Logo de l'épisode Vivre de son contenu - avec Antoine BM du podcast Marketing Mania - Conversations d'entrepreneurs

Vivre de son contenu – avec Antoine BM

Épisode diffusé le 31 octobre 2017 par Marketing Mania

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L’évolution d’un créateur : le parcours d’Antoine BM

Antoine BM est un créateur de contenu qui fascine, et même, qui rend un peu jaloux. Son style de vie est ce qui se rapproche le plus d’un business basé sur la pure création : chaque jour, il enregistre un podcast écouté par des milliers de personnes, et c’est à peu près tout. Mais comment en est-il arrivé là ? Ce n’est pas forcément la première idée qui fut la bonne. Son parcours illustre parfaitement comment un business peut évoluer.

Du blogging au vlogging quotidien sur youtube

Antoine n’en est pas à son premier format. Comme il le raconte, son aventure dans la création de contenu est une suite d’expérimentations. « J’ai un peu testé tous les formats moi depuis. À l’époque, on avait fait le premier podcast, il me semble que j’étais encore au blogging, c’est-à-dire que je faisais encore des articles de blog. »

Fatigué de l’écriture, il s’est ensuite tourné vers la vidéo, un format qui a rapidement pris une place centrale dans sa stratégie. « Je suis passé à la vidéo, j’ai commencé à faire des vidéos tous les jours au format vlog, ça veut dire que je me baladais avec une petite caméra et je filmais un peu toute ma journée et je partageais mes idées en même temps. » Ce n’étaient pas de simples vlogs de divertissement, mais un moyen de transmettre des idées, tout en voyageant pendant six mois en Asie du Sud. Pendant un an, il a maintenu ce rythme effréné de publication quasi quotidienne.

L’abandon surprenant d’une chaîne youtube à succès

Après un an de vlogging intensif et plus de 50 000 abonnés sur sa chaîne, Antoine a pris une décision radicale, voire choquante pour son audience : arrêter YouTube. Il n’a pas simplement ajouté un nouveau format à son arc ; il a complètement transitionné son business vers le podcast, repartant de zéro sur une nouvelle plateforme.

« Tu as arrêté cette chaîne YouTube qui était assez impressionnante quoi, tu avais plus de 50 000 abonnés au moment où tu l’as arrêté et en gros tu as complètement transitionné sur le podcast. » Qu’est-ce qui a pu motiver un tel changement ? Pour Antoine, la raison principale est une volonté de liberté et de ne pas s’enfermer. « J’ai pas envie de m’attacher à un format ou un travail et de plus pouvoir le quitter. J’ai envie vraiment d’avoir la possibilité de changer de virer de bord du jour au lendemain, si j’ai envie de tester autre chose ou si j’en ai marre. »

Podcast vs youtube : les raisons d’un changement de cap

Le passage de YouTube au podcast n’était pas un simple caprice, mais le résultat d’une frustration grandissante avec le format vidéo et d’une attirance pour la simplicité et l’authenticité de l’audio. Comprendre ce choix, c’est comprendre les subtilités de chaque plateforme pour un créateur.

Une lassitude du format vidéo face-caméra

Avec le temps, le style de ses vidéos a évolué. Les vlogs dynamiques tournés en voyage ont laissé place à des vidéos plus statiques, en face caméra. « Je me retrouvais à faire de plus en plus de vidéos face cam où simplement bah j’étais devant la caméra et je parlais. Et je me suis dit mais c’est un peu idiot parce que les gens sont là devant leur écran […] pour finalement une vidéo où je fais que parler où l’image n’a plus vraiment d’intérêt. »

L’effort investi dans le montage, la musique et la dynamique visuelle diminuait, et le cœur du contenu devenait purement informatif. Il a alors réalisé que le support n’était plus adapté au message. Le passage au podcast est apparu comme une évidence.

Les avantages du podcast pour un créateur de contenu

Antoine a donc testé le format podcast, sans certitude au départ. Les résultats l’ont rapidement convaincu. « Déjà, j’ai vu que ça avait pas vraiment d’impact sur mon business, c’est-à-dire que mon audience continue à me suivre. […] Et puis les gens me suivent sur des formats qui sont peut-être plus longs et finalement en terme de vente, en terme de résultats, bah j’ai eu des résultats qui étaient les mêmes que ceux d’avant voir mieux. »

La conclusion était simple : il obtenait les mêmes résultats, voire de meilleurs, avec un format qui lui plaisait davantage et lui prenait beaucoup moins de temps. « Pourquoi continuer à faire des vidéos ? Autant se poser vraiment sur le podcast et faire que ça. »

Le podcast offre une consommation différente. « C’est un format qui va les accompagner dans la journée. […] Les gens restent plus longtemps généralement devant un podcast audio que devant une vidéo YouTube. » Que ce soit en conduisant, en cuisinant ou en faisant du sport, l’audience est plus captive, moins sujette aux distractions des onglets et des suggestions de vidéos. C’est une relation plus proche d’une discussion, plus détendue, qui permet au créateur de se lâcher.

