personal branding linkedin

#26 : Comment booster son Personal Branding sur Linkedin

Épisode diffusé le 25 novembre 2019 par Bannouze : Le podcast du marketing digital !

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Le personal branding linkedin peut transformer un étudiant en alternance en référence nationale – et Munir Mostafa, alias Munir Digital, l’a prouvé sans budget, sans réseau préexistant, juste avec un outil de design et une cadence de publication qui force le respect. 300 à 400 infographies publiées depuis octobre 2017. Des formations dans les plus grandes business schools françaises qui utilisent ses visuels. Des contacts depuis la Corée du Sud et le Sénégal. Voilà ce que peut produire une stratégie cohérente sur LinkedIn quand elle est construite avec une vraie colonne vertébrale.

Ce qui m’a frappé en écoutant cet épisode du podcast Bannouze, c’est la banalité du point de départ. Munir cherchait un emploi. Comme des centaines de milliers de jeunes diplômés chaque année. Sauf qu’au lieu de poster son CV et d’attendre, il s’est posé une question différente : comment montrer ce que je sais faire, plutôt que de dire ce que j’ai fait. La nuance est énorme. Et la réponse qu’il a trouvée – les infographies – était presque accidentelle.

Dans cet épisode de Bannouze, le podcast du marketing digital, Munir raconte sa trajectoire avec une franchise qu’on entend rarement. Pas de success story formatée. Des hésitations, des déclic tardifs, une croissance qui s’est construite visuels après visuels. C’est exactement pour ça que ça vaut la peine d’en faire un article.

Quand le CV ne suffit plus : le tournant du personal branding linkedin

Octobre 2017. Munir est en deuxième année de master marketing digital, en alternance dans une entreprise de téléphonie mobile. Il observe. Il écoute les conversations de bureau, les idées reçues qui circulent sur les métiers du digital.

Ce qu’il entend l’agace profondément. Les collègues pensent que les community managers passent leur journée à scroller Instagram. Que le marketing digital, c’est glamour et pas fatigant. Que ces gens-là sont payés à ne rien faire. Munir sait que c’est faux – mais comment le prouver ?

« On entendait par-ci par-là dans l’entreprise les idées reçues du community manager digital… tu fais rien, t’es payé à faire ça, voilà, c’est trop facile. Alors que non, être community manager digital marketeur, c’est analyser une audience, c’est faire de la veille contenu, c’est du temps pour créer des contenus qui sont originaux. »

Là, tu réalises que ses meilleures infographies ne sont pas venues d’un brief client – elles sont venues d’une frustration réelle.

Ce premier visuel sur le community manager vu par les autres – et en réalité – a été vu plus de 60 000 fois d’un seul coup. Munir ne comprend pas encore ce qui se passe. Mais il sent que quelque chose a basculé. C’est ce genre de déclic qu’on ne peut pas fabriquer artificiellement : il faut avoir quelque chose à dire avant de chercher comment le dire.

Avant d’en arriver là, il avait commencé différemment. Relayer des articles de blogs, partager des liens de grands médias du secteur. Utile, mais pas différenciant. Et surtout :

« Je me suis dit, pourquoi je me casse la tête à leur faire de la pub entre guillemets à ces médias et pourquoi je publierais pas mon propre contenu. »

Dit comme ça, ça a l’air simple. Ça ne l’est pas.

L’infographie comme arme de personal branding linkedin

Le format infographie était – selon lui – un peu tombé en désuétude sur les réseaux au moment où il a commencé à l’utiliser sérieusement. Moins de concurrence. Plus de place pour se faire remarquer. Ce timing-là, c’est pas du génie, c’est de l’observation.

Ce qui est intéressant dans sa démarche, c’est qu’il n’a jamais cherché à tout faire. Pas de vidéos longues, pas de threads texte, pas de podcasts au début. Une seule chose, bien choisie, répétée avec constance. 300 à 400 infographies en deux ans, c’est une cadence qui dépasse largement ce que produisent la plupart des équipes marketing de PME.

Et la signature visuelle est devenue tellement forte que – et c’est Laurent, l’animateur de Bannouze, qui le dit – beaucoup de gens pensent que son nom de famille est « Digital ». Munir Digital. Pas Munir Mostafa. La marque a avalé l’identité civile (ce qui est à double tranchant, mais on y reviendra).

Pour ceux qui se demandent quels outils utiliser concrètement, Munir cite Canva et Animoto pour la création de visuels et de vidéos. Un site web à son nom – il recommande WordPress ou autre CMS – pour centraliser tout ça. La stratégie social media ne se limite pas à l’outil, mais le bon outil au bon moment change tout.

