aujourd’hui, c’est vraiment ce qui fait la différence sur Facebook quand tu commences à vraiment investir des budgets conséquents, on va dire 3 4 5000 € par mois, tu as besoin en fait continuellement de renouveler ton contenu. »

Dit comme ça, ça a l’air évident. Mais dans les faits, la plupart des comptes que j’ai vus audités tournent avec les mêmes visuels depuis des mois en se demandant pourquoi les résultats s’essoufflent.

DHS Digital a intégré un studio créa fin 2020 – modestement au départ, une seule personne – et l’a développé tout au long de 2021 et 2022. Ce n’est pas un hasard. C’est une réponse directe à ce que le marché demandait. Les clients ne venaient plus chercher juste de la gestion de campagne. Ils venaient chercher de la matière à tester.

Le problème, c’est que produire des créas sans cadre de test, c’est du gâchis. Tu peux avoir le meilleur studio du monde, si tu ne sais pas ce que tu cherches à valider, tu tournes en rond. C’est exactement là que la méthode de Danilo prend tout son sens.

L’axe marketing : le test que tout le monde zappe en premier

Premier test, et clairement le plus structurant selon Danilo : l’axe marketing. C’est-à-dire le message central de la pub. Pas le visuel, pas le format. L’idée derrière.

L’exemple qu’il donne sur les sièges ballons est parlant. Un même produit peut se vendre sur deux angles complètement différents : l’angle télétravail-productivité (‘tu es bien assis, tu bosses mieux’) et l’angle santé-posture (‘ton dos te remerciera’). Ce sont deux publicités qui parlent du même objet mais à deux personnes psychologiquement différentes – ou à la même personne dans deux états d’esprit différents.

« Tu as finalement deux grandes façons de communiquer à propos du produit, l’axe plutôt télétravail productivité… Et l’axe finalement santé, donc tu as un siège qui prend soin de ton dos et qui en plus te permet de faire quelques exercices posturaux. »

L’autre exemple, celui de l’appli code de la route, est encore plus clair. Trois publicités, trois angles distincts : réviser sans internet, passer des examens blancs, suivre sa progression. Même produit, trois promesses. Et forcément, l’une des trois résonne plus fort avec le bon segment d’audience. Le seul moyen de le savoir, c’est de tester.

Ce que j’aurais voulu qu’on me dise plus tôt – enfin, ce que j’aurais voulu entendre quand je démarrais – c’est que le test d’axe, c’est pas juste changer le texte. Chez DHS, le texte et le visuel bougent ensemble. Si l’axe change, la photo change, la tagline change, le ton change. C’est cohérent ou c’est inutile. Et pour les sièges ballons, Danilo le confirme : c’est l’axe télétravail qui a fini par dominer. Pas parce que c’était évident au départ, mais parce qu’ils ont testé.

Le scroll stopper : ces 3 premières secondes qui décident de tout

Deuxième niveau de test : le scroll stopper. C’est l’élément – visuel ou vidéo – qui va faire stopper le pouce sur l’écran. Pas le message. Pas l’offre. Juste la première impression, dans un flux qui défile à 60 images par seconde dans la tête de quelqu’un qui s’ennuie dans le métro.

Danilo distingue deux types. Pour la vidéo, c’est les trois premières secondes. Pour l’image, c’est l’agencement graphique global : couleurs, disposition du texte, structure visuelle. Et là, les variables sont nombreuses. Est-ce qu’on met le texte en overlay ? En dessous de l’image ? Dans un arrondi ? Sur fond jaune ? Sur fond bleu marine ?

L’exemple Shopify qu’il mentionne est révélateur : trois visuels quasi identiques dans le concept, deux sur fond bleu marine, un sur fond jaune. Résultat intuitif : le jaune accroche plus l’œil. Résultat réel : à tester. Parce que l’intuition en créa, ça compte pour du beurre sans data derrière (et c’est souvent là que ça coince).

Pour les vidéos, le test siège ballon illustre parfaitement le dilemme classique : est-ce qu’on commence par montrer le problème – une personne mal assise, inconfortable – ou directement la solution, le siège ballon avec sa forme ronde et son design atypique ? C’est la vieille question du copywriting, problème versus bénéfice, et Danilo refuse de trancher arbitrairement.

« Ça il faut tester. C’est un truc qu’on aime bien, c’est tester en effet comme tu dis l’approche problème solution ou directement solution proposition de valeur. »

Sage. Et honnête. Ce genre de réponse – ‘on ne sait pas, on teste’ – est rare dans les podcasts marketing où tout le monde a la réponse universelle.