Changer de positionnement : l’impact sur l’audience

Le changement de plateforme s’est accompagné d’un changement de positionnement. Antoine a délibérément choisi de s’adresser à une audience plus restreinte mais plus qualifiée, une stratégie à contre-courant de la quête de croissance à tout prix.

La gestion des ‘touristes’ sur une audience de masse

Sur YouTube, sa thématique était large : la liberté. Cela attirait un public très diversifié, incluant ce qu’il appelle des ‘touristes’. « C’est des gens qui étaient pas forcément intéressés par le cœur du message et j’en ai eu un peu marre de devoir gérer ces touristes là. » Cela se traduisait par des commentaires hors-sujet, des critiques non constructives et une nécessité de ‘diluer’ son contenu pour plaire au plus grand nombre.

L’objectif : un impact maximal sur une audience de niche

En passant au podcast, il a recentré sa thématique sur la création de contenu. « Mon objectif maintenant c’est pas d’avoir un impact sur le maximum de monde possible, c’est d’avoir un maximum d’impact sur un petit nombre de personnes. » Ce changement lui permet d’aller plus au fond des choses, de traiter des sujets plus techniques et de ne plus avoir peur de dire ce qu’il pense pour satisfaire une large part de marché.

Ce qui l’intéresse aujourd’hui, ce n’est pas d’être populaire, mais de pouvoir avoir de vraies discussions et de réellement accompagner les gens. Le podcast, par sa nature, attire une audience avec une intention d’écoute plus forte, ce qui correspond parfaitement à ce nouvel objectif.

La question épineuse du feedback pour un créateur de contenu

L’un des plus grands soulagements pour Antoine en passant au podcast a été de s’éloigner du système de feedback instantané de YouTube. Sa vision sur le sujet est tranchée et éclaire sur la pression psychologique que subissent de nombreux créateurs.

Pourquoi le feedback direct peut être toxique

« Moi je déteste le feedback, je suis peut-être la seule personne au monde qui le dit mais je déteste le feedback, j’aime pas les commentaires, j’aime pas les Like, Dislike. » Pour lui, ce système omniprésent ‘pourrit le contenu’ car il incite les créateurs à l’autocensure. La peur de froisser, de recevoir des critiques violentes, les pousse à être constamment sur la défensive.

Le feedback sur YouTube est souvent peu qualitatif et peut modifier le contenu d’un créateur. « Quand tu vas te rendre compte que quand tu fais tel ou tel type de vidéos, tu vas avoir des commentaires très négatifs […] tu vas avoir peur de faire ces vidéos là. Et pourtant tu vas te rendre compte que c’est souvent ces vidéos là qui vont le plus satisfaire ton audience à toi. » Les vidéos qui divisent sont souvent les plus fortes, mais la peur du retour de bâton peut dissuader de les créer.

Gérer les commentaires négatifs : deux écoles s’affrontent

L’approche d’Antoine est de s’isoler de ce stress. « Moi ça me rend anxieux en fait. […] Tu peux lire 10 commentaires super sympa. Si il y en a un vraiment qui vient déconstruire tout ce que tu as fait […], toute la journée tu vas y repenser. » Pour préserver sa santé mentale et sa bonne humeur, il préfère un environnement sans ce feedback constant.

À l’opposé, Stan, l’hôte du podcast, a une stratégie radicalement différente : répondre à tous les commentaires, en particulier les négatifs. « Pour moi c’est un effet psychologique de open loop. […] Tu as reçu un commentaire négatif et tu n’y as pas répondu et moi ça vraiment je le ressens. Il tourne dans ta tête. » En répondant, même de manière sarcastique, il ‘ferme la boucle’ et le commentaire disparaît de son esprit. C’est une forme de soulagement psychique qui lui permet de passer à autre chose.

Bâtir une connexion authentique au-delà des métriques

Si Antoine rejette le feedback direct et quantitatif de YouTube, comment fait-il pour progresser et rester connecté à son audience ? La réponse se trouve dans des interactions plus profondes et qualitatives.

