La stratégie webinaire a closé des deals chez Partoo avant même que le live ne commence. Patrice Barbesier, ex-CMO de la scale-up, n’y croyait pas – il traînait des pieds depuis 8 mois quand son fondateur a fini par lui dire ‘maintenant ça suffit’. Premier webinaire : 15 personnes. Zéro rendez-vous signé. Et pourtant, c’est là que tout a basculé.
Ce que raconte Barbesier dans l’épisode 212 du Podcast du Marketing contredit à peu près tout ce qu’on croit savoir sur le webinaire. Pas besoin de 500 inscrits. Pas besoin d’un pitch commercial millimétré. Pas besoin d’être un orateur hors pair. Ce qu’il faut – enfin, ce que j’aurais voulu qu’on me dise quand je couvrais mes premiers lancements startup – c’est comprendre pourquoi le webinaire n’est pas un outil de vente directe. C’est un outil de confiance. Et la confiance, ça close des deals autrement plus gros.
10 ans de marketing B2B, une moitié chez Sony et Samsung, l’autre moitié à construire le marketing de Partoo de zéro jusqu’à 400 personnes. Barbesier n’est pas un théoricien du webinaire. Il a fait les erreurs, il a vu les chiffres, et il a une conviction assez radicale sur la structure d’un bon live. Voilà ce qu’il dit.
Pourquoi personne ne croit à la stratégie webinaire au départ
C’est presque systématique. Quand on parle de webinaire à un CMO ou un responsable marketing, il y a ce moment de silence poli. ‘Oui, on y pense.’ Traduction : personne n’a envie de s’y coller. Barbesier l’admet sans détour.
Personnellement j’aime pas écouter des webinars parce que quand je les écoute, je m’ennuie. Donc j’y croyais pas.
Voilà. Honnête. Et c’est exactement le problème – on juge le format sur les mauvais exemples qu’on a subis, pas sur ce qu’il peut produire quand c’est bien fait.
La résistance vient aussi d’une confusion sur l’objectif. Beaucoup de gens imaginent le webinaire comme un événement commercial, une sorte de téléshopping B2B avec slides et timer de réduction. Du coup, soit ils l’évitent parce que ça leur fait peur de ‘vendre’, soit ils le font et ils vendent trop tôt, trop fort, et les gens décrochent. Les deux sont des erreurs.
Ce que Barbesier a découvert dès le premier live – 15 personnes, aucune signature, mais un taux d’interaction qui l’a scotché – c’est que le webinaire crée quelque chose que quasiment aucun autre canal ne crée aussi efficacement : de la relation à l’échelle. Tu parles à 50 personnes et chacune a l’impression que tu t’adresses à elle. C’est presque irrationnel. Mais ça marche.
Ce qui se passe avant le live : l’appel que tout le monde oublie de passer
Voilà la partie de la conversation qui m’a vraiment surpris. Et je pense que c’est la plus sous-estimée de toute la stratégie webinaire de Partoo.
Quand quelqu’un s’inscrit à un webinaire, il y a une fenêtre d’or. Cette personne vient de lever la main. Elle a dit ‘ce sujet m’intéresse’. Et dans 90% des boîtes, on attend. On attend le webinaire, parfois 3 semaines, parfois un mois. Et le soufflé retombe. La personne vient peut-être, peut-être pas.
Chez Partout – et c’est là que leur ADN commercial est vraiment différent – ils appelaient les inscrits le lendemain.
Lorsqu’une personne s’inscrit un webinar, on estime que avec une approche douce, on peut se permettre d’appeler cette personne le lendemain de son inscription pour lui dire bonjour madame. Vous êtes inscrit à ce webinar, merci beaucoup. Est-ce que je peux vous demander ce que vous cherchez avec ce webinar ?
Et ils prenaient plus de rendez-vous avant le webinaire qu’après. Dit comme ça, ça a l’air simple.
Mais regardez ce que fait cet appel. Il ne pitche rien. Il écoute. Il transforme une inscription anonyme en conversation. Et si l’enjeu du prospect correspond à un cas client connu, le commercial peut dire ‘on a travaillé avec une boîte qui avait exactement ce problème, vous voulez qu’on en parle ?’ C’est du soft selling appliqué à la présentation – pas du tout la même énergie qu’un cold call.
La nuance importante, et Barbesier l’a bien formulée : la démarche doit rester douce. C’est pas un prétexte pour pitcher. C’est vraiment une conversation de découverte. Si tu transformes cet appel en tentative de vente, tu détruis exactement la confiance que le webinaire était censé créer.
La structure d’une stratégie webinaire qui retient l’attention 20 minutes
20 minutes de présentation. Pas 45. Pas 1 heure. 20 minutes.
