facebook ads stratégie

#22 – Les 3 compétences clés partagées par les meilleurs marketeurs Facebook (dites adieu au mythe de la technique sur Facebook Ads)

Épisode diffusé le 26 avril 2021 par Danilo Duchesnes

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La facebook ads stratégie a changé de visage. Pas en douceur – brutalement. Et la plupart des annonceurs n’ont pas encore compris ce qui s’est passé. Danilo Duchesnes, consultant et formateur Facebook Ads qui a accompagné des dizaines de campagnes en France, pose un constat qui dérange : les questions qu’on lui pose à 90 % du temps portent sur la technique. La phase d’apprentissage, la taille des audiences, lookalike ou intérêt. Des questions qui, selon lui, sont de plus en plus accessoires.

Ce n’est pas qu’elles soient stupides. C’est juste que les réponses ne changent plus grand-chose. L’algorithme de Facebook a pris la main – et il ne la rendra pas.

Ce que Duchesnes décrit dans cet épisode solo du Rendez-vous Marketing, c’est un glissement complet des priorités. Moins de technique, plus de stratégie, plus de création. Et trois compétences précises qui séparent les marketeurs qui performent des autres. On va détailler tout ça – avec les chiffres et les exemples concrets qu’il donne, pas avec des généralités.

Quand l’algorithme a rendu la technique presque inutile

Il y a eu un avant et un après. Avant 2019, un bon marketeur Facebook passait environ 60 % de son temps sur la technique – la structure des campagnes, le testing d’audiences, l’identification des segments qui convertissent. C’était son vrai travail. Ça demandait de l’expérience, du temps, de la rigueur.

Aujourd’hui ? Ce même travail de recherche, Facebook le fait à la place du marketeur dès qu’on lui donne une audience large et suffisamment de signaux. Trois audiences dans une campagne – un lookalike acheteurs à 2 %, une audience par intérêt fitness, et une audience broad sur critères socio-démographiques – et la campagne s’optimise quasiment seule.

« Facebook a pris le dessus. Son algorithme est devenu plus intelligent que le marketeur pour cibler une audience et faire un travail d’optimisation. »

Voilà. Difficile d’être plus clair que ça.

La répartition du temps a été inversée. On est passé de 60 % technique / 20 % stratégie / 20 % création à quelque chose de très différent : 20-30 % technique, 40 % stratégie et marketing, 40 % création de contenu. La technique a été divisée par trois. (Ce qui ne veut pas dire qu’on peut l’ignorer totalement – les bases restent nécessaires : objectifs de campagne, pixel, structure, Power Five. Mais ce n’est plus là que se joue la bataille.)

Ce que j’aurais voulu qu’on me dise plus tôt – enfin, ce que j’aurais voulu entendre quand je couvrai mes premiers dossiers sur la pub sociale – c’est que la valeur d’un bon media buyer n’a jamais vraiment été dans ses paramétrages. Elle était dans sa capacité à comprendre une audience et à construire un message. La technique n’était qu’un habillage.

facebook ads stratégie : ce que personne ne construit vraiment

Première compétence, et de loin la plus sous-estimée : la stratégie. Pas dans le sens vague du terme. Danilo Duchesnes la décompose en trois volets précis.

Les personas d’abord – qui sont ces gens, quels problèmes ils ont, quelle serait la solution idéale pour eux. Ensuite le tunnel de conversion, c’est-à-dire comment on amène quelqu’un du point A au point B à travers une série de campagnes avec des offres et des messages différents. Et enfin les offres elles-mêmes, adaptées à chaque étape du funnel – gratuites en haut (webinaire, quiz, challenge), commerciales plus bas (livraison offerte, réduction première commande).

L’exemple qu’il donne est difficile à contester. Pour une cliente dans le fitness, ils ont lancé une campagne autour d’un challenge gratuit adressé aux femmes enceintes et jeunes mamans, avec comme proposition de valeur simple : se remettre au sport en 2021. Résultat ? 2 092 prospects pour 38 centimes par prospect, sur un budget de 792 euros.

