confiance en soi entrepreneur

80. Confiance en soi : De petite fille timide et harcelée à l’entrepreneure libre et audacieuse

Épisode diffusé le 12 août 2025 par Aurélie Gauthey

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La confiance en soi entrepreneur – le sujet dont tout le monde parle et que presque personne ne comprend vraiment. Aurélie Gauthey, fondatrice du mouvement Née pour Impacter et auteure d’un livre vendu à plus de 5 000 exemplaires dans le monde, l’a appris à ses dépens : tu peux monter sur scène, prendre la parole en public, diriger une agence immobilière à 22 ans avec une équipe d’hommes de 40 ans – et pourtant t’enfermer dans les toilettes avant pour ne plus voir les regards.

Ce n’est pas un paradoxe. C’est la distinction exacte entre confiance et estime de soi. Et c’est là que la plupart des entrepreneures se plantent complètement.

Dans cet épisode du podcast Née pour Impacter (épisode 80), Aurélie met les mains dans le cambouis de son propre parcours. Harcèlement à 7 ans jusqu’à perdre la moitié de ses cheveux. Dépendance affective. Une relation de 7 ans quittée à 36 ans – sans enfants, sans filet. Et derrière tout ça, une question qui ronge en silence : est-ce que je mérite d’être aimée pour qui je suis ?

Ce que j’ai trouvé frappant à l’écoute, c’est que son histoire n’est pas une success story packagée. C’est un diagnostic. Et ce diagnostic concerne probablement la moitié des femmes qui lancent ou développent leur activité en ce moment.

Confiance et estime : deux animaux très différents

Commençons par crever l’abcès. La confiance en soi entrepreneur n’est pas l’estime de soi. On confond les deux en permanence – y compris les coachs qui vendent des programmes sur le sujet.

Aurélie formule ça avec une précision que j’aurais aimé lire il y a dix ans :

«La confiance en soi, c’est dans le fait d’oser passer à l’action même si tu as peur. L’estime de soi, c’est la valeur que tu te donnes intérieurement.»

Voilà. Dit comme ça, c’est limpide. Et pourtant ça change tout dans la façon dont tu abordes tes blocages.

Une personne avec une forte confiance situationnelle mais une faible estime va agir – et se détester en secret pendant qu’elle agit. Elle fait le live, elle monte sur scène, elle signe les contrats. Et le soir, elle se demande si les gens l’ont trouvée nulle. C’est épuisant d’une façon que les gens qui n’ont pas vécu ça ne peuvent pas imaginer.

L’inverse est aussi vrai : une estime solide sans confiance en actes, ça donne quelqu’un qui se sait valable mais ne passe jamais à l’action. (Et qui accumule des formations sans jamais les terminer, ce qui est une autre histoire.)

Aurélie a grandi dans le premier profil. Elle animait des débats d’adultes à 7 ans parce qu’elle trouvait les conversations d’enfants sans intérêt – et elle s’est fait harceler pour ça par des femmes, d’abord à l’école, puis au lycée. Ce détail-là, il compte. Parce qu’aujourd’hui, elle crée des mouvements de femmes. Va comprendre le cerveau humain et ses façons de retourner ses blessures en carburant.

Le piège des objectifs multiples – ou comment la confiance en soi entrepreneur s’effondre

Troisième projet lancé ce mois-ci. Deuxième formation commencée. Masterclass, atelier, challenge – tout en parallèle. Ça te parle ?

C’est le piège qu’Aurélie nomme «objectifs multiples» et c’est, selon elle, l’une des causes les plus directes d’effondrement de la confiance en soi entrepreneur. Non pas parce que tu manques de discipline. Mais parce que tu construis une longue liste d’abandons à mi-chemin, et que ton cerveau enregistre chaque abandon comme une preuve supplémentaire que tu ne vas jamais au bout.

«Tu te tires une balle dans le pied. Tu t’abandonnes à mi-chemin. Alors tu culpabilises, tu perds confiance, tu te dis que comme d’habitude, tu es pas allé au bout.»

C’est exactement le problème. Et c’est pervers parce que l’énergie de lancer un nouveau projet ressemble à de la confiance – alors que c’est souvent une fuite vers l’avant.

