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Faites-vous référer des clients par vos concurrents – avec Laurent Bourrelly

Épisode diffusé le 29 septembre 2015 par Marketing Mania

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Devenir un consultant seo freelance qui se fait recommander par ses propres concurrents – pas par Google, pas par la pub, pas par un funnel bien huilé – c’est le genre de positionnement que la plupart des gens dans le secteur trouvent soit impossible soit ridicule. Laurent Bourrelly, lui, en a fait son modèle depuis des années. Et quand Stanislas Leloup l’a reçu sur Marketing Mania, ce qui en est sorti ressemble moins à un tutoriel SEO qu’à une leçon de stratégie business que personne n’enseigne vraiment.

Laurent, c’est le mec qui se présente comme quelqu’un qui « spam Google ». Pas par provocation gratuite. Par précision. Il enfreint les guidelines Google – pas la loi – et il assume la distinction. Le titre de SEO Rockstar sur son blog ? Un pied de nez aux pseudo-experts qui s’auto-proclament partout. Vingt ans de terrain, des sites montés et revendus par wagons, une expérience en Andorre qui commence avec les premiers euros d’Adsense, et une philosophie du freelance qui tient en une phrase : évacuer le facteur emmerdement.

Ce qui m’a frappé à l’écoute, c’est qu’il ne parle presque pas de technique SEO. Il parle de structure, de choix, de ce qu’on accepte ou pas dans une carrière. Et franchement, c’est bien plus utile.

Mangeur de cigogne : quand un concours absurde a tout changé

2004. Un forum qui s’appelle Webmaster Hub. Un mot-clé inventé de toutes pièces – « mangeur de cigogne » – et trois mois pour finir premier sur Google. Voilà comment Laurent Bourrelly est entré dans le référencement.

Le concept du concours de référencement est simple : partir d’un mot-clé sans historique de recherche, sans résultats existants, et battre tout le monde sur ce terrain vierge. Premier concours en France, deuxième dans le monde. Laurent a terminé troisième. Mais ce n’est pas la médaille qui compte ici.

Quand tu passes 3 mois 20h/24 à faire des tests pour faire grimper ta page et faire tomber les autres… tu passes 3 mois pour apprendre à faire du violon, tu vas forcément devenir bon quoi, c’est pas possible autrement.

C’est exactement le problème avec la plupart des formations SEO aujourd’hui : elles donnent des recettes sans jamais forcer à tester, à casser, à recommencer à minuit parce que les data centers de Google viennent de bouger.

Ce que décrit Laurent, c’est une frénésie collective. La nuit, les participants se retrouvaient sur IRC – (oui, IRC, 2004, c’est cohérent) – pour partager leurs observations en temps réel. Ils regardaient les « refresh », ces moments où les serveurs Google recalculaient les classements. Tu appuyais sur F5 et tu voyais les positions se déplacer en direct.

Aucun prix à gagner. Juste l’excitation du premier coup, la compétition entre pairs, et une compréhension concrète de comment l’algorithme réagissait. C’est ça qui a construit les bases de sa carrière – pas un master en marketing digital.

Pour comprendre d’où vient cette culture du test et de l’expérimentation dans le SEO, on peut aussi regarder comment le SEO s’est structuré depuis ses débuts – les fondamentaux n’ont pas tant changé qu’on le croit.

Le consultant seo freelance qui refuse de grandir – et qui a raison

À une époque, Laurent a monté une agence à Casablanca. Une « usine MFA » – Made for Adsense. Des dizaines d’employés. Des dizaines de sites. Et puis il a tout arrêté.

Avoir une agence, avoir des dizaines d’employés à gérer et cetera, c’est pas mon truc. J’ai tout testé. J’ai essayé les freelance, j’ai essayé les partenariats, j’ai essayé oDesk, freelance, tout ça.

Dit comme ça, ça a l’air d’un aveu d’échec. C’est en fait le contraire.

La structure qu’il a gardée tient en deux éléments : une employée à plein temps en Andorre pour tout ce qui est administratif et opérationnel, et un réseau de partenaires – techniques, contenus, popularité – qu’il active selon les besoins clients. Sans commission sur les recommandations. Par conviction que la valeur d’un consultant seo freelance passe d’abord par la qualité des gens qu’il peut mobiliser.

