La liberté incarnée entrepreneur – le mot est partout. Sur les pages de vente, dans les bios Instagram, dans les titres de podcasts. Tout le monde dit qu’il est libre. Mais dans la salle de conférence, quand le speaker demande à 1000 personnes de se lever et de crier qu’elles sont des lions, tout le monde se lève. Tout le monde, sauf une. Et c’est là que le sujet devient intéressant.
Aurélie Gauthey, coach business mindset et fondatrice de Née pour Impacter, a passé des années à observer cette dissonance. Elle voyage plus de six fois par an, refuse de faire des slides qu’elle n’a pas envie de faire, prend ses appels Zoom garée dans un parking en pleine nature – et ça dérange. Ça titille. Et ça oblige les autres à se poser une question qu’ils évitent soigneusement : moi, est-ce que je l’incarne vraiment, cette liberté ?
Ce qui m’a frappé dans cet épisode, c’est que la liberté incarnée entrepreneur n’est pas une question d’organisation ou de productivité. C’est une question de cohérence – entre ce qu’on dit vouloir et ce qu’on fait quand personne ne regarde, ou pire, quand tout le monde regarde.
Parce que la vraie prison dorée, elle n’a pas l’air d’une prison. Elle ressemble à une liste de tâches, à un mastermind intense, à un conseil d’expert qu’on n’a pas demandé mais qu’on note quand même.
Se lever comme tout le monde, ou rester assis avec soi-même
Une conférence. Mille entrepreneurs. Un speaker qui donne le tempo. La scène qu’Aurélie décrit dans cet épisode est banale – et c’est exactement pour ça qu’elle dit quelque chose d’important sur la liberté incarnée entrepreneur.
Tout le monde se lève. Tout le monde crie. Aurélie reste assise. Pas par rébellion calculée, pas pour se faire remarquer – elle le dit clairement, et je la crois.
« J’avais une telle sécurité intérieure, un tel safe, j’étais sécure, j’étais confiante, j’étais tellement bien avec moi-même et tellement sûre que j’avais pas besoin de me lever pour prouver à qui que ce soit que je devais crier que j’étais une lionne. Je l’incarnais véritablement ici et dans mes tripes. »
Voilà. La différence entre le faire et l’être, résumée en une anecdote de conférence.
Ce qui est intéressant – et un peu inquiétant aussi – c’est la suite. Trois personnes sont venues la voir à la sortie. Les trois lui ont dit la même chose : sur le coup, elles l’avaient jugée. Sur le coup, elles s’étaient dit qu’elle « faisait sa belle ». Et puis, en y réfléchissant, elles avaient compris que c’était elles qui avaient un problème – pas elle.
C’est ça, l’effet de la liberté incarnée entrepreneur quand elle est vraiment incarnée : elle dérange avant d’inspirer. Dans cet ordre-là, jamais l’inverse.
La plupart des conférences comme celle-là fonctionnent à l’adrénaline. Tu repars boosté, tu es sur un nuage pendant 48 heures, et puis la réalité reprend ses droits – parce que l’émotion collective ne remplace pas un plan d’action. Aurélie le dit elle-même : « la motivation c’est cool, mais surtout qu’est-ce que tu ressens à l’intérieur ? » Le problème du cri du lion, c’est qu’il s’entend loin mais ne dure pas longtemps.
Refuser de faire les slides – et assumer que l’autre n’a pas entendu
Deuxième exemple. Un mastermind. On demande à chaque participant de préparer une présentation de quinze slides, avec un plan précis – slide 1, tu parles de ça, slide 2, tu parles de ça. Aurélie ne le fait pas.
Pas parce qu’elle n’avait pas le temps. Pas parce qu’elle avait un imprévu. Parce qu’elle n’en avait pas envie, que ça ne lui apportait rien, et qu’elle déteste faire des slides.
« La liberté c’est par amour pour moi, je me respecte avant tout, je me maltraite pas à passer 3h à faire une présentation qui ne me donne pas envie et qui ne me met pas en joie. »
C’est exactement le problème qu’on ne nomme jamais.
Ce que j’aurais voulu qu’on me dise – enfin, ce qui m’a frappé dans cet épisode – c’est la scène qui suit. La personne qui organise le mastermind lui dit « t’inquiète pas, tu pourras le faire pour la prochaine fois. » Et Aurélie répond : non. Pas la prochaine fois non plus. Et là, l’autre n’a pas entendu. Parce que dans sa tête, la phrase « je ne le ferai pas » signifie « je ne l’ai pas fait cette fois-ci ». Pas la même chose.
