facebook ads e-commerce

#42 – Lancer et développer une marque d’oreiller grâce à la publicité Facebook

Épisode diffusé le 10 novembre 2020 par J7 Académie

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Le facebook ads e-commerce, c’est le genre de sujet où tout le monde a un avis, mais peu de gens ont vraiment des chiffres à montrer. Thomas Hervet, lui, en a. Fondateur de Wopilo – une DNVB d’oreillers Made in France lancée en 2017 – il a construit toute son acquisition payante sur Facebook et Instagram, de la toute première campagne de collecte d’emails avant le Kickstarter jusqu’à aujourd’hui, où la marque tourne à plus de 10 000 € par mois en budget pub. Ce qui est intéressant dans son cas, c’est pas le montant. C’est le chemin.

Joseph Dono, consultant spécialisé en Facebook Ads chez Néomédia et animateur du podcast No Payne No Play, l’a reçu pour un épisode qui dure quarante minutes et qui donne plus d’informations concrètes que la plupart des formations payantes que j’ai vues passer. Je vais pas résumer. Je vais décortiquer.

Kickstarter + Facebook : le combo que personne n’explique vraiment

Avant même d’avoir un site e-commerce, Wopilo faisait du facebook ads e-commerce. Enfin, pas tout à fait – à l’époque, Thomas n’avait qu’une landing page et un objectif simple : récupérer des emails de prospects avant le lancement Kickstarter.

Le mécanisme est classique, mais l’exécution était propre. Les campagnes Facebook renvoyaient vers un formulaire. Les gens laissaient leur adresse pour être prévenus au lancement, avec la promesse d’un tarif early bird. Résultat : 3 000 prospects à 70 centimes l’unité.

« On avait une moyenne à 70 centimes le prospect, ce qui était très très bien puisqu’en fait on a converti à 10 %. Donc ça faisait 7 € le coût d’acquisition. »

7 euros le client. En 2017. Sur une DNVB qui venait de nulle part. Je comprends que Thomas ait eu un moment de nostalgie en le disant.

Ces 3 000 adresses ont permis de démarrer la campagne Kickstarter sur les chapeaux de roues. Et c’est là où le mécanisme devient intéressant : une campagne Kickstarter qui décolle vite attire la presse, génère de l’effet boule de neige, crée de la crédibilité. Sans ce premier élan – payé via Facebook – rien de tout ça n’existait. Wopilo a vendu 1 700 oreillers en 30 jours.

À mi-campagne, Thomas a activé une agence américaine spécialisée dans le crowdfunding (qui facturait 25 % du montant collecté, ce qui est effectivement délirant). Leur atout principal : des audiences lookalike construites sur les données de campagnes Kickstarter précédentes. Des données qu’ils avaient accumulées sur des dizaines de projets. C’était 2017, le RGPD n’existait pas encore. Aujourd’hui, ce genre de pratique serait beaucoup plus compliqué à justifier.

Le robinet à chiffre d’affaires – et pourquoi on ne peut pas juste l’ouvrir en grand

Fin novembre 2017, le site e-commerce Wopilo ouvre. Quelques semaines de trafic organique, quelques emails, et puis rien de transcendant. Début 2018, une levée de fonds arrive. Et là, Thomas active les campagnes Facebook Ads à proprement parler.

« C’est immédiat en fait, l’impact a été immédiat et on a multiplié le chiffre d’affaires par 6 si mes souvenirs sont bons entre janvier et février, tout simplement parce qu’on avait lancé l’acquisition payante. »

Fois 6. En un mois. C’est exactement ce que les vendeurs de formations Facebook Ads utilisent dans leurs tunnels. Sauf que là, c’est réel – et Thomas est le premier à expliquer pourquoi on ne peut pas juste continuer à appuyer sur le bouton.

Le problème du scaling brutal en facebook ads e-commerce, c’est que l’algorithme ne distribue pas les budgets de façon linéaire. Quand tu augmentes ton budget, Facebook ne te trouve pas mécaniquement deux fois plus de clients potentiels. Il va chercher des gens de plus en plus difficiles à convertir, dans des audiences de plus en plus périphériques. Le CPA grimpe. La marge fond.

