Pour générer du trafic vers son site, la plupart des gens font la même erreur : ils attendent. Ils publient, ils optimisent leurs balises, ils prient. Et six mois plus tard, Google Analytics affiche toujours les mêmes courbes plates. Estelle Ballot – créatrice du Podcast du Marketing, épisode 77 – a une autre vision de la chose. Pas révolutionnaire sur le papier. Mais dans les détails, ça change tout.
Le principe : au lieu de construire une audience à partir de rien, tu vas te brancher sur des audiences qui existent déjà. Aller là où ta cible est déjà rassemblée. Et te présenter à elle directement, sans passer par la case ‘attendre que Google daigne te référencer’.
Ce qui m’a frappé en écoutant cet épisode, c’est pas la technique en elle-même – elle est connue, les marketeurs appellent ça du ‘borrowed audience’ depuis des années. C’est la rigueur de l’approche. La façon dont Estelle décompose quelque chose d’intuitif en un process reproductible. Avec ses limites, aussi. Elle les dit clairement.
Le mythe du trafic : plus c’est gros, mieux c’est ?
Spoiler : non. Et c’est souvent là que les entrepreneurs débutants se plantent le plus violemment.
L’idée reçue, c’est qu’un gros trafic égale un site qui marche. Logique, en apparence. Plus de visiteurs, plus d’opportunités, plus de ventes. Sauf que ce raisonnement ignore un truc fondamental : la qualité de ce trafic.
« Si vous attirez à vous des gens qui n’ont aucun intérêt pour ce que vous avez à vendre, il y a peu de chance qu’ils achètent. Là-dessus, il n’y a pas vraiment de surprise. »
Dit comme ça, ça paraît évident. Et pourtant.
Le problème va plus loin que le simple taux de conversion. Un mauvais trafic – des gens qui arrivent sur ton site et repartent en trois secondes – envoie un signal catastrophique à Google. L’algorithme l’interprète comme un signe que ton site ne répond pas aux attentes des utilisateurs. Résultat : déclassement. Tu payes deux fois. Une fois en énergie dépensée à attirer ce trafic inutile, une deuxième fois en visibilité organique qui s’effondre.
Et même quand tu attires la bonne cible, rien n’est gagné. Il faut encore que ton site soit structuré pour convertir – ce qu’on appelle le funnel, le tunnel de vente. Sans ça, tu remplis un panier percé.
Pourquoi générer du trafic à partir de zéro est une mauvaise idée
Construire une audience de zéro, c’est possible. Personne ne dit le contraire. Mais c’est long. Très long. Et épuisant (c’est souvent là que ça coince, surtout quand on lance une activité en parallèle d’un emploi salarié).
Estelle Ballot pose la vraie question :
« La véritable question à se poser, ça n’est pas comment trouver du trafic, mais c’est plutôt où trouver du trafic ? »
Ce changement de perspective, il est plus important qu’il n’y paraît.
Au lieu de te battre contre l’algorithme Google pendant des mois pour remonter dans les résultats organiques, tu vas identifier des médias – blogs, podcasts, chaînes YouTube, groupes LinkedIn, comptes Instagram – qui ont déjà l’audience que tu cherches. Et tu vas te glisser dedans. Légitimement, avec de la valeur à apporter. Pas en spammant des commentaires, hein.
Pour quelqu’un comme Juliette, la personne qui témoigne dans cet épisode – elle quitte le salariat pour lancer une activité de coaching parental et de coaching de vie – cette approche change tout. Elle n’a pas six mois devant elle pour attendre que son blog décolle. Elle a besoin de visibilité maintenant. Le passage du salariat à l’entrepreneuriat ne laisse pas beaucoup de marge pour l’expérimentation longue durée.
La méthode en 3 étapes pour générer du trafic sur des audiences existantes
Concrètement, voilà comment ça marche. Estelle découpe ça en trois étapes assez simples – enfin, simples à comprendre, pas toujours simples à exécuter.
Étape 1 : lister les plateformes où se trouve ta cible. Blogs, forums, groupes Facebook, groupes LinkedIn, podcasts, chaînes YouTube, influenceurs Instagram… Tout ce qui ressemble à un endroit où ton audience cible consomme du contenu. On peut même aller sur la presse print ou online si ça correspond à ta niche. L’objectif : avoir une liste exhaustive de tous les canaux où ta cible traîne.
Étape 2 : identifier tes mots-clés thématiques. Part de ta problématique centrale – le problème que tu résous pour tes clients – et étends à tous les thèmes satellites. Sur l’immobilier, tu vas avoir : immobilier, achat, location, investissement locatif, viager, solution immobilière… Tu pars du cœur et tu t’éloignes progressivement vers des sujets connexes.
Étape 3 : croiser les deux listes. Tu tapes ‘blog + [mot-clé]’ sur Google. Tu notes tous les résultats – les organiques ET les annonces payantes. Les sites qui investissent en publicité pour leur visibilité sont des cibles particulièrement intéressantes (ce qui est rare comme réflexe chez les débutants : ils ignorent systématiquement les annonces). Tu fais ça pour chaque mot-clé de ta liste. Et tu dévales jusqu’en bas de la page Google pour récupérer les suggestions de recherches associées.