C’est un modèle que beaucoup de freelances tech connaissent en théorie et n’arrivent pas à tenir en pratique. Parce que l’instinct de croissance est fort. Parce que refuser des missions grosses c’est difficile quand le compte en banque flippe. Mais Laurent a un filtre simple : le facteur emmerdement. Si un projet ou une association génère trop de friction humaine, il coupe. Rapidement. Sans états d’âme.

L’épisode sur le mindset entrepreneur en SEO développe bien ce point – la façon dont les meilleurs opérateurs du secteur gèrent leur énergie avant de gérer leurs projets.

Quand le consultant seo freelance se fait référer par ses concurrents

C’est sans doute la partie la plus contre-intuitive de l’interview. Et la plus honnête.

Laurent le dit clairement : les prospects qui viennent via Google ne sont pas bons. Ils comparent les prix, posent des questions génériques, font perdre du temps. Pour un consultant seo freelance qui facture du conseil à haute valeur, c’est un signal faible converti en bruit.

Sa vraie source d’acquisition ? Le bouche-à-oreille. Et plus précisément : se faire recommander par des gens qui sont techniquement ses concurrents. Les autres référenceurs, les autres consultants. Ceux qui lisent son blog, écoutent ses prises de position, le voient en conférence.

Ma communauté, les gens qui sont mon audience, ce sont mes concurrents. C’est pas mes clients ou mes futurs clients. Donc il faut que j’essaie d’être tellement excellent pour être recommandé par mes concurrents. Je sais pas si tu vois le truc.

Je vois le truc. Et c’est rare dans le secteur.

Concrètement, ça passe par les conférences – pas pour la salle, pour le bar après. Pour le petit déjeuner. Pour le taxi avec quelqu’un d’intéressant. Laurent a fait jusqu’à trois ou quatre conférences par mois en 2014-2015. Pas pour ramener 3,7 devis à la sortie. Pour construire une présence qui fait que quand quelqu’un cherche un consultant SEO, son nom revient quatre fois sur cinq dans la conversation.

Et le suivi – ce que personne ne fait. Prendre les cartes de visite et ne jamais envoyer le moindre message derrière, c’est selon lui le gaspillage le plus courant dans le networking. Le follow-up, c’est là que le réseau devient réel.

Adsense, affiliation poker, master franchise : un vrai parcours de monétisation

Avant d’être consultant seo freelance à plein temps, Laurent a construit ses revenus par couches successives – et abandonné chaque couche dès qu’elle montrait des signes de faiblesse.

Adsense d’abord, en 2004-2005. CTR à 30% sur des annuaires en résolution 800×600 – (le pavé Adsense occupait l’écran entier, littéralement) – avant que la concurrence et les mises à jour Google ne cassent le modèle. Il a arrêté en 2008, avant que ça devienne vraiment mauvais.

L’affiliation poker ensuite – sa source de revenus la plus importante selon lui – jusqu’au moment où les signaux ont commencé à flancher. Et là aussi, coupure nette.

Puis la Master Franchise, un modèle qu’il décrit comme supérieur au dropshipping classique. L’idée : prendre un gros acteur francophone du e-commerce – en l’occurrence Fitness Boutique – et exploiter ses noms de domaine à l’international sous contrat d’exclusivité par pays. Belgique, Hollande, Angleterre, Espagne, Allemagne. Le domaine reste propriété du donneur de licence. La valeur construite – trafic, chiffre d’affaires – appartient au contrat. À la revente, c’est déjà valorisé.

Contrairement au dropshipping bah c’était vendu d’avance puisque même si le domaine m’appartient pas, pour le reprendre, il fallait racheter le contrat. Donc une fois que tu as monté leur site, tu leur as revendu la partie que tu avais construite à l’international.

Le projet a capoté non pas pour des raisons business mais à cause d’un associé. Deux partenaires qui ne se connaissaient pas entre eux, qui ne se sont pas entendus, et Laurent a préféré tout arrêter plutôt que de gérer le conflit au quotidien. Facteur emmerdement, encore.

