Le bilan entrepreneur 2024 d’Aurélie Gauthey commence par une scène assez savoureuse : une réunion de cadrage avec son équipe technique pour le lancement de son podcast, et la révélation que les fameux ‘épisodes déjà prêts’ dont parlait son bras droit… c’étaient en fait juste des titres dans un doc. Rien d’enregistré. Rien de tourné. Rien qui existe. Et comme deadline : un mois. Coach business depuis 7 ans, auteure d’un bestseller sorti en 3 mois chrono, Aurélie Gauthey a généré selon ses propres chiffres entre 3 et 4 millions d’euros – à 80% sur des audiences froides, ce qui est une anomalie totale dans le secteur. Ce que cet épisode dit sur la charge mentale, le recrutement et la tentation de tout plaquer mérite qu’on s’y arrête sérieusement.
Ce que personne ne te dit sur la procrastination d’un vrai projet
Pendant plus d’un an, Aurélie Gauthey a parlé de son podcast sans le faire. Elle-même hésite sur le diagnostic :
« Soit c’est une réelle procrastination parce que c’était un nouveau projet, j’avais peut-être des peurs, des doutes ou alors simplement ben c’est parce que j’avais toujours quelque chose de mieux à gérer. »
Ce qui m’intéresse là-dedans, c’est l’honnêteté du ‘je sais pas vraiment’. Parce que dans le milieu du coaching business, la procrastination est immédiatement renvoyée vers les croyances limitantes et la peur du jugement. Ici, la réponse est plus banale – et plus utile : elle avait juste des engagements prioritaires.
Le plan d’action qu’elle déploie est celui qui lui a déjà servi pour écrire un livre en 3 mois. Deux mouvements seulement. D’abord, un engagement public – elle annonce la date de sortie du podcast à sa communauté, ce qui rend la reculade socialement coûteuse. Ensuite, des créneaux bloqués dans l’agenda avec une règle simple : personne d’autre ne peut les prendre. Pas de réunion, pas de client, pas de ‘juste 30 minutes’. Le bilan entrepreneur 2024 d’Aurélie, c’est aussi ça : la discipline des créneaux non-négociables.
Et les premiers épisodes ? ‘Une horreur’, dit-elle. Coincée, pas drôle, rigide. Ce qu’elle décrit, c’est exactement ce que traverse n’importe qui qui démarre un nouveau format d’expression. Il faut 30 épisodes pour se décoller. Ce n’est pas une opinion – c’est une donnée qu’elle cite elle-même.
La traversée du rien, ou comment un business solide peut te faire craquer
Juillet-août 2024. Aurélie réduit à une heure de travail par jour. Elle dort beaucoup. Elle se balade. Elle voyage – trop, dit-elle, et elle assume que ça ne ressemble à rien de glamour de l’extérieur.
« Je me suis retrouvée à faire du slow work. Je travaillais 1 heure par jour puis après j’allais passer 3 jours à me reposer, à me balader, à aller en nature. »
Voilà. Ça, c’est ce que produit un business bien construit quand la dirigeante craque – pas l’effondrement total, mais une décompression longue et inconfortable. Elle sort d’une période de deuil : deuil d’une version d’elle-même, séparations dans l’équipe, transmission de clients à ses coachs. Le corps n’a pas suivi le rythme mental.
Ce qui m’a frappé dans cette partie, c’est la question qu’elle pose et qui résonne bien au-delà du coaching : ‘Qui je suis quand je donne pas ma life ?’ Sa valeur repose-t-elle sur le faire ? Est-ce qu’elle mérite ses résultats si elle ne travaille pas H24 ? Des questions que beaucoup d’entrepreneurs se posent sans les formuler aussi crûment. Si le sujet te parle, l’épisode sur prendre des vacances sans culpabilité creuse exactement ça.