Thomas le dit clairement : quand ils augmentent le budget de X, le CPA fait un multiple de X. Parfois 50 %, parfois 100 %. À un moment, la rentabilité devient fragile. Et c’est précisément à ce moment-là qu’il faut investir sur d’autres canaux – la télé, l’affichage, l’influence – pour nourrir la notoriété sans que chaque euro dépensé en acquisition soit sous tension permanente. (C’est souvent là que les e-commerçants bloquent, parce qu’ils n’ont pas de budget pour les canaux non-tracés.)

Ce sujet du scaling et de la saturation des audiences est directement lié à comment fonctionne le système d’enchères Facebook – si vous n’avez jamais regardé sous le capot, c’est le moment.

La structure de campagnes facebook ads e-commerce de Wopilo – simple, pas simpliste

Trois ans de tests. Voilà ce que ça donne comme architecture de compte.

Côté acquisition, trois campagnes : une brand awareness (5 % du budget, sponsorisation de posts organiques performants), une campagne de conversion sur l’oreiller, une campagne de conversion sur le linge de lit. Côté retargeting, deux campagnes : une DPA sur le catalogue produit, une campagne de retargeting plus classique en objectif conversion.

50/50 entre acquisition et retargeting, en gros. C’est un équilibre que peu de marques maintiennent – beaucoup sur-investissent sur le retargeting parce que les CPA sont meilleurs, et sous-alimentent l’acquisition qui est pourtant ce qui fait vivre le retargeting.

« Naturellement, on a des CPA qui sont plus faibles sur toute la partie retargeting, mais elle n’existerait pas sans la campagne acquisition et sans la campagne de haut funnel. »

Voilà. Dit en une phrase. C’est le truc que certains annonceurs mettent deux ans à comprendre.

Sur le ciblage en acquisition, Wopilo utilise deux types d’audiences : des lookalike basées sur le pixel (visiteurs, ajouts panier, acheteurs par produit), et des audiences par intention d’achat (sommeil, orthopédique, linge de lit). Les deux fonctionnent, avec des CPA proches. Les audiences sans ciblage – le broad targeting pur – ils ont testé. Ça n’a pas marché. Pas pour eux. Ce qui est une nuance importante : le broad peut fonctionner sur des budgets élevés avec beaucoup de signal pixel. À 10 000 € par mois, c’est peut-être pas encore la bonne échelle pour laisser l’algorithme complètement libre.

Pour aller plus loin sur les bonnes pratiques de ciblage, l’épisode dédié aux 5 bonnes pratiques de ciblage Facebook Ads est une lecture complémentaire utile.

Le pixel mal installé – la bombe à retardement que tout le monde ignore

C’est le passage de l’épisode qui m’a le plus frappé. Pas parce qu’il dit quelque chose de révolutionnaire. Parce qu’il décrit une situation que je vois partout.

Thomas raconte qu’au début, le pixel Wopilo n’était pas parfaitement configuré. Des données qui remontaient mal, des événements incomplets. Quand ils ont changé d’agence et tout remis à plat, l’impact sur les performances a été immédiat. Et Joseph Dono confirme avec un exemple concret d’audit récent :

« Sur l’événement d’achat qui est quand même le plus important, ils ne faisaient remonter aucune info à part l’achat. Donc on savait qu’il y avait X achats mais on savait pas quel était le chiffre d’affaires généré, sur quel produit c’était. Donc derrière, tu connais déjà aucune rentabilité d’aucune campagne et tu sais pas qu’est-ce que les gens achètent. »

C’est exactement le problème. Sans les paramètres associés à chaque événement – valeur de la commande, ID produit, catégorie – tu pilotes à l’aveugle. Tu sais que des achats ont eu lieu. Tu ne sais pas si la campagne oreiller vend des oreillers ou du linge de lit. Tu ne peux pas créer de lookalike acheteurs d’un produit spécifique. Tu ne peux pas exclure les acheteurs d’une catégorie pour leur proposer l’autre.

