Faire du facebook ads e-commerce sans méthode, c’est brûler du budget en espérant que l’algorithme fasse le travail à ta place. Danilo Duchesnes, fondateur de DHS Digital et consultant Meta Ads depuis plus de 5 ans, a une vision un peu différente – et franchement, elle remet pas mal de certitudes à plat. Pas question ici de te dire que les créas représentent 80 % de ta performance et que le reste c’est du détail. La réalité est plus compliquée, et plus intéressante.
Il y a un truc que j’entends souvent dans les agences généralistes : ‘la créa c’est tout sur Facebook’. Ça sonne bien en pitch. Mais quand tu gères des comptes à 30 000 € par mois – ce que Danilo faisait dès son premier poste chez Ubico, une startup d’autopartage française – tu comprends vite que c’est une version raccourcie de la réalité. Une version qui t’arrange si tu vends de la production créative, mais qui laisse beaucoup de choses sur le côté.
Dans cet épisode du podcast, Danilo déroule une méthode en plusieurs couches : technique, stratégie, contenu. Pas dans l’ordre qu’on attendrait. Et avec des chiffres qui surprennent – dont un issu d’une étude Facebook elle-même, que je n’avais pas vu citer souvent.
Ce que les agences ne te disent pas sur le poids des facebook ads e-commerce
35 %. C’est la différence de performance entre des créas efficaces et des créas ratées, selon une étude interne de Facebook citée par Danilo. Pas 80 %. 35. (Ce qui est déjà énorme, soit dit en passant, mais c’est pas la même histoire.)
Et ce n’est pas tout. 57 % de la performance viendrait de facteurs qui n’ont rien à voir avec les publicités elles-mêmes. Le produit. Le marché. Le product-market fit. Danilo le dit clairement :
C’est promouvoir les bons produits quoi. Et ouais, tu peux avoir des produits très bien avec un marketing un peu nul et ça marche quand même.
Voilà. L’exemple qu’il cite – My Variation, les brosses à dents électriques à plus de 100 € ‘vendues comme des bijoux’ – dit tout sur ce que le marketing peut faire avec un bon produit de masse. Et ce qu’il ne peut pas faire sans.
Du coup, quand on parle de facebook ads e-commerce, la vraie question c’est pas ‘créas ou pas créas’. C’est : est-ce que le reste de l’équation est en ordre avant même d’ouvrir le Business Manager ? Ce que la plupart des e-commerçants sautent – parfois parce que l’agence ne leur pose pas la question.
La structure technique : 20 % de la perf, mais 100 % du socle
Danilo est clair là-dessus : la technique représente environ 20 % de la performance globale. Mais c’est le socle. Sans ça, le reste ne tient pas.
Deux piliers, selon lui. D’abord le tracking. Ensuite la structure des campagnes.
Sur le tracking, le message est sans ambiguïté : le Pixel seul ne suffit plus. Il faut du tracking server side, qui envoie les données directement de ton serveur à Facebook, sans passer par les cookies tiers – qui disparaissent progressivement. Sur Shopify, c’est quelques cases à cocher. Mais attention, Danilo précise que même ça reste ‘pas optimal’. Et que tous les événements du parcours d’achat doivent être trackés avec une valeur précise : page produit, ajout panier, initiation paiement, achat.
Sur la structure des campagnes, voilà ce qu’il recommande comme base pour un compte e-commerce :
- Une campagne d’acquisition (broad, ciblage large)
- Une campagne de retargeting classique
- Une campagne de retargeting dynamique – pour les abandons panier, avec un message de rappel ou un code promo
À ça, tu peux ajouter une campagne de testing créatif, une campagne Advantage Plus Shopping quand le compte est mature (ce que Danilo compare à une ‘Performance Max façon Meta, mais différente’), et une campagne de rétention pour les clients existants – avec un budget plancher, souvent autour de 5 % du total.
La répartition budgétaire recommandée : 70 % en acquisition minimum, 30 % en retargeting. Et pour sortir de la phase d’apprentissage, l’objectif officiel de Meta c’est 50 conversions par semaine par audience. Mais Danilo tempère :
Je trouve que c’est pas totalement vrai, tu peux en sortir avec 30, parfois 35. Franchement, c’est dur à dire, mais je pense que avoir au moins trois quatre fois ton CPA par jour par audience, c’est déjà pas mal.
C’est exactement le problème avec les ‘règles’ Meta : elles sont données comme des absolus, alors qu’elles sont des moyennes. Si tu veux aller plus loin sur les mythes autour de la phase d’apprentissage, on a décrypté ça en détail ici.
Quand le message publicitaire rate sa cible – et pourquoi c’est souvent là que tout se joue
40 % de la performance selon Danilo. La stratégie créative et la stratégie de contenu. C’est là que la plupart des e-commerçants qui font du facebook ads e-commerce laissent de l’argent sur la table – enfin, ce que j’aurais voulu qu’on me dise plus tôt, c’est que ‘stratégie créative’ ça veut pas dire ‘faire de belles images’.
Ça veut dire : aligner ton message avec la température du prospect dans le tunnel.
Danilo prend l’exemple des compléments alimentaires. En acquisition, tu t’adresses à des gens qui ne savent même pas qu’ils ont un problème. Ils pensent manger équilibré. Ils ignorent que l’agriculture intensive a appauvri leurs aliments. Ton message doit donc d’abord repositionner le problème – avant même de parler de ton produit.
