L’équilibre vie pro et perso entrepreneur – ce truc qu’on mentionne en session de coaching, qu’on hashtague sur LinkedIn, et qu’on remet à plus tard dès que le pipeline se remplit. Aurélie Gauthey, mentor business et fondatrice de Née pour Impacter, a mis un nom sur le problème lors d’un mastermind en 2020. Un document de trente questions. Dix entrepreneurs autour d’une table. Et une envie de filer aux toilettes pour ne pas répondre à son tour.
Ce moment, elle le raconte dans le podcast Née pour Impacter. Et franchement, c’est l’un des épisodes les plus honnêtes que j’aie entendus sur le sujet – pas de solution packagée en cinq étapes, pas de promesse que l’équilibre arrive avec le bon agenda digital. Juste une femme qui dit : oui, mon business c’est ma vie, et voilà ce que ça coûte.
La question qu’elle pose – qui es-tu sans ton entreprise ? – a l’air simple. Elle ne l’est pas. Et la plupart des entrepreneurs que je connais n’ont pas vraiment de réponse.
Le mastermind de 2020 : quand la question te prend par surprise
Dans ce genre d’exercices, on s’attend à briller. Trente questions sur ses passions, ses habitudes, ce qui te rend vivant. Aurélie remplit son document, et ses réponses se résument à deux mots : business, développement personnel. Pas trois. Pas cinq. Deux.
Elle entend les autres entrepreneurs lire des réponses variées – sport, cuisine, voyages, famille. Et là, quelque chose monte. Une boule dans la gorge. Une larme qui menace.
« J’entends les autres entrepreneurs et je sens intérieurement une boule qui me monte dans la gorge parce que je suis en train de me rendre compte que ça va être mon tour… Tout le monde a donné des réponses variées et toi, tu pourrais répondre une seule chose voire deux, le business et le développement personnel. »
C’est exactement le problème. Pas le fait d’aimer son travail – c’est une chance rare. Mais de réaliser, devant témoins, que le reste de ta vie tient dans la case « divers ».
Elle est allée aux toilettes. Elle s’est assise. Et là, elle a eu deux réflexes simultanés : la honte de sembler bizarre aux yeux des autres, et une vraie question sur ce que ça disait d’elle. Ce n’est pas une crise existentielle spectaculaire. C’est plus silencieux que ça, et donc plus difficile à attraper.
L’équilibre vie pro et perso entrepreneur n’est pas un problème de planning. C’est un problème d’identité. Et c’est là que ça devient intéressant – enfin, et inconfortable.
Quand le business devient le seul pied de la chaise
La métaphore qu’utilise Aurélie Gauthey est simple et efficace. Une chaise tient sur quatre pieds. Si 80% de ta vie repose sur un seul, tu es en équilibre précaire. Pas en danger immédiat – mais un seul coup suffit.
Elle ne parle pas que du business. La même logique s’applique à quelqu’un qui met tout dans sa relation amoureuse, dans le sport, dans ses animaux. C’est la structure qui pose problème, pas le contenu.
« 80% de ta vie repose sur un seul pied, le jour où ça s’arrête ben tu peux t’effondrer. »
Dit comme ça, ça paraît évident. Et pourtant.
Ce qui m’agace dans la plupart des discours sur l’équilibre vie pro et perso entrepreneur, c’est qu’ils partent du principe que le problème est la surcharge – trop de boulot, pas assez de vacances. Mais Aurélie pointe quelque chose de plus profond : c’est le fait que tout ton sens de toi-même est logé dans un seul endroit. Le business ne prend pas juste ton temps. Il prend ton identité.
Et si ce pilier-là vacille – burn-out, perte d’un client majeur, fin d’une activité – tu ne perds pas juste du chiffre d’affaires. Tu perds qui tu es. C’est beaucoup plus violent. On en parle d’ailleurs dans les moments où l’envie de tout arrêter surgit – souvent, derrière l’épuisement, il y a cette perte de sens.
La scène et la foule : deux identités, un seul corps
Voilà ce qui m’a le plus frappé dans cet épisode. Pas les chiffres, pas les conseils – l’image d’Aurélie qui monte sur scène et devient une autre personne.
Sur scène ou derrière un micro, elle est confiante, charismatique, dans sa posture de leader. Les gens la connaissent, viennent la voir pour son expertise, attendent quelque chose d’elle. Et elle livre. Complètement.
« Dès que je descends de la scène, dès que je me retrouve dans la foule, dans un groupe d’entrepreneurs, un groupe d’inconnus, c’est comme si je perdais toute mon identité, c’est comme si je perdais cette cape solide, confiante… je suis mal à l’aise, j’ai envie de me planquer. »
La nuance qu’elle fait entre confiance en soi et estime de soi est là, clairement posée. La confiance, c’est ce que tu es capable de faire dans un contexte précis. L’estime, c’est la valeur que tu te donnes indépendamment du contexte. Tu peux être très confiante sur scène et avoir une estime de toi très fragile dès que la cape est enlevée.
Ce n’est pas rare dans le secteur (et c’est souvent là que ça coince) : des entrepreneurs qui rayonnent en public et se sentent perdus sans leur rôle. L’entrepreneur HPI ou HPE – elle mentionne explorer cette piste – a souvent ce pattern : surperformance dans son domaine de prédilection, inconfort majeur ailleurs. Ce n’est pas un défaut de caractère. C’est une architecture psychologique.
