Atteindre ses objectifs – vraiment, pas juste cocher une case sur un tableau Notion – c’est peut-être la question la plus mal posée de tout l’écosystème entrepreneurial. Tu donnes tout, tu achètes les formations, tu te lèves à 6h, tu posts régulièrement. Et pourtant. Les chiffres ne bougent pas, ou pas assez, ou pas dans le bon sens. Aurélie Gauthey, coach business qui a accompagné plus de 4 000 entrepreneurs en sept ans, a une réponse à ça. Et elle est moins glamour qu’un hack de productivité.
Ce qui m’a frappé en écoutant son épisode, c’est qu’elle ne parle pas de méthodes de travail au sens classique du terme. Elle parle d’abord de pourquoi tu cours – et de savoir si ce que tu poursuis est vraiment à toi.
Le pourquoi qui tient debout à 3h du matin
Commençons par là où ça coince pour la majorité. Pas le manque de discipline, pas le mauvais outil, pas le réseau insuffisant. Le problème, souvent, c’est que la motivation s’effondre au premier vrai obstacle parce qu’elle reposait sur du vent. Aurélie Gauthey le dit sans fioritures :
Si tu as un pourquoi assez fort, tu auras pas envie d’abandonner même lorsque tu douteras de toi ou que les résultats ne seront pas au rendez-vous, tu te reconnectes immédiatement à cet élément.
Facile à dire. Mais elle ne se contente pas de la formule. Elle raconte d’où vient le sien, et là, ça change de registre.
À 17 ans, elle a connu la rue. Sa mère – 22 ans de mariage, entièrement dévouée à sa famille – s’est retrouvée sans ressources, sans autonomie, à la merci d’une situation qu’elle n’avait pas choisie. C’est de là que vient l’obsession d’Aurélie pour la liberté financière des femmes. Pas d’un livre de développement personnel. D’une scène réelle, douloureuse, qui ne la quitte pas.
Et c’est exactement ça, un pourquoi fort. Pas ‘je veux être libre’, pas ‘je veux voyager’. Quelque chose qui te prend aux tripes parce que tu l’as vécu dans ta chair – ou dans ta peur.
La question à se poser honnêtement : si tu retires les revenus, la visibilité, le statut – est-ce que tu continues quand même ? Si la réponse hésite, le pourquoi n’est pas encore trouvé.
Courir après l’objectif de quelqu’un d’autre
Deuxième étage de la fusée, et c’est là que ça devient inconfortable. Atteindre ses objectifs suppose d’abord que ces objectifs soient vraiment les tiens.
Aurélie raconte une scène dans un mastermind (le genre de format où on paye cher pour être dans une pièce avec des gens qui réussissent plus que toi, et où on finit parfois par adopter leurs ambitions à la place des siennes). Une entrepreneuse, déjà à 600 000 ou 700 000 euros de chiffre d’affaires annuel, s’effondre en pleurs parce qu’elle n’a pas encore atteint le million promis par le programme.
Je lui dis ‘Mais excuse-moi mais j’ai une question peut-être bête mais pourquoi tu veux faire 1 million ?’ Il y a eu un silence, elle s’est arrêtée de pleurer. Elle m’a regardé, ben parce que je suis rentrée pour ça. J’ai pris ce mastermind pour faire le million. Non d’accord mais euh, qu’est-ce que ça va t’apporter dans ta vie par rapport à aujourd’hui ? Et là, ben rien je crois.
Le silence après cette question-là, je l’imagine bien. C’est exactement ce genre de moment qui fait qu’on devrait tous avoir quelqu’un pour poser la question bête au bon moment.
L’autre cas, encore plus courant : l’objectif qui entre en conflit direct avec ce qui compte vraiment. Une cliente vient voir Aurélie pour débloquer ses 10 000 euros par mois. En creusant, ce qui ressort c’est que sa vraie priorité, c’est d’être présente pour ses enfants – les déposer à l’école, les récupérer le soir, avoir les mercredis. Et quand Aurélie lui demande comment elle imagine sa vie à 10 000 euros mensuels, la réponse fuse :
Elle m’a répondu immédiatement qu’elle allait passer beaucoup de temps à travailler et que ça allait être encore plus dur qu’aujourd’hui, qu’il allait falloir qu’elle voit moins ses enfants et qu’effectivement ça lui faisait déjà ressentir de la culpabilité.