En retargeting, c’est différent. Ces gens te connaissent. Ils ont visité ta page. Là, tu peux appuyer sur les bénéfices, la preuve sociale, la réassurance. Ce ne sont pas les mêmes visuels, pas les mêmes accroches, pas le même registre. Et c’est pour ça que la question de séparer tes créas entre acquisition et retargeting n’est pas anodine.
Ce que j’aime dans l’approche de Danilo, c’est qu’il ne parle pas de ‘créas performantes’ comme d’une recette. Il parle d’un alignement. Entre le message, le format, et l’endroit où se trouve le prospect dans sa réflexion d’achat. Sans cet alignement, même la plus belle vidéo tourne dans le vide.
Les facebook ads e-commerce qui scalent : ce que Danilo a appris sur le terrain
5 ans de pratique, une agence de 10 personnes, des comptes à 30 000 € par mois dès les débuts – Danilo a eu le temps de voir ce qui fonctionne et ce qui plante. Et ce qui ressort de l’épisode, c’est une conviction assez forte sur le rôle des exclusions d’audience.
En acquisition, tu dois exclure tes visiteurs récents, tes acheteurs, ton fichier client, ta liste newsletter. Sinon tu paies pour toucher des gens qui te connaissent déjà – et qui sont peut-être en train de lire ton email de bienvenue au même moment. (C’est souvent là que ça coince, dans les audits que j’ai vus passer.)
Sur la campagne de rétention, il est encore plus précis :
On n’aura pas tendance à investir un gros budget. Généralement même pas 5 % du budget total. Donc si tu as un budget à 100 €, ben tu vas mettre juste 5 € pour la campagne de rétention et à ce niveau-là, ça te crée pas une trop grosse répétition.
5 %. Pas 15, pas 20. L’idée c’est d’être présent sans saturer des gens qui reçoivent déjà tes emails et SMS. Le CRM fait le travail lourd sur la rétention – la pub vient en complément, pas en substitut. C’est une nuance que beaucoup d’agences ignorent parce que ça réduit le budget facturé. Bref.
Pour les comptes plus matures, Advantage Plus Shopping est la piste à explorer. Danilo la décrit comme une campagne ‘full IA’ – tu y mets tes meilleures créas, tu laisses l’algorithme gérer le ciblage, et tu te concentres sur l’alimentation en contenu plutôt que sur le paramétrage. Pour aller plus loin sur la question du scale sur Facebook Ads, les méthodes varient selon la maturité du compte.
Danilo Duchesnes : ce que le blog a changé – et pourquoi le podcast a suivi
Ce n’est pas le cœur du sujet, mais ça mérite d’être dit : Danilo n’a pas construit DHS Digital avec des ads. Il l’a construit avec du contenu.
Blog lancé en juin 2017, juste après la fin d’un contrat de 6 mois chez Ubico où on ne l’a pas gardé. 10 000 visites par mois au bout de 6 mois. 100 000 visites par mois en janvier 2020, quand il a lancé son podcast. Aujourd’hui encore 60 à 70 000 visites mensuelles – ‘sachant que je publie pas tant que ça dessus’, précise-t-il.
Le podcast, lui, c’est venu pour trois raisons. La lassitude de l’écrit après 3 ans. L’attrait pour un format plus facile à produire en solo. Et – et c’est la raison la plus intéressante – le réseau :
C’est une façon assez naturelle d’aller chercher des gens que tu admires, que tu respectes ou même des potentiels clients auxquels enfin tu pourrais pas forcément accéder sans leur dire bah écoute, viens sur mon podcast discuter avec moi.
Il a eu des clients qui se sont manifestés d’eux-mêmes après avoir écouté des épisodes. Sans qu’il leur propose quoi que ce soit en direct. C’est le genre de flywheel que les ‘stratégies de contenu’ en 5 étapes ne capturent jamais vraiment. Pour autant, il reconnaît que certains invités ont flairé la prospection déguisée – et ont décliné poliment. ‘Merci mais pas maintenant.’ On sait tous ce que ça veut dire.
Ce que ça dit sur le facebook ads e-commerce, indirectement ? Que les meilleurs praticiens du paid ne font pas que du paid. Ils construisent une crédibilité en dehors de l’interface. Et ça change la façon dont leurs clients leur font confiance – et donc la façon dont ils peuvent travailler sur les vraies décisions stratégiques, pas juste sur les boutons à pousser.
Si tu veux voir comment des marques concrètes ont appliqué ce type de logique – tracking solide, structure claire, créas alignées sur le tunnel – l’épisode sur la stratégie Facebook Ads de Nutripure est un bon complément. Et si tu veux commencer par vérifier que ton propre compte ne souffre pas des erreurs les plus courantes, la checklist d’audit d’un compte Facebook Ads est un point de départ solide avant de toucher quoi que ce soit.

![[BONUS] Le Guide 2024 des Facebook Ads pour l’e-commerce : Optimiser vos campagnes et scaler par la créa 2 facebook ads e-commerce](http://podcast-marketing.fr/wp-content/uploads/2026/04/le-rendez-vous-e-commerce-bonus-le-guide-2024-des-facebook-ads-pour-l-e-commerce-optimiser-vos-campagnes-et-scaler-par-la-3.jpeg)