La logique du scroll stopper s’intègre dans une réflexion plus large sur ce qui fait qu’une publicité Facebook performe visuellement. Et spoiler : c’est rarement ce qu’on croit avant d’avoir les chiffres.

Tester ses créas Facebook Ads par format et par produit : le vrai levier de rentabilité

Une fois qu’un axe et un scroll stopper fonctionnent, Danilo recommande de décliner en formats. Image, vidéo, carrousel. Pas pour faire du volume, mais pour comprendre quel format extrait le plus de valeur d’un même concept créatif.

La logique est économique autant que créative : si tu as investi du temps et de l’argent pour trouver un angle qui marche, autant le pousser dans ses retranchements. Peut-être que l’image performe bien mais que la vidéo fait le double. Tu ne le sauras jamais si tu ne testes pas.

Il y a un vrai sujet de ressources ici. Passer d’une image à une vidéo, ça ne se fait pas avec les mêmes assets. La vidéo demande une trame – problème ou bénéfice en ouverture, explication du produit, réassurance ou témoignage en clôture. Ce n’est pas juste une image qui bouge. C’est un développement de l’idée. Joseph Donyo soulève justement ce point dans l’échange, et Danilo confirme : parfois on part de la vidéo pour extraire des captures, parfois on reconstruit depuis une image statique avec plus de contenu.

Et puis il y a le test produit. Celui-là, on en parle trop peu. Pour un e-commerçant avec une gamme large, lancer quatre publicités avec quatre produits différents peut tout changer. L’algorithme Facebook a ses préférences – et pas toujours celles qu’on attendait.

Danilo raconte un cas client dans les compléments alimentaires où la créatine surperformait largement le reste de la gamme. Résultat : toute la communication a pivoté vers ce produit pendant la promo. Pas par intuition. Par test.

La question du budget est directement liée : avec 50 à 100 euros par jour, on se limite à trois ou quatre produits testés simultanément. Au-delà, l’algorithme n’a pas assez de données par publicité pour sortir des conclusions fiables. C’est une contrainte technique qui oblige à prioriser – et donc à avoir une stratégie avant de lancer. Sur ce point, les tests mensuels documentés de DHS Digital donnent des exemples concrets de ce que ça donne en pratique.

Les formats créatifs : UGC, unboxing, comparatif – ce que Danilo recommande vraiment

Au-delà des formats Facebook (image, vidéo, carrousel), il y a les formats créatifs – ce que Danilo appelle parfois ‘type de publicité’. Et là, la liste est longue.

UGC (contenu généré par les utilisateurs), unboxing, orientation produit, bénéfice en action, comparatif concurrentiel, démo, testimonial vidéo, compilation d’avis. C’est un inventaire – incomplet, il le dit lui-même – de ce qu’on peut produire. Et chacun de ces formats peut lui-même se décliner en sous-formats.

L’UGC en particulier est devenu un terrain de jeu à part entière. Témoignage, unboxing, format TikTok natif, DUO… Danilo est honnête sur le fait que son agence n’a pas encore toute l’expertise sur ce format spécifique. C’est rare d’entendre ça. Et c’est précisément pour ça que les formats UGC pour Facebook et TikTok Ads méritent un traitement séparé – ce que Joseph Donyo avait d’ailleurs prévu dans sa programmation.

Ce que j’observe, c’est que le format créatif change la relation entre la marque et le spectateur. Un testimonial vidéo, c’est un client qui parle à un autre client. Une démo produit, c’est la marque qui parle à un prospect. Ce n’est pas le même contrat de confiance. Et en fonction du niveau de maturité de l’audience dans le tunnel, l’un ou l’autre va mieux fonctionner.

Sur ce point, Danilo et Joseph s’accordent sur une observation intéressante : en acquisition, les photos lifestyle avec une personne qui porte ou utilise le produit ont tendance à mieux fonctionner. En retargeting, le produit seul, cru, sans mise en scène, convertit souvent mieux. C’est contre-intuitif si on pense ‘beau visuel = meilleure pub’. Mais ça a du sens si on pense ‘contexte d’achat’.

Quelques tests exotiques – et quand les faire vraiment

En fin de liste, Danilo mentionne des tests plus granulaires : couleurs d’une même image, texte présent ou absent sur le visuel, bouton call-to-action ou pas. Des micro-variations.

