organiser un webinaire

Comment organiser son premier webinaire – Episode 123

Épisode diffusé le 28 avril 2022 par Estelle Ballot

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Décider d’organiser un webinaire, c’est facile. Le soir d’avant, quand tu regardes ton écran et que tu réalises que t’as pas encore testé le son, que ta liste d’inscrits dort dans un tableur Excel et que le lien de connexion n’a jamais été envoyé – là, c’est moins facile. Estelle Ballot, fondatrice du Podcast du Marketing et auteure de plusieurs masterclasses qui rassemblent des centaines de participants, a condensé tout ce qu’elle a appris dans un épisode de 28 minutes. Et franchement, c’est l’un des rares tutoriels podcast où chaque minute compresse de la vraie expérience terrain – pas de la théorie recyclée.

Le webinaire revient en force. Pas parce que c’est trendy, mais parce que dans un monde où tout le monde publie des posts LinkedIn et envoie des newsletters, le live crée quelque chose que l’écrit ne peut pas : le sentiment de présence. Estelle le dit clairement – les gens qui vous ont vu en direct vous font plus confiance que ceux qui ont juste lu vos articles. C’est aussi simple que ça.

Mais entre l’idée et l’exécution, il y a tout un parcours technique, éditorial et logistique que personne ne t’explique vraiment. Alors voilà ce que j’ai retenu de cet épisode – et ce que j’aurais aimé qu’on me dise quand j’ai couvert les premières conférences en ligne en 2020.

Ce que la plupart ratent avant même de lancer

Un webinaire sans objectif clair, c’est une réunion Zoom déguisée en événement. Estelle Ballot pose la question dès le départ : pourquoi tu veux organiser un webinaire, exactement ? Et sa réponse tient en quatre cas de figure.

Communiquer, d’abord. Vous avez quelque chose à dire, une position à défendre, un message qui mérite une tribune. Le webinaire, dans ce cas, c’est la version live de votre prise de parole. Ensuite, éduquer – et ce mot a un sens précis en marketing. Sur un marché technique ou émergent, former vos prospects sur les bases de votre domaine, c’est souvent le raccourci le plus court vers la vente. Troisième raison : construire votre base email. C’est là que ça devient intéressant.

« Le webinaire, c’est un formidable outil pour pouvoir récupérer des emails de personnes qui sont bien évidemment qualifiées puisque intéressées par un sujet précis, notamment le sujet de votre webinaire. »

C’est exactement le problème avec les lead magnets classiques – un PDF téléchargeable, ça donne une adresse email froide. Un webinaire donne une adresse email ET une relation. La quatrième raison, évidemment, c’est vendre. Et là, Estelle ne tourne pas autour du pot : si vous avez un produit ou un service à proposer, le webinaire est l’une des plateformes de conversion les plus efficaces qui existent.

Ce qui m’agace dans beaucoup de guides sur le sujet, c’est qu’on parle de ces quatre raisons comme si elles étaient interchangeables. Elles ne le sont pas. Votre objectif principal change tout – la structure de votre contenu, la longueur, l’angle de la partie vente, les emails que vous envoyez après. Commencer sans avoir répondu à cette question, c’est construire une maison sans fondations.

La partie technique pour organiser un webinaire (c’est moins pire que vous croyez)

Bonne nouvelle : organiser un webinaire d’un point de vue technique, c’est pas sorcier. Enfin – disons que c’est pas sorcier si on vous explique les bonnes étapes dans le bon ordre.

Première étape : choisir une plateforme. Zoom est le nom qui vient en premier, et à raison – tout le monde connaît l’interface. Mais Zoom webinaire, c’est une offre distincte de la visio classique, avec une tarification différente. Estelle utilise Demio (et en est, dit-elle, « absolument ravie »). Livestorm est aussi cité, Webex pour les environnements plus corporate. Le conseil concret : testez avant de payer. La prise en main d’un outil de webinaire, c’est pas la même chose que d’ouvrir un appel Zoom entre collègues.