Elle mentionne être HPI et HPE, avec une forte connexion énergétique. (Ce type de profil – hyper-émotif, hyperstimulable – a une gestion de l’énergie radicalement différente des profils ‘standard’. Il ne s’agit pas d’un effet de mode : le repos forcé n’est pas de la flemme, c’est de la maintenance.) Il y a 3 ans, elle travaillait 7 jours sur 7. Là, elle est à 3 jours. Ce bilan entrepreneur 2024 documente une trajectoire réelle, pas une transformation instantanée.
Quand l’envie de tout plaquer les réseaux devient une décision de recrutement
Fin août, début septembre. Aurélie est en Espagne avec des amis entrepreneurs. Elle lâche la phrase : elle veut arrêter les réseaux sociaux.
Sa logique tient : 80% de son chiffre d’affaires vient de challenges sponsorisés sur des audiences froides, pas de sa communauté organique. Pourquoi investir du temps et de l’argent dans six plateformes simultanément – ‘l’erreur à ne jamais faire’, dit-elle – si ça ne convertit pas directement ?
« Tout le monde veut connaître mon secret. Je sais pas, je suis juste un peu folle et j’ai réussi à construire ce truc. »
C’est exactement le problème. Elle a construit quelque chose de difficilement reproductible – une capacité à vendre à froid sur des programmes à 3 jours de chaleur – et elle sous-estime ce que les réseaux auraient pu apporter en complément. Mais bon, elle ne déconstruit pas tout.
Elle recrute. Et là, le bilan entrepreneur 2024 prend un tour instructif : elle tombe sur un profil qui se présente comme un A player, fait du all-in budgétaire sans tester, recrute un homme pour la première fois, et ne fait aucun test de compétences. Elle le dit elle-même en rigolant – parce que c’est contradictoire avec tout ce qu’elle enseigne sur le leadership et la posture de CEO. Sauf qu’elle assume le pari : ‘Au pire, qu’est-ce qui va se passer ? Il va se passer rien de grave.’
Et le résultat ? Au lieu de poster une fois par semaine, elle repart à fond sur les réseaux avec quelqu’un qui gère l’intégralité de la visibilité. Retournement complet.
Le bilan entrepreneur 2024 et la reconnaissance qu’on n’attendait pas
Septembre. Elle fête ses 40 ans – un cap qu’elle appréhendait. Et à Avignon, lors de son premier mastermind depuis 4 ans, quelque chose se passe qu’elle n’anticipait pas.
Dans un hôtel 5 étoiles avec une quarantaine d’entrepreneurs qui génèrent entre 200 000 euros et plusieurs millions, lors d’une cérémonie de remise d’Awards, elle entend son nom pour le titre de meilleure coach mindset business.
« Est-ce que vous imaginez une seconde ce que je peux ressentir dans mon cœur et dans la petite fille qui est en moi. J’ai toujours eu cette envie de reconnaissance, d’amour aussi de l’extérieur même si ça vient déjà de nous. »
Ce moment dit quelque chose d’important. Pas sur le fait d’être reconnue – mais sur le fait que des gens qui génèrent autant qu’elle, voire plus, ont décidé collectivement qu’elle apportait de la valeur. Pas ses clients. Pas sa communauté. Ses pairs.
Ce qui change aussi dans ce mastermind, c’est qu’elle n’y va plus avec la même énergie qu’en 2020. À l’époque, elle attendait d’être coachée, validée, guidée. En 2024, elle arrive pour partager et être entourée de leaders. (Ce changement de posture – passer de ‘qu’est-ce qu’on va me donner’ à ‘qu’est-ce qu’on va construire ensemble’ – c’est le vrai marqueur d’une évolution entrepreneur.) Elle coache les autres participants pendant les hot seats. Elle donne plus qu’elle ne prend. Et c’est ça qui est récompensé. Si la question de la légitimité et du syndrome de l’imposteur te freine dans ce genre d’environnement, l’épisode 17 va droit au but.