Sa position là-dessus est claire et je la partage complètement : ces tests-là, c’est pour quand tu as déjà validé l’axe, le scroll stopper, le format et le produit. Pas avant. Si tu testes la couleur du bouton avant d’avoir trouvé un message qui résonne, tu optimises un détail sur un fondement bancal.

Il mentionne aussi le test produit-mannequin versus produit seul, particulièrement pertinent pour le prêt-à-porter et la mode. Deux variantes tirées du même shooting, deux réponses potentiellement très différentes selon le placement et l’étape du parcours d’achat. Ce genre de test s’inscrit dans une réflexion plus large sur les facteurs qui influencent la performance Facebook Ads au-delà du simple ciblage.

Et puis il y a la proposition de valeur. Tester deux accroches différentes sur les mêmes éléments graphiques – bijoux plaqués or versus bijoux faits main – pour voir quelle promesse fait cliquer. C’est du copywriting pur, appliqué à la créa. Pas révolutionnaire, mais systématiquement sous-exploité dans les comptes que j’ai pu observer.

La vraie question que cet épisode soulève sans y répondre complètement, c’est : dans quel ordre fait-on tout ça quand on démarre ? Danilo esquisse une hiérarchie – axe, scroll stopper, format, produit, détails – mais la méthodologie exacte, le process semaine par semaine, c’est ce qu’il développe dans la deuxième partie de l’épisode. Et c’est là que ça devient vraiment une approche de test structurée, presque scientifique selon ses mots.

Mais bon – tester ses créas Facebook Ads sans avoir d’abord un studio qui produit assez vite, c’est aussi une limite réelle. Si tu mets trois semaines pour produire un nouveau visuel, ta boucle de test est cassée avant de commencer.

Questions fréquentes

Combien de créas faut-il tester en même temps sur Facebook Ads ? +
Ça dépend directement du budget. Avec 50 à 100 euros par jour, Danilo Duchesnes recommande de ne pas dépasser trois ou quatre publicités simultanées dans un même ensemble de publicités. Au-delà, l'algorithme n'a pas assez de données par créa pour sortir des conclusions exploitables. Si le budget est plus conséquent - plusieurs centaines d'euros par jour - on peut monter à six ou sept publicités, voire plus.
Qu'est-ce qu'un scroll stopper dans une publicité Facebook ? +
C'est l'élément visuel ou vidéo qui va stopper le défilement dans le fil d'actualité. Pour une vidéo, ce sont les trois premières secondes. Pour une image, c'est l'agencement graphique global : couleurs, disposition du texte, structure visuelle. L'objectif est simple : déclencher une première réaction qui pousse à s'arrêter plutôt qu'à continuer de scroller.
Comment tester ses créas Facebook Ads quand on a une large gamme de produits ? +
Danilo Duchesnes conseille de commencer par les bestsellers. Pas la peine de tester toute la gamme d'un coup - autant partir de ce qui convertit déjà sur le site. Ensuite, on teste deux à quatre produits en parallèle avec une publicité par produit, et on regarde ce que l'algorithme préfère. L'exemple de la créatine dans les compléments alimentaires est parlant : c'est le test qui a révélé que ce produit surperformait les autres, ce qui a orienté toute la stratégie créa.
Quelle est la différence entre UGC et testimonial vidéo en publicité Facebook ? +
Pour Danilo Duchesnes, l'UGC est un contenu spontané, filmé par l'utilisateur lui-même dans un style natif aux réseaux sociaux. Le testimonial vidéo, c'est quand le client est filmé de manière plus structurée et plus professionnelle. Même logique de preuve sociale, mais le rendu et la crédibilité perçue peuvent différer selon l'audience ciblée.
Faut-il tester ses créas Facebook Ads avant ou après avoir trouvé le bon ciblage ? +
La question se pose moins depuis iOS 14 et les changements de Meta : le ciblage fin a perdu de son efficacité, et c'est la créa qui porte de plus en plus le poids de la performance. Tester ses créas Facebook Ads n'est donc plus une étape secondaire - c'est le cœur du travail pour les comptes qui dépensent plusieurs milliers d'euros par mois.
Dans quel ordre faire les tests créatifs sur Facebook Ads ? +
Danilo propose une hiérarchie claire : d'abord tester l'axe marketing (le message central), ensuite le scroll stopper (ce qui accroche l'œil en premier), puis le format Facebook (image, vidéo, carrousel), et enfin les produits à promouvoir. Les micro-tests - couleurs, boutons, présence ou absence de texte - arrivent en dernier, une fois que les fondamentaux sont validés. Commencer par les détails quand le message n'est pas encore trouvé, c'est optimiser dans le vide.

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