Deuxième étape, et c’est là que ça coince souvent : connecter votre plateforme de webinaire à votre gestionnaire de base email. Pourquoi ? Parce que pour envoyer le lien de connexion unique à chaque inscrit, il faut que les deux systèmes se parlent.

« Certaines plateformes permettent des intégrations directes avec votre gestionnaire de base email s’il est un peu connu. Mais en général, il va falloir aller un petit peu plus loin, vous allez devoir passer par un logiciel tiers… Le logiciel qui est utilisé le plus couramment, c’est Zapier. »

Dit comme ça, ça a l’air simple. Et ça l’est, une fois que vous avez fait l’opération une première fois. Zapier joue le rôle d’intermédiaire entre vos deux outils – c’est un site, pas un logiciel à installer. Ce qui est vraiment utile à faire à ce stade – et c’est le genre de détail qui fait une vraie différence -, c’est de taguer correctement les inscrits. Si vous proposez trois sessions (mardi, jeudi, vendredi), chaque personne doit être taggée avec la date à laquelle elle est inscrite. Ça peut paraître anecdotique. Ça ne l’est pas, surtout quand vient le moment d’envoyer les rappels. Pour aller plus loin sur l’automatisation de ces flux, les automatisations essentielles pour votre business donnent un bon complément de méthode.

Les trois séquences emails que personne ne prépare assez tôt

Organiser un webinaire, c’est aussi – surtout ? – organiser une séquence email. Et là, Estelle Ballot découpe les choses de façon claire, en trois blocs distincts.

Premier bloc : les emails d’invitation. C’est l’amont. Vous avez décidé d’organiser cet événement, maintenant il faut que les bonnes personnes le sachent. Ces emails vont vers votre base existante, avec un message simple : voilà ce qu’on va couvrir, voilà pourquoi ça vous concerne, voilà comment s’inscrire.

Deuxième bloc : la séquence post-inscription. Et là, il y a une logique que j’aurais pas forcément anticipée. L’objectif n’est pas juste de confirmer l’inscription – c’est de convaincre la personne de vraiment venir le jour J.

« Il va se passer probablement plusieurs jours entre le moment où la personne va s’inscrire et le moment où elle va assister au webinaire. Et donc il y a toutes les chances qu’elle vous oublie. »

Voilà. C’est le vrai problème du webinaire : un taux d’inscription élevé et un taux de participation qui s’effondre. Estelle propose un rythme précis – un email quelques jours après l’inscription pour rappeler la valeur de l’événement, un email le matin du webinaire, et un dernier quelques minutes avant le lancement. Trois emails minimum pour une seule session. C’est plus que ce que la plupart des gens envoient.

Troisième bloc : les emails post-webinaire. Le premier de cette séquence, c’est généralement le replay. Pas obligatoire – mais attendu. Ça rassure les inscrits dès le départ (ils savent qu’ils auront une deuxième chance s’ils ratent le live) et ça touche ceux qui n’ont pas participé. Ensuite viennent les emails de vente, si c’était votre objectif – et ça peut durer plusieurs jours. Ce que la conférence n’a pas converti, une bonne séquence post-événement peut le faire.

La promo : organiser un webinaire sans audience, c’est parler dans le vide

On a tendance à traiter la promotion comme une étape annexe. C’est une erreur. Si personne ne sait que votre webinaire existe, tout le reste – la technique, le contenu, les emails – ne sert à rien. La promo, c’est la condition sine qua non.

Estelle donne trois canaux principaux. D’abord votre base email existante – c’est votre audience la plus chaude, celle qui vous connaît déjà. Ensuite votre contenu en cours : si vous avez un podcast, ajoutez un préroll (ce court encart audio en début d’épisode). Si vous avez un blog, une bannière. La vidéo, c’est plus contraignant – mais les notes de description restent accessibles. Et enfin les réseaux sociaux, en version organique (posts, stories, reels) ou payante (retargeting de votre audience existante, ou acquisition d’une nouvelle).

