facebook ads freelance

#44 – Freelances & Facebook Ads : Comment générer des prospects en continu

Épisode diffusé le 9 décembre 2020 par J7 Académie

Écouter l'épisode :

0:00 --:--
Vitesse

Faire du facebook ads freelance, c’est souvent la première idée qui vient quand on galère à trouver des clients : lancer une pub qui dit ‘bonjour, je suis consultant SEO, contactez-moi’. Simple. Logique. Et presque toujours inefficace. Joseph Dougniaux, consultant spécialisé Facebook Ads chez Neomedia et auteur du podcast No Payne No Play, a animé un atelier sur ce sujet précis lors de la conférence Les Indés Paris fin 2020 – et ce qu’il y a dit mérite qu’on s’y attarde vraiment.

Le problème, c’est que Facebook n’est pas Google. Pas d’intention de recherche, pas de quelqu’un qui tape ‘photographe corporate Paris’. Quand ta pub s’affiche sur le feed de quelqu’un, cette personne regarde des photos de chats ou les stories de ses potes. Elle n’est pas en train de chercher un prestataire. Du coup, lui montrer ton portrait professionnel avec le slogan ‘expert en growth hacking disponible’ – ça ne déclenche rien.

Mais la pub Facebook peut quand même fonctionner pour un indépendant. La clé, c’est de comprendre pourquoi la majorité s’y prend mal – et quelle mécanique fait vraiment tourner les prospects en continu.

Pourquoi ta pub ‘bonjour je suis freelance’ ne marche pas

Voilà ce que Joseph Dougniaux explique avec une franchise assez désarmante au début de son atelier :

Le but d’une pub Facebook pour générer des prospects quand on est freelance, à mon sens, c’est simplement de créer une relation ou de démarrer une relation, on va dire. D’inspirer confiance parce qu’après tout, vos pubs vont tomber sur des personnes qui ne vous connaissent ni d’Eve ni d’Adam, n’ont jamais entendu parler de vous, pourquoi est-ce qu’elles vous contacteraient ?

Dit comme ça, c’est évident. Et pourtant.

La logique derrière une pub directe – ‘je présente mon service, les intéressés me contactent’ – fonctionne dans un contexte de recherche active. Sur Google, oui. Sur Facebook, tu interromps quelqu’un. Tu débarques dans sa vie sans qu’il t’ait demandé quoi que ce soit. Et tu lui demandes de décrocher son téléphone pour un inconnu. C’est à peu près aussi efficace que distribuer des flyers dans le métro en regardant les gens dans les yeux.

Ce qui aggrave le truc avec le facebook ads freelance, c’est que même si ton ciblage est parfait – tu vises des dirigeants de PME, des RH, des gérants de restaurants – ces personnes ne sont tout simplement pas dans le bon état d’esprit au moment où elles voient ton annonce. Elles peuvent être ta cible idéale sur le papier et ne jamais cliquer. Pas parce que ton offre est nulle. Parce que le timing est mauvais, structurellement.

Facebook, contrairement aux Google Ads ou aux marketplaces comme Superprof, ne répond pas à une demande existante. Il en crée une – ou plutôt, il l’anticipe. Et pour ça, il faut changer d’objectif.

Le lead magnet : donner avant de demander

L’alternative que propose Dougniaux – et c’est là où le facebook ads freelance commence à devenir intéressant – c’est de ne plus chercher à vendre directement. L’objectif de ta pub, c’est de créer une relation. Et pour créer une relation avec quelqu’un qui ne te connaît pas, il n’y a qu’une chose qui fonctionne : donner quelque chose d’utile gratuitement.

Dans le jargon marketing, on appelle ça un lead magnet. En français : une ressource gratuite qui attire les bons prospects. PDF, vidéo, checklist, série de mails, webinaire – le format importe peu. Ce qui compte :

  • Ça doit être suffisamment qualitatif pour que tu aurais pu le vendre
  • Ça doit être directement pertinent par rapport à tes services (si tu es consultant Facebook Ads et que tu offres un guide des meilleurs bars à cocktail de Paris, tu vas récupérer des gens qui aiment les cocktails – pas des clients potentiels)
  • Ça doit montrer ton expertise sans tout révéler

Dougniaux donne son propre exemple :

Moi j’ai une mini formation gratuite qui s’appelle ‘créer votre première pub Facebook en 45 minutes’. C’est une série de quatre vidéos qui dure 45 minutes où j’explique de A à Z comment on crée une pub Facebook. Ça pour moi c’est un bon lead magnet parce que je vends des formations à la pub Facebook. Donc si je donne un petit échantillon où je montre aux gens comment créer une pub Facebook, ils le font, ils lancent le truc, ils arrivent à avoir un peu de résultats mais ils se doutent qu’il y a beaucoup plus de possibilités – en gros, ils ont gratté un petit peu le haut de l’iceberg.