Mais l’outil, franchement, c’est le moins important. Ce qu’il faut retenir – enfin, ce que j’aurais voulu qu’on me dise quand je démarrais – c’est que la différenciation ne vient pas du format. Elle vient du point de vue.

Ce que l’algorithme LinkedIn récompense vraiment

La question des métriques arrive naturellement dans la conversation. Et la réponse de Munir est plus nuancée qu’on pourrait le croire.

Il mesure la portée. Mais ce n’est pas le critère principal. Ce qui compte vraiment pour lui, c’est l’engagement – les likes, les commentaires, les partages. Pas parce que c’est flatteur pour l’ego, mais parce que c’est ce signal-là que l’algorithme LinkedIn lit en priorité.

« À partir du moment où je me dis au moment du croquis de la réalisation d’une infographie que ça peut potentiellement marcher, je pense que le mieux c’est de viser l’engagement. Si ça génère de l’intérêt, si ça génère de la conversation, des partages… là on peut dire que le contenu a réussi à percer l’algorithme du réseau. »

C’est exactement le problème que la plupart des créateurs de contenu LinkedIn ignorent.

La portée sans engagement, c’est du vent. Tu peux avoir 50 000 impressions sur un post et zéro nouveau contact qualifié. L’engagement, lui, crée un effet boule de neige : LinkedIn comprend que ton contenu intéresse, il le pousse à des audiences adjacentes, et là tu touches des gens qui ne te suivaient pas encore. C’est là que le personal branding linkedin fait vraiment son travail.

Ce que LinkedIn récompense, c’est la conversation. Pas la publication. Et c’est une distinction que beaucoup ratent encore aujourd’hui. Si tu veux creuser la dimension commerciale de cette dynamique, le social selling B2B sur LinkedIn explore exactement ce mécanisme sous un angle différent.

La vraie difficulté : oser, pas optimiser

Voilà un truc que personne ne dit vraiment dans les guides LinkedIn. Le premier obstacle n’est pas technique. C’est psychologique.

Munir le formule clairement : il faut oser publier sans savoir si ça va plaire. Sans savoir si un recruteur ou un directeur va tomber dessus et mal le percevoir. Cette peur est réelle – et elle paralyse beaucoup de professionnels qui auraient des choses pertinentes à partager.

Sa réponse est directe. Quelque chose qui plaît à certains recruteurs ne plaira pas à d’autres. Et c’est exactement l’objectif. Le personal branding linkedin, ce n’est pas plaire à tout le monde. C’est être clairement identifiable par ceux à qui tu veux parler.

La patience, aussi. Munir insiste là-dessus. Il publie depuis octobre 2017. La croissance n’a pas été verticale dès le premier mois. C’est une accumulation de signaux positifs, une communauté qui se construit visuels après visuels, un algorithme qui finit par comprendre à quelle audience ton contenu appartient.

(Et c’est souvent là que ça coince : les gens abandonnent après 6 semaines en disant que LinkedIn ne fonctionne pas pour eux. Alors qu’ils n’ont même pas commencé à construire quelque chose.)

Pour aller plus loin sur la façon de valoriser son profil par le contenu, Antoine Chauffrut de France Digitale avait exploré cette question avec une finesse que je recommande.

Le paradoxe de la marque personnelle : quand Munir Digital efface Munir Mostafa

Il y a une tension dans ce que raconte Munir que l’épisode effleure sans vraiment la creuser. Et je pense qu’elle mérite qu’on s’y arrête.

Construire une marque personnelle aussi forte que « Munir Digital » – au point que ton prénom soit associé quasi automatiquement à un secteur et un format – c’est une victoire. Mais c’est aussi une contrainte. Tu deviens ta marque. Et ta marque te précède partout.

Laurent le dit en souriant dans le podcast : il a eu du mal à retrouver le vrai nom de famille de Munir quand il a voulu le contacter. Ça paraît anecdotique. Ça ne l’est pas. Ça signifie que l’identité professionnelle a pris le dessus sur l’identité individuelle – ce qui peut être puissant pour scaler une activité de consultant ou de coach, mais qui demande réflexion si tu veux un jour évoluer vers autre chose.

Munir en est conscient, d’ailleurs. Il évoque la nécessité de « poser des conditions » sur l’utilisation de ses infographies, de préserver ses droits, de penser au retour sur investissement. Ce n’est pas de la cupidité – c’est de la lucidité sur ce que représente une marque qui tourne.

La question que je me pose : est-ce que « Munir Digital » peut devenir une agence ? Une plateforme ? Ou est-ce que la marque est trop liée à la personne pour s’en détacher ? Cette question-là, le podcast ne la pose pas. Mais elle se posera.