Puis dans un second temps, une série de publicités pour un programme payant – ciblant à la fois les inscrits au challenge et les personnes exposées aux pubs précédentes. 146 achats, 10 394 euros de chiffre d’affaires, un ROAS de 13,12.

« Ce serait-il passé si on n’avait pas fait tout ça auparavant et qu’on avait simplement mis en avant l’offre le jour J sans aucun préchauffage et aucune acquisition d’emails, ben je pense pas qu’on aurait eu des bons résultats. »

C’est exactement le problème. La plupart des annonceurs débarquent avec leur offre sans avoir rien préparé. Ils brûlent du budget sur des audiences froides qui ne les connaissent pas, et ils concluent que Facebook Ads ne marche pas pour eux.

Pour comprendre comment construire une stratégie Facebook Ads solide grâce à la data, l’épisode avec Simon Briquet-Loggia de Smiirl reste une lecture complémentaire utile – il entre dans le détail de l’analyse qui précède toute décision de ciblage.

Bref. La facebook ads stratégie, ce n’est pas un document PowerPoint qu’on rédige une fois. C’est ce qui détermine si le budget que tu dépenses le mois prochain va rapporter quelque chose ou pas.

L’angle d’approche : l’angle mort de la pub Facebook

Deuxième compétence : le marketing. Et dans ce volet, Duchesnes pointe quelque chose qu’on ne voit presque jamais dans les formations sur Facebook – l’angle d’approche d’une publicité.

Tout le monde parle de créa, de vidéo, de copywriting. Mais l’idée derrière la pub, l’axe à partir duquel elle est construite – ça, personne n’en parle. (Et c’est souvent là que ça coince, parce que sans axe clair, l’accroche ne sort pas.)

Trois questions permettent de définir cet angle. Quel message veux-tu faire passer sur le produit ? Quel bénéfice veux-tu mettre en avant – un seul, pas cinq ? Et quelle est la place de cette pub dans le tunnel de conversion ?

Cette dernière question change tout. Une audience froide qui ne te connaît pas va recevoir un message centré sur le problème. Une audience chaude – les gens qui ont déjà visité ton site, ajouté au panier, interagi avec tes pages – elle a des objections. Elle n’a pas besoin qu’on lui réexplique le problème. Elle a besoin d’être rassurée.

« J’en vois tellement qui n’ont pas d’angles d’approche clair et précis, ce qui veut dire que le message qui veut être véhiculé par la pub, il est un peu dilué en quelque sorte. »

Dit comme ça, ça a l’air simple. Mais regardez les pubs dans votre fil d’actualité aujourd’hui et comptez celles qui parlent de trois choses différentes en même temps. C’est la majorité.

La règle que Duchesnes pose est nette : une publicité, un angle d’approche. Pas deux bénéfices, pas deux problèmes, pas deux audiences dans ta tête quand tu écris. Une idée. C’est tout.

Pour aller plus loin sur le sujet du choix des créas et des textes publicitaires sur Facebook, il y a un épisode dédié qui revient sur les formats qui convertissent vraiment – et ce n’est pas toujours ce qu’on croit.

Créer plus, tester plus – et surtout pas comme tout le monde

Troisième compétence : la création publicitaire. Et là, le chiffre que donne Duchesnes en citant Facebook est brutal.

Les annonceurs les plus performants testent 45 contenus créatifs différents. Les annonceurs moyens en testent quatre. Le ROAS d’une campagne peut varier jusqu’à 1 100 % entre un contenu très performant et un contenu sous-performant sur la même audience. Pas 10 %. Pas 50 %. Onze fois.

Ce que ça veut dire concrètement : si tu as un budget limité et un seul visuel en production, tu ne joues pas dans la même catégorie. La création de contenu est devenue le vrai levier de différenciation – pas le ciblage, pas la structure de campagne.