Sur la question du co-marketing comme levier d’audience, il y aurait d’ailleurs beaucoup à dire – mais c’est un autre sujet.

Ce que j’aurais voulu qu’on me dise – enfin, ce qui m’a surpris dans cet épisode -, c’est la distinction entre ouverture des inscriptions et début de la communication. Estelle recommande d’ouvrir les inscriptions 10 jours à une semaine avant le webinaire, pas plus. Mais la communication, elle, peut commencer bien avant. Vous pouvez parler du sujet, créer de l’anticipation, publier du contenu lié au thème – tout ça sans encore ouvrir la page d’inscription. C’est une façon d’échauffer l’audience sans diluer l’urgence.

Et sur le timing de l’événement lui-même : pensez à votre audience avant de choisir une heure. B2B ? Probablement pendant les heures de bureau. B2C sur des sujets perso ? Plutôt le soir ou le weekend. Ça a l’air évident. Ça ne l’est pas pour tout le monde.

Construire le contenu : le schéma qui fonctionne selon Estelle Ballot

Organiser un webinaire sur le fond – c’est-à-dire construire ce que vous allez raconter pendant 45 minutes ou une heure – c’est là que beaucoup de gens se retrouvent bloqués. Estelle Ballot partage son propre schéma, et il est suffisamment précis pour être directement opérationnel.

Première chose : rassurer l’audience dès l’ouverture. Pas se présenter – rassurer. Pourquoi ? Parce que tout le monde a autre chose à faire, et la question qui flotte dans l’air c’est : est-ce que je suis en train de bien utiliser mon temps ? Si vous n’y répondez pas dans les premières minutes, les gens partent.

Ensuite seulement, vous vous présentez. Et là, Estelle fait une distinction qui mérite d’être soulignée : commencer par parler de l’audience, pas de soi. Vos credentials arrivent en second. Pas en premier. C’est contre-intuitif si vous avez l’habitude des présentations classiques, mais ça change le rapport que l’audience entretient avec vous dès le départ. Si vous voulez creuser ce point, l’épisode sur comment parler de son activité avec confiance pousse la réflexion plus loin.

Troisième étape : le sommaire. Court, pas exhaustif, mais donné. Savoir où l’on va aide à rester concentré – et ça réduit l’angoisse implicite du « combien de temps il va encore parler ».

Puis le cœur du sujet. Estelle donne en général une mini-formation – mais ça peut être absolument n’importe quel type de contenu adapté à votre message. Et si vous avez une partie vente, elle insiste sur un point précis :

« Ce moment vous passez de la présentation à la vente, préparez-le, sachez exactement comment vous allez passer d’une slide à l’autre parce que ça serait trop dommage qu’on sente que vous n’êtes pas totalement à l’aise, disons que ça met pas en confiance pour acheter quoi que ce soit. »

C’est le moment où la plupart des gens bafouillent. Parce qu’on n’est jamais complètement à l’aise avec l’idée de vendre en direct, face à des gens qui ne vous ont rien demandé. Mais si vous avez préparé cette transition – une vraie phrase de bascule, pas un « bon… donc maintenant je vais vous parler de mon offre » – ça change tout.

En fin de session : les questions-réponses. Pas obligatoires, mais toujours utiles. C’est le moment où l’audience dit ce qu’elle pense vraiment, où vous entendez les objections que vous n’aviez pas anticipées. Pour qui cherche à améliorer sa diction et sa prise de parole avant de se lancer face caméra, c’est un autre chantier – mais pas un détail.

Garder l’attention : le défi réel d’organiser un webinaire

Voilà le truc qu’on sous-estime systématiquement : vous n’êtes pas en face à face avec votre audience. Personne ne vous doit rien. Un webinaire, pour un spectateur, c’est une fenêtre parmi dix autres onglets ouverts. Et il n’y a aucune politesse sociale qui le retient.