Ce tiraillement intérieur – valeurs d’un côté, objectif de l’autre – c’est exactement ce qui plante les plans d’action les mieux construits. Pas le manque de stratégie. Le conflit interne non résolu. (Et c’est souvent là que les gens dépensent en formations supplémentaires alors que le problème est ailleurs.)
Si tu veux sortir de l’obsession business et retrouver un équilibre de vie, la première étape n’est pas une technique de time management. C’est de savoir ce que tu sacrifies vraiment – et si ça vaut le coup.
Atteindre ses objectifs sans savoir ce qu’on ignore
L’étape 2 dans la méthode d’Aurélie : identifier ce qu’on ne sait pas encore. Formulation un peu zen à première vue. En pratique, c’est beaucoup plus brutal.
Un entrepreneur arrive en audit. Il veut apprendre à faire des challenges de 4-5 jours pour attirer des clients. C’est clair, c’est précis, c’est ce qu’il demande. Aurélie pose quelques questions et découvre autre chose : le problème, c’est que la personne n’est plus du tout alignée avec son client idéal. Elle a évolué, sa communication n’a pas suivi. Apprendre à faire des challenges dans cet état, c’est construire sur du sable.
Résultat :
Ben numéro 1, c’est pas de t’apprendre à faire des challenges, c’est pas de t’apprendre à avoir un meilleur Instagram ou à faire des réels viraux, c’est que tout ça, ça va servir à rien si tu sais pas à qui tu t’adresses.
Dit comme ça, ça semble évident. Mais la majorité des gens qui cherchent à générer leurs premiers 3 000 euros par mois en ligne investissent dans la technique avant d’avoir réglé le fond. C’est humain – la technique rassure, elle est visible, elle s’achète.
Ce que souligne Aurélie avec insistance : avant de se former ou d’investir dans un accompagnement, il faut identifier le bon besoin. Pas le besoin perçu. Le besoin réel. Et parfois – souvent – ce n’est pas la même chose. Elle mentionne aussi une option sous-estimée : reprendre une formation déjà achetée. ‘On laisse beaucoup de formations de côté. En réalité, elles nous servent tout notre parcours.’ Franchement, la plupart passent à côté de ça. On veut du nouveau alors que la réponse est déjà dans le tiroir.
Avant de débloquer un nouvel investissement dans une formation ou un coach business, cette question vaut la peine d’être posée sérieusement : est-ce que j’ai vraiment épuisé ce que j’ai déjà ?
La constance – pas celle dont tout le monde parle
Troisième étape. Et là, Aurélie dit quelque chose qui tranche avec le discours habituel sur la régularité.
Essayer 1 000 fois une action pour réussir plutôt que 1 000 choses une fois. Voilà la formule. Pas de révolution là-dedans, me direz-vous. Sauf que dans la pratique, c’est exactement l’inverse que font la plupart des entrepreneurs qui cherchent à atteindre leurs objectifs.
Elle donne son propre exemple : ses challenges. Le format qui lui permet aujourd’hui de générer des revenus conséquents n’est pas né d’une inspiration. C’est le même challenge répété en boucle, jusqu’à trouver la combinaison qui fonctionne. Pas un challenge d’une façon, puis d’une autre, puis avec un autre titre, un autre modèle. Le même. Mille fois.
Et derrière ça, il y a quelque chose de moins sexy : devenir ‘une décomplexée de l’échec’, pour reprendre ses mots. Passer à l’action vite, observer ce qui fonctionne, recommencer. Personne ne se souvient de ce que tu as posté ou lancé il y a cinq mois – elle le dit, et c’est libérateur si on l’intègre vraiment.