C’est exactement le problème que beaucoup de freelances ne voient pas.

Une étude de cas client, une checklist ‘les 10 erreurs à éviter avant de lancer une campagne’, un tuto vidéo qui montre comment faire quelque chose de concret – voilà ce qui peut tenir lieu d’offre dans une pub. Pas ton tarif journalier. Pas ta liste de références.

Et la conséquence directe : certains de ces prospects te contacteront demain, d’autres dans six mois, d’autres jamais. C’est assumé. Dougniaux le dit clairement – il ne faut rien espérer en retour à court terme. La mécanique fonctionne sur la durée, pas sur le coup d’une seule campagne. (Ce qui est souvent difficile à entendre quand on cherche un client pour le mois prochain, je sais.)

Les 3 niveaux de campagne pour faire du facebook ads freelance correctement

Une fois le lead magnet défini, il reste à construire la campagne. Dougniaux propose trois niveaux de complexité – et ce que j’aime dans son approche, c’est qu’il commence par le moins cher et le plus simple, pas par le plus sophistiqué.

Option simple : le retargeting à 1 euro par jour. Tu poses le pixel Facebook sur ton site (un bout de code que Facebook te fournit, voir comment le tracking Facebook évolue côté serveur), et tu retargetes les personnes qui sont venues sur ton site dans les 7 ou 14 derniers jours. Ces gens t’ont déjà vu. Ils savent qui tu es – en tout cas, ils ont été suffisamment curieux pour cliquer. Ta pub leur propose le lead magnet. Ils remplissent un formulaire, reçoivent ta ressource, tu récupères une adresse mail. Coût mensuel : 30 euros. Zéro optimisation nécessaire après le lancement.

C’est le plancher. Et c’est déjà mieux que rien – souvent mieux que beaucoup de campagnes plus chères que j’ai vues tourner.

Option intermédiaire : tu ajoutes une couche d’acquisition. En plus du retargeting des visiteurs existants, tu pousses ton lead magnet vers des audiences froides – des gens qui ne te connaissent pas. Soit via des centres d’intérêt pertinents (propriétaires de PME, community managers, photographes professionnels), soit via une audience lookalike construite à partir des visiteurs de ton site. Le budget grimpe un peu, mais tu alimentes en permanence le pool de personnes à retargeter.

Option avancée : le retargeting séquencé ou thématique. C’est là que le facebook ads freelance devient vraiment fin. Dougniaux distingue deux variantes :

Le retargeting thématique : si tu as un blog avec des articles sur Instagram et d’autres sur Pinterest, tu retargetes les lecteurs d’articles Instagram avec un message orienté Instagram, et les lecteurs Pinterest avec un message Pinterest. Même lead magnet, angle différent dans la pub.

Le retargeting séquencé : tu changes de message selon l’ancienneté de la visite. De 0 à 7 jours après la visite, tu proposes la mini-formation. De 8 à 14 jours – pour les gens qui n’ont pas mordu à la formation, probablement des profils plus avancés – tu proposes un autre contenu, par exemple une newsletter de veille sectorielle. Deux populations différentes, deux messages différents. Et Dougniaux précise que les deux convertissent chez lui, simultanément.

Sa campagne de retargeting tourne depuis un an et demi, à 1 euro par jour, et lui génère entre 3 et 5 inscriptions quotidiennes à sa mini-formation. Sans qu’il y touche. C’est ça, la vraie promesse du facebook ads freelance bien construit – pas un pic de prospects la semaine du lancement, mais un flux régulier, quasi automatique.

Ce que personne ne dit sur le pixel et les marketplaces

Dans la session questions-réponses qui suivait son atelier, une question a émergé qui mérite d’être posée ici : est-ce qu’on peut utiliser le pixel Facebook quand on vend sur une marketplace comme Asos ?