Le process qu’il décrit est méthodique. On part d’un axe marketing – disons, l’axe nouveauté pour un challenge. On identifie les formats possibles : vidéo, image unique, carrousel. Pour chaque format, on crée des variantes – une vidéo facecam, une vidéo animée avec photos, plusieurs images avec texte incrusté différent. On arrive rapidement à 8-10 publicités pour une seule idée de départ.

Et les formats ont leur importance propre. Facebook lui-même indique que les campagnes qui mixent vidéos et images performent mieux que celles qui misent tout sur un seul format. Certaines personnes réagissent aux images, d’autres aux vidéos, d’autres aux carrousels – surtout sur Instagram. Vouloir choisir entre les deux, c’est se priver d’une partie de l’audience.

Sur la vidéo en particulier, quelques règles simples que beaucoup ignorent : capter l’attention dans les 3 premières secondes, faire passer le message principal dans les 5-6 premières secondes, raconter visuellement une histoire, incruster du texte pour le contexte. Et le format : carré (4:5) pour le fil, vertical (9:16) pour les stories. (Ce qui est rare, c’est de voir des annonceurs qui respectent les deux en même temps.)

Pour les annonceurs qui hésitent encore sur la vidéo, l’épisode sur la vidéo pour la publicité Facebook avec Joëlle Gondrin rentre vraiment dans le détail des formats et des durées qui fonctionnent.

Le copywriting qui suit l’angle – pas l’inverse

Une fois les axes définis et les formats identifiés, il reste le texte. Et là, Duchesnes utilise la formule AIDA sans s’en excuser – Attention, Intérêt, Désir, Action. Ce n’est pas original, mais l’exemple qu’il donne en live est concret.

Pour l’axe nouveauté de son challenge, l’accroche qu’il a utilisée :

« Je n’ai encore jamais fait ça avant, depuis quelques semaines, je prépare une expérience totalement inédite qui va définitivement vous permettre de relancer des campagnes rentables. »

Ce n’est pas un coup de génie stylistique. Mais ça remplit exactement sa fonction : créer une curiosité spécifique chez quelqu’un qui te connaît déjà. (Cette pub tournait en remarketing – pour des inconnus, ça n’aurait pas marché de la même façon, il le reconnaît.)

Ce qui suit – l’Intérêt – donne les détails de l’offre. Le Désir transforme l’intérêt en envie en parlant de la transformation. L’Action pousse au clic. Simple. Ce qui est moins simple, c’est de le faire quatre ou cinq fois pour quatre ou cinq axes différents, ce qui donne autant de textes publicitaires distincts à déployer.

C’est là que la charge de travail devient réelle. Ce que Duchesnes décrit, c’est un processus de production soutenu – pas une campagne qu’on lance et qu’on oublie. La facebook ads stratégie efficace, c’est autant un système de production qu’un paramétrage de Business Manager.

Sur ce point, je serais un peu plus nuancé : tout le monde n’a pas les ressources pour produire 45 créas. Et ce chiffre vient des top annonceurs Facebook globaux, pas forcément des PME françaises avec des budgets de 1 000 euros par mois. Mais la direction est juste – produire plus, tester plus, et ne jamais miser sur un seul visuel.

Pour les annonceurs qui gèrent des campagnes seuls, la question du ciblage et de la génération de prospects via Facebook Ads en mode freelance est traitée dans un épisode avec Joseph Donyo – avec une approche plus accessible en termes de moyens.

iOS 14 et la technique qui reste quand même

Impossible d’ignorer le contexte dans lequel cet épisode a été enregistré : avril 2021, en pleine préparation de la mise à jour iOS 14. Duchesnes en parle en introduction de son challenge, et c’est un élément de fond.

iOS 14 a réduit la capacité de tracking de Facebook. Moins de signaux remontés, attribution plus floue, audiences de remarketing réduites. Ca ne remet pas en cause le discours sur l’algorithme – ça le renforce, en fait. Plus les données externes se raréfient, plus il faut nourrir l’algorithme avec des données first-party : emails, engagements, visites trackées côté serveur.