Le lendemain, au déjeuner, elle entend les autres participants. « Oh là là, j’ai mis plus de 3h. » « Ça me stressait, j’ai fait ça vite fait hier soir. » Des heures de travail, de stress, d’énergie dépensée sur quelque chose qui ne sert – objectivement – pas grand chose. Et elle se pose la question : pourquoi on se maltraite autant ?
(C’est souvent là que ça coince, d’ailleurs. Pas dans les grandes décisions, mais dans les petites obéissances automatiques – la slide qu’on fait parce que tout le monde la fait, le format qu’on suit parce que c’est le format.)
Pour les entrepreneurs qui oscillent entre obsession du business et besoin d’équilibre de vie, cette question de la maltraitance ordinaire est probablement l’angle mort numéro un.
La liberté incarnée entrepreneur ne ressemble pas à un agenda vide
Troisième exemple – et celui-là, il touche à quelque chose de précis dans la façon dont les entrepreneurs se racontent leur liberté.
Un mastermind intense. Trois jours, de 8h du matin à 1h du matin. Du coaching, de l’intensité, 40 personnes dans la même pièce. Éprouvant. Et à la fin du dernier jour, Aurélie observe les autres participants : ils courent. Ils prennent des trains, des appels, enchaînent les rendez-vous clients – comme si le mastermind avait été une parenthèse à refermer le plus vite possible pour revenir à la vraie vie.
« Être libre 1h dans la semaine pour stresser tout le reste, c’est pas OK. Donc moi aujourd’hui quand je vais à des masterminds au lieu de courir sur mes rendez-vous, mes appels, mes clients, je m’organise pour être libre. »
Dit comme ça, ça a l’air simple.
Concrètement : au lieu de prendre un train pour rentrer et enchaîner, elle a réservé deux jours dans un hôtel avec piscine à débordement. Pas comme récompense. Comme condition de base. Parce que sortir d’un moment intense en courant vers le prochain truc intense, ce n’est pas de la liberté – c’est juste un agenda mieux rempli.
Et là, franchement, la plupart des entrepreneurs passent à côté de ce distinguo. La liberté financière – tout le monde en parle, travailler moins pour gagner plus est un sujet qui cartonne en ce moment – mais la liberté de temps, la vraie, celle où tu te lèves sans avoir la sensation de devoir rattraper quelque chose, c’est une autre construction. Ça ne vient pas tout seul avec le chiffre d’affaires.
Il y a une limite à noter ici, et elle est réelle : tout ça suppose un business qui tourne suffisamment bien pour se payer deux jours d’hôtel supplémentaires après un mastermind. Ce n’est pas le cas de tout le monde. Et Aurélie le sait – elle le dit elle-même, elle n’en était pas là il y a quatre ans. La liberté incarnée entrepreneur, dans ce sens-là, est aussi une question de moyens. Mais c’est le choix de prioriser ces moyens pour ça plutôt que pour autre chose qui est intéressant.
Quand le conseil de l’expert efface complètement la personne
Quatrième cas – et probablement le plus parlant pour quiconque a déjà reçu un « conseil d’expert » dans un contexte de networking.
Une entrepreneur veut créer un podcast. Simple. Qui lui ressemble. Sans prise de tête. Elle en parle à table avec une experte en podcasting et réseaux sociaux. Et en l’espace d’un dîner, son projet simple est devenu une liste de contraintes : beau setup, bonne vidéo, il faudrait te maquiller, te coiffer, t’habiller différemment.
Aurélie la regarde noter. Tout noter. Le micro, le setup, les vêtements, le maquillage. Elle intervient :
« Excuse-moi, je vais me permettre, je comprends pas parce que tu m’as dit que tu voulais un podcast simple qui te ressemble, surtout pas te prendre la tête. Et là tu as noté une liste de il faut, je dois qui ne te donne absolument pas envie. »
Et le pire, c’est que la conversation s’est répétée à deux autres tables, avec deux autres personnes. À chaque fois, la même liste. À chaque fois, le projet original qui s’éloignait un peu plus de ce que la personne voulait réellement.
Ce que ça révèle – et ça m’agace sincèrement, parce que c’est une mécanique très commune dans les milieux entrepreneuriaux – c’est la façon dont le conseil non sollicité fonctionne comme un outil de normalisation. L’expert parle, l’autre note, et à la fin personne ne se demande si c’est vraiment ce que la personne voulait. On perfectionne quelque chose qui n’était pas le projet de départ.
