Une page de vente copywriting qui génère 200 000€ en 24 heures. Pas une landing page propre avec trois bullet points et un bouton orange. Une page de 13 000 mots, bourrée d’arguments, construite autour d’une idée centrale qu’on appelle la big idea. C’est ce que Charles Baras a réussi à produire chez Agora – et c’est l’un des fondateurs de la firme qui a demandé à lire sa copie. Quand on sait qu’Agora est probablement la machine de marketing direct la plus redoutable du monde occidental, ça pèse.
Charles a 29 ans au moment de l’enregistrement. Il était chef pâtissier il y a quatre ans. BTM pâtissier, pas de grande école, pas de master en communication. Il a découvert le copywriting presque par accident, en montant une agence de marketing digital avec deux collègues rencontrés en formation. Et depuis, il a gravi les échelons chez Agora jusqu’au titre de senior copywriter – un poste où il commence lui-même à mentorer les nouvelles recrues.
Ce que cet épisode du podcast Les Makers contient, c’est rare. Pas de tips génériques sur ‘comment écrire un titre accrocheur’. De la mécanique réelle. Le genre de trucs qu’on apprend en bossant sur des vrais lancements, avec de vrais chiffres, pour une vraie boîte qui split-teste ses copywriters en interne.
Ce qu’Agora fait que personne d’autre ne fait vraiment
Agora, c’est un service de presse financière. Abonnements, lettres d’experts, recommandations d’investissement. Un modèle qui existait bien avant internet – les fameux tracts de David Ogilvy qu’on recevait par boîte postale avec un bon de commande à renvoyer. Agora a juste industrialisé ça à l’échelle mondiale, avec des filiales partout : États-Unis, Australie, Japon, Allemagne, France.
Charles décrit le funnel de manière chirurgicale. Lead magnet gratuit (ebook), offre d’entrée en dessous de 100€ à l’année, puis offre premium entre 1 500 et 2 000€ par an. Classique sur le papier. Mais ce qui rend Agora particulier, c’est la concurrence interne entre copywriters.
« Nous les copywriter, on est en concurrence pour vendre les mêmes services. Donc si pendant plusieurs jours, plusieurs semaines, tu vois les mêmes emails ou les mêmes pages de vente qui arrivent, c’est que cette page de vente a battu toutes les autres en terme de taux de conversion. »
Ce détail change tout. Ça veut dire que quand une page survit dans une liste Agora, elle a été testée contre d’autres approches pour le même produit. C’est pas du A/B test de bouton de couleur – c’est de la guerre de big ideas. Et pour un copywriter qui veut progresser, c’est une école unique. (C’est pour ça que Charles conseille à tout apprenti copywriter de s’inscrire aux listes Agora avec une adresse mail dédiée – pas sa principale, sous peine de la rendre inutilisable.)
Pour aller plus loin sur comment attirer des prospects qualifiés avec un lead magnet, les mécaniques de base restent les mêmes – c’est l’exécution qui diffère à ce niveau.
La page de vente copywriting à 13 000 mots : pourquoi c’est pas de la folie
13 000 mots. La question que tout le monde pose : mais les gens lisent vraiment jusqu’au bout ?
Charles répond avec une logique que j’aurais pas formulée comme ça. Non, ils lisent pas jusqu’au bout. Et c’est pas un problème.
« C’est un gros tabou dans le marketing. Ouais, c’est trop long, c’est trop long. Bah en fait le taux de conversion des personnes qui vont jusqu’au bout est tellement énorme que ça rattrape toutes les pertes. »
Dit comme ça, ça a l’air simple. Mais derrière, il y a une vraie mécanique de lecture en F – les H2 doivent permettre à quelqu’un qui scanne de reconstituer l’argument principal sans lire une ligne de corps de texte. La page doit fonctionner pour celui qui lit tout ET pour celui qui ne lit que les titres et le premier paragraphe de chaque section.