Sur la construction d’une identité de marque solide, Jérémy Froideval de Deezer avait des choses intéressantes à dire sur le tone of voice et la cohérence de marque dans le temps.

personal branding linkedin : ce que Munir a compris que les autres ratent

Trois choses. Pas dix. Pas un framework en 7 étapes.

Un : publier son propre contenu plutôt que relayer celui des autres. Pas parce que le curation est mauvaise en soi, mais parce qu’elle ne construit pas de capital de marque. Elle construit de la visibilité pour quelqu’un d’autre.

Deux : choisir un format qu’on peut tenir dans le temps avec une qualité constante. Munir a choisi l’infographie parce qu’il avait les compétences visuelles pour le faire bien. Quelqu’un d’autre choisira la vidéo courte, le texte long, l’audio. Peu importe – ce qui compte, c’est la régularité et la cohérence du format.

Trois – et c’est le plus difficile à accepter – avoir quelque chose à dire qui vient d’une vraie expérience, pas d’une veille. L’infographie sur le community manager a percé parce qu’elle parlait d’une tension réelle que Munir avait vécue dans son entreprise. Pas parce qu’elle était joliment designée.

C’est ce que j’appellerais le problème de la plupart des stratégies de personal branding linkedin aujourd’hui : elles partent du format et cherchent ensuite le contenu. Munir a fait l’inverse. Et ça change tout.

Pour aller plus loin sur la stratégie de contenu qui génère des leads réels sur LinkedIn, cette analyse en 5 étapes pose les bases de façon très concrète.

Munir évoque en fin d’épisode l’idée de coacher d’autres entrepreneurs sur leur personal branding linkedin. « Si moi j’ai réussi, pourquoi pas eux. » C’est une belle formule. Mais la vraie question, c’est : est-ce que sa méthode est enseignable, ou est-ce qu’elle dépend d’une personnalité particulière et d’un timing de marché qui ne se reproduira pas à l’identique ? Je parie que oui – mais avec des résultats très variables selon les profils.

Questions fréquentes

Comment faire du personal branding linkedin quand on est étudiant ou débutant ? +
C'est précisément ce que montre l'exemple de Munir Digital : partir d'une compétence réelle, même modeste, et la rendre visible via un format cohérent. Il a commencé en master 2, sans audience, sans réseau établi. Son premier levier a été de publier du contenu original - des infographies sur les métiers du digital - plutôt que de simplement relayer des articles existants. La clé : avoir quelque chose à dire qui vient d'une expérience concrète, pas d'une veille générale.
Quelle fréquence de publication pour construire sa marque sur LinkedIn ? +
Munir a publié de façon régulière depuis octobre 2017, accumulant 300 à 400 infographies sur environ deux ans. Ce qui compte, ce n'est pas un rythme quotidien forcé, mais une régularité tenable sur le long terme. L'algorithme LinkedIn récompense la constance et l'engagement généré, pas le volume brut.
Le personal branding linkedin fonctionne-t-il vraiment pour les freelances ? +
Munir en est la preuve : il s'est lancé en autoentrepreneur consultant marketing digital directement grâce à la visibilité construite sur LinkedIn. Sans ce travail de marque personnelle, il aurait été un freelance parmi des centaines de milliers d'autres. Sa différenciation visuelle et thématique lui a apporté des clients, des opportunités de coaching, et une reconnaissance dans les business schools françaises.
Quels outils utiliser pour créer du contenu pour son personal branding linkedin ? +
Munir cite Canva (Bienva dans la transcription) et Animoto pour les visuels et vidéos. Il recommande aussi un site web à son nom, sur WordPress ou équivalent, pour centraliser son identité en dehors des plateformes. Mais l'outil est secondaire : ce qui différencie un contenu qui percé de celui qui est ignoré, c'est le point de vue, pas le design.
Comment l'algorithme LinkedIn fonctionne pour le personal branding linkedin ? +
LinkedIn pousse en priorité les contenus qui génèrent de l'interaction - likes, commentaires, partages. La portée seule ne suffit pas. Un post vu 50 000 fois sans engagement sera moins bien traité par l'algorithme qu'un post vu 5 000 fois avec 200 commentaires. Munir mesure les deux métriques, mais c'est l'engagement qui guide ses décisions éditoriales.
Combien de temps faut-il pour voir des résultats avec une stratégie de personal branding linkedin ? +
Munir insiste sur la patience. Il publie depuis octobre 2017 et les premiers vrais décollements sont venus plusieurs mois après le début. Il n'y a pas de raccourci. La croissance sur LinkedIn est cumulative : chaque publication bien engagée renforce la précédente, et l'algorithme finit par associer ton profil à une expertise spécifique. Compter au minimum 6 à 12 mois avant d'avoir une communauté qui réagit de façon prévisible.

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