Autre observation, plus personnelle : elle voit les autres participants reprendre le train le soir même pour enchaîner des calls le lendemain. Elle, elle a réservé 3 jours dans un hôtel avec piscine pour se recentrer. Et elle ne ressent pas une once d’insécurité face à ça. Ça, c’est un vrai bilan entrepreneur 2024 – pas un compte de chiffre d’affaires.
Le guide d’entreprise, ou comment une erreur vieille de 4 ans revient te mordre
Ce passage est le plus utile de tout l’épisode, et il arrive presque en passant.
Il y a 4 ans, son bras droit original – celle qui connaissait tous les détails opérationnels, les factures, les bons de commande, les accès – quitte l’entreprise. Crise totale. Cette année, la même situation se rejoue : son bras droit actuel part en vacances en même temps qu’elle, juste avant un lancement. Et là, bilan entrepreneur 2024 oblige, elle réalise qu’elle a recommis exactement la même erreur.
« Je me souviens que plusieurs fois, j’ai décidé de dupliquer nos tunnels de challenge. Et je me souviens… il faut absolument qu’on mette ce guide en place pour que quelqu’un qui arrive ait toutes les infos parce que parfois tu sais je sais même plus pourquoi on a pris des décisions stratégiques des années avant. »
Dit comme ça, ça a l’air simple. Mais la réalité, c’est que documenter les process d’une entreprise est une tâche que tout le monde reporte indéfiniment – parce que ça ne génère aucun chiffre d’affaires immédiat et ça prend du temps qu’on n’a pas. Jusqu’au moment où ça plante.
Sa solution : le guide d’entreprise. Un document qui centralise non seulement les process par pôle (podcast, emails, visuels, vidéos YouTube) mais aussi les décisions stratégiques passées et leurs raisons. Pourquoi on a choisi ce tunnel plutôt qu’un autre. Pourquoi on a arrêté ce format. Ce type de documentation évite de répéter les mêmes erreurs de gestion d’équipe au fil des recrutements. Si tu envisages de tout recommencer à zéro, ce type d’outil est ce qui te permet de repartir sans perdre la mémoire de l’entreprise.
Ce n’est pas glamour. C’est opérationnel. Et c’est exactement ce dont la plupart des solopreneurs qui passent à 2-3 personnes ont besoin avant même de parler de stratégie ou de mindset.
Ce que ce bilan entrepreneur 2024 révèle vraiment sur la délégation
Trois millions de chiffre d’affaires avec une équipe réduite, c’est possible. Mais la délégation qu’Aurélie Gauthey décrit n’est pas celle des frameworks propres qu’on voit dans les formations. C’est une délégation chaotique, testée en temps réel, avec des erreurs qui reviennent, des recrutements impulsifs et des décisions prises dans des phases émotionnelles difficiles.
Ce bilan entrepreneur 2024 documente quelque chose de rare : la vraie texture du lâcher-prise pour quelqu’un dont l’identité est construite sur l’action et le résultat. Elle avait envie de tout vérifier – les mails, les liens, les process de lancement. Elle a choisi de ne pas le faire. Son challenge de septembre s’est passé en mode ‘chaos zénitude’, et elle en fait un épisode entier séparé.
Sur la question de l’investissement en formation – parce qu’un mastermind à ce niveau, ça coûte – son approche a radicalement changé entre 2020 et 2024. En 2020, elle investissait en attente de résultats directs. En 2024, elle investit pour l’environnement et les échanges entre pairs. (Et c’est souvent là que la déception ou la satisfaction se joue, dans les attentes qu’on formule avant de signer.) Si tu es en train de choisir entre un coach ou une formation, ce changement de posture mérite d’être intégré avant de sortir la carte.
Mais ce qui reste après avoir écouté cet épisode, ce n’est pas une liste de tips. C’est l’image d’une cheffe d’entreprise de 40 ans qui se demande sérieusement si sa valeur repose sur ce qu’elle fait ou sur ce qu’elle est. Et qui n’a pas encore la réponse définitive.











