Logo de l'épisode Séduction, copywriting et efficacité - avec Mike de Dragueur de Paris (2 ans après) du podcast Marketing Mania - Conversations d'entrepreneurs

Séduction, copywriting et efficacité – avec Mike de Dragueur de Paris (2 ans après)

Épisode diffusé le 11 mai 2021 par Marketing Mania

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Survivre au Covid : comment transformer une crise en opportunité ?

L’un des sujets incontournables de ces deux dernières années est évidemment la crise du Covid. Pour un business dans le domaine de la séduction, basé sur les rencontres, l’impact a été direct et violent. Pourtant, là où la plupart des concurrents ont connu des baisses de chiffre d’affaires, Mike de Dragueur de Paris a su tirer son épingle du jeu. Comment a-t-il géré cette période ?

Pourquoi la drague de rue a périclité et comment les sites de rencontre ont explosé

La première clé de cette résilience vient d’un positionnement stratégique pris bien avant la crise. Mike explique : « Dans le milieu de la séduction, la majorité des coachs se concentrent sur la drague de rue. Pourquoi ? Parce que c’est plus facile, parce que c’est relativement popularisé. Et si tu veux, quand le Covid est arrivé, bah forcément la directive gouvernementale, c’était tout le monde chez soi, vous sortez pas. Donc à partir de là, la drague de rue, c’était un petit peu mort. »

Avec les confinements, les masques et la distanciation sociale, aborder quelqu’un dans la rue est devenu une épreuve encore plus difficile. « Ça rajoute une barrière en plus et à partir de là, bah il y a énormément d’hommes qui se sont découragés. » Ce contexte a mis à l’arrêt une grande partie du marché. Par chance, ou par vision, Mike s’était focalisé sur un autre terrain de jeu : « Moi, je m’en suis bien tiré, je l’avoue aussi un petit peu par chance parce que bah j’étais focalisé sur les sites de rencontres. Donc le Covid en fait m’a avantagé sur ce point de vue-là. »

Adapter ses services : l’exemple du relooking en ligne

Cependant, même en se concentrant sur les rencontres en ligne, tout n’a pas été simple. Un des piliers de son offre de coaching, le programme Abondance, commençait par une étape cruciale : le relooking en boutique. « La première chose qu’on fait c’est on lui fait un relooking. Pourquoi ? Parce que les hommes aujourd’hui qui veulent faire des rencontres depuis Tinder, ce sont des hommes qui ne savent pas se valoriser. »

Avec la fermeture des magasins, cette étape devenait impossible. L’adaptation a donc été nécessaire. « On a été forcé de s’adapter et par exemple, bah là tu vas me demander comment on a fait du coup pour le relooking. Bah maintenant on les fait en ligne en fait le relooking. » La solution ? Transposer l’expérience en visio. « Au lieu de passer 2h, 2h et demie avec eux en boutique, et ben on va passer le même temps sur des sites internet où on va leur faire leur dress code en ligne. C’est-à-dire bah sur Zoom, on fait ça sur Zoom. Ils reçoivent leurs vêtements, ils font des tests, ils font des renvois quand les tailles sont sont pas bonnes. »

Inventer de nouvelles approches : le « home dating » comme solution

L’autre défi majeur concernait la finalité même des rencontres en ligne : le rendez-vous physique. Avec la fermeture des bars, des cafés et l’instauration du couvre-feu, la question se posait : comment faire des rencontres ? « Au début, les hommes étaient un petit peu paniqués par rapport à ça parce qu’ils ont commencé à se dire « Ah mais attends, il y a tout qui est fermé, on peut plus aller dehors… comment on fait ? » »

Face à ce blocage, une nouvelle méthode a émergé : le « home dating ». L’idée est simple : « maintenant au lieu de faire des rendez-vous au café, tu les fais directement soit chez toi soit chez la femme avec qui tu es en train de parler. » Bien sûr, cela demande une approche différente, plus axée sur la confiance et la communication en amont. « Il faut changer ton approche dans la séduction et passer plus de temps avec la personne pour discuter avec elle, pour la rassurer, pour lui montrer que la personne peut avoir confiance. » Cette adaptation, d’abord accueillie avec réticence, s’est finalement démocratisée par la force des choses, devenant une nouvelle norme temporaire.