Sa solution : un seul objectif à la fois. Un dans la vie perso, un dans la vie pro. Pas 80 %, pas 60 %. 100. Et elle insiste sur la mécanique de ce que ça produit : une victoire à la fois, deux ou trois échecs, une autre victoire. Ce n’est pas une progression linéaire. C’est un rythme. Et ce rythme, c’est ce qui reconstruit la confiance durablement – pas un breakthrough en séminaire de deux jours.

Si tu te reconnais dans ce schéma d’éparpillement, ce que dit Aurélie sur les causes du business qui stagne va dans le même sens – et c’est probablement la suite logique à écouter.

Ne pas investir en soi : ce n’est pas une histoire d’argent

Ici, Aurélie dit quelque chose qui va déranger. Et qui est vrai.

8 fois sur 10 – son chiffre, pas le mien – quand une femme dit qu’elle ne peut pas investir dans un accompagnement, ce n’est pas une contrainte financière. C’est une question d’estime. Est-ce que je mérite de réussir ? Est-ce que ça va marcher pour moi, qui ai l’habitude d’abandonner ?

«Ce n’est pas une histoire d’argent. Ça ça part aussi d’une histoire d’estime de soi. Est-ce que je mérite de réussir ? Est-ce que je mérite d’investir cette somme ?»

Je comprends que cette affirmation puisse agacer. Et pour être honnête – il y a des cas où c’est vraiment une contrainte financière réelle, et il faut le dire. Mais dans la majorité des situations qu’elle décrit (et que j’ai croisées en couvrant l’entrepreneuriat féminin depuis des années), la résistance à l’investissement est un symptôme, pas une cause.

Elle va plus loin : elle a investi des sommes qu’elle n’avait pas. Pas par imprudence. Par décision radicale d’arrêter d’être «la meilleure de la classe» dans des espaces trop petits pour elle. Pour se confronter à des gens qui la challengent vraiment. C’est une posture que je trouve franchement plus courageuse que la plupart des «stratégies d’investissement» qu’on lit dans les newsletters business.

Sur le sujet de comment choisir où et comment investir dans ton développement, l’épisode sur comment choisir la bonne formation sans jeter son argent est une ressource directe et concrète.

«Par amour pour moi» – quand une note sur téléphone devient une philosophie

Quatre mots. Une alarme sur téléphone, plusieurs fois par jour. «Par amour pour moi.»

Ce n’est pas un slogan. C’est un système de décision. Aurélie filtre ses choix relationnels – amicaux, professionnels, amoureux – par cette question : est-ce que cette relation m’honore ? Et si la réponse est non, la relation n’entre pas dans son espace. Point.

Ça paraît simple dit comme ça. Ça l’est beaucoup moins quand tu as 36 ans, une relation de 7 ans derrière toi, et que tu te demandes si tu auras encore des enfants un jour. C’est le moment qu’elle a vécu quand elle a quitté cet homme – entrepreneur lui-même, qui l’avait encouragée à se lancer, et qui regardait sa réussite croître pendant que la sienne stagnait.

«Je me cachais pour ne pas le blesser jusqu’au jour où je ne pouvais plus m’oublier pour l’autre même si ça voulait dire faire face à la solitude, faire face à l’incertitude.»

Ce moment – recevoir son livre publié, entendre «c’est bien mais j’aime pas ça et ça sur la couverture» – elle le décrit comme un effondrement intérieur. Pas une dispute. Un effondrement silencieux. Et c’est ce genre de moment, répété pendant des mois, qui use une femme plus sûrement que n’importe quel obstacle business.

Ce qu’il faut retenir – enfin, ce que j’aurais voulu qu’on me dise avant d’écrire sur ces sujets – c’est que la confiance en soi entrepreneur ne se construit pas dans le vide. Elle se construit dans des environnements qui la nourrissent. Et elle s’effrite dans des environnements qui la sabotent – même quand ces environnements s’appellent «couple» ou «famille».

Aurélie parle aussi du lien entre amour de soi et choix professionnels dans cet épisode où elle raconte le jour où elle a choisi de se mettre en priorité – qui complète bien ce qu’elle développe ici.

