créer du contenu sur instagram

#20 – Devenir une machine à contenu sur Instagram et ne JAMAIS manquer d’idées : le mode d’emploi avec Aline Bartoli de TheBBoost

Épisode diffusé le 29 mars 2021 par Danilo Duchesnes

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Créer du contenu sur instagram tous les jours – sept jours sur sept, sans exception – et le faire pendant deux ans. C’est ce qu’Aline Bartoli, business coach et fondatrice de TheBBoost, a fait pour passer de zéro à 30 000 abonnés engagés. Pas 30 000 fantômes. 30 000 personnes qui commentent, qui partagent, qui posent des questions auxquelles elle passe plusieurs heures par jour à répondre. Et elle a commencé par un blog créé en une nuit après une rupture amoureuse. C’est Danilo Duchesnes, animateur du Rendez-vous Marketing, qui l’a reçue pour l’épisode 20 de son podcast. La conversation est longue, dense, parfois un peu décousue – comme toutes les bonnes conversations. Ce qui en ressort, c’est un process concret, une philosophie de la régularité, et quelques vérités qui font mal si tu te reconnais dans le portrait de quelqu’un qui publie « quand il en a envie ».

La courbe exponentielle que personne ne te montre au départ

Trois mois pour les 1 000 premiers abonnés. Un an et demi pour atteindre 10 000. Voilà ce qu’a vécu Aline Bartoli sur Instagram – et c’est probablement la donnée la plus utile de tout cet épisode, parce qu’elle remet les pendules à l’heure sur ce que « croissance rapide » veut vraiment dire.

Beaucoup abandonnent au bout de six mois en voyant leurs chiffres stagner. Ce qu’ils ne voient pas, c’est la partie de la courbe qui vient après. Aline a mis 18 mois à franchir les 10K. Puis 10 mois pour les 20K. Puis 4 mois pour les 30K. Ce n’est pas de la chance, c’est de la mécanique.

Elle n’a jamais publié moins de cinq fois par semaine. Jamais. Sur deux ans. C’est ça, la vraie donnée à retenir – enfin, ce que j’aurais voulu qu’on me dise quand je regardais des comptes exploser en apparence du jour au lendemain. La régularité n’est pas un conseil bateau, c’est le mécanisme réel derrière l’exponentielle.

Le point de départ n’était pas non plus une stratégie marketing léchée. C’était une rupture amoureuse et l’envie d’occuper ses soirées :

« Je venais de vivre une rupture amoureuse tellement compliquée que je savais pas comment occuper mes soirées, mes weekends pour pas trop déprimer. Donc je me suis dit, je vais créer un blog pour partager mes conseils aux autres freelance et entrepreneurs. Et comme j’avais pas fait d’étude de marché, j’étais persuadée d’être la seule à avoir eu cette idée de ouf. »

C’est exactement le problème. Les meilleures stratégies de contenu commencent souvent par un problème personnel, pas par un tableau Excel.

Créer du contenu sur instagram à partir de son client idéal – et rien d’autre

La vraie question – celle que Danilo pose et qu’on se pose tous – c’est : d’où sortent toutes ces idées ? Cinq posts par semaine, c’est 260 posts par an. Sur deux ans, ça fait 520 publications. Sans jamais tomber à court.

La réponse d’Aline est simple à formuler et compliquée à exécuter : tout part du client idéal. Pas de l’actualité, pas de la concurrence, pas de ce qui a bien fonctionné la semaine dernière chez quelqu’un d’autre. Du client idéal.

Elle le dit clairement :

« Je sais exactement ce que ma cliente cherche, à quelle étape elle est de son évolution mindset, ce qui l’intéresse, ce qui l’intéresse moins, ce qu’elle a envie d’entendre, ce qu’elle a besoin d’entendre – et j’articule tout mon contenu autour de ça. »

Dit comme ça, ça a l’air simple. Mais le travail en amont pour arriver à cette connaissance-là, c’est une autre histoire.

La technique concrète qu’elle donne – et c’est celle qui m’a le plus surpris dans l’épisode – c’est d’aller lire les commentaires Amazon sur les livres que lit son client idéal. Pas les bonnes notes. Les mauvaises. Les gens qui disent « le livre est bien mais il rentre pas assez dans les détails sur tel aspect ». Ce « tel aspect », c’est exactement le sujet de ton prochain post.

(Et c’est aussi ce qui différencie une vraie étude client d’un formulaire Google Forms envoyé à sa liste – les gens sont beaucoup plus honnêtes dans un commentaire Amazon que dans une enquête de satisfaction.)

La même logique s’applique aux groupes Facebook d’entrepreneuriat. Tu traînes, tu lis les questions récurrentes, tu notes les formulations exactes que les gens utilisent pour décrire leurs problèmes. Tu récupères leur vocabulaire. Et ensuite tu l’utilises dans tes posts. C’est du travail de fond contre la page blanche – le même qui s’applique à tous les formats de contenu, pas seulement Instagram.

