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Facebook Ads en 2022 : À quoi faut-il s’attendre ? 5 prédictions

Épisode diffusé le 14 janvier 2022 par

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Ce que personne ne voulait vraiment entendre sur Facebook Ads 2022, c’est que la récréation est officiellement terminée. Danilo Duchesnes – consultant et fondateur de DHS Digital, qui gère des comptes clients depuis des années – l’a dit sans détour dans un épisode du Rendez-vous Marketing publié en janvier 2022 : les annonceurs qui continuent à piloter leurs campagnes comme en 2019 vont se retrouver dans le mur. Pas progressivement. Brutalement.

iOS 14 a déjà emporté un tiers des données sur la plupart des comptes. Les cookies tiers disparaissent d’ici fin 2022, début 2023. Et l’algorithme de Facebook – celui qui faisait des miracles avec les lookalikes – tourne désormais à moitié à vide. Le diagnostic est posé. La question, c’est ce qu’on en fait.

La data qui disparaît, et ce que ça change vraiment pour facebook ads 2022

Commençons par le plus douloureux. Depuis iOS 14, les annonceurs ont perdu massivement des signaux. Pas quelques milliers. Des milliards d’événements – achats, ajouts au panier, visites de pages – qui remontaient proprement dans le Business Manager et qui, depuis, se sont évaporés.

Danilo pose le chiffre clairement :

« La plupart des annonceurs ont perdu pratiquement un tiers de leurs données. J’estime à plus ou moins 1/3 mais pour d’autres c’est plus pour d’autres c’est moins. »

Un tiers. C’est énorme. Et ça n’est pas près de se rattraper.

Le Pixel Facebook, dans ce contexte, ressemble à un outil en fin de vie. Son fonctionnement repose sur les cookies tiers – exactement ce qui est en train de disparaître des navigateurs, sous la pression des régulateurs européens et d’Apple. Facebook a bien fait de la modélisation pour compenser, mais Danilo est honnête là-dessus : la modélisation ne rattrape pas ce qui a été perdu en 2021.

La solution concrète, c’est l’API de conversion. Elle envoie la donnée de votre serveur directement vers le Business Manager – sans passer par le navigateur, sans dépendre des cookies. Quasiment tous les clients de DHS l’ont installée, et ça fonctionne. Mais le hic, c’est que beaucoup d’annonceurs ne l’ont pas encore fait.

Sur Shopify, c’est devenu quasi automatique – tu passes le réglage sur ‘maximum’ dans les paramètres du Pixel et c’est plié. Sur WordPress/WooCommerce, ça se gère avec des intégrations dédiées. Sur PrestaShop, c’est un peu plus artisanal mais des modules existent. Et pour ceux qui vivent dans Google Tag Manager, bonne nouvelle : ça s’installe aussi par là.

(Ce qui m’a toujours étonné dans ce genre de migration technique, c’est combien d’annonceurs attendent d’être vraiment dans le mur pour agir. L’API de conversion existait depuis 2020. En 2022, il y a encore des comptes qui tournent uniquement au Pixel.)

Si vous voulez comprendre comment on en est arrivé là, l’épisode précédent de Danilo sur les changements majeurs Facebook Ads en 2021 donne le contexte complet – les sept transformations qui ont redessiné le terrain de jeu.

Les lookalikes ne sont plus ce qu’ils étaient – et c’est un problème

Pendant des années, les audiences similaires ont été la botte secrète de tout annonceur Facebook un peu sérieux. Tu donnes à l’algorithme une liste de tes meilleurs acheteurs des 60 derniers jours, il te construit une audience de personnes qui leur ressemblent. Magique. Presque trop simple.

Sur les comptes gérés par DHS, les lookalikes étaient souvent les audiences les plus performantes. Plus de la moitié des comptes.

