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Le self made man du grand nord – avec Olivier Lambert

Épisode diffusé le 28 octobre 2015 par Marketing Mania

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La publicité facebook à 2 centimes le clic – en 2015, avec un budget de 33 euros – ça paraît être une légende urbaine du marketing web. Et pourtant. Olivier Lambert, responsable marketing digital chez Voyagesarabais à 22 ans avec un million de dollars de budget pub derrière lui, l’a fait. Pas une fois. Plusieurs fois. Et il explique exactement pourquoi c’est possible, comment l’algorithme de Facebook y contribue, et ce que la plupart des annonceurs ratent parce qu’ils pensent encore en termes Adwords.

Ce qui m’a frappé dans cette conversation entre Olivier et Stanislas Leloup du podcast Marketing Mania, c’est pas le chiffre des 35 000 visites. C’est la logique derrière. Une logique qui tient en une phrase : Facebook ne facture pas le clic, il facture la valeur symbolique que tu déplaces. Si ta pub est bonne – vraiment bonne – tu payes presque rien.

Voilà le sujet.

Un gamin de 7 ans qui vend des trucs volés à sa mère, et ce que ça dit du reste

Avant de parler publicité facebook, il faut comprendre d’où vient Olivier Lambert. Parce que son parcours éclaire sa façon de voir le marketing – et c’est pas un parcours classique.

À 7 ans (il dit 4e-5e année du primaire, soit 9-10 ans selon les calculs), il monte un système de revente dans la cour de récré. Il vole des objets chez sa mère, les vend contre de la monnaie scolaire, accumule du capital, domine les enchères en classe. Son concurrent direct – un certain Bastien – le menace de le dénoncer au directeur. Olivier refuse de céder ses parts de marché. Le directeur confisque tout. Premier crash.

« Donc éventuellement le directeur m’a rencontré dans son bureau, il m’a dit c’est pas bien, tu as pas le droit de faire ça, il faut que tu arrêtes. Puis je me suis fait confisquer tout mon argent scolaire que j’avais et puis bon ma business s’a crashé là pour la première fois lorsque j’avais 7 ans. »

C’est drôle à lire. Mais c’est aussi exactement le profil du gars qui va gérer un budget pub d’un million de dollars à 22 ans – quelqu’un qui a commencé à tester des choses avant d’avoir un vocabulaire pour les nommer.

À 16 ans, rebelote. Il vend du matériel informatique sur eBay pour le compte de son patron – un accord simple : tu gardes ta commission, je te donne accès à l’inventaire. Ça marche bien. Jusqu’au jour où un acheteur russe lui demande d’envoyer un laptop à une adresse différente de celle enregistrée sur PayPal. Olivier a les mails comme preuve. Il envoie quand même.

« Ce que lui il a fait c’est que bon, il a reçu le laptop et ensuite de tout ça, il a été dire à PayPal j’ai payé pour un item que j’ai jamais reçu. À cause que je l’ai pas envoyé à la bonne adresse même si j’avais la preuve du gars qui me demandait de l’envoyer à l’autre adresse. Et PayPal iront toujours du côté du client. Toujours du côté du client. »

5 000 dollars canadiens. Envolés. À 16 ans. (Ce qui est rare dans le secteur, c’est qu’il ne présente pas ça comme une catastrophe – il en parle comme d’un coût d’apprentissage.)

Ce que j’aurais voulu qu’on me dise – enfin, ce que j’aurais voulu lire plus tôt – c’est que les gens qui gèrent bien de la publicité facebook aujourd’hui ont souvent un background chaotique comme celui-là. Pas des diplômes en marketing. Des crashes à répétition.

Comment un blog t’amène à gérer un million de dollars de pub

Entre le crash eBay et Voyagesarabais, Olivier fait des sites web pour des clients pendant toute sa fac. Rien de spectaculaire. Et il écrit sur son blog – olivierlambert.ca – en parallèle. Des études de cas, des retours terrain, des analyses de campagnes.

C’est ce blog qui l’amène chez une agence de communication. Et c’est depuis cette agence qu’il se fait «repêcher» par Voyagesarabais – 1,6 million de visites par mois, 100 millions de chiffre d’affaires annuel, le plus gros site de voyages au Québec.