Les schémas qui reviennent – et le garde-fou pour ne pas replonger

Le cerveau veut rester où il connaît. Même si c’est douloureux. Même si ça fait souffrir. C’est neurologique, pas un défaut de caractère.

Aurélie est directe là-dessus : si tu as grandi dans la dépendance affective, tu vas attirer des relations qui reproduisent exactement ce schéma. En amour, en amitié, et en business. La zone de confort n’est pas forcément confortable – elle est juste connue. Et le cerveau préfère un enfer connu à un paradis incertain.

Sa proposition pratique : noter par écrit ce que tu mérites et ce que tu désires dans une relation – amoureuse, professionnelle, peu importe. Mettre ça en évidence. Relire régulièrement. Et quand une nouvelle situation se présente, comparer à ta liste – sans négocier avec toi-même.

Ce dernier point est clé. Parce que la négociation avec soi-même («oui ça respecte pas ça mais il y a ça qui va»), c’est exactement là que le schéma reprend de la force. La confiance en soi entrepreneur se joue à cet instant précis : est-ce que tu honores tes non-négociables ou tu les brades ?

Elle va aussi beaucoup plus loin – et c’est là que ça dérange. Elle dit : «On ne nous fait que ce qu’on accepte.» Et elle l’applique même aux situations difficiles de sa propre famille. C’est une affirmation qui mérite nuance – il y a des violences où la notion d’«acceptation» est beaucoup plus complexe, et Aurélie le sait. Mais dans les patterns relationnels du quotidien, la question «à quel endroit j’ai accepté ça» est effectivement un électrochoc utile.

Si tu es en train de débroussailler ce genre de schémas tout en gérant ton activité, la série sur la surcharge mentale et la dispersion aborde le côté opérationnel de ce qui se passe quand ton énergie part dans tous les sens.

Célébrer avant d’avoir raison de célébrer

Deux contrats signés au dernier immeuble. Après que la moitié de l’équipe était rentrée chez elle, épuisée, convaincue que ça ne marchait pas.

C’est la scène que raconte Aurélie de son époque à 22 ans, dirigeante d’agence immobilière avec une équipe d’hommes qui la testaient en permanence. Un soir de porte-à-porte, un collègue lance l’onde de choc : «C’est bon les gars, je rentre.» La moitié suit. Elle, non.

Ce moment-là, elle l’utilise aujourd’hui dans ses accompagnements. Pas comme une leçon de persévérance abstraite – mais comme une démonstration que la confiance en soi entrepreneur se tient, se porte, se montre physiquement dans la pièce. Quand tu es solide, les gens qui sont à la limite – ni dans la capitulation, ni dans l’élan – te suivent. Ou ne te suivent pas. Mais tu ne te laisses pas emporter par l’onde de choc négative.

Dans ses espaces d’accompagnement, elle a créé ce qu’elle appelle un «canal de célébration». Un endroit où ses clientes se célèbrent – petites victoires, grandes victoires, et tout ce qui est entre les deux. Et quand personne n’écrit rien pendant quelques jours, elle intervient. Parce que le silence dans ce canal, c’est un signal. Pas un signal de paresse – un signal que la confiance est en train de s’éroder quelque part.

Ce qui m’agace dans beaucoup de discours sur la confiance, c’est qu’on présente la célébration comme un outil feel-good. Aurélie la présente comme un levier de chiffre d’affaires direct. Plus de célébration – plus d’action – plus de résultats. C’est un lien de causalité, pas une métaphore.

Et elle ajoute quelque chose que j’ai trouvé remarquablement juste : la peur du regard est surévaluée. La semaine qui suit un échec public, tout le monde a déjà oublié. Il n’y a que toi qui tournes en boucle. Personne n’est mort d’un live avec deux participantes. Et la communauté qui se déplace n’est pas venue pour le nombre – elle est venue pour ce que tu transmets.

Dans le même registre – reprendre confiance après avoir douté de sa direction – l’épisode sur la peur de tout perdre creuse un angle complémentaire sur ce qui se joue au moment des grandes décisions.

Ce que j’aurais envie de dire en sortant de cet épisode

La confiance en soi entrepreneur n’est pas un état. C’est une pratique quotidienne, active, parfois épuisante. Et ce qui ressort clairement du parcours d’Aurélie, c’est qu’on ne la construit pas dans l’isolement.