Au bout du compte, tu te retrouves avec une liste de médias à contacter. C’est là que le vrai travail commence.
Se faire inviter : générer du trafic sans dépenser un euro
Avoir la liste, c’est bien. Savoir quoi en faire, c’est mieux.
L’idée est d’aller proposer ta contribution à ces médias – en tant qu’invité sur un podcast, auteur d’un article pour un blog, intervenant sur une chaîne YouTube. Estelle insiste sur un point que beaucoup de gens ignorent :
« Énormément de gens n’osent pas tout simplement poser la question. Est-ce que je peux venir en tant qu’invité sur votre média ? Commencez par poser la question, ça ne coûte pas grand-chose. »
C’est vrai. Et c’est dommage.
Mais poser la question ne suffit pas si tu le fais comme tout le monde. Les propriétaires de médias avec une vraie audience reçoivent des dizaines de sollicitations par semaine. Pour sortir du lot, Estelle recommande trois réflexes. D’abord, attirer l’attention avec la vidéo – un message Loom personnalisé dans un email, ça marque les esprits là où un texte générique se noie. Ensuite, ne jamais parler de soi en premier : parle de leurs objectifs, de ce que ça leur apporte de travailler avec toi. Enfin, viens avec une proposition clé en main – un sujet d’épisode, un plan d’article – parce que tu leur fais gagner du temps, et ça compte énormément.
Franchement, la plupart des gens ratent cette étape en envoyant un email qui ressemble à un CV. ‘Bonjour, je suis coach, j’aimerais venir sur votre podcast, voici mon parcours…’ Pas d’intérêt pour le propriétaire du média. Zéro.
Au-delà du guest posting : les autres façons de générer du trafic via un partenaire
Être invité sur un média partenaire, c’est la version la plus directe. Mais Estelle évoque plusieurs variantes qui méritent d’être mentionnées.
L’échange de bons procédés, d’abord. Si toi-même tu as un podcast, un blog ou une chaîne YouTube avec une audience – même modeste -, tu peux proposer un échange : elle t’invite, tu l’invites. Mutuellement, chacun se retrouve exposé à l’audience de l’autre. Simple, propre, pas de transaction financière.
L’affiliation, ensuite. Tu proposes au propriétaire du média une commission sur chaque vente générée grâce à sa recommandation. C’est un modèle qui marche bien pour des offres avec des prix suffisamment élevés pour que la commission soit attractive (ce qui exclut les micro-produits à 9 euros, question de pricing qui mérite sa propre réflexion).
Et puis la publicité directe – acheter un placement dans la newsletter d’un confrère, sponsoriser un épisode de podcast, acheter un encart sur un blog. Plus rapide, plus scalable, mais ça coûte. Et ça ne construit pas de relation.
Ce que j’aurais voulu qu’on me dise – enfin, ce que j’aurais trouvé utile d’entendre plus tôt – c’est que ces trois options ne s’excluent pas. Tu peux commencer par du guest gratuit pour créer la relation, puis proposer de l’affiliation quand la confiance est là. C’est un chemin, pas un choix unique.
Un point sur lequel je veux être honnête : cette stratégie ne remplace pas une vraie compréhension de qui est ton client idéal. Si tu n’as pas fait ce travail de fond, tu vas te retrouver sur des médias qui ne correspondent pas vraiment à ta cible. Tu génères du trafic, oui – mais du trafic qui ne convertit pas. On revient au problème du début.
Ce que cette stratégie ne résout pas
Soyons clairs : ce système, c’est un accélérateur. Pas une fondation.
Générer du trafic via des audiences empruntées, ça marche pour démarrer, pour tester, pour se faire connaître rapidement. Mais ça reste du trafic que tu ne possèdes pas. Si le podcast partenaire s’arrête, si le blogueur décide de ne plus collaborer avec toi, si les règles d’un réseau social changent – ton flux de visiteurs peut s’évaporer du jour au lendemain.
C’est pour ça qu’Estelle mentionne le lead magnet comme étape suivante logique. Quand tu es invité sur un média partenaire, si tu peux proposer un document téléchargeable – guide, checklist, template – en échange d’une adresse email, tu transformes ce trafic emprunté en audience qui t’appartient. Tu construis une liste. Et ça, ça reste à toi quelle que soit la suite.
Mais bon. Avant d’avoir un lead magnet à proposer, il faut déjà avoir quelque chose à dire. Et pour ça, savoir quoi mesurer dans tes premières tentatives sera déterminant pour ne pas courir dans tous les sens.
La vraie question que l’épisode laisse ouverte – et que je me pose aussi – c’est la suivante : à quel moment cette stratégie d’audience empruntée devient-elle insuffisante ? Quand est-ce qu’il faut basculer sur du SEO de fond, de la publicité payante, de la construction d’audience propre ? Estelle ne répond pas à ça. Et c’est probablement le sujet d’un autre épisode.

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