« C’est vraiment le blog qui m’a permis d’avoir mon emploi aussitôt. »

Voilà. Pas un MBA. Un blog avec des études de cas réels. Là-dedans, il gère la publicité facebook, l’email marketing, Adwords, le référencement, l’optimisation on-site – tout ça avec le VP marketing comme mentor. Et il envoie 20 millions d’emails. C’est ce background-là qui lui donne la légitimité pour lancer ses formations ensuite.

Ce qui est intéressant dans cette trajectoire, c’est le rôle du contenu personnel comme signal de compétence. Pas comme stratégie de personal branding – ça il n’en parle pas vraiment comme ça. Mais comme preuve concrète de ce qu’il sait faire. Si tu veux faire de la publicité facebook pour générer des prospects, montrer que tu l’as déjà fait quelque part – même à petite échelle – ça change tout.

Après 18 mois chez Voyagesarabais, il démissionne. Pas parce que ça se passe mal. Parce qu’il voit son audience blog grossir et qu’il n’a pas de produit à lui vendre.

La publicité facebook à 2 centimes : ce que l’algorithme fait vraiment

Voilà le cœur du sujet. Olivier veut expliquer pourquoi la publicité facebook peut coûter si peu – et pourquoi la plupart des annonceurs payent beaucoup plus que nécessaire.

Son explication repose sur le système d’enchères de Facebook, qu’il appelle le «VCG» (Vickrey-Clarke-Groves, même s’il bute un peu sur le nom). L’idée centrale : quand Facebook décide quoi te montrer dans le fil d’actu, il compare la valeur de ta pub avec la valeur de ce qu’il remplacerait – typiquement, une photo de chat de ta tante.

« Le prix que tu payes, ça va être la quantité de valeur symbolique qui est déplacée en montrant ton annonce à place de la photo de chat. En plus que ton annonce a de la valeur symbolique, alors moins que tu payes cher à cause que moins que tu déplaces de valeur. »

Dit comme ça, c’est abstrait. Mais l’implication concrète est massive : une pub qui génère de l’engagement – des likes, des partages, des tags d’amis – coûte structurellement moins cher qu’une pub qui fait fuir les gens. Facebook récompense la pertinence. Pas le budget.

Stanislas ajoute quelque chose que j’ai trouvé encore plus intéressant : il parle des gens qui taguent leurs amis dans des pubs. «Je fais une pub, c’est pas pour eux mais il dit ‘Ah bah tiens c’est pour Jean-Marc.’» Résultat : Jean-Marc voit la pub gratuitement, Facebook interprète l’engagement comme un signal positif, le coût par clic baisse. C’est une boucle que tu peux enclencher – ou rater complètement si tu fais une pub trop commerciale.

Pour aller plus loin sur la mécanique des enchères Facebook et comment construire une structure de compte Facebook Ads efficace, c’est un sujet qui mérite qu’on y passe du temps. L’algorithme a évolué depuis 2015, mais le principe de base – la pertinence prime sur le budget – reste vrai.

35 000 visites pour 33 euros : la théorie des super-connecteurs

C’est l’étude de cas qui a fait circuler cet épisode. Un blog avec 1 000 visites par mois. Un budget pub de 33 euros. Résultat : 35 000 visites, dont deux pics à 6 000 et 8 000 visiteurs en quelques jours. Et une audience organique qui passe de 1 000 à 10 000 visites mensuelles – de façon permanente.

Comment ? Olivier parle de «super-connecteurs». Ces comptes Facebook ou ces pages qui, quand ils partagent un article, touchent des dizaines de milliers de personnes. L’idée de la campagne : diffuser le contenu dans la «vicinité» de ces influenceurs – leurs abonnés, leur entourage, les gens qui ont des intérêts communs.

Tu ne peux pas cibler directement «les gens qui ont 500 000 mentions j’aime sur leur page». Mais tu peux cibler les communautés autour d’eux. Et si le contenu est bon, il finit par remonter jusqu’à eux. Sans les contacter. Sans les payer.