Aujourd’hui, cette mécanique est abîmée. Pas cassée – abîmée. Parce que l’algorithme qui construit ces audiences similaires a besoin de signaux pour fonctionner. Des achats, des comportements, des visites. Et comme ces signaux disparaissent avec iOS 14 et le blocage des cookies, le lookalike qu’il génère est moins précis, moins ciblé, moins efficace.

« Les signaux c’est quoi ? Ce sont les achats, les ajouts au panier, les personnes qui visitent votre site. Toutes ces choses là qui permettent à Facebook de comprendre un peu bah pour chaque personne quels sont ses intérêts, quels sont ses comportements. »

C’est exactement le problème. Moins de carburant dans le moteur, moins de puissance à la sortie.

Danilo donne plusieurs pistes pour contourner ça. D’abord, changer les sources de lookalike : plutôt que de se baser uniquement sur les achats récents, tester des audiences construites sur les interactions avec la page Facebook, le compte Instagram, ou les Instant Experiences. Ces sources-là n’ont pas été touchées par iOS 14 de la même façon.

Ensuite – et c’est contre-intuitif – élargir la fenêtre temporelle. Si tu prenais tes acheteurs des 30 derniers jours comme source, passe à 180 jours. Plus de volume dans la source, meilleure qualité du lookalike généré.

Et puis il y a le ciblage large. G7 Media a testé le ciblage large contre des lookalikes classiques, et dans une grande partie des cas, les performances étaient comparables. Ça peut sembler régressif de revenir au ciblage large en 2022. Mais quand l’algorithme manque de données précises, lui donner plus de liberté pour optimiser, ça a du sens. Le ciblage Facebook post-iOS 14 mérite vraiment qu’on y revienne avec un regard neuf.

Reste que personne ne sait si les lookalikes vont se redresser. Danilo lui-même dit ‘peut-être que ça s’améliorera au cours du temps, mais je suis pas sûr’. C’est rare d’entendre quelqu’un dire ‘je sais pas’ dans ce métier.

Les campagnes in app : facebook ads 2022 se joue de plus en plus à l’intérieur de la plateforme

Moins de données qui remontent depuis les sites. Pixel affaibli. Lookalikes moins précis. La logique qui s’impose, c’est de rester dans l’écosystème Facebook autant que possible – et de faire en sorte que les conversions et les interactions se produisent sans que l’utilisateur ne quitte la plateforme.

Trois formats méritent d’être regardés de près dans cette optique.

Les campagnes de vues de vidéo, d’abord. Elles coûtent peu – les CPM sont faibles parce que peu d’annonceurs les utilisent vraiment – et elles permettent de construire des audiences de reciblage solides. Tu diffuses une vidéo de marque, tu récupères les personnes qui l’ont regardée jusqu’au bout, et tu les recibles ensuite. Tout se passe dans Facebook. Aucun cookie nécessaire.

Les campagnes de génération de prospects, ensuite. Beaucoup d’annonceurs les boudent parce que les leads générés via les formulaires intégrés sont réputés moins qualifiés. C’est souvent vrai – Facebook pré-remplit les champs nom, prénom, email, et l’utilisateur clique sans vraiment réfléchir, puis oublie qu’il a rempli le formulaire. Mais Danilo a raison sur un point : si tu ajoutes des champs qualifiants dans le formulaire, tu filtres naturellement. Le problème vient souvent de formulaires trop courts, pas du format en lui-même.

« Évitez de d’avoir des formulaires avec juste le nom, le prénom et l’adresse email parce que ces champs sont la plupart du temps auto rempli par Facebook, ce qui fait que forcément vos prospects c’est très simple pour eux de vous contacter et de remplir un formulaire si bien qu’ils finissent par oublier qu’ils l’ont rempli. »

Dit comme ça, c’est évident. Mais combien de formulaires de génération de leads j’ai vus avec trois champs préremplis et zéro friction ?..