C’est la conviction de Barbesier, et franchement, la plupart des gens qui font des webinaires passent complètement à côté de ça. L’erreur classique : ‘j’ai une heure, j’ai plein de gens intéressants qui écoutent, je vais en dire le maximum.’ Résultat : les gens décrochent à 25 minutes et tu perles face à des onglets d’achat en ligne.
La structure qu’il a rodée chez Partoo :
- 5 minutes de contexte : les chiffres du marché, les tendances, ce que vivent les autres boîtes. Pas plus. Le contexte, c’est l’entrée en matière, pas le plat principal.
Ensuite, direction les cas concrets. Une seule douleur – une, pas quatre – travaillée en profondeur avec des exemples d’entreprises réelles, de secteurs différents. Toyota pour les organisations décentralisées. Leroy Merlin pour autre chose. Une petite chaîne de vêtements pour les structures légères. L’idée : que chaque personne qui écoute se retrouve dans au moins un exemple.
Et à la toute fin, 30 secondes. Trente. Pour dire ‘voilà ce qu’on fait chez Partoo’. Pas de démo produit. Pas de pricing. Juste une carte de visite orale avant de passer aux questions.
Ce format court force aussi à être bon. Barbesier a un argument que je trouve redoutable : 20 minutes, même un orateur moyen peut s’en sortir. Une heure, tu exposes toutes tes faiblesses. (Et dans un contexte B2B où ton directeur marketing Toyota a autre chose à faire que regarder ton webinaire pendant 90 minutes, c’est aussi une question de respect du temps des gens.)
Cette logique de valeur délivrée avant toute tentative de vente rejoint ce que Cialdini appelait la réciprocité – si tu veux creuser les mécanismes derrière, l’épisode sur les principes d’influence appliqués au marketing est une bonne lecture complémentaire.
Garder l’audience en vie pendant la stratégie webinaire
Devant son ordinateur, avec 15 onglets ouverts et les enfants qui peuvent débarquer à tout moment, n’importe qui peut décrocher. Barbesier a testé plusieurs trucs pour éviter ça, et certains sont plus malins qu’ils en ont l’air.
Le premier : commencer par la météo. Littéralement.
Je demandais aux gens quelle météo ils avaient chez eux. Et je rebondissais dessus : ‘là Michel, il fait beau, c’est super, vous êtes où ? Ah vous êtes trop bien. Ah Bidule, vous avez de la neige, mais c’est marrant, vous êtes où ?’ Et ça les fait vachement réagir et ça les rend attentifs assez vite.
Bête ? En apparence. Mais ça force les gens à toucher le clavier une première fois, à s’ancrer dans le live. Et une fois qu’on a tapé quelque chose dans le chat, on reste.
Ensuite, les sondages – maximum 2 ou 3 sur les 20 minutes – pas pour faire joli, mais pour adapter le discours en temps réel. Si 80% des participants choisissent la réponse A, tu sais que tu dois passer plus de temps sur ce point. C’est de la présentation vivante, pas du PowerPoint enregistré.
Et les questions directes au chat. ‘Est-ce que vous êtes d’accord avec ce que je viens de dire ? Oui ou non dans le chat.’ Ça semble banal mais ça crée une dynamique de participation qui change complètement l’énergie du live. Les gens ne sont plus spectateurs. Ils sont acteurs – même s’ils ne parlent que par écrit.
Cette mécanique d’engagement ressemble beaucoup à ce que font les challenges marketing bien construits : créer des micro-actions répétées qui maintiennent l’attention. Si tu veux voir comment vendre sans pitcher via un challenge, il y a des parallèles intéressants avec ce format.
La session Q&R : là où la stratégie webinaire fait vraiment la différence
40 minutes de questions-réponses après 20 minutes de présentation. Le ratio est volontairement déséquilibré, et c’est exactement le point.
Barbesier a une explication très claire sur pourquoi la Q&R est la partie la plus précieuse :
Je fais une présentation pour montrer l’expertise, tout le monde peut le faire. Un petit concurrent comme un très gros concurrent, j’estime que la connaissance on l’a tous. En revanche quand tu es mis sur le grill, que les gens te mettent dans leur situation et qu’il faut y répondre, là tu peux plus te cacher. Donc c’est là où ils vont voir si tu es bon.
C’est le moment de vérité. Et c’est aussi le moment où tu débloques des gens qui avaient une question précise depuis le début mais qui n’osaient pas la poser. Une question en amène une autre. Le chat s’anime. Et les participants qui ne posaient rien restent quand même, parce que les questions des autres leur apprennent des choses qu’ils n’auraient pas pensé à demander.
