envie de tout arrêter en business

23. Envie de tout arrêter et de recommencer à zéro ? comprendre et rebondir !

Épisode diffusé le 26 décembre 2024 par Aurélie Gauthey

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L’envie de tout arrêter en business frappe sans prévenir. Un mardi matin, tu fixes ton ordinateur. Tu n’as plus envie de rien. Tout ce que tu as construit – les clients, les offres, les posts Instagram – te semble soudainement creux, inutile, peut-être même ridicule. Et là tu te demandes si t’as pas fait une erreur depuis le début.

Aurélie Gauthey, coach business et fondatrice du mouvement Née pour Impacter, a une réponse directe à ça. Une réponse qui va t’étonner. Pas parce qu’elle est complexe, mais parce qu’elle est terriblement simple – et que personne ne te l’a dite comme ça avant.

Ce sentiment dure en moyenne 4 jours. Pas 4 mois. Pas une vie. 4 jours.

Et comprendre d’où il vient change tout à la façon dont tu vas le traverser.

Quand l’envie de tout arrêter en business n’est pas ce qu’on croit

Le truc avec ces crises, c’est qu’on les sur-intellectualise. On se dit : mes offres sont nulles, mon positionnement est raté, je suis pas faite pour ça. On passe des heures à tout décortiquer. On refait son site. On change son logo. On renomme ses programmes.

Et en réalité, c’est souvent ailleurs que ça se passe.

Aurélie Gauthey est claire là-dessus, et elle le dit sans détour dans son podcast :

« Avant, je me rendais pas compte parce que j’étais assez dans le Yang, dans le j’avance coûte que coûte, dans le je suis une Warrior, une femme solide, rien ne me fait peur. Bon, en réalité, j’étais pas à l’écoute de mon corps et de mes émotions. »

Voilà. C’est exactement le problème.

Le Yang à fond, la warrior qui ne s’arrête jamais – c’est le modèle qu’on a valorisé pendant des années dans l’entrepreneuriat. Lever tôt, travailler tard, souffrir en silence, appeler ça de la discipline. Et personne ne parle du moment où le corps dit stop d’une façon que le cerveau interprète comme ‘mon business ne marche pas’.

Ce décalage entre signal physique et interprétation mentale, c’est là que tout part de travers. Pour aller plus loin sur la façon dont l’autosabotage et les croyances limitantes brouillent ta lecture de la réalité, c’est une autre pièce du puzzle.

Le cycle féminin : la première cause que personne n’ose nommer

Trois mois d’observations dans son agenda. C’est ce qu’Aurélie a fait avant de comprendre ce qui se passait vraiment.

Elle a commencé à noter les jours où elle se sentait à plat, les jours où les émotions partaient dans tous les sens, les jours où elle avait envie de tout péter. Et le schéma s’est répété. Régulièrement. Avec une précision déconcertante.

« J’avais une simple question, tu en es où dans ton cycle ? Oui oui, je suis en plein dedans ou je suis dans la phase d’avant, je veux tout péter. Et ben c’est cool, j’ai une bonne nouvelle pour toi, tu fermes tout, tu reviens dans 15 jours et on en discute. Excuse-moi, 4 jours, pas 15. »

Cette auto-correction me plaît. Elle est honnête.

Ce qu’elle décrit, c’est grossièrement trois phases distinctes. La phase pré-cycle, rebelle et explosive – c’est là où tu prends les pires décisions, où tu envoies l’email que tu regretteras, où tu veux tout déconstruire. La phase pendant le cycle, plus vidée, plus introspective, en remise en question profonde. Et la phase post-cycle, le fameux ‘monde des bisounours’ – là où tu veux créer des partenariats, lancer des projets, rencontrer des gens.

Aurélie le précise elle-même, elle n’est pas spécialiste du cycle féminin. C’est une observation empirique, construite avec des centaines de clientes. Mais la démarche – noter ses downs dans un agenda pendant 3 mois – elle est actionnable immédiatement, sans avoir besoin d’y croire à 100%.

Ce que j’aurais voulu qu’on me dise – enfin, ce que j’aurais voulu qu’on dise à toutes les entrepreneures que j’ai interviewées – c’est que tenir ce genre de journal de bord est une décision de management, pas un exercice New Age.

La lune, les données, et le calendrier de lancement

Là, on entre dans le territoire qui va en faire ricaner certains. Et c’est ok.

Aurélie Gauthey synchronise ses dates de lancement sur son cycle lunaire. Avant de valider une date avec son équipe, elle consulte le calendrier des phases de lune. Nouvelle lune : introspection, remise en question, énergie basse. Pleine lune : ébullition d’idées, hyperactivité, parfois même des difficultés à dormir.