La réponse de Dougniaux est brutale. Non. Tu n’as pas accès au code des plateformes tierces. Tu peux faire des campagnes de trafic et envoyer des clics vers ta page produit, mais tu n’auras aucun moyen de tracker ce qui se passe ensuite. Zéro données de conversion. Zéro optimisation possible. Tu dépenses à l’aveugle.

C’est un problème structurel que beaucoup de freelances et de petits e-commerçants ignorent quand ils se lancent sur Facebook. Et c’est aussi la raison pour laquelle la question du tracking et de l’attribution est devenue centrale dans toute stratégie Facebook Ads sérieuse.

L’autre question technique de l’épisode portait sur le retargeting produit en e-commerce – créer une audience personnalisée des gens qui ont ajouté un produit spécifique au panier, sans passer par les pubs dynamiques. Techniquement faisable, à condition que le pixel soit bien configuré avec les paramètres content_id ou content_name sur chaque produit. Ensuite, dans la création d’audience, on filtre par événement ‘add to cart’ et on affine avec le paramètre content_id qui correspond au produit visé. Pas simple à expliquer en deux lignes, mais possible – et ça peut s’avérer très précis pour affiner le ciblage de retargeting sur des catalogues multi-produits.

Le scan des news : quand Facebook se plante et l’admet

L’épisode ne parle pas que de stratégie freelance. Dougniaux y évoque deux actualités de décembre 2020 qui valent le détour – même en 2025, parce qu’elles disent quelque chose sur la fiabilité des données Facebook en général.

Première news : l’outil Conversion Lift de Facebook – qui mesure les conversions incrémentales, c’est-à-dire celles qui n’auraient pas eu lieu sans pub – avait mal fonctionné entre août 2019 et août 2020. Facebook l’a admis, a redistribué des crédits à certains annonceurs. Mais refus total de dire combien ils avaient été touchés, ni comment le dédommagement avait été calculé.

Facebook ne leur permet pas de savoir dans quelle mesure ils ont été atteints par cette erreur ni comment elle s’est produite. De la même façon, ils ignorent comment le montant du dédommagement a été calculé par l’entreprise de Marc Zuckerberg.

Ce qui m’agace dans ce genre de situation – et je le dis clairement – c’est le rapport de force absurde entre la plateforme et ses annonceurs. Tu dépenses des milliers d’euros sur la base de données que Facebook te fournit, ces données sont fausses, et tu n’as droit ni à une explication ni à un audit. LinkedIn avait fait pareil en novembre de la même année, avec 418 000 annonceurs impactés par des erreurs de mesure. Ce n’est pas un bug isolé. C’est un problème systémique de transparence – et une bonne raison de ne jamais piloter ses campagnes sur un seul indicateur.

Deuxième news : le Conseil de surveillance de Facebook – sa ‘Cour suprême’ comme l’appellent les journalistes américains – avait reçu 20 000 demandes en six semaines après son lancement. Il avait sélectionné six premiers cas à traiter : un appel au meurtre de l’ex-Premier ministre malaisien contre des citoyens français, une photo d’enfant mort pour illustrer le traitement des Ouïghours, une citation de Goebbels, un post sur l’hydroxychloroquine comme remède au Covid-19. Le best-of de la modération de contenu, résumait un tweet de l’époque. Et clairement, les arbitrages de ces cas-là auraient pu donner le ton sur des questions de modération qui concernent aussi les annonceurs – les règles qui encadrent ce qu’une Page peut diffuser évoluant en permanence.

Le vrai coût d’une stratégie facebook ads freelance bien faite

30 euros par mois pour une campagne de retargeting. C’est le chiffre que Dougniaux avance pour l’option de base. Et honnêtement, c’est dérisoire comparé à ce que coûte une acquisition client classique pour un freelance – un salon professionnel, une journée de networking, un abonnement à une plateforme de mise en relation.

Mais il y a un coût caché que l’épisode mentionne sans s’y attarder : le temps de création du lead magnet. Rédiger un guide, monter une série de vidéos, construire une landing page – même simple, même avec des outils gratuits – ça prend du temps. Et pour un freelance qui vend déjà du temps, c’est un investissement réel.