Le pouvoir des dîners abonnés pour un feedback qualitatif

« J’aime pas le feedback direct. Par contre, ce que j’adore, c’est discuter avec mon audience. » Pour cela, Antoine organise régulièrement des dîners abonnés, où il rencontre un petit groupe de cinq personnes autour d’un repas. « On discute pendant 2h tu vois. […] C’est-à-dire quelqu’un qui est en face de toi, qui te parle, qui t’explique profondément pourquoi il aime, pourquoi il aime pas. »

Cette méthode, que Stan a d’ailleurs copiée avec succès, permet d’avoir des conversations réelles et d’apprendre énormément. C’est une source de feedback bien plus riche que des milliers de commentaires anonymes. « Tu te rends compte que tu as des vraies discussions avec eux, que tu peux vraiment aller au fond des choses. »

Le feedback non verbal : les actions des clients

Un autre type de feedback, plus subtil mais essentiel, est celui des clients. « Tu as un deuxième type de feedback, c’est pas du feedback verbal, c’est les achats. […] Les gens qui vont acheter ton produit, les gens qui vont suivre ton produit jusqu’au bout. » Les actions des clients (achats, fidélité) sont la preuve la plus concrète que le contenu et les produits proposés sont pertinents et appréciés. C’est un feedback silencieux mais puissant, qui valide la direction prise par le créateur.

Le style de vie d’un ‘pur créateur’ : entre liberté et tranquillité

Le parcours d’Antoine BM l’a mené à redéfinir sa notion du succès. L’objectif n’est plus d’atteindre les 100 000 abonnés sur YouTube, mais de préserver un équilibre de vie qui lui convient.

Redéfinir le succès au-delà des chiffres

« J’ai plus vraiment d’objectifs en fait. J’ai envie de faire des trucs qui m’intéressent, j’ai pas envie de m’enfermer dans un format ou dans un objectif. » Il est heureux d’avoir abandonné la course aux chiffres, qui l’aurait contraint à continuer sur une voie qui ne lui plaisait plus. Aujourd’hui, son objectif est de maintenir son activité, de la faire progresser tranquillement et de préserver sa tranquillité.

« La tranquillité est devenu vachement importante pour moi. Je suis plus aussi ambitieux qu’avant, j’ai plus vraiment envie de créer une grosse start-up. […] Je pense que j’ai énormément de privilèges de faire aujourd’hui un boulot qui me permet de vraiment bien gagner ma vie en ayant une immense liberté. »

Une journée type optimisée pour le bien-être

À quoi ressemble une journée type pour Antoine ? Loin de l’image de l’entrepreneur surchargé, sa routine est marquée par l’efficacité et le temps libre. « Je me lève le matin vers 9h, 10h. […] Je trouve une idée de contenu, j’enregistre le podcast. Généralement entre trouver l’idée, la préparer et l’enregistrer, ça prend 1h à tout casser. »

Une fois le podcast mis en ligne, sa journée de travail ‘intense’ est souvent terminée avant midi. « Si je me lève à 9h et que je travaille bien, bah j’ai fini à 11h tu vois et à 11h ensuite je vais au sport. » Ce rythme lui laisse beaucoup de temps pour d’autres activités, comme visiter des appartements ou simplement prendre le temps de vivre.

Dépasser la pression de toujours ‘faire plus’

Cette abondance de temps libre pourrait être une source d’angoisse pour beaucoup. Antoine admet avoir ressenti cette pression de devoir toujours en faire plus, mais il a appris à la surmonter. « J’essaie de reprendre le temps de faire les choses. Pendant des années, j’ai essayé de tout optimiser justement pour avoir le temps d’en faire plus et je me suis rendu compte que ce temps-là, je le passais à glander sur Facebook et sur YouTube. »

Il a réalisé que son temps d’attention et d’énergie pour la création de contenu était limité. Créer un podcast est épuisant mentalement. « C’est 1h de concentration intense et ensuite le reste du temps, bah je prends un peu plus le temps de lire, je prends le temps de faire des trucs à la con. » Il a réintroduit des activités simples et non optimisées dans son quotidien, comme aller faire ses courses à pied plutôt que d’utiliser un service de livraison. C’est une philosophie qui privilégie une vie équilibrée à une productivité maximale, un choix audacieux dans le monde de l’entrepreneuriat en ligne.

Questions fréquentes sur la création de contenu

Faut-il créer du contenu tous les jours ?