Wopilo est sur Shopify, et Thomas mentionne que des applications tierces simplifient maintenant ce tracking. Il y a aussi l’API Conversions de Facebook, qui intègre directement avec Shopify et fait remonter les signaux côté serveur – indépendamment du pixel. Un sujet crucial, surtout depuis les restrictions iOS. L’épisode dédié à comment se préparer aux changements de tracking des conversions traite exactement de ça.

Et pour ceux qui veulent comprendre les bases du pixel avant tout – l’épisode 12 du podcast y est entièrement consacré, du pourquoi au comment installer. Ne pas l’avoir lu avant de lancer des campagnes, c’est construire sur du sable.

Retargeting segmenté et contenu influenceur : comment Wopilo personnalise ses pubs

Le retargeting de Wopilo ne se résume pas à « tu as visité une page produit, voici la même pub ». C’est un système à plusieurs couches.

D’abord, la segmentation comportementale classique : visiteurs simples, ajouts panier sans achat, visiteurs ayant passé le plus de temps sur le site (jugés plus proches de la conversion). Ensuite, la segmentation par produit : les acheteurs d’oreillers sont retargetés pour le linge de lit, et vice versa. Klaviyo – leur CRM, intégré à Shopify et directement connecté à Facebook – alimente les audiences avec les données newsletter. Ce qui permet des exclusions fines : pas de pub pour quelqu’un qui vient de recevoir un email promotionnel sur le même produit.

Sur Instagram spécifiquement, ils utilisent les contenus d’influenceurs. Pas des contenus fabriqués pour ressembler à de l’UGC – les vrais posts des micro-influenceurs avec lesquels Wopilo travaille, réutilisés en publicité payante avec leur accord (80-90 % acceptent, gratuitement, dans le cadre d’une relation transparente). La logique est bonne : si quelqu’un a découvert la marque via un influenceur sur Instagram, lui montrer une pub avec ce même type de contenu crée une continuité. C’est moins agressif qu’une bannière produit sortie de nulle part.

La partie créa suit un process partagé entre l’équipe interne Wopilo et l’agence. L’équipe propose des textes, des visuels, des axes. L’agence adapte, teste différentes versions, analyse. Le ton Wopilo est reconnaissable : avis clients, bullet points, emojis, arguments produit directs, éléments de réassurance. Ce n’est pas la créa la plus sophistiquée du marché – mais elle est cohérente, et la cohérence sur Facebook vaut parfois plus que la créativité. Pour aller plus loin sur l’écriture des pubs qui convertissent, l’épisode sur le copywriting Facebook Ads est probablement le plus actionnable du catalogue.

Ce que ce cas apprend vraiment sur le facebook ads e-commerce à l’échelle d’une PME

Trois ans de facebook ads e-commerce pour une DNVB comme Wopilo, c’est une trajectoire rare à pouvoir observer aussi précisément. La plupart des fondateurs ne parlent pas de leurs budgets, de leurs CPA, de leurs erreurs de pixel.

Ce que j’en retiens – enfin, ce que j’aurais voulu qu’on me dise il y a quelques années – c’est que le facebook ads e-commerce n’est pas un canal isolé. C’est un système. L’acquisition nourrit le retargeting. Le retargeting ne vit pas sans acquisition. La brand awareness à 5 % du budget prépare le terrain pour que les campagnes de conversion trouvent des gens qui reconnaissent la marque.

Et à un moment, ce système atteint son propre plafond. Pas parce qu’il est mauvais. Parce que l’algorithme a épuisé les audiences les plus réceptives dans la tranche de budget investie. À ce stade, la seule sortie c’est soit d’augmenter la notoriété via d’autres canaux (télé, presse, influence à plus grande échelle), soit d’accepter un CPA plus élevé et de vérifier que la LTV client l’absorbe.

Wopilo a choisi la première option. Un passage à la télé pendant le confinement leur a permis de scaler les campagnes Facebook sans toucher au CPA – parce que les gens arrivaient déjà avec une familiarité avec la marque.