Dougniaux reconnaît que la méthode demande ‘peut-être un peu plus de travail que ce que vous avez imaginé’. C’est la concession honnête de l’épisode. Le facebook ads freelance basé sur le lead magnet n’est pas un raccourci. C’est une infrastructure à construire une fois, qui ensuite tourne seule – mais le ‘une fois’ peut représenter plusieurs semaines de travail selon ton point de départ.

Et pour ceux qui veulent aller plus loin sur la partie rédaction des annonces elles-mêmes – parce qu’un bon lead magnet avec une pub mal écrite, ça reste une pub mal écrite – les règles de copywriting pour les publicités Facebook méritent un détour sérieux.

Ce que j’aurais voulu qu’on me dise plus tôt – enfin, ce que j’aurais voulu lire avant d’écrire des dizaines d’articles sur des campagnes ratées – c’est que le problème n’est jamais vraiment le budget ou le ciblage. C’est l’objectif qu’on assigne à la pub. Demander à une pub froide de convertir un inconnu en client, c’est bruler des étapes que même les meilleures équipes marketing des grandes boites ne brulent pas.

Mais bon – est-ce que la question du lead magnet adapté à son secteur est vraiment résolue pour tout le monde ? Pour un photographe, un coach, un consultant data ? Pas si sûr.

Questions fréquentes

Comment utiliser Facebook Ads quand on est freelance pour trouver des clients ? +
La clé, c'est de ne pas chercher à vendre directement ses services dans la pub. Facebook est une publicité passive - les gens ne cherchent pas un prestataire quand ils scrollent. L'approche qui fonctionne consiste à proposer une ressource gratuite (lead magnet) - guide PDF, vidéo tuto, checklist - qui démontre ton expertise. Tu récupères des adresses mail, tu crées une relation, et certains de ces contacts deviendront clients à terme.
Quel budget prévoir pour faire du facebook ads freelance ? +
Joseph Dougniaux recommande de commencer avec 1 euro par jour, soit environ 30 euros par mois, pour une campagne de retargeting simple. Ce niveau de budget suffit pour recycler les visiteurs de ton site qui ne sont pas passés à l'action. Pour une stratégie d'acquisition vers des audiences froides, le budget augmente, mais l'option de base reste accessible à n'importe quel indépendant.
Qu'est-ce qu'un lead magnet et comment le créer pour une pub Facebook freelance ? +
Un lead magnet, c'est une ressource gratuite que tu offres en échange d'une adresse mail. Pour un freelance, ça peut être une checklist de bonnes pratiques dans ton secteur, une étude de cas client, un tutoriel vidéo, ou un guide de synthèse. L'important : que ce soit suffisamment qualitatif pour que tu aurais pu le vendre, et directement lié à tes services. Un consultant SEO qui offre un guide des meilleurs restaurants de sa ville rate complètement sa cible.
Peut-on faire du retargeting Facebook sans avoir beaucoup de trafic sur son site ? +
Oui, mais avec des limites. Le retargeting ne fonctionne que si ton site reçoit suffisamment de visiteurs pour alimenter l'audience retargetée. Si ton site reçoit 20 visiteurs par semaine, ta campagne de retargeting sera trop petite pour que Facebook l'optimise correctement. Dans ce cas, la couche d'acquisition vers des audiences froides devient nécessaire pour alimenter le système.
Peut-on utiliser le pixel Facebook quand on vend sur une marketplace comme Etsy ou Asos ? +
Non. Tu n'as pas accès au code des plateformes tierces, donc tu ne peux pas installer le pixel dessus. Concrètement, tu peux envoyer du trafic vers ta page produit sur la marketplace, mais tu n'auras aucune donnée sur ce qui se passe après le clic - pas de conversion trackée, pas d'optimisation possible. Tu pilotes à l'aveugle.
Le facebook ads freelance fonctionne-t-il aussi bien en B2B qu'en B2C ? +
Joseph Dougniaux l'aborde directement dans son atelier : la stratégie lead magnet s'applique aussi bien aux freelances qui vendent à des entreprises (consultants, community managers, photographes corporate) qu'à ceux qui vendent à des particuliers (coachs, thérapeutes). Le ciblage diffère - on peut viser des administrateurs de pages Facebook ou des propriétaires de PME - mais la logique de 'donner avant de demander' reste identique.

Épisodes similaires

  • Social Ads & Acquisition