« Désormais toute décision dans l’entreprise, par exemple une date de lancement ou tout autre événement important dès que l’équipe me dit OK, c’est à quelle date ? […] je vais vous dire la suite lunaire de la lune, des lunes et des lunes féminines avant de nous donner une date. Et bien oui, parce que je m’assure d’être dans une bonne énergie. »

Dit comme ça, ça a l’air ésotérique. Mais retourne le problème.

Ce qu’elle fait, c’est anticiper ses états internes pour ne pas prendre de décisions importantes quand elle est à zéro. C’est du risk management appliqué à sa propre énergie. Appelle ça comme tu veux – gestion des ressources cognitives, intelligence émotionnelle, astrologie d’entreprise – le résultat est le même : elle ne lance pas une campagne à 50 000 euros le jour où elle a envie de tout jeter.

Et là, franchement, la plupart des entrepreneurs que j’ai croisés passent complètement à côté de ce levier. Pas parce qu’ils ne croient pas à la lune – mais parce qu’ils ne trackent rien sur leurs propres variations d’énergie.

La vie perso qui déborde – et c’est normal

Deuxième grande cause de l’envie de tout arrêter en business : ce qui se passe en dehors du bureau.

Rupture, déménagement, deuil, maladie dans la famille, relation qui s’effrite. Ces événements ne restent pas gentiment dans leur compartiment ‘vie personnelle’. Ils débordent. Toujours. Et quand une femme entrepreneur traverse une période difficile personnellement, son business le ressent – dans les décisions prises, dans l’énergie mise dans les créations, dans la relation aux clients.

Aurélie le dit sans romantiser :

« De toute façon, soyons honnêtes, les quelques jours où toi tu vas forcer parce que tu vas te dire je dois, je dois, je dois, j’ai pas le choix même si je vais hyper mal […] tu auras la tête dans le guidon, tu iras hyper mal, tu auras tes émotions chamboulées. Donc oui, tu seras à ton bureau. Oui, tu seras devant ton ordinateur. En réalité, tu avanceras pas. »

C’est brutal. Et c’est vrai.

Le présentéisme émotionnel, c’est une des formes les plus invisibles de perte de productivité. Tu es physiquement là, tu fais semblant de travailler, mais tu crées depuis un endroit de ‘je vais mal’ – et ça se voit, dans tes textes, dans tes offres, dans la façon dont tu réponds à tes clients. La question n’est pas ‘est-ce que je dois travailler ?’ mais ‘qu’est-ce que je produis vraiment quand je suis dans cet état ?’

Sur ce sujet des vacances et du repos sans culpabilité pour les entrepreneurs, il y a une vraie conversation à avoir – parce que s’arrêter est souvent la décision la plus stratégique.

300 000 euros et l’effondrement sur le canapé

Quatrième cause. Celle-là s’adresse aux entrepreneures qui génèrent déjà du chiffre d’affaires, qui ont passé les paliers des 10 000, 15 000, 20 000 euros mensuels. Qui ont des clients, une réputation, un système qui tourne.

L’envie de tout arrêter en business ne disparaît pas avec le succès. Elle change de forme.

Aurélie l’a vécu deux fois. La première, au palier des 300 000 euros de chiffre d’affaires annuel – le moment où elle a compris qu’elle ne pouvait plus tout faire seule si elle voulait garder son équilibre. Elle a dû recruter, déléguer, former une équipe de coachs à sa méthode. Et avant de prendre cette décision, elle a passé trois semaines effondrée sur son canapé.

Trois semaines. À ce niveau de revenus. Convaincue que le monde allait lui tomber dessus.

Ce n’est pas un bug. C’est une feature. Les entrepreneurs à fort niveau de croissance traversent ces phases de compression avant chaque palier d’expansion. C’est un bilan des coulisses du business qui le montre clairement : les moments de remise en question intense précèdent presque systématiquement les grandes évolutions.

La difficulté, c’est que de l’intérieur, tu ne vois pas la montée. Tu vois juste le vide.

Se reconnecter à son pourquoi – sans la phrase bateau

Pour traverser ces phases, Aurélie propose trois mouvements. Pas des ‘étapes’ avec des bullets en parallèle – je déteste ça autant qu’elle.

D’abord, se reconnecter à la raison pour laquelle tu as créé cette entreprise. Pas la version LinkedIn de ton pourquoi – la vraie. Celle d’avant les formations, d’avant les frameworks, d’avant que tu aies un pitch deck. Pourquoi tu as commencé, à un moment précis, avec les moyens que tu avais alors.

Ensuite, se réaligner à son client idéal – en acceptant que ce client a changé. Parce que toi tu as changé. L’entrepreneuriat transforme. La cliente que tu accompagnais à tes débuts et celle que tu veux accompagner maintenant ne sont plus la même personne. Et si ton offre ne reflète pas cette évolution, l’inconfort que tu ressens est en réalité un signal d’alignement – pas une défaillance.

