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Rapprochez-vous de vos clients avec l’email automation – Episode 28

Épisode diffusé le 5 mars 2020 par Estelle Ballot

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L’email automation, c’est probablement le truc le plus sous-estimé du marketing digital – et paradoxalement, l’un des seuls qui continue de fonctionner même quand tu as le dos tourné. Estelle Ballot, fondatrice du Podcast du Marketing, le résume avec une franchise désarmante : elle-même n’ouvre pas tous ses emails. Son inbox Yahoo affiche plus de 1000 non lus. Et pourtant, c’est elle qui te dit que l’email reste le canal le plus efficace pour toucher ton audience. Il y a un truc là-dedans qui mérite qu’on s’y arrête.

Parce que la vraie question, c’est pas ‘est-ce que l’email marche encore’. C’est ‘est-ce que tu peux te permettre de passer tes journées à écrire des emails à la main pour chaque client, chaque comportement, chaque situation’. La réponse, clairement, c’est non.

C’est exactement là que l’email automation entre en jeu – et c’est là que la plupart des marketeurs ratent quelque chose d’assez fondamental.

Ce que personne ne te dit sur la différence entre email marketing et email automation

La confusion est fréquente, et elle coûte cher. L’email marketing classique, c’est simple : une marque envoie un message à sa liste. Tu décides quoi dire, quand le dire, à qui. C’est toi qui appuies sur le bouton. L’email automation, c’est presque l’inverse – et ce ‘presque’ est important.

«C’est le destinataire de l’email lui-même, c’est-à-dire votre audience, qui déclenche l’envoi de l’email qu’il va recevoir.»

Dit comme ça, ça a l’air simple. Mais ça change tout à la logique de ta communication.

Dans un système d’email automation, le logiciel scrute le comportement de chaque personne dans ta base. Ce qu’elle clique. Ce qu’elle ignore. Ce qu’elle met dans un panier avant de fermer l’onglet. Et en fonction de ce comportement – ou de son absence – un email pré-écrit part automatiquement. Sans que tu n’aies rien fait ce jour-là. Tu pouvais être en vacances, en réunion, ou à regarder Netflix. Peu importe.

Ce qui m’agace dans la façon dont on présente souvent ce sujet, c’est qu’on insiste toujours sur le gain de temps. C’est réel, évidemment. Mais le vrai avantage, c’est la personnalisation à l’échelle – envoyer à David un rappel sur la veste qu’il a abandonnée, et à Cindy un email sur son pantalon oublié, sans avoir jamais ouvert Google Analytics manuellement. C’est ça, la vraie puissance.

Le scénario du panier abandonné, ou comment récupérer des ventes que tu pensais perdues

Commençons par l’exemple le plus parlant, celui qu’Estelle Ballot cite en premier dans l’épisode. Quelqu’un arrive sur ton site. Il ajoute un produit au panier. Et puis – 1000 raisons possibles – il disparaît. Téléphone qui sonne, enfant qui réclame, connexion qui lâche. Le panier est là. La vente, non.

Sans email automation, tu rates cette vente dans la quasi-totalité des cas. Les études sont assez claires là-dessus : au moins la moitié des paniers sont abandonnés sans finaliser la commande. La moitié. C’est énorme quand tu commences à y penser en chiffre d’affaires potentiel.

«Vous écrivez un email et vous regardez tranquillement les ventes revenir vers votre site. C’est magique.»

Voilà. Et c’est vrai.

Le mécanisme est simple : tu définis un délai – mettons 24 heures – après lequel le système envoie automatiquement un rappel personnalisé avec le produit concerné. Tu n’écris cet email qu’une seule fois. Il tourne ensuite en boucle pour chaque client concerné, indéfiniment. Le ROI de ce type de scénario est généralement le meilleur de tous les emails automatisés (ce qui est rare dans le secteur pour être aussi mesurable aussi directement).

Mais bon, le panier abandonné, c’est le scénario le plus connu. Voyons les autres, qui sont souvent plus négligés et parfois plus puissants.

Les 4 types d’email automation que tu peux lancer cette semaine

Estelle Ballot découpe les scénarios en quatre grandes familles. C’est une grille utile, même si en pratique les frontières sont poreuses.