C’est un modèle que d’autres DNVBs ont suivi, notamment dans l’épisode sur comment une autre DNVB a construit face à un géant – avec des contraintes différentes, mais la même tension entre acquisition payante et construction de marque.

Une limite que j’assume complètement : tout ce qui est dit dans cet épisode date de novembre 2020. Avant iOS 14.5, avant les restrictions de tracking qui ont bouleversé la façon dont le pixel remonte les données. Les audiences lookalike sont aujourd’hui moins précises, les fenêtres d’attribution ont changé, les CPA ont globalement augmenté dans beaucoup de secteurs. La logique structurelle reste valide – full funnel, segmentation retargeting, qualité du pixel. Les chiffres, eux, ne sont plus reproductibles à l’identique.

Mais bon. 70 centimes le prospect avec 10 % de conversion, c’était déjà une époque révolue en 2020. Thomas lui-même le disait avec un sourire dans la voix.

Questions fréquentes

Quel budget minimum pour lancer des facebook ads e-commerce efficaces ? +
Il n'y a pas de chiffre universel, mais Wopilo a commencé à voir des résultats significatifs dès que les budgets d'acquisition payante ont été activés après leur levée de fonds début 2018. Thomas Hervet indique qu'ils tournent aujourd'hui à 10 000-12 000 € par mois, avec une répartition 50/50 entre acquisition et retargeting. En dessous de 1 500-2 000 € par mois, il est difficile d'alimenter correctement le pixel et de générer assez de signal pour que les audiences lookalike soient pertinentes.
Comment structurer ses campagnes facebook ads e-commerce quand on est une petite marque ? +
La structure de Wopilo est un bon modèle : une campagne de brand awareness à faible budget (5 % du total), une ou plusieurs campagnes de conversion par verticale produit, et deux campagnes de retargeting (une DPA catalogue, une retargeting classique). L'erreur fréquente est de sur-investir sur le retargeting parce que les CPA y sont meilleurs - mais sans acquisition, le retargeting s'épuise rapidement.
Lookalike ou ciblage par centres d'intérêt : qu'est-ce qui fonctionne le mieux en facebook ads e-commerce ? +
Chez Wopilo, les deux fonctionnent avec des CPA proches. Les lookalike basées sur le pixel (acheteurs, ajouts panier, visiteurs produit) semblent légèrement plus performantes selon Thomas Hervet. Les audiences par intention d'achat permettent de toucher un public plus large. Le broad targeting sans ciblage n'a pas fonctionné pour eux - probablement une question de volume de signal pixel insuffisant à leur échelle.
Comment utiliser les contenus d'influenceurs dans ses publicités Facebook et Instagram ? +
Wopilo travaille principalement avec des nano et micro-influenceurs, auxquels ils demandent l'autorisation de réutiliser leurs contenus en publicité payante. 80 à 90 % acceptent, sans surcoût. Ces contenus sont utilisés en retargeting sur Instagram pour créer une continuité avec la façon dont les utilisateurs ont découvert la marque. C'est une approche plus naturelle qu'une bannière produit classique.
Pourquoi ne pas simplement multiplier le budget facebook ads e-commerce quand les campagnes sont rentables ? +
Parce que la relation budget/résultats n'est pas linéaire. Quand on double le budget, le CPA ne reste pas stable - il augmente, parfois de 50 à 200 %. Facebook a épuisé les audiences les plus réceptives et va chercher des profils de moins en moins qualifiés. La solution de Wopilo : investir en parallèle sur des canaux de notoriété (télé, presse) pour élargir la base d'audiences réceptives avant de pousser davantage en acquisition payante.
Quelle importance a le pixel Facebook pour une boutique Shopify en facebook ads e-commerce ? +
Critique. Un pixel mal configuré - qui remonte les achats sans les paramètres associés (valeur de commande, ID produit) - rend impossible le calcul de rentabilité réelle par campagne, la création de lookalike par produit, et le retargeting cross-sell. Wopilo a mis du temps à corriger ce problème et a constaté un impact direct sur les performances une fois le tracking remis à plat. Pour les boutiques Shopify, l'API Conversions de Facebook intègre nativement et complète le pixel côté serveur.

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