La liberté incarnée entrepreneur dans ce contexte précis, c’est être capable de dire : merci pour le conseil, ce n’est pas ce que je cherche. Trois mots. Presque impossibles à prononcer quand on est dans un cadre où l’expert a de l’autorité et où tout le monde autour de la table écoute.
Ceux qui peinent à se sentir légitimes sont les premiers à tomber dans ce piège – pas parce qu’ils sont naïfs, mais parce que l’expert comble une insécurité réelle.
Ce que « s’abandonner » veut dire concrètement dans un business
Aurélie utilise ce mot plusieurs fois dans l’épisode : s’abandonner. Et ça mérite qu’on s’y arrête, parce que c’est un mot qu’on entend dans les contextes de développement personnel mais qui prend une forme très concrète dans le business.
S’abandonner, dans ce qu’elle décrit, c’est faire la slide parce que tout le monde la fait. C’est se lever dans la salle de conférence parce que sinon les gens te regardent. C’est prendre un train juste après un mastermind épuisant parce que tu t’es mis une pression de rentabilité sur le trajet retour.
Et derrière tout ça, il y a quelque chose de simple qu’elle nomme clairement : la peur du jugement. Pas la peur abstraite – la peur très précise du regard des gens qui voient que tu ne fais pas comme les autres.
Elle l’a vécue. Elle le dit. Elle voulait être aimée à tout prix, elle était prête à se trahir, à se faire mal au ventre, à avoir des symptômes physiques pour maintenir des relations professionnelles ou amicales qui ne lui correspondaient pas. Ce n’est pas une métaphore. C’est une description clinique de ce que le conformisme coûte, physiquement.
Et c’est là que le mot « incarnée » dans liberté incarnée entrepreneur prend tout son sens. On peut avoir la liberté sur le papier – pas de patron, pas d’horaires fixes, pas de bureau imposé – et rester dans une prison dont les barreaux sont le regard des autres. Cette peur de réussir et les croyances limitantes qui bloquent les entrepreneurs prennent souvent exactement cette forme-là.
Mais bon. La question que ça pose, c’est : à quel moment la liberté de ne pas faire la slide devient-elle une posture, voire une identité de marque ? Il y a une fine ligne entre « j’agis par amour pour moi » et « je construis un personnage cohérent autour du refus de se conformer ». Aurélie ne la franchit probablement pas – ses exemples sonnent vrais – mais la question mérite d’exister.
La liberté incarnée entrepreneur commence par des micro-décisions, pas des grandes ruptures
Ce qui est pratiquement utile dans cet épisode – au-delà du positionnement d’Aurélie et de son univers de marque – c’est l’insistance sur les petites actions.
Pas les grandes ruptures. Pas « quitter son job », « refuser tous les clients qui ne me correspondent pas », « voyager six fois par an ». Ça, c’est le résultat d’un processus. Le début du processus, c’est beaucoup plus petit.
C’est ne pas noter une liste de contraintes quand un expert te les énumère si ce n’est pas ce que tu veux. C’est décrocher un appel Zoom depuis ta voiture garée dans la nature au lieu de rentrer chez toi juste pour avoir l’arrière-plan qui fait professionnel. C’est, parfois, rester assis quand tout le monde se lève.
Pour ceux qui cherchent une méthode concrète pour passer à l’action avec plus de clarté, ce cadre de micro-décisions est probablement plus actionnable que n’importe quelle roadmap stratégique.
La liberté incarnée entrepreneur ne se construit pas en une décision. Elle se reconstruit chaque fois qu’on est sur le point de faire quelque chose par peur du jugement et qu’on choisit de ne pas le faire. Ou de le faire autrement.
Ce que j’aurais aimé qu’Aurélie détaille davantage : comment on gère les conséquences réelles quand les autres ne comprennent pas. Parce que rester assis dans une salle de conférence peut coûter une relation, un contrat, une opportunité. Elle survole ça – les gens venaient la voir après pour lui dire « j’avoue, je t’ai jugée » – mais dans la vraie vie, tout le monde ne revient pas avec de l’admiration. Certains gardent juste le jugement.
Et pour ceux qui se débattent avec leur capacité à poser des limites sans perdre leur leadership, c’est probablement la vraie question à se poser avant d’incarner quoi que ce soit.


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