Estelle propose deux leviers principaux. Premier levier : annoncer un cadeau en début de session, que vous remettrez à la fin. Un bonus, une ressource, un document pratique. Ça crée une raison concrète de rester jusqu’au bout – et ça marche (c’est rare de pouvoir dire ça d’une technique aussi simple, mais là oui).

Deuxième levier : les faire participer tout au long. Poser des questions dans le chat. Des questions simples – pas des dissertations. « Vous êtes combien à faire ça ? », « Vous reconnaissez cette situation ? » L’interaction réveille l’attention. Et quand quelqu’un tape une réponse dans un chat, il est beaucoup moins en train de scroller sur un autre onglet.

La limite réelle – et Estelle ne la formule pas explicitement, mais elle est là -, c’est que tout ça demande une vraie préparation en amont. Un webinaire improvisé, même avec un bon contenu, ça se voit. Le rythme part, les transitions ratent, la partie vente est bancale. C’est le genre d’événement où 3 heures de préparation se voient ou ne se voient pas – directement sur votre taux de conversion. Et si vous voulez penser vos objectifs à 90 jours autour de ce lancement, la méthode des trois niveaux donne un bon cadre.

Bref – organiser un webinaire, c’est pas une demi-heure de boulot. Mais c’est un des rares formats qui combine acquisition d’emails, création de lien et vente directe en une seule session. C’est ça, la vraie proposition de valeur. Reste à savoir si c’est le bon outil pour vous, à ce moment précis de votre développement.

Questions fréquentes

C'est quoi la différence entre un webinaire et une visio classique ? +
Un webinaire, c'est une conférence en ligne où les spectateurs ne peuvent pas prendre la parole directement - ils interagissent uniquement via le chat. Contrairement à une réunion Zoom entre collègues, un webinaire peut accueillir des dizaines, des centaines, voire des milliers de participants en simultané. La bande passante requise est donc plus importante, et la relation entre l'animateur et l'audience est asymétrique - ce qui change complètement la dynamique d'animation.
Quel logiciel choisir pour organiser un webinaire ? +
Les plateformes les plus connues sont Zoom (qui propose une offre webinaire distincte de sa visio classique), Demio, Livestorm et Webex. Le meilleur conseil : testez l'interface avant de vous engager. La prise en main varie selon les outils, et vous allez passer du temps dedans.
Combien de temps avant faut-il ouvrir les inscriptions pour organiser un webinaire ? +
Pas plus de 10 jours à une semaine avant la date de l'événement. Si vous ouvrez les inscriptions trop tôt, les gens oublient ou leur agenda change. En revanche, vous pouvez commencer à communiquer et à teaser le sujet bien avant - sans encore ouvrir la page d'inscription.
Organiser un webinaire, c'est efficace pour générer des leads ? +
C'est l'un des formats les plus efficaces, précisément parce qu'il combine deux choses rares : la collecte d'une adresse email qualifiée (la personne s'inscrit sur un sujet précis) et la création d'un lien de proximité via la vidéo en direct. Les inscrits qui vous ont vu en live vous font davantage confiance que ceux qui ont simplement téléchargé un PDF.
Quelle est la structure idéale pour le contenu d'un webinaire ? +
Il n'y a pas de règle universelle, mais un schéma qui fonctionne : commencer par rassurer l'audience (leur dire pourquoi ils ont bien fait d'être là), se présenter ensuite (pas avant), donner un sommaire rapide, délivrer le contenu principal, gérer la transition vers la vente si besoin, et terminer par une session de questions-réponses. La transition entre le contenu et la partie vente est le moment le plus délicat - il se prépare mot pour mot.
Comment améliorer le taux de participation à un webinaire ? +
Deux leviers principaux. D'abord, ne pas ouvrir les inscriptions trop longtemps à l'avance - plus le délai est court, plus le taux de présence est élevé. Ensuite, envoyer une séquence d'emails de rappel bien construite : un email quelques jours après l'inscription pour rappeler la valeur de l'événement, un le matin du webinaire, et un dernier quelques minutes avant le lancement. Sans cette séquence, vous pouvez perdre la moitié de vos inscrits.

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