L’audience broad Facebook Ads – ce ciblage sans centre d’intérêt, sans lookalike, sans rien – divise encore les annonceurs. D’un côté, les puristes du targeting précis qui te regardent de travers si tu oses supprimer tes audiences similaires. De l’autre, une poignée de praticiens qui ont commencé à tester la chose il y a deux ans et qui ne reviennent plus en arrière. Danilo Duchesnes, fondateur de DHS Digital – une agence Social Ads spécialisée Facebook qu’il a lancée pour accompagner les marques e-commerce – fait partie du deuxième camp. Et il a passé un épisode entier de son podcast à expliquer pourquoi.
Ce qui m’a arrêté dans sa démonstration, c’est un chiffre. Femmes, 25-45 ans, France, aucun intérêt. Résultat : entre 9,4 millions et 11,6 millions de personnes dans l’audience. Pour beaucoup, c’est de la folie. Pour Meta, c’est une invitation à travailler.
Mais le vrai sujet, ce n’est pas la taille de l’audience. C’est ce que tu demandes à l’algorithme quand tu la choisis.
Ce que tu fais vraiment quand tu choisis l’audience broad Facebook Ads
Pendant des années, la logique était simple : tu connais ta cible, tu lui colles des intérêts, tu réduis l’audience jusqu’à ce qu’elle soit propre. Jeunes mamans 30-45 ans passionnées de remise en forme – moins d’un million de personnes, bien délimitées, faciles à adresser. Logique marketing classique.
Le problème, c’est que Meta a changé de jeu sans forcément te prévenir.
Danilo Duchesnes le dit clairement dans l’épisode :
« Vous ne devez plus forcément donner une direction à Meta en lui donnant quelques centres d’intérêt ou en créant des audiences similaires pour affiner votre audience parce que lui-même finit par trouver une direction en optimisant la diffusion de vos publicités au sein d’une audience qui est plus large. »
Voilà. Ce n’est plus toi qui segmentes. C’est l’algorithme qui cherche – et il cherche dans une base beaucoup plus grande que la tienne.
Concrètement, l’audience broad Facebook Ads fonctionne parce que tu laisses le pixel faire son travail. Meta collecte les données de conversion sur ton compte, identifie un profil type parmi les acheteurs, puis va chercher dans l’audience large toutes les personnes qui ressemblent à ce profil. Sans que tu aies à définir ce profil toi-même. C’est un délégation de ciblage – pas un abandon de stratégie.
Ce que la plupart des annonceurs ratent, c’est cette distinction. Ils voient une audience de 10 millions de personnes et paniquent. Mais Meta ne cible pas les 10 millions. Il cible les 50 000 qui ont le plus de chances d’acheter.
Les intérêts ne sont pas ce que tu crois
Un des arguments les plus solides en faveur du ciblage large, c’est la qualité réelle des données d’intérêt. Et là, Danilo tape là où ça fait mal.
« Si je me suis intéressé au tennis il y a 3 ans et que depuis 2 ans j’ai plus lu un seul article, ça veut fondamentalement dire que je ne suis plus intéressé par le tennis. Mais pour Meta, je le suis toujours parce que je m’y suis intéressé il y a 3 ans. »
C’est exactement le problème. Les intérêts Facebook ne sont pas des instantanés. Ce sont des empreintes vieillissantes, parfois obsolètes, souvent incomplètes. Tu cibles des gens sur la base de ce qu’ils étaient, pas de ce qu’ils sont.
Et l’inverse est vrai aussi : des personnes parfaitement dans ta cible n’apparaissent dans aucun intérêt pertinent parce que Meta ne les a pas encore classées. Tu les rates. Complètement.
À ça s’ajoute un phénomène dont on parle peu – Meta a supprimé massivement des intérêts précis ces dernières années, notamment dans le secteur santé. Des intérêts hyper spécifiques comme ‘cardiologie’ ou ‘respiration’ ont disparu, remplacés par un intérêt générique ‘santé’ qui couvre tellement de monde qu’il ne veut plus grand chose dire. Du coup, même ceux qui voulaient faire du targeting précis se retrouvent avec des audiences larges… sans l’avoir choisi. Autant assumer le truc et aller jusqu’au bout.