« La seule option pour cette personne d’aller chercher de la visibilité, c’est de tenter de cibler ces influenceurs là qui ont beaucoup de notoriété sur les médias sociaux. Alors ça on peut pas nécessairement le faire directement… Sauf que tu le fais en créant du contenu qui est très très intéressant puis en leur faisant la promotion dans la vicinité de ces gens-là. »

Le clic sur ce site coûtait 2 centimes. Pas parce que la concurrence était faible. Parce que le contenu déclenchait de l’engagement – et l’algorithme récompensait ça en baissant le coût d’affichage.

L’effet durable vient des backlinks générés par le pic viral. D’autres blogs ont repris l’article. Le trafic organique s’est installé. (Et c’est souvent là que ça coince dans la plupart des stratégies de contenu payant : on regarde le ROI immédiat sans compter l’effet long terme sur le SEO.)

Ce type d’approche – petit budget, contenu fort, ciblage précis autour d’une communauté – c’est aussi ce que décrivent les équipes qui font de la publicité facebook pour la notoriété plutôt que pour la conversion directe. Les logiques se rejoignent.

Le pixel, le lead magnet, et comment Olivier construit sa liste

Dans son propre business post-Voyagesarabais, Olivier utilise la publicité facebook pour une chose principalement : faire grossir sa liste email. Pas pour vendre directement.

Son outil : un ebook d’une trentaine de pages sur la pub Facebook. Gratuit – ou à prix libre (la plupart des gens lui donnent 15 dollars). Designé avec InDesign, relu par un éditeur. Pas un PDF Word. Un vrai document.

La séquence est simple : pub Facebook → page de téléchargement → série d’emails → proposition de formation. Du classique, mais exécuté proprement. Et en parallèle : remarketing sur les visiteurs du blog, promotion payante d’articles à 3-4 dollars par jour, acquisition de fans de page.

Là où ça devient technique, c’est sur le pixel. Olivier explique quelque chose que beaucoup ignorent encore : quand tu cliques sur un lien Facebook, la plateforme fait une redirection via fb.com avant de t’envoyer sur le site cible. Ce qui leur permet de logger ta visite dans ton profil. Et d’accéder au comportement sur le site – temps passé, pages vues, rebond. Ces données alimentent l’algorithme qui optimise les campagnes.

Conseil actionnable direct de Stanislas à la fin de cet échange : installer le pixel de remarketing maintenant, même si tu ne fais pas encore de pub. Parce que Facebook collecte en continu les données de tes visiteurs. Et le jour où tu veux lancer une campagne, ton audience est déjà construite. Si tu attends, tu repars de zéro.

Pour comprendre comment ce pixel s’intègre dans une stratégie plus large – notamment promouvoir une newsletter avec les Facebook Ads – la logique est exactement la même : tu chauffes une audience avant de la convertir.

Ce que j’aurais aimé qu’Olivier développe davantage, c’est la question de la fréquence. À partir de quel niveau d’exposition le remarketing devient contre-productif ? La question de la répétition optimale d’une publicité facebook est probablement le point le plus sous-estimé dans toutes ces stratégies d’acquisition à petit budget. Tu peux retrouver une analyse sérieuse là-dessus dans cet épisode sur la répétition optimale d’une publicité Facebook.

Ce que 2015 dit encore de la publicité facebook aujourd’hui

Cet épisode date d’octobre 2015. Facebook comptait environ 1,5 milliard d’utilisateurs actifs. Le pixel était encore une nouveauté. iOS 14 n’existait pas. Et pourtant.

Les principes qu’Olivier décrit – la valeur de l’engagement sur le coût du clic, la logique des super-connecteurs, le séquençage lead magnet puis email puis offre – sont toujours les fondamentaux de n’importe quelle campagne qui fonctionne. Ce qui a changé, c’est le niveau de concurrence, les options de ciblage, et les contraintes de tracking (l’impact iOS 14 sur le pixel a été massif – si tu travailles encore avec des données d’avant 2021, les retours terrain post-iOS 14 méritent qu’on s’y attarde).

Ce qui n’a pas changé, c’est la mécanique de fond. Facebook reste un système d’enchères qui récompense la pertinence. Un contenu qui génère de l’engagement coûte moins cher à diffuser qu’un hard pitch. Une audience chauffée convertit mieux qu’une audience froide. Et un pixel installé depuis longtemps vaut de l’or.