Les cinq piliers qui structurent tout

Aline ne publie pas n’importe quoi sur n’importe quel sujet. Elle a cinq piliers de contenu – ce que les anglophones appellent des content pillars – autour desquels tout son calendrier éditorial s’organise.

Web marketing, organisation, productivité, développement personnel, stratégie business. Cinq thèmes. Et chaque post qu’elle publie appartient à l’un d’eux.

Ce cadre fait deux choses en même temps : il empêche de se disperser, et il garantit que chaque abonné qui s’intéresse à l’un des sujets trouvera régulièrement quelque chose qui le concerne. C’est mécanique. C’est aussi ce qui explique l’engagement élevé – quand les gens savent ce qu’ils vont trouver sur un compte, ils reviennent.

La question que Danilo soulève est bonne : comment trouver ses propres piliers ? La réponse passe par le même travail sur le client idéal. Quels sont ses cinq problèmes principaux ? Ses cinq obsessions ? Ses cinq questions récurrentes ? Ce sont tes cinq piliers.

Danilo l’admet franchement dans la conversation : lui, il publie « selon ses envies », sans stratégie claire, et ça se voit dans ses chiffres. 200 à 300 abonnés par mois. Pas d’exponentielle en vue. C’est honnête. Et c’est le cas de beaucoup de créateurs de contenu qui bossent dur sans que ça décolle vraiment – la stratégie sur les réseaux sociaux sans piliers définis, ça ressemble à construire une maison sans plan.

Ce que les commentaires te disent si tu sais les lire

Le cercle vertueux qu’Aline décrit, c’est peut-être la partie la plus opérationnelle de tout l’épisode.

Au début, tu tâtonnes. Tu publies sur les sujets que tu penses intéressants pour ton client idéal, et tu regardes les métriques. Likes, commentaires, enregistrements, partages. Certains posts explosent. D’autres font un bide total. Et là, le travail commence vraiment.

« Si je fais un post Instagram en disant les reels sont le nouveau format trop cool machin et que j’ai plein de questions qui disent mais comment créer des reels – ben je vais écrire un contenu sur comment créer des reels. »

Voilà. La communauté te dit exactement ce dont elle a besoin. Le problème, c’est que la plupart des créateurs de contenu regardent leurs stats pour mesurer leur égo – combien de likes sur ce post ? – et pas pour piloter leur prochain contenu.

Les enregistrements, en particulier, sont un signal fort. Quand quelqu’un enregistre un post, c’est qu’il veut y revenir. C’est de l’intention. C’est beaucoup plus utile qu’un like passif. (Et c’est aussi ce que l’algorithme Instagram valorise, ce qui n’est pas anodin.)

Ce système de feedback fonctionne aussi en sens inverse : si un sujet ne génère aucune réaction malgré ta conviction qu’il devrait, c’est soit que tu vises le mauvais client idéal, soit que tu abordes le sujet sous le mauvais angle. Les deux sont des informations utiles. Mais attention – une concession s’impose ici – ce système ne fonctionne qu’à partir d’un certain volume d’abonnés. Avec 200 followers, un post à zéro commentaire ne veut rien dire.

Blog, podcast, Instagram : comment Aline articule tout ça

45 000 à 50 000 écoutes par mois sur le podcast. 40 000 à 45 000 visiteurs uniques sur le blog. Et un compte Instagram à 30 000 abonnés engagés. Tout ça en parallèle, avec une petite équipe qui commence à se structurer.

Ce qui est intéressant dans le modèle d’Aline, c’est que les médias se nourrissent les uns les autres plutôt que de se concurrencer. Le podcast est le médium principal. Chaque épisode génère un article de blog – écrit par des rédactrices, pas par elle – qui capte du trafic SEO et Pinterest. Instagram sert à créer du lien, à engager la communauté, à convertir en leads.

Le trafic du blog est à moitié organique, à moitié réseaux sociaux – avec 30 à 40 % qui vient de Pinterest, ce qui surprend toujours quand on l’entend. Pinterest génère autant que Instagram sur certains contenus, surtout sur les niches business et développement personnel. C’est un levier très sous-estimé par rapport au bruit constant autour des autres plateformes.

La question du choix entre réseaux sociaux et autres canaux pour générer du business se pose ici de façon concrète : Aline ne choisit pas. Elle empile les médias, mais avec une hiérarchie claire. Le podcast commande. Le reste amplifie.

Et la stratégie de contenu est la même partout : partir du client idéal, couvrir les cinq piliers, regarder ce qui résonne, recommencer. Pas de magie. Pas d’hack de croissance. De la stratégie de création de contenu appliquée avec une cohérence de longue durée.

Le métier de business coach – enfin une définition honnête

Business coach. Deux mots qui recouvrent à peu près tout et n’importe quoi en France en 2021, et Aline le dit elle-même sans détour.