Tu peux approfondir cette question du ciblage dans l’article sur toutes les possibilités de ciblage sur Facebook Ads et Google Ads – ça pose bien le contexte de ce qui a changé.
6 raisons pour lesquelles l’audience broad Facebook Ads peut battre tes meilleurs ciblages
Voici ce que Danilo liste dans l’épisode, sans l’édulcorer.
1. Les grandes audiences surpassent les petites dès que le budget monte. Deux millions de personnes sur un intérêt sneakers vs deux cent mille sur un intérêt ultra-niché – la première gagne sur le long terme, presque à chaque fois. Le budget a besoin de place pour respirer.
2. Le scaling est structurellement plus simple. Quand tu dépenses plus, Meta va chercher des nouvelles personnes dans l’audience que tu n’as jamais touchées. Avec une audience de 500 000 personnes, il tourne en rond. Avec 10 millions, il explore. C’est mécanique.
Sur le sujet du scaling justement, il y a un article entier dédié à quand et comment scaler vos campagnes Facebook Ads – indispensable si tu commences à augmenter tes budgets.
3. La fatigue publicitaire arrive beaucoup moins vite. Moins de répétition sur les mêmes profils. Plus de rotation naturelle. Tes créas tiennent plus longtemps dans le temps.
4. Les créas qui performent sur broad fonctionnent ailleurs. Si une publicité accroche sur une audience large et hétérogène, elle a toutes les chances de fonctionner aussi sur tes audiences retargeting ou tes lookalikes. C’est un bon indicateur de qualité créa.
5. Les intérêts disponibles sont de moins en moins fiables – on vient d’en parler. La suppression massive de ciblages précis force la main.
6. L’algorithme apprend mieux sur la durée. Plus il accumule de données de conversion, plus son profil type est précis. Sur une audience broad, cet apprentissage n’est jamais bloqué par un plafond de taille.
Bon. Maintenant les contre – et il y en a.
Quand l’audience broad Facebook Ads plante
Trois cas où ça casse.
D’abord, la phase d’apprentissage. Elle est plus longue sur une audience large, parfois plusieurs semaines, même sur des comptes bien dotés en data. Meta doit explorer un espace beaucoup plus grand avant de trouver son profil type. C’est une réalité – et si tes budgets sont serrés à court terme, ça peut coûter cher en euros gaspillés pendant la phase d’exploration.
« Même si vous avez un compte qui dépense beaucoup d’argent, ça peut prendre plusieurs semaines avant que Facebook arrive à sa vitesse de croisière, c’est-à-dire qu’il finit par sortir de la phase d’apprentissage et donc il a trouvé le prospect idéal dans cette audience là. »
Dit comme ça, c’est rassurant… mais ça veut aussi dire que si ton mois est court, tu peux passer tout ton budget en apprentissage. Ce sujet de la phase d’apprentissage Facebook Ads et de l’apprentissage limité mérite vraiment qu’on s’y attarde – il y a un article complet là-dessus.
Ensuite, les produits ultra-nichés. Danilo prend l’exemple de l’équipement de pêche – ça ne parle pas à 11 millions de femmes de 25 à 45 ans en France. Logiquement, une audience broad a moins de sens. Mais il nuance lui-même cette règle avec un exemple qui m’a surpris : David Sox, fondateur de Polar Analytics (un logiciel d’analytics multicanal pour e-commerçants, donc très niché), utilise justement l’audience broad comme meilleure source de leads. Donc même la règle ‘produit niché = pas de broad’ a ses exceptions.