On la construit en choisissant ses espaces avec une intention radicale. En refusant les relations qui demandent de se rapetisser. En célébrant avant d’être «légitime» à le faire. Et en comprenant que l’estime de soi – la vraie, celle qui ne s’effondre pas à la première critique d’une couverture de livre – ça ne vient pas d’une victoire. Ça vient d’une décision répétée, chaque jour, de se choisir soi-même.

Trente-neuf minutes de podcast. Dense, personnel, parfois inconfortable. Et une phrase qui résume tout ce qu’elle a voulu dire :

«J’ai décidé d’arrêter de fuir qui j’étais. J’ai passé des années à être conforme. Des années à être pour plaire, à m’ajuster à ce que je croyais qu’on attendait de moi. […] Et puis un jour, j’ai eu besoin de sens, de profondeur, de vérité.»

Le chemin de la confiance en soi entrepreneur, tel qu’Aurélie Gauthey le trace, ne passe pas par un hack ou une méthode en 3 étapes. Il passe par l’arrêt complet de la fuite. Ce qui est à la fois plus simple et infiniment plus difficile que tout ce qu’on nous vend d’habitude sur le sujet.

Questions fréquentes

Quelle est la différence entre confiance en soi et estime de soi pour une entrepreneur ? +
La confiance en soi, c'est la capacité à passer à l'action malgré la peur - prendre la parole, lancer un produit, faire un live. L'estime de soi, c'est la valeur que tu te donnes intérieurement, indépendamment de tes performances. Une entrepreneur peut avoir une forte confiance situationnelle et une estime très fragilisée - elle agit mais se déteste en secret. Travailler sur la confiance en soi entrepreneur demande donc d'adresser ces deux dimensions séparément.
Comment reconstruire sa confiance en soi entrepreneur après plusieurs échecs ? +
Aurélie Gauthey recommande de réduire radicalement le nombre d'objectifs simultanés. Chaque projet abandonné à mi-chemin s'enregistre comme une preuve d'échec dans le cerveau. A l'inverse, une seule victoire complète - même petite - reconstruit plus de confiance que dix projets lancés à 60 %. La mécanique est simple : une victoire, deux ou trois échecs, une nouvelle victoire. C'est ce rythme irrégulier qui construit quelque chose de durable.
Pourquoi est-ce difficile d'investir dans sa formation quand on manque de confiance en soi ? +
Ce n'est généralement pas une question d'argent. Le blocage vient de l'estime de soi : 'est-ce que je mérite de réussir ?', 'est-ce que ça va marcher pour moi qui ai l'habitude d'abandonner ?'. La résistance à l'investissement est un symptôme du manque de confiance en soi entrepreneur, pas une contrainte financière réelle dans la majorité des cas.
Comment arrêter de répéter les mêmes schémas en relation et en business ? +
La première étape est d'écrire par écrit ses non-négociables - ce qu'on accepte et ce qu'on n'accepte pas dans une relation, professionnelle ou personnelle. Ensuite, comparer chaque nouvelle situation à cette liste sans négocier avec soi-même. Le cerveau cherche naturellement à revenir vers ce qu'il connaît, même quand c'est douloureux. Le garde-fou écrit rend la décision moins émotionnelle.
La peur du regard des autres freine-t-elle vraiment la confiance en soi entrepreneur ? +
Oui - mais elle est largement surestimée. Aurélie Gauthey le dit clairement : la semaine qui suit un échec public, tout le monde a oublié. Il n'y a que toi qui tournes en boucle autour de ce qui n'a pas marché. Personne dans ta communauté ne compte les inscrits à ta conférence - ils sont venus pour ce que tu transmets, pas pour le nombre.
Qu'est-ce que la méthode 'par amour pour moi' d'Aurélie Gauthey ? +
C'est une alarme quotidienne sur téléphone qui sert de filtre de décision. Chaque choix - relation, projet, investissement - est évalué à l'aune de cette question : est-ce que cette décision m'honore ? Ce n'est pas un slogan motivationnel. C'est un système concret pour ne pas se laisser happer par les demandes de l'extérieur au détriment de ses propres besoins et valeurs.

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