Les emails relationnels d’abord. Ce sont ceux qui construisent la confiance avant même qu’on parle de vente. L’email de bienvenue quand quelqu’un rejoint ta liste – un classique, souvent bâclé, alors que c’est le moment où l’attention est maximale. Ou mieux encore : segmenter dès l’inscription selon le lead magnet téléchargé pour envoyer une séquence parfaitement adaptée au profil. Persona A reçoit des contenus pour persona A. Persona B, idem. Sans que tu n’aies à trier manuellement.

Tu peux aussi fêter la date d’anniversaire d’inscription – un an de fidélité, c’est pas rien – ou remercier tes clients les plus anciens avec une offre exclusive. Ces emails ont des taux d’ouverture bien supérieurs aux newsletters classiques. Parce qu’ils arrivent au bon moment, pas au bon jour de la semaine arbitrairement choisi.

Les emails informatifs ensuite. Avant d’acheter, ton audience a souvent besoin de comprendre. Comment fonctionne ton service. Ce qu’elle va recevoir. Dans quel délai. L’exemple des box par abonnement est parlant : si tu n’expliques pas clairement que le client sera prélevé chaque mois, tu te retrouves avec des messages furieux de gens qui n’avaient pas compris le principe. Un email informatif déclenché à la première commande règle 80% de ces situations – et t’évite quelques conversations désagréables.

Pour aller plus loin sur la construction d’une séquence email qui engage vraiment, les stratégies d’Amy Porterfield sur la base email sont une bonne référence.

Les emails transactionnels – et là, c’est là que ça devient intéressant, et que la plupart des marques ratent quelque chose d’évident.

L’email de confirmation de commande : le moment le plus sous-exploité de ta relation client

Plus de 50% de taux d’ouverture en moyenne. C’est le chiffre qu’Estelle Ballot donne pour les emails transactionnels – confirmations de commande, factures, suivis d’expédition. Et franchement, c’est logique : quand tu viens d’acheter quelque chose, tu attends cet email. Tu l’ouvres. Tu le lis.

«C’est même un moment très important pour la relation entre votre client et votre marque puisque c’est le premier moment après que cette personne vous a donné sa confiance en vous ouvrant son porte-monnaie.»

C’est exactement le problème. Et pourtant, ces emails sont souvent moches. Un fond blanc, une police par défaut, zéro cohérence graphique avec la marque. Comme si l’achat avait fermé la porte de la boutique et qu’on avait basculé dans un back-office administratif sans âme.

Le message implicite que ça envoie au client : ‘la relation commerciale est terminée, on se reparlera si tu as un problème’. C’est une catastrophe en termes de fidélisation. Si ta marque utilise le rose, le rose doit être dans ton email de confirmation. Si ton ton est chaleureux et direct dans tes newsletters, il doit l’être aussi dans ta facture. Ce n’est pas un détail cosmétique – c’est la continuité de l’expérience client.

Et puisqu’on parle d’un email que les gens ouvrent vraiment, rien n’empêche d’y glisser un contenu complémentaire. Un conseil d’utilisation. Un lien vers du contenu utile. Une invitation à rejoindre la communauté. Les 50% d’ouverture, c’est une fenêtre. Autant ne pas la laisser vide.

Après l’achat : l’email automation qui fidélise sans forcer

Fidéliser coûte moins cher que recruter. C’est une vérité du marketing qu’on répète depuis des décennies, et qui reste vraie. Mais la fidélisation ne se décrète pas – elle se construit, séquence après séquence.

Deux scénarios post-achat méritent d’être mis en place en priorité. D’abord, l’email de réachat : après une période sans commande que tu définiras selon ton secteur, un email part automatiquement avec une suggestion de produit complémentaire à ce qui a déjà été acheté. Pas une promo générique. Un email qui dit ‘vous avez acheté X il y a 3 mois, voici Y qui va avec’.

Ensuite – et c’est souvent négligé – la demande d’avis. Très peu de clients laissent spontanément un avis sans qu’on le leur demande. Pourtant les avis clients orientent les décisions d’achat de ceux qui arrivent après. Un email automatisé, déclenché quelques jours après réception du produit, avec directement la photo de l’article acheté et le formulaire intégré (pas besoin de retourner sur le site), fait une différence mesurable sur le volume d’avis collectés.

Pour compléter ta réflexion sur la conversion et la relation client dans la durée, les stratégies pour les prospects qui n’achètent pas donnent une perspective utile sur les séquences de nurturing.

Ce qu’il faut retenir – enfin, ce que j’aurais voulu qu’on me dise quand j’ai découvert ce sujet – c’est que l’email automation n’est pas un outil pour envoyer plus d’emails. C’est un outil pour envoyer les bons emails au bon moment, à des gens qui les attendent – ou qui en ont besoin sans le savoir encore.