La technique dont Duchesnes dit qu’elle reste nécessaire – bases du pixel, structure de campagne, Power Five – c’est exactement la technique qui conditionne la qualité des signaux envoyés à l’algorithme. Sans ça, même la meilleure facebook ads stratégie tourne dans le vide.

Pour creuser le sujet iOS 14 spécifiquement, l’épisode avec Antoine Dalmas sur les changements d’attribution et de tracking reste une référence – il a été enregistré exactement au même moment et donne le détail technique de ce qu’il fallait mettre en place.

La question qui reste ouverte, trois ans après : est-ce que la facebook ads stratégie telle que Duchesnes la décrit tient encore face à la fragmentation des signaux et aux nouvelles contraintes de tracking ? Ca, c’est une autre histoire.

Questions fréquentes

Pourquoi la technique Facebook Ads compte moins qu'avant ? +
L'algorithme de Facebook a pris en charge une grande partie du travail de ciblage et d'optimisation que le marketeur faisait manuellement avant 2019. Quand on donne à Facebook des audiences larges et suffisamment de signaux de conversion, la campagne s'optimise quasiment seule. Du coup, passer 60 % de son temps sur les paramétrages techniques n'apporte plus le même retour qu'avant.
C'est quoi une bonne facebook ads stratégie en 2021 ? +
Une facebook ads stratégie efficace repose sur trois volets : la définition précise des personas (qui sont-ils, quels problèmes ont-ils), la construction d'un tunnel de conversion avec des campagnes et des offres adaptées à chaque étape du parcours d'achat, et enfin le choix des offres à chaque niveau du funnel - gratuites en haut, commerciales en bas. Sans cette structure, même un bon budget publicitaire donne des résultats médiocres.
Comment définir un angle d'approche pour une pub Facebook ? +
Trois questions permettent de le trouver : quel message veux-tu faire passer sur ton produit ou service ? Quel bénéfice précis veux-tu mettre en avant - un seul, pas plusieurs ? Et où en est ton prospect dans le tunnel d'achat ? Une personne froide a besoin qu'on lui parle de son problème. Une personne chaude a des objections à lever. Une publicité, un angle. Jamais deux.
Combien de créas faut-il tester sur Facebook Ads ? +
Selon les données citées par Facebook, les annonceurs les plus performants testent 45 contenus créatifs différents contre 4 pour les annonceurs moyens. Le ROAS peut varier jusqu'à 1 100 % entre un contenu très performant et un contenu sous-performant sur la même audience. L'objectif n'est pas forcément d'atteindre 45 créas dès le départ - mais de produire significativement plus que ce que la plupart des annonceurs font.
La formule AIDA fonctionne-t-elle encore pour le copywriting Facebook Ads ? +
Oui, à condition de l'appliquer en partant d'un axe marketing défini à l'avance. L'accroche (Attention) doit correspondre à l'angle choisi pour cette pub spécifique. L'Intérêt donne les détails de l'offre. Le Désir parle de la transformation. L'Action pousse au clic. L'erreur courante est d'écrire l'accroche sans avoir défini l'angle - on se retrouve à vouloir tout dire à la fois.
Quel impact a eu iOS 14 sur la facebook ads stratégie ? +
iOS 14 a réduit les signaux de tracking disponibles pour l'algorithme Facebook, ce qui a compliqué l'attribution et réduit les audiences de remarketing. Ca renforce en réalité l'importance de la stratégie first-party : collecter des emails, suivre les engagements, paramétrer correctement l'API Conversions. La technique de base reste donc nécessaire - pas pour remplacer l'algorithme, mais pour lui donner de la matière à travailler.

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