La définition réglementaire du coaching – accompagner, poser des questions, faire émerger les solutions du client – elle l’a apprise dans une école certifiée. Elle la respecte. Mais elle ne s’y limite pas.

« Si quelqu’un va me voir en me disant c’est quoi la meilleure stratégie hashtag sur Instagram, moi je vais pas lui dire à ton avis quelle est la meilleure stratégie hashtag sur Instagram, tu vois. Je vais pas faire genre le miroir à la con. »

C’est exactement ça. Et c’est la différence entre le coaching puritain et ce que font la plupart des business coachs qui fonctionnent vraiment : un mix de coaching, de mentoring, de consulting. Tu poses des questions quand la personne a les réponses en elle. Tu donnes des réponses concrètes quand elle ne les a pas.

Ce qui m’agace dans le débat perpétuel autour du terme « coach », c’est qu’il masque la vraie question : est-ce que la personne en face de toi a un vrai retour d’expérience sur ce qu’elle enseigne ? Aline a construit TheBBoost. Elle a 30 000 abonnés. Elle a des résultats mesurables. C’est là que la crédibilité se joue – pas dans le titre. Ce qu’on appelle personal branding en B2B, c’est exactement cette équation : visibilité plus preuves concrètes.

Aline est en train de mettre en pause les nouveaux clients individuels au moment de l’interview – elle se concentre sur la structuration de son entreprise, les process, l’équipe. Ce n’est pas un luxe, c’est une nécessité quand tu croîs vite. Mais c’est aussi le moment le plus délicat : celui où tu dois créer du contenu sur instagram et partout ailleurs avec la même régularité, tout en reconstruisant l’arrière-boutique. La plupart des entrepreneurs que je connais craquent à ce stade-là – soit ils négligent le contenu, soit ils négligent la structure.

Et puis il y a la question du mindset qu’elle soulève – la peur de réussir, la relation à l’argent, les critiques qui s’intensifient avec la visibilité. Plus tu développes ta présence en ligne, plus tu attires aussi les gens qui n’aiment pas ce que tu fais. C’est un paramètre que personne n’intègre dans sa stratégie de contenu et qui plante pourtant beaucoup de projets au moment où ils commencent vraiment à décoller.

Questions fréquentes

Combien de fois par semaine faut-il poster sur Instagram pour grossir ? +
Aline Bartoli n'a jamais publié moins de cinq fois par semaine sur ses deux ans de croissance. Elle publie même sept jours sur sept. La fréquence seule ne suffit pas - il faut que le contenu soit aligné avec son client idéal - mais en dessous de cinq publications hebdomadaires, la mécanique exponentielle ne s'enclenche pas vraiment.
Comment trouver des idées pour créer du contenu sur instagram sans jamais tomber à court ? +
La méthode d'Aline passe par trois sources principales : une étude approfondie du client idéal (ses problèmes, ses objectifs, ses questions récurrentes), les commentaires Amazon sur les livres que lit sa cible, et les groupes Facebook de sa niche. Ensuite, les réactions de la communauté existante alimentent en continu le calendrier éditorial - un commentaire qui pose une question devient automatiquement un sujet de post.
Qu'est-ce qu'un pilier de contenu sur Instagram ? +
Un pilier de contenu, c'est une grande thématique autour de laquelle tu organises ta ligne éditoriale. Aline Bartoli en a cinq : web marketing, organisation, productivité, développement personnel et stratégie business. Chaque post appartient à l'un d'eux. Ça évite de se disperser et ça garantit que les abonnés intéressés par chaque sujet trouvent régulièrement du contenu qui leur parle.
En combien de temps peut-on atteindre 10 000 abonnés sur Instagram ? +
Aline Bartoli a mis un an et demi pour atteindre 10 000 abonnés en publiant au minimum cinq fois par semaine avec une vraie stratégie de contenu orientée client idéal. La croissance est exponentielle : il a fallu 18 mois pour les 10 premiers milliers, puis seulement 10 mois pour passer à 20 000, et 4 mois de plus pour atteindre 30 000.
Comment créer du contenu sur instagram quand on est business coach ou entrepreneur solo ? +
La méthode la plus efficace reste de partir des problèmes concrets de son client idéal plutôt que de ses propres envies du moment. Définir cinq piliers de contenu, surveiller les métriques d'engagement pour identifier ce qui résonne, et recycler les questions posées en commentaires en sujets de posts. Le blog et le podcast peuvent aussi alimenter Instagram si on adapte le format.
Faut-il parler de sa vie personnelle sur un compte Instagram professionnel ? +
C'est un sujet qu'Aline et Danilo abordent dans l'épisode sans vraiment le trancher - ce qui est honnête. La vie perso peut renforcer le lien avec sa communauté et humaniser un compte business, mais ça demande de définir clairement ses limites. Ce qui est sûr, c'est que les comptes qui mélangent les deux sans ligne claire y perdent en crédibilité professionnelle.

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