Ce que j’entends derrière tout ça : la Q&R est la partie la moins scriptable et donc la plus authentique. C’est là que la personnalité – la tienne, celle de ta boîte – transparaît vraiment. Et dans un cycle de vente B2B où la décision finale appartient souvent à plusieurs personnes, ce moment de transparence vaut souvent plus qu’une démo produit bien répétée.
Il y a aussi une logique d’accélération de cycle. Les équipes sales de Partoo venaient voir Barbesier après certains webinaires pour lui dire : ‘Toyota hésitait encore avec un concurrent, ils ont écouté le webinaire, et c’est bon – c’est avec nous qu’ils ont signé.’ Le webinaire n’a pas vendu. Il a réglé le dernier doute. C’est très différent.
Cette façon de traiter les objections à froid – avant même que le prospect les formule en face d’un commercial – rejoint les mécaniques qu’on retrouve dans les erreurs qui empêchent les prospects de devenir clients. Souvent, c’est pas le produit qui coince. C’est la confiance.
Le vrai ROI d’une stratégie webinaire en B2B grand compte
90 euros par mois. C’est ce que Partoo payait pour son outil de webinaire. Et ils ne le payaient même pas tous les mois – un trimestre sans webinaire, pas d’abonnement.
Mettons ça en face des résultats que Barbesier décrit : 50% de nouveaux contacts parmi les inscrits quand ils atteignaient 100 personnes, le canal qui générait le plus de rendez-vous après le cold outreach, et surtout – le chiffre qui l’a lui-même surpris – l’action marketing qui accélérait le plus les signatures en cours. Dans un contexte de vente grand compte à 15 000-20 000 euros le contrat, le calcul devient vite absurde.
Mais il y a une limite que je veux souligner honnêtement : ce ROI s’explique en partie par le contexte Partoo. Marché B2B avec des cycles longs, des décideurs multiples, un produit complexe à 15k+ le contrat. Dans un contexte e-commerce ou B2C avec des paniers moyens à 30 euros, la stratégie webinaire a probablement un rendement différent. Ce n’est pas une formule universelle. C’est un outil particulièrement bien adapté aux ventes où la confiance est un facteur décisif.
Il y a aussi la question du sondage post-webinaire. Barbesier en parle comme d’un indicateur de succès, et les chiffres sont frappants : 80% des participants disent avoir ‘beaucoup appris’, 19% ‘un peu appris’. 1% dit ne rien avoir appris – et encore, c’est souvent ‘je suis déjà expert sur ce sujet’. Ce niveau de satisfaction n’est pas le résultat d’une présentation parfaite. C’est le résultat d’un choix de sujet précis, ancré dans une vraie douleur marché.
Ce dernier point renvoie directement à la question de la promesse : si tu choisis le mauvais sujet, si tu rates l’identification de la douleur, tout le reste s’effondre. Le travail sur la promesse marketing et la douleur à adresser est en réalité le vrai premier chantier avant même de penser au format du webinaire.
Et ce que j’aurais voulu qu’Estelle Ballot pousse encore plus loin dans cet épisode : comment Barbesier choisissait ses sujets. Il mentionne ‘partir des plus grandes problématiques du marché’, mais la méthode concrète de sélection, ça aurait valu 20 minutes de plus. Parce que c’est là que beaucoup de webinaires ratent dès le départ – pas dans la structure, pas dans l’outil, pas dans la durée. Dans le choix du sujet. La stratégie webinaire la mieux exécutée du monde ne sauve pas un thème dont personne n’a rien à faire.
Il reste une chose que Clément Picard – le commercial de Partoo dont Barbesier raconte l’anecdote – a bien compris : parfois, la meilleure vente c’est de dire à un client de ne pas tout acheter d’un coup. De prendre un produit, de le mettre en place, de revenir dans 6 mois. La stratégie webinaire fonctionne parce qu’elle repose sur la même logique : d’abord la valeur, ensuite la relation, et la vente arrive naturellement. Ou pas. Et si elle arrive pas, tu as quand même construit quelque chose.
Ce que ça veut dire concrètement pour les équipes qui veulent se lancer : ne cherche pas à vendre pendant le webinaire. Cherche à ce que les gens raccrochent en se disant ‘j’ai réglé un truc aujourd’hui’. Tout le reste – les rendez-vous, les signatures, les accélérations de cycle – c’est une conséquence. Pas un objectif qu’on affiche sur la slide d’intro.
Et si tu veux aller plus loin sur les mécaniques de conversion une fois que la relation est installée, les stratégies pour déclencher l’achat sont un bon complément – parce qu’à un moment, il faut quand même fermer la boucle.

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