Olivier Lambert a arrêté de travailler pour quelqu’un d’autre à 24 ans parce qu’il avait une audience qui grossissait et pas de produit à lui vendre. Dix ans plus tard, cette tension-là – entre construire une audience et monétiser au bon moment – reste probablement la question centrale de n’importe quel business de contenu. Et la publicité facebook, bien utilisée, reste l’un des seuls leviers qui peut accélérer les deux en même temps.

Mais bon. À 2 centimes le clic en 2024, il va falloir retravailler les chiffres.

Questions fréquentes

Comment obtenir des clics à 2 centimes avec la publicité Facebook ? +
Le système d'enchères de Facebook (basé sur le modèle VCG) facture non pas le clic en valeur absolue, mais la valeur symbolique déplacée quand ta pub remplace un contenu organique dans le fil d'actualité. Plus ta pub génère de l'engagement - likes, partages, commentaires, tags - moins tu payes. En pratique, un contenu éditorial fort qui déclenche des partages peut descendre à 2 centimes le clic, là où un hard pitch commercial peut monter à plus d'1 euro. La clé : créer du contenu que les gens ont envie de partager, pas juste de scroller.
Qu'est-ce qu'un pixel de remarketing Facebook et pourquoi l'installer tout de suite ? +
Le pixel Facebook est un bout de code JavaScript à placer sur ton site. Il enregistre les comportements de tes visiteurs - pages vues, temps passé, actions - et les associe à des profils Facebook. Cela te permet ensuite de cibler ces visiteurs avec de la publicité facebook. L'argument pour l'installer immédiatement : Facebook collecte en continu dès que le pixel est actif. Si tu attends d'avoir un budget pub pour l'installer, tu pars d'une audience à zéro. Si tu l'as installé depuis 6 mois, tu as déjà une base de données exploitable.
Comment générer du trafic viral avec un petit budget Facebook Ads ? +
La stratégie d'Olivier Lambert repose sur les super-connecteurs : des comptes ou pages très suivis qui, s'ils partagent ton contenu, peuvent toucher des centaines de milliers de personnes. On ne peut pas les cibler directement sur Facebook, mais on peut diffuser du contenu dans leur communauté - leurs abonnés, les gens qui ont des intérêts communs. Si le contenu est suffisamment bon, il remonte jusqu'à eux naturellement. Résultat : 33 euros de budget, deux partages d'influenceurs, 35 000 visites et une base de trafic organique multipliée par 10.
Quel lead magnet utiliser pour faire grossir sa liste avec la publicité Facebook ? +
Olivier Lambert recommande de ne pas rogner sur la qualité du lead magnet. Son ebook sur la publicité Facebook - une trentaine de pages, designé avec InDesign, relu par un éditeur - est proposé en téléchargement gratuit ou à prix libre. La plupart des gens lui donnent spontanément 15 dollars. L'idée : un lead magnet de qualité réduit le coût d'acquisition (meilleur engagement, meilleur score de pertinence Facebook) et chauffe mieux les leads pour la suite de la séquence email.
Est-ce que la publicité Facebook fonctionne encore pour un petit budget ? +
En 2015, Olivier Lambert obtenait des clics à 2 centimes. En 2024, la concurrence est plus forte et les coûts ont augmenté - mais la mécanique de base reste la même : Facebook récompense la pertinence. Un contenu qui génère de l'engagement coûte structurellement moins cher à diffuser qu'une pub commerciale froide. Avec 3 à 4 euros par jour, il est encore possible de tester la promotion d'articles pour toucher de nouvelles audiences, à condition que le contenu soit réellement engageant.
Comment un blog peut-il permettre de décrocher des postes à responsabilité en marketing digital ? +
C'est exactement ce qui s'est passé pour Olivier Lambert : son blog olivierlambert.ca, avec ses études de cas et retours terrain, lui a valu d'être recruté par une agence de communication, puis repêché par Voyagesarabais - le plus gros site de voyages au Québec - avant même ses 22 ans. Le blog fonctionnait comme une preuve de compétence concrète, plus parlante qu'un diplôme. Il a géré un budget de publicité Facebook d'un million de dollars parce que quelqu'un avait lu ce qu'il écrivait en ligne.

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