La longueur d’une page de vente copywriting dépend de trois variables, selon Charles. Premièrement, la complexité de la big idea : plus l’idée est contre-intuitive, plus il faut d’arguments pour la rendre crédible. Deuxièmement, la sophistication du lecteur par rapport au sujet – pas par rapport au vendeur, par rapport à l’idée elle-même. Un prospect chaud sur toi peut être complètement froid sur l’idée que tu présentes, et ça change tout. Troisièmement, le prix. Un produit à 1 500€ vendu à un prospect froid, ça ne se fait pas en 2 000 mots.
Et la V1 à 13 000 mots ? Elle finira probablement à 10 000 après relecture. Charles coupe systématiquement entre 1 000 et 4 000 mots entre sa première et sa troisième version. Pas parce que c’est trop long – parce que ce qui est coupé ne servait pas l’idée.
Sur la structure d’une page de vente, 10 étapes pour structurer une page de vente donne une base solide pour comprendre les blocs indispensables avant d’aller à ce niveau de profondeur.
La big idea : ce concept que tout le monde cite et que personne ne comprend vraiment
Big idea. Deux mots qu’on entend partout dans les formations de copywriting en France. Et neuf fois sur dix, ce qu’on appelle big idea, c’est juste un angle marketing légèrement différent.
Charles l’explique avec l’exemple de Copy House, sa propre formation-collectif. Pour un même produit, tu peux avoir une big idea centrée sur l’aspect mastermind du groupe. Une autre centrée sur la méthode empathie map qu’il utilise pour construire les personas. Une troisième qui vend la méthode en bonus et l’empathie map en produit principal – en inversant le rapport figure/fond.
« Tu peux avoir une big idea par bonus pour vendre une formation et tu peux même avoir plusieurs big ideas par bonus. En fait tu peux avoir une big ID par bonus pour vendre une formation et tu peux même avoir plusieurs big ID par bonus. »
C’est exactement le problème que la plupart des copywriters ratent. Ils pensent que la big idea, c’est choisir un angle et s’y tenir. En réalité, c’est comprendre que le même produit peut être présenté à travers des prismes complètement différents – et que chaque prisme génère une page de vente copywriting distincte, avec sa propre structure d’arguments, son propre mécanisme unique, sa propre logique de preuve.
Chez Agora, plusieurs copywriters écrivent pour le même service avec des big ideas différentes. La page qui survit dans la rotation, c’est celle dont la big idea a convaincu le plus de gens de sortir leur carte. Pas celle qui était la mieux écrite au sens stylistique. Celle dont l’idée centrale a déclenché quelque chose.
Ce mécanisme de déclenchement – comment une idée provoque une décision d’achat – est au cœur de ce qu’on appelle le déclenchement de l’achat, et c’est là que la page de vente copywriting joue son rôle le plus critique.
D’un tablier de pâtissier aux 6 millions d’euros : le parcours qui dérange un peu
Chef pâtissier. BTM. Études de psychologie abandonnées pour rembourser une maison. Ce profil-là, dans le monde du copywriting, c’est soit une histoire de personal branding soigneusement construite, soit quelque chose de réel.
En écoutant Charles, c’est clairement réel – et c’est le détail psychologie qui explique en grande partie pourquoi il est bon. Le copywriting, dans sa version la plus efficace, c’est de la psychologie appliquée à la persuasion écrite. Comprendre pourquoi quelqu’un achète, quelles peurs il a, quelle identité il veut projeter, quel niveau de confiance il accorde au vendeur. Charles a cette sensibilité depuis le départ, et Agora lui a donné un framework pour la canaliser.
Le moment de bascule, c’est Alexandre Dana – CEO de Live Mentor – qui lui dit d’aller au copy camp d’Agora en 2021. Une centaine de candidats. Sept pris. Un seul resté. Charles est ce un-là.
« Quand on m’a dit qu’Agora c’était bah tout simplement un peu le Apple des développeurs. C’est un peu comme si aujourd’hui tu es un développeur et on te dit vas-y viens bosser sur la OS d’Apple, vous êtes 10 à pouvoir bosser dessus dans le monde. »
La comparaison Apple est juste assez précise pour ne pas être du bluff. Agora, c’est vraiment cet endroit où la copie directe se pratique à un niveau d’exigence qu’on ne trouve nulle part ailleurs en dehors des grandes firmes américaines. Et le fait que Charles ait eu accès à ça sans diplôme, juste par du travail et un réseau de formation, c’est à la fois inspirant et légèrement déprimant pour ceux qui ont fait des études de comm.