Avant de lancer ton email automation : les étapes que tu ne peux pas sauter

Deux prérequis que je vois constamment ignorés par des équipes qui veulent aller trop vite.

Le premier : connaître le parcours de tes clients sur ton site. Par quelle page ils entrent. Où ils passent du temps. Où ils décrochent. Sans cette cartographie, tu construis des scénarios dans le vide – tu automatises des emails pour des comportements que tu n’as pas réellement observés. Google Analytics (ou n’importe quel outil équivalent) te donne cette lecture. Prends le temps de le faire avant d’écrire le moindre email automatisé.

Le second prérequis : la responsivité de tes emails. Au moins la moitié des ouvertures se font sur mobile. Si ton email est conçu pour un écran d’ordinateur et qu’il s’affiche en pagaille sur un iPhone, tu perds la moitié de ton audience avant même qu’ils aient lu ta première phrase. Teste systématiquement sur mobile avant d’activer un scénario. C’est basique. Et pourtant.

Pour la partie rédactionnelle des emails eux-mêmes, la méthode de Nina Ramen pour rédiger une newsletter apporte des principes directement transposables aux séquences automatisées. Et si tu pars de zéro sur ta stratégie email dans son ensemble, les 7 raisons de prioriser l’email marketing remettent les bases en perspective.

La limite réelle de l’email automation, celle qu’on mentionne rarement : ça ne remplace pas une relation humaine quand la situation l’exige. Un client vraiment mécontent d’un achat a besoin d’un vrai interlocuteur, pas d’un email de suivi automatisé qui arrive deux jours trop tard avec le mauvais ton. Les scénarios sont efficaces pour les situations prévisibles et répétables. Pour le reste, il faut encore des humains derrière.

Mais pour les situations prévisibles et répétables – et elles sont nombreuses – l’email automation fait un travail que personne dans ton équipe ne ferait aussi régulièrement, aussi précisément, à 3h du matin un dimanche. C’est ça, la vraie valeur du truc.

Questions fréquentes

C'est quoi l'email automation exactement ? +
L'email automation, c'est un système qui envoie des emails pré-écrits automatiquement en fonction du comportement de chaque contact dans ta base. C'est le destinataire lui-même qui déclenche l'envoi - en visitant une page, en abandonnant un panier, en effectuant un achat - sans que tu n'aies rien à faire au moment où l'email part.
Quelle est la différence entre email marketing et email automation ? +
L'email marketing classique, c'est toi qui décides d'envoyer un email à ta liste à un moment donné. L'email automation inverse la logique : c'est le comportement de ton contact qui déclenche l'envoi. Tu écris l'email une seule fois, le système l'envoie ensuite au bon moment pour chaque personne concernée.
Quels scénarios d'email automation mettre en place en premier ? +
Le scénario de panier abandonné est souvent le plus rentable à mettre en place en priorité, car il récupère des ventes quasi perdues. Viennent ensuite l'email de bienvenue après inscription, la séquence post-achat avec demande d'avis, et les emails transactionnels (confirmation de commande, suivi d'expédition) correctement brandés.
Est-ce que l'email automation fonctionne pour les petites entreprises ? +
Oui, et c'est même particulièrement adapté aux structures sans équipe dédiée au marketing. Un solopreneur ou une petite équipe ne peut pas envoyer des emails personnalisés manuellement à chaque comportement client. L'email automation fait ce travail de façon continue, même quand personne n'est devant l'ordinateur.
Comment éviter que mes emails automation partent en spam ? +
Plusieurs facteurs entrent en jeu : la qualité de ta liste (contacts qui ont réellement consenti), la réputation de ton expéditeur, le ratio texte/image dans tes emails, et l'engagement de tes contacts dans le temps. Une liste propre et des emails pertinents - envoyés au bon moment grâce à l'automation - ont généralement de meilleurs taux de délivrabilité que des campagnes de masse.
Quel outil utiliser pour faire de l'email automation ? +
Les outils les plus accessibles pour commencer sont Mailchimp, ActiveCampaign, Brevo (ex-Sendinblue) ou Klaviyo pour les e-commerçants. Le choix dépend de ton volume de contacts, de ton budget et de la complexité des scénarios que tu veux construire. Pour débuter, n'importe lequel de ces outils permet de lancer les scénarios de base décrits dans cet article.

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