Ce qui m’agace dans les discours sur la constance, c’est qu’ils oublient de préciser sur quoi être constant. Être régulier dans la mauvaise direction, ça ne change rien. Aurélie, elle, parle d’une constance orientée vers un test unique, répété, affiné. C’est différent. Très différent. Si tu as trop d’idées et que tu t’éparpilles, la constance devient structurellement impossible – c’est le premier problème à régler.
Les chiffres d’abord, les émotions ensuite
Quatrième étape : l’amélioration continue. Mais pas version ‘je me sens bien dans mon challenge donc c’est que ça marche’.
Une cliente revient après plusieurs mois de stagnation. Son chiffre d’affaires chute. Elle n’a plus fait de challenge depuis cinq mois. Pourquoi ? Elle a perdu son autorépondeur et toutes ses séquences mail. La réécrire lui pèse. Aurélie ne lui dit pas de se motiver. Elle ouvre autre chose :
Est-ce que les emails sont le seul chemin ? Et là, elle lui montre cinq options alternatives – la vidéo, Telegram, d’autres formats. Le lendemain, la cliente relance un challenge. Sans emails. Bref : les œillères font plus de dégâts qu’on ne le croit.
Sur l’amélioration continue à proprement parler, Aurélie est catégorique : on ne peut pas améliorer ce qu’on ne mesure pas. Et mesurer, ça veut dire des chiffres. Pas des ressentis. Pas ‘mon challenge n’a pas bien marché’. Mais : quelle était mon taux d’inscription sur la page ? Quel était mon taux de vente pendant le challenge ? L’offre était-elle suffisamment irrésistible ?
Donne-moi tes chiffres. J’ai pas de chiffres. Première des choses, connaître ses KPI, connaître ses chiffres pour savoir exactement ce qui ne fonctionne pas.
Pas de chiffres, pas d’amélioration possible. C’est aussi simple que ça. Et elle va plus loin : dans toutes ses offres – challenges, accompagnements, équipe – elle envoie des questionnaires de satisfaction. Systématiquement. Elle en est à son 15e format de questionnaire, et elle dit qu’à son 30e il y en aura encore.
‘Tu as 50% de comment tu peux améliorer les choses. Les autres 50%, c’est ta communauté, c’est tes prospects.’ C’est une concession rare dans un milieu où l’ego entrepreneurial prend souvent trop de place. Les causes d’un business qui stagne sont souvent là, dans ce refus d’aller chercher le feedback réel parce que ça fait peur de ce qu’on pourrait entendre.
Ce que cette méthode ne règle pas
Soyons honnêtes : ce cadre en quatre ou cinq étapes fonctionne clairement pour un profil spécifique. L’entrepreneuse qui a déjà un minimum de structure, qui génère quelques milliers d’euros, qui a la capacité de s’arrêter et de se poser les bonnes questions. Pour quelqu’un qui démarre de zéro ou qui est dans une phase de survie émotionnelle intense, creuser le ‘pourquoi profond’ peut paraître luxueux.
Et il y a un vrai risque dans le coaching du pourquoi : on peut finir par se convaincre que rien n’est le bon objectif, que rien n’est assez aligné, et ne jamais passer à l’action. C’est le revers. La remise en question permanente des objectifs peut devenir une forme d’évitement sophistiqué.
Mais Aurélie Gauthey a un avantage sur beaucoup dans ce domaine : elle parle d’expérience brute. Sept ans, 4 000 entrepreneurs accompagnés, des chiffres réels (30 000, 40 000, 700 000 euros de CA cités dans des cas concrets). Ce n’est pas de la théorie importée d’un livre américain. C’est du terrain français, des clientes réelles, des échecs nommés.
Pour aller plus loin sur les croyances qui bloquent le passage à l’action, notamment quand l’autosabotage prend la forme d’une peur de réussir, c’est une autre couche du même problème – et ça mérite un regard séparé.
La vraie question que pose cet épisode, finalement : est-ce que l’objectif que tu poursuis en ce moment t’appartient vraiment ? Ou tu l’as importé d’un mastermind, d’un Instagram, d’un benchmark ?


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