Les Instant Experiences, enfin. C’est un format que j’aime bien sur le papier – une landing page entière à l’intérieur de Facebook, avec des liens, des images, de la vidéo. L’utilisateur interagit sans jamais quitter l’app. Et chaque interaction crée une audience reciblable. En 2022, la possibilité d’acheter directement dans ces expériences n’est pas encore confirmée, mais si Meta pousse le commerce social dans cette direction, ça va changer pas mal de choses pour les e-commerçants.

Pour les annonceurs e-commerce qui veulent aller plus loin sur la structure de leurs campagnes, les 5 types de campagnes Facebook pour l’e-commerce donnent un cadre utile à combiner avec ces formats in app.

La créa : les barrières tombent, mais le discours reste le vrai défi

Bonne nouvelle dans ce paysage globalement morose : produire des visuels de qualité correcte pour ses campagnes devient de moins en moins une question de budget ou de compétence technique.

Canva, tout le monde connaît. Mais Danilo cite aussi PlayPlay, Promo.com, Mojo – des outils qui permettent de monter des vidéos avec des templates, des musiques libres de droit, sans toucher à Premiere Pro. Et Facebook (pardon, Meta) a racheté Boosted, une app de Light Trix très utilisée aux États-Unis pour créer du contenu Instagram de qualité professionnelle, qu’ils vont intégrer à la Business Suite. Clairement, l’écosystème pousse dans ce sens.

Mais voilà où Danilo coupe court à l’enthousiasme :

« Bien sûr tout le discours marketing derrière ça il va falloir le gérer, il va falloir que vous l’appreniez mais le fait de produire la vidéo, le format ou mettre du texte sur des images, c’est de plus en plus simple de le faire. »

C’est là que beaucoup ratent. La barrière technique s’abaisse, oui. Mais ça ne règle pas la question du message. Une vidéo bien montée avec un angle creux, ça reste une vidéo qui ne convertit pas. Et c’est souvent la que ça coince – pas dans le rendu visuel, dans ce qu’on dit et à qui on le dit.

Ce qu’il faut retenir – enfin, ce que j’aurais voulu qu’on me dise il y a quelques années – c’est que la créa, c’est 80% de stratégie de message et 20% d’exécution visuelle. Les outils ne font que rendre le 20% plus accessible. Si vous voulez creuser la question de la production créative à grande échelle, l’épisode avec Maxence Godard de Horace sur comment produire des créas Facebook Ads en quantité et en qualité est une bonne piste.

Ne pas dépendre uniquement de facebook ads 2022 : la leçon que iOS 14 a forcé tout le monde à apprendre

Cinquième prédiction, et sans doute la plus structurante. Les clients de DHS qui ont le mieux résisté aux secousses de 2021 – iOS 14, RGPD, flambée des CPM – ne sont pas forcément ceux qui avaient les meilleures campagnes Facebook. Ce sont ceux qui avaient une marque forte.

Une marque avec une communauté active. Des abonnés email qui ouvrent et qui cliquent. Des followers qui commentent, qui partagent, qui attendent les nouvelles collections. Ces gens-là, tu n’as pas besoin d’un Pixel Facebook pour les atteindre. Et quand l’algorithme déraille ou que les CPM explosent, tu as un filet de sécurité.

Et puis il y a la question du multicanal. Rester uniquement sur Facebook Ads en 2022, c’est un pari risqué. Danilo le dit sans ambiguïté : Snapchat coûte moins cher. Pinterest aussi – significativement moins cher en acquisition que Facebook, notamment pour les secteurs déco et mode. TikTok, c’est jeune mais l’audience est là. Google Ads reste incontournable pour les intentions d’achat explicites – le guide Google Ads et Facebook Ads pour l’e-commerce avec Rémy Bendayan de Datashake donne un bon aperçu de comment les deux canaux se complètent.

Ce qui m’agace dans les discours sur le multicanal, c’est qu’on présente ça comme une stratégie avancée réservée aux grandes structures. En réalité, tester Pinterest ou Snapchat avec un budget limité, c’est à la portée d’un annonceur moyen. L’interface Pinterest ressemble d’ailleurs beaucoup à Facebook Ads – la courbe d’apprentissage est courte.