Ce qui pose question, c’est : jusqu’où on peut construire une vie entière sur cette dissociation ? Sur scène d’un côté, invisible de l’autre ? Pour aller plus loin sur la légitimité et la posture, il y a aussi cet épisode qui traite du syndrome de l’imposteur chez l’entrepreneur – le pendant de ce qu’Aurélie décrit côté « trop petite quand la cape est enlevée ».
Ce que l’équilibre vie pro et perso entrepreneur veut vraiment dire
Aurélie Gauthey est claire là-dessus : elle ne dit pas qu’il faut aimer son travail moins fort. Elle ne prône pas le détachement zen ni les journées à 4 heures. Elle dit juste : aie d’autres piliers. Au cas où.
Ce qu’elle a mis en place concrètement – et c’est là que l’épisode devient moins abstrait – c’est un travail de challenge régulier. Aller à des événements seuls, pas forcément business. Se forcer à prendre des jours entiers sans toucher à l’entreprise (ce qui était, selon ses mots, une torture au départ). Apprendre à ne pas s’ennuyer dans des conversations qui ne parlent pas de développement personnel.
Ce n’est pas du tout la même chose que de « faire du sport pour décompresser ». C’est un travail d’identité. Qui suis-je quand on retire le titre ? Quand personne ne sait que je manage une équipe de dix personnes ? Quand je suis juste Aurélie – pas mentor, pas auteure, pas conférencière ?
Ces questions, elle ne les avait pas avant 2020. Et elles changent la manière dont elle construit sa vie depuis. C’est ce que j’aurais voulu qu’on me dise – enfin, ce que j’aurais voulu qu’on dise plus tôt à tous les fondateurs que je connais – c’est que travailler son identité hors business n’est pas un luxe de thérapeute. C’est une assurance-vie.
Pour ceux qui gèrent aussi la charge mentale et la délégation au quotidien, ces questions d’identité arrivent souvent en même temps – quand on commence à retirer des tâches de ses mains, on se retrouve face à soi.
La limite réelle de cet épisode – et pourquoi elle compte
Soyons honnêtes. Aurélie Gauthey parle d’elle-même, et c’est sa force – pas de théorie, du vécu brut. Mais la question « qui es-tu sans ton business » est posée comme une alerte, pas comme un chemin balisé. Elle ne dit pas exactement comment reconstruire les autres piliers quand ils ont été négligés pendant des années.
Et c’est normal. Ce genre de travail est rarement linéaire.
Ce qu’elle pointe – l’équilibre vie pro et perso entrepreneur comme question d’architecture de vie plutôt que de gestion du temps – est juste. Mais la mise en œuvre dépend de chaque personne, de son histoire, de ses peurs. La honte ressentie dans ce mastermind en 2020 – ne pas ressembler aux autres, ne pas avoir de « vraie vie » en dehors du travail – ne se règle pas avec un agenda bloqué le vendredi.
Il y a aussi une nuance qu’elle effleure sans l’approfondir : elle parle d’avoir « connu le rejet de groupe », « perdu tous ses cheveux », eu « très peu d’amis ». Ces éléments biographiques changent la lecture. L’obsession du business n’est pas forcément la cause du déséquilibre – elle est peut-être la conséquence d’un sentiment d’appartenance difficile depuis longtemps. Dans ce cas, travailler l’équilibre vie pro et perso entrepreneur passe d’abord par autre chose.
Mais bon, dix minutes de podcast ne peuvent pas tout couvrir.
Ce que tu peux faire avec ça dès maintenant
Trois choses concrètes que j’ai retenues de cet épisode.
- Pose-toi la question sans filtre : si demain ton business s’arrête, qu’est-ce qui reste de ta vie ? Pas de ta carrière. De ta vie.
La deuxième : identifie le moment où tu te sens le plus « toi-même ». Est-ce que c’est uniquement dans un contexte professionnel ? Si oui, c’est une information. Pas un jugement – une information.
La troisième, et c’est celle qu’Aurélie Gauthey a mis le plus de temps à apprivoiser : autorise-toi à être inconnue quelque part. Un événement où personne ne sait ce que tu fais. Une conversation qui ne mène à aucun réseau, aucun lead. Juste du contact humain sans valeur ajoutée mesurable. C’est inconfortable au début. C’est aussi ça, l’équilibre vie pro et perso entrepreneur – pas juste bloquer des plages horaires, mais accepter d’exister en dehors de sa zone de génie.
Et si la question de l’équilibre vie pro et perso entrepreneur te bloque depuis un moment, la peur de réussir joue parfois un rôle dans ce déséquilibre – le fait de rester dans l’obsession business peut être une manière d’éviter d’autres sphères de vie. Il y a un exercice concret là-dessus dans cet épisode sur la peur de réussir et les blocages entrepreneur.
La posture de leader et la sécurité intérieure – c’est précisément ce qu’Aurélie cherche à construire hors des contextes où son expertise la protège. Parce qu’un leader solide, c’est quelqu’un qui reste debout même quand la scène est vide.
Ce que j’ai envie de retenir, finalement, c’est cette image des toilettes en 2020. Une femme qui s’assoit, qui regarde ses réponses, et qui choisit de sourire plutôt que de se juger. L’équilibre vie pro et perso entrepreneur commence peut-être là – pas dans un nouvel outil, pas dans un meilleur découpage de semaine. Dans la capacité à regarder ses angles morts sans les corriger immédiatement.


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