La création de contenu quotidienne est une stratégie qui peut être très efficace, mais elle dépend du créateur et du format. Pour certains, comme Antoine BM, c’est un moyen de rester prolifique et de maintenir un lien fort avec une audience fidèle, tandis que d’autres préfèrent une fréquence moindre pour se concentrer sur des projets plus ambitieux.

‘Antoine a toujours été partisan de faire un contenu par jour. […] On parlera des avantages et des désavantages de l’un ou de l’autre.’

Pourquoi Antoine BM a-t-il arrêté sa chaîne YouTube ?

Il a arrêté sa chaîne YouTube, malgré ses 50 000 abonnés, car le format ne lui convenait plus. Il se retrouvait à faire des vidéos face caméra où l’image n’apportait plus de valeur, et il souhaitait un format (le podcast) qui lui prenait moins de temps, lui procurait plus de plaisir et lui offrait une meilleure connexion avec son audience, tout en générant des résultats équivalents.

‘J’arrive à avoir les mêmes résultats qu’avant en faisant quelque chose qui me fait plus kiffer […] et qui me prend beaucoup moins de temps. Pourquoi continuer à faire des vidéos ?’

La quantité de contenu est-elle incompatible avec la qualité ?

C’est un faux débat selon la discussion. La pratique régulière, inhérente à une stratégie de quantité, peut être le meilleur moyen d’améliorer sa qualité. L’un n’exclut pas l’autre ; la constance force à développer des systèmes efficaces et à affiner son message au fil du temps.

‘Est-ce qu’il faut se concentrer sur la qualité de votre contenu, sur la quantité et au final, est-ce que la quantité et la qualité sont des choses qui sont incompatibles ? Ou est-ce que c’est un faux débat ?’

Comment gérer les commentaires négatifs en tant que créateur de contenu ?

Il existe deux approches principales. La première, celle d’Antoine BM, consiste à ignorer le feedback direct et à s’en protéger pour préserver sa santé mentale et l’authenticité de son contenu. La seconde, celle de Stan, est de répondre aux commentaires négatifs pour ‘fermer la boucle’ psychologiquement et ne plus y penser.

‘Moi ça me rend anxieux en fait […] Je vais pas répondre par principe, mais je vais le garder dans un coin de la tête. […] Tu finis par être aigri en fait et j’ai pas envie d’être aigri.’

Quels sont les avantages du podcast par rapport à YouTube ?

Le podcast offre une consommation plus intime et attentive, car l’audience l’écoute en faisant d’autres activités. Il génère moins de feedback négatif direct, ce qui est moins stressant pour le créateur. Enfin, la production est souvent plus simple et rapide, permettant d’obtenir des résultats similaires avec moins d’efforts.

‘C’est beaucoup plus proche finalement d’une discussion que tu peux avoir avec un ami que d’une vidéo où tu es là à essayer de te vendre, à essayer sans arrêt de garder l’attention des gens.’

Comment obtenir du feedback qualitatif de son audience ?

Le feedback le plus qualitatif ne vient pas des commentaires de masse, mais d’interactions directes et approfondies. Organiser des rencontres en petit comité, comme des dîners abonnés, permet d’avoir de vraies conversations et de comprendre en profondeur les motivations et les attentes de son audience.

‘Ce que j’adore c’est discuter avec mon audience. […] J’organise des dîners abonnés quasiment toutes les semaines où je vais dans un resto avec cinq abonnés et on discute pendant 2h.’

Quel est le style de vie d’un créateur de contenu qui réussit ?

Le style de vie peut varier, mais pour Antoine BM, il est synonyme de liberté, de temps libre et de tranquillité. Il s’agit d’un business efficace qui ne demande que quelques heures de travail par jour, laissant une grande place au bien-être, au sport et aux activités personnelles, loin de la pression de la croissance à tout prix.

‘Ma journée type, ça peut paraître un peu choquant mais si je me lève à 9h et que je travaille bien, bah j’ai fini à 11h tu vois.’

Comment trouver son positionnement en tant que créateur ?

Trouver son positionnement peut impliquer de passer d’une thématique large à une niche plus spécialisée. L’objectif est de s’adresser à une audience vraiment intéressée par le cœur du message pour avoir un impact plus profond, plutôt que d’essayer de plaire à tout le monde.

‘J’ai voulu vraiment revenir à du contenu plus technique, plus spécialisé et donc j’ai spécialisé ma thématique. Avant je parlais de liberté, maintenant je parle de création de contenu.’


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