La vraie question, c’est : est-ce que votre audience est sur ces plateformes ? Si vous vendez de la déco ou de la mode, Pinterest n’est pas une option exotique. C’est un canal à part entière, avec des CPM moins élevés et une intention d’achat souvent plus forte qu’on ne le croit. Pour calibrer les budgets sur ces nouveaux canaux, la méthode en 3 phases pour calculer votre budget publicité Facebook peut aussi servir de base de réflexion avant de répartir les investissements.

Bref. Facebook Ads 2022, c’est un écosystème en reconstruction. Les fondations bougent, les outils évoluent, et les annonceurs qui vont s’en sortir sont ceux qui arrêtent de chercher la formule magique d’avant – et qui s’adaptent à ce qui existe maintenant. Mais bon, dire ça en janvier 2022, c’est facile. La vraie question, c’est dans combien de temps les plateformes alternatives vont elles-mêmes connaître leurs propres iOS 14.

Questions fréquentes

Qu'est-ce qui change vraiment pour Facebook Ads en 2022 ? +
Trois choses majeures : la disparition progressive des cookies tiers qui fragilise le Pixel Facebook, l'affaiblissement des audiences similaires causé par la perte de signaux liée à iOS 14, et la montée en puissance des campagnes in app comme alternative aux conversions classiques. Les annonceurs doivent s'adapter à une réalité où moins de données remontent dans le Business Manager.
Comment installer l'API de conversion Facebook en 2022 ? +
Sur Shopify, il suffit de passer le réglage du Pixel sur 'maximum' dans les paramètres - c'est la méthode la plus simple. Sur WooCommerce, des plugins dédiés existent. Sur PrestaShop, des modules tiers font le travail. Il est aussi possible de passer par Google Tag Manager. L'API de conversion envoie la donnée depuis votre serveur vers le Business Manager, sans dépendre des cookies ni du navigateur.
Les lookalikes Facebook fonctionnent-ils encore en 2022 ? +
Oui, mais moins bien qu'avant. iOS 14 a fait perdre à beaucoup d'annonceurs environ un tiers de leurs signaux - achats, ajouts au panier, visites de pages. L'algorithme qui construit les audiences similaires tourne donc avec moins de carburant. Pour compenser : élargir la fenêtre temporelle de la source (passer à 180 jours), tester des sources alternatives comme les interactions Instagram ou Facebook, et ne pas négliger le ciblage large qui peut parfois faire jeu égal avec les lookalikes.
Faut-il vraiment diversifier ses canaux publicitaires en dehors de Facebook Ads 2022 ? +
Oui, clairement. Dépendre d'un seul canal d'acquisition est risqué - iOS 14 en a fait la démonstration brutale. Pinterest coûte moins cher que Facebook en acquisition, notamment pour les secteurs déco et mode. Snapchat aussi. TikTok grandit vite. L'idée n'est pas d'abandonner Facebook Ads, mais de ne pas en faire le seul levier de croissance.
Quels outils utiliser pour créer des visuels Facebook Ads sans être designer ? +
Canva reste la référence accessible. Pour la vidéo, PlayPlay, Promo.com et Mojo proposent des templates prêts à l'emploi avec des médias libres de droit. Meta a aussi racheté Boosted (de Light Trix), une app très utilisée aux États-Unis pour créer du contenu Instagram de qualité professionnelle, qu'ils prévoient d'intégrer à la Business Suite.
Qu'est-ce qu'une campagne in app sur Facebook Ads et pourquoi c'est important en 2022 ? +
Une campagne in app, c'est une campagne où l'utilisateur n'est pas redirigé vers votre site - tout se passe dans l'écosystème Facebook ou Instagram. Campagnes de vues de vidéo, formulaires de génération de leads, Instant Experiences : ces formats contournent le problème des cookies puisqu'aucune donnée ne transite par un navigateur externe. C'est aussi souvent moins cher en CPM.

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