Quatre ans plus tard, il est senior copywriter, il commence à mentorer les nouveaux entrants, et il anime Copy House en parallèle – un collectif qui sert à la fois ses clients externes et le pipeline de recrutement d’Agora. Deux pôles. Zéro temps mort apparent.
page de vente copywriting : la relecture comme discipline, pas comme option
Un point que Charles répète plusieurs fois dans l’épisode, et qui mérite qu’on s’y arrête : la relecture.
Pas la correction orthographique. La relecture structurelle – soumettre sa copie à quelqu’un d’autre, intégrer les retours, recommencer. Sa cheffe de copy, Annabelle, lui relit ses pages. Lui-même relit les pages d’Annabelle. Et les copywriters qu’il mentor lui soumettent leurs versions.
Ce système de relecture croisée – enfin, ce que j’aurais voulu qu’on me explique plus tôt dans ma carrière de journaliste – c’est que l’ego est l’ennemi numéro un de la progression dans un métier d’écriture. Charles le dit directement :
« Dans le copywriting, il y a pas d’ego. S’il y a un ego, tu peux pas évoluer. C’est vraiment… tu peux pas. »
Voilà. Trois mots. Et c’est vrai pour la page de vente copywriting comme pour n’importe quel autre format d’écriture persuasive. La page que tu as mis trois semaines à construire, celle dont tu es convaincu qu’elle va tout déchirer – elle a des problèmes que tu ne vois plus parce que tu es dedans depuis trop longtemps.
Il y a un autre piège que Charles signale, et celui-là est plus subtil. Ce qu’on est capable de produire comme copywriter dépend directement de ce qu’on consomme comme copie. Si tu étudies des pages médiocres en pensant qu’elles sont bonnes, tu prends de mauvais automatismes. Et le fait d’avoir acheté sur une page ne prouve rien sur sa qualité – ça prouve juste que tu étais le bon prospect au bon moment.
C’est pour ça qu’il conseille de se limiter aux pages Agora pour l’étude – pas par chauvinisme de boîte, mais parce que la sélection naturelle interne garantit que les pages qui survivent dans la rotation sont réellement bonnes.
Cette logique de formation au copywriting par l’étude des meilleures copies existantes est en fait la méthode la plus ancienne du métier – bien avant les formations en ligne.
Les chiffres derrière le lancement record
200 000€ en 24 heures. 500 000€ en une semaine. 800 000€ en dix jours. Ce sont les chiffres du lancement qui a mis Charles sur le radar mondial d’Agora – au point que l’un des deux fondateurs lui a demandé à lire sa page.
Comment on arrive là ? La base email joue évidemment un rôle. Mais Charles insiste sur un point que beaucoup ratent : quand la liste française d’Agora est dix fois plus petite que la liste américaine, et qu’elle arrive première sur le leaderboard mondial, c’est que le taux de conversion de la page compense largement la taille de l’audience.
Les taux de conversion réels, il ne peut pas les partager. Mais la logique arithmétique est là : une liste dix fois plus petite qui génère des volumes comparables, ça implique un taux de conversion significativement supérieur. C’est la page de vente copywriting qui fait ce travail – pas la taille de la liste, pas le produit seul, pas l’offre.
Et cette réalité-là devrait changer la façon dont la plupart des gens pensent à leurs lancements. On passe des semaines à construire une audience et des heures à écrire la page de vente. Ce ratio est peut-être à inverser.
Pour les lancements à 6 chiffres, la stratégie copywriting est souvent le levier sous-estimé – Charles en est la preuve vivante.
Mais bon. Reproduire un lancement à 800 000€ en dix jours, même Charles dit que c’est pas facile. Et c’est probablement la phrase la plus honnête de tout l’épisode.