Enfin, il y a des comptes où ça ne marche tout simplement pas. Malgré les efforts créa, malgré un produit grand public. Danilo l’assume : parfois Meta n’arrive pas à optimiser, et c’est comme ça. Cette concession-là, je l’apprécie – c’est rare dans les épisodes de podcast marketing où tout fonctionne toujours.
Les 4 conditions pour que l’audience broad Facebook Ads marche vraiment
Danilo termine son épisode sur les conditions réelles d’utilisation. Et c’est là que ça devient pratique.
Condition 1 : un produit grand public. Fitness, santé, déco, habillement, joaillerie, développement professionnel. Ces catégories peuvent toucher des millions de personnes sans forcer. Le broad fait sens naturellement.
Condition 2 : un pixel nourri. Danilo pose sa règle – arbitraire, il le dit lui-même – à 100 conversions minimum par mois avant de tester l’audience broad Facebook Ads. Avec 5 achats sur le mois, tu donnes à Meta un échantillon trop petit pour construire un profil. Avec 150, c’est le seuil bas. Avec 1000, tu es vraiment dans les conditions optimales. Plus tu as de data, plus l’algo travaille bien. C’est pas plus compliqué que ça.
Condition 3 : une géographie contrainte. Si tu opères en local ou dans un petit pays (Suisse romande par exemple – quelques millions d’habitants maximum), mettre des intérêts ou des lookalikes sur une population déjà restreinte va te donner une audience ridicule. Dans ce cas, le broad n’est pas un choix stratégique, c’est une nécessité mécanique.
Condition 4 : le testing créa. C’est peut-être l’usage le plus intéressant. Utilise l’audience broad Facebook Ads pour tester tes créas – si une publicité performe sur une audience hétérogène de plusieurs millions de personnes, c’est qu’elle a un vrai potentiel de scale. Les créas qui passent ce filtre-là sont celles qui valent la peine d’être dupliquées sur tes autres audiences. Il y a 10 méthodes de tests créatifs sur Facebook Ads documentées dans un article séparé si tu veux aller plus loin sur ce point.
Ce qui m’agace un peu dans ce type de conseil, c’est qu’on donne des seuils (100 conversions par mois) sans vraiment dire comment y arriver quand on n’y est pas encore. Si tu en es à 30 achats par mois, tu fais quoi ? Tu attends ? Tu continues avec tes intérêts et tes lookalikes jusqu’à atteindre le seuil, puis tu bascules ? La vraie recommandation opérationnelle manque ici – enfin, ce que j’aurais voulu qu’on me dise – c’est qu’on peut tester en parallèle même à volume modéré, à condition de laisser tourner plus longtemps.
L’algorithme a pris le dessus – et maintenant ?
Deux ans après que Meta a commencé à pousser les ciblages larges, les résultats sur le terrain parlent. Danilo le dit sur plusieurs comptes au sein de DHS Digital : l’audience broad Facebook Ads surpasse des audiences historiques qui fonctionnaient bien depuis des mois. Pas sur tous les comptes. Pas du premier coup. Mais souvent, sur la durée.
Ce mouvement s’inscrit dans quelque chose de plus large. iOS 14 a cassé une partie de la précision du pixel. Les intérêts se vident et se dégradent. La solution n’est peut-être pas de reconstruire la même précision avec d’autres outils, mais d’accepter que l’algorithme fait parfois mieux que toi quand tu lui donnes suffisamment de données et de latitude. C’est un changement de posture – pas juste un changement de paramètre.
Et ça change aussi la façon dont on pense les bonnes pratiques Facebook Ads en général – plusieurs des règles qu’on appliquait encore en 2020 sont clairement à revoir.
La vraie question – celle que Danilo ne pose pas directement mais qui flotte dans tout l’épisode – c’est : jusqu’où Meta va déléguer le ciblage à ses propres systèmes, et jusqu’où les annonceurs accepteront de lâcher le contrôle ? Parce que l’audience broad Facebook Ads, au fond, c’est ça. Un pari sur la machine.
Est-ce qu’on a encore le choix de ne pas le faire ?


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