Cette trajectoire de monétisation – tester, pivoter, couper quand ça flanche – ressemble à ce que décrivent aussi d’autres profils dans le SEO. Le passage du blackhat au long-termisme que certains opérateurs ont vécu suit une logique similaire : les modèles agressifs ont une durée de vie, et les meilleurs savent la sentir avant qu’elle expire.

Google mène une guerre psychologique – et la plupart des webmasters ont perdu

C’est le fond de la philosophie de Laurent sur le SEO. Et c’est là que ça devient politique.

Quand il dit qu’il « spam Google », il ne dit pas qu’il fait des choses illégales. Il dit qu’il enfreint les guidelines – ces règles que Google édicte et qui, si on les suivait à la lettre, rendraient le référencement actif impossible. Parce que les guidelines Google disent en substance : faites du contenu génial, et les liens viendront naturellement.

Moi j’ai testé hein, ça marche pas. En vrai si tu suivais les règles de Google effectivement tu ne pourrais rien faire, eux ils t’expliquent que le référencement c’est mal et qu’il faut tout faire de façon naturelle. À partir du moment où tu fais un lien déjà, tu es en contradiction avec les guidelines.

Voilà.

La tension entre ce que Google dit et ce que Google récompense réellement est au coeur de la pratique de tout consultant seo freelance sérieux. Ceux qui le nient soit mentent soit n’ont jamais vraiment travaillé sur des projets compétitifs. La question n’est pas morale – c’est une question de risque calculé et de durée de vie des stratégies.

Laurent ne prétend pas que le blackhat est toujours la bonne réponse. Il dit qu’il fait les deux – des choses « propres » et des choses plus agressives – selon le contexte et les objectifs. Et qu’à l’époque où il enregistrait cet épisode (2015), le retrait massif des spammeurs du marché ouvrait de nouveau une fenêtre pour des tactiques qu’on pensait mortes.

Cette question de la ligne entre SEO agressif et pratiques à risque, d’autres profils comme Kevin Richard l’ont traversée de façon encore plus frontale – avec les conséquences que ça implique.

La structure légère comme avantage compétitif d’un consultant seo freelance

Ce qu’on retient finalement de ce portrait, c’est une cohérence entre les valeurs et les choix opérationnels. Pas de grande équipe. Pas de croissance pour la croissance. Un filtre clair sur ce qui vaut la peine d’être fait.

Le modèle de Laurent en tant que consultant seo freelance repose sur quelques convictions dures : les clients qui arrivent par Google ne sont pas les bons clients. La visibilité auprès de ses pairs compte plus que le ranking sur ses propres mots-clés. Les projets avec trop de friction humaine coûtent plus qu’ils ne rapportent.

Et peut-être la plus importante : il vaut mieux lancer dix projets imparfaits que d’attendre le projet parfait. Cinq vont perdre de l’argent. Quatre vont survivre. Un va tout faire. C’est un modèle portefeuille – le même qu’en bourse, qu’en startups, qu’en édition de contenu. L’édition de site applique exactement cette logique : volume de parcs, quelques gagnants qui compensent les pertes.

Ce qu’il appelle la « culture de l’échec » américaine – pas péjorative, juste pragmatique – c’est ça : le droit de se planter sans que ça signifie que tu es nul. En France, il y a trop de freins. Famille, amis, regard social, fiscalité. Laurent est parti en Andorre quand ça a commencé à coincer. Ce n’était pas une fuite. C’était une décision de structure.

Est-ce que ce modèle marche pour tout le monde ? Non. Il faut déjà avoir une réputation suffisante pour que les concurrents vous recommandent. Il faut accepter une croissance lente du réseau plutôt qu’une acquisition scalable. Et il faut avoir le sang-froid de couper des projets qui marchent mais qui commencent à fatiguer. C’est pas donné à tout le monde – et Laurent serait le premier à le dire.

Mais pour un consultant seo freelance qui cherche à construire quelque chose qui tient dans la durée, sans se retrouver à gérer une agence qu’il déteste, l’approche mérite d’être prise au sérieux.


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