Et enfin, accepter de laisser mourir certaines choses. Des offres, des positionnements, des versions de toi-même. C’est là que l’envie de tout arrêter en business devient potentiellement utile – si tu arrives à la distinguer de la panique.

Mais bon – distinguer les deux, c’est précisément ce qui est difficile quand tu es dedans. Et là aucune méthode ne remplace une conversation avec quelqu’un qui a traversé la même chose. Pour ne pas choisir entre deux projets dans la panique, ou pour ne pas tomber dans le piège de l’éparpillement quand tu as trop d’idées – les questions à se poser changent complètement selon où tu en es dans ton cycle (business et personnel).

Ce que j’aurais aimé que quelqu’un me dise sur ces crises

Une limite à nommer clairement : tout ce qu’Aurélie Gauthey partage vient de son expérience et de celle de ses clientes. Elle n’est pas psychologue, pas gynécologue, pas chercheuse en neurosciences. Elle le dit elle-même. Ces 4 jours dont elle parle – c’est une observation de terrain, pas une donnée clinique. Pour certaines entrepreneures, la durée sera différente. Pour d’autres, les causes seront autres.

Ce qui ne change pas, c’est le principe de base : avant de décider de tout déconstruire, d’envoyer l’email de rupture, de fermer la boutique – attendre. Observer. Vérifier si c’est un signal ou du bruit.

Et c’est peut-être ça, la chose la plus contre-intuitive dans un univers où on valorise la réactivité, les pivots rapides, les décisions ‘bold’. Parfois la meilleure décision, c’est de ne rien décider pendant 4 jours.

Le syndrome de l’imposteur se nourrit souvent de ces moments de vide. Il prend les silences pour des confirmations de l’échec. Mais un silence de 4 jours, bien traversé, peut être le début d’un nouveau cycle – au sens propre comme au sens figuré.

Questions fréquentes

Pourquoi j'ai envie de tout arrêter en business ? +
Cette envie de tout arrêter en business peut venir de plusieurs sources : ton cycle féminin (notamment la phase pré-menstruelle), une période difficile dans ta vie personnelle, ou un palier de croissance atteint dans ton entreprise qui nécessite une transformation. Dans la majorité des cas observés par la coach Aurélie Gauthey, ce sentiment dure en moyenne 4 jours. Avant de prendre une décision définitive, attends cette fenêtre et revois si le ressenti est toujours aussi intense.
Comment savoir si mon envie de tout arrêter est un signal sérieux ou juste une crise passagère ? +
Note tes moments de 'down' dans un agenda pendant 3 mois minimum. Regarde si des schémas se répètent à des moments précis du mois. Si c'est le cas, tu as probablement affaire à une fluctuation cyclique - pas à une remise en question fondamentale de ton business. Si le sentiment persiste au-delà de 7-10 jours sans lien avec ton cycle, là ça mérite une conversation plus profonde avec un coach ou un professionnel.
Le cycle lunaire a-t-il vraiment un impact sur mon business ? +
Aurélie Gauthey synchronise ses lancements sur le cycle lunaire, mais elle ne le présente pas comme une règle universelle. L'idée centrale est d'observer ses propres variations d'énergie sur 3 mois et d'adapter son planning en conséquence. Que tu attribues ça à la lune, à ton cycle hormonal ou à des rythmes circadiens, le principe reste le même : ne pas prendre de décision importante quand tu es à plat.
Est-ce normal d'avoir envie de tout arrêter en business même quand les revenus sont bons ? +
Oui. C'est même très fréquent aux paliers de croissance : 100K, 300K, 500K annuels. Aurélie Gauthey l'a vécu deux fois dans son propre business. À chaque nouveau niveau, l'identité de chef d'entreprise doit se reconstruire - et cette phase de reconstruction passe souvent par une période de vide ou de perte de sens. Ce n'est pas un signe d'échec. C'est souvent le signe qu'une évolution importante est en cours.
Que faire concrètement quand on a envie de tout déconstruire son business ? +
Trois choses : fermer l'ordinateur et se reposer pendant 4 jours sans prendre de décision. Vérifier si ce sentiment coïncide avec une phase particulière de ton cycle ou un événement personnel difficile. Et si le sentiment persiste, se reconnecter à son pourquoi initial - pas la version marketing, la vraie raison qui t'a poussée à te lancer.
L'envie de tout arrêter en business touche-t-elle plus les femmes que les hommes ? +
Aurélie Gauthey s'adresse spécifiquement aux femmes entrepreneures, notamment parce que le cycle féminin joue un rôle direct dans ces fluctuations d'énergie. Cela ne veut pas dire que les hommes ne traversent pas de crises similaires - mais les causes biologiques spécifiques aux femmes (variations hormonales) ajoutent une couche supplémentaire que beaucoup ignorent dans leur gestion du business.

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