Devenir entrepreneur : le parcours pour quitter son job d’ingénieur

Lors de notre première discussion, Mike gagnait déjà entre 1,5 et 2,5 fois son salaire d’ingénieur avec son business, mais il n’avait pas quitté son emploi. Deux ans plus tard, il a finalement franchi le pas. Ce qui est surprenant, ce n’est pas qu’il soit parti, mais que cela lui ait pris autant de temps. Qu’est-ce qui a provoqué ce changement ?

Le dilemme : une carrière toute tracée face à un business passionnant

La décision n’a pas été simple car son travail d’ingénieur n’était pas une contrainte, mais une véritable carrière qui lui plaisait. « J’avais beaucoup de mal à choisir entre continuer ma carrière d’ingénieur dans un grand groupe où j’avais une carrière toute tracée, où j’avais un poste important […] et surtout où je voyageais aux quatre coins du monde extrêmement souvent. » Pendant près d’un an et demi, il pesait le pour et le contre, sans réussir à trancher.

Il cite un dicton qui a guidé sa patience : « Quand tu n’arrives pas à faire un choix, c’est qu’il te manque des éléments d’information ou alors qu’il faut que le contexte change pour que le choix que tu dois faire devienne une évidence. » Il a donc laissé le temps faire son œuvre, en continuant un système qui lui convenait parfaitement.

Quand le contexte change et rend la décision évidente

Plusieurs événements se sont enchaînés pour rendre ce choix inévitable. D’abord, une opportunité de poste à l’étranger qui, malgré un excellent salaire, ne l’attirait pas. Ensuite, des événements personnels comme une rupture amoureuse qui l’ont poussé à se remettre en question sur ses aspirations profondes. Le départ de son mentor au sein de l’entreprise a également pesé dans la balance.

Le coup de grâce a été le Covid. « Ma vie d’avant c’était je passais mon temps à voyager et c’est en grande partie pour ça aussi que je gardais ce travail là. Et quand le Covid est arrivé, bah en fait, j’ai compris que cette vie-là était derrière moi. » Les voyages ont été remplacés par des réunions Zoom, paradoxalement plus productives. « J’ai compris que qu’elle était derrière moi et du coup à la fin en fait j’avais vraiment perdu le feu sacré. » Le besoin d’un nouveau défi, d’un nouveau challenge, s’est imposé, et l’entrepreneuriat était la réponse évidente.

Dépasser la peur de l’inconnu et le besoin de sécurité

La peur principale de Mike n’était pas tant liée à la sécurité financière, mais à la crainte de se lasser. « D’raer de Paris ce que j’avais peur, c’est de m’en lasser en fait. Je me suis dit la séduction c’est sympa. Mais si je fais ça à plein temps, est-ce que je vais pas me lasser ? […] Et si je perds le feu sacré qu’est-ce que je vais faire après, tu vois ? »

Pour se prémunir de ce risque, il a créé d’autres activités en parallèle, comme le copywriting. Cette diversification lui a permis de sauter le pas avec plus de sérénité, en s’assurant de toujours avoir des projets stimulants pour nourrir sa motivation.

La loi de Parkinson : le piège de la productivité après la démission

Une fois la démission posée et la liberté du plein temps acquise, un nouveau défi apparaît : celui de la gestion du temps et de la productivité. Mike a découvert à ses dépens ce que l’on appelle la loi de Parkinson : le travail s’étale de façon à occuper le temps disponible pour son achèvement.

L’avantage caché du salariat : une contrainte qui force à l’essentiel

Ironiquement, avoir un job à côté de son business est un avantage. « Avoir un travail, ça te prend 7h dans la journée minimum. Donc ça veut dire que tu as plus que le soir pour travailler sur ton business, ce qui te fait maximum 2 à 3h par jour. » Cette contrainte de temps oblige à être extrêmement efficace et à se concentrer uniquement sur les actions à plus fort impact.

« Avoir cette limite de temps, ça t’oblige à aller à l’essentiel et à réfléchir en 20/80, à réfléchir avec la loi de Pareto pour te dire c’est quoi le levier qui va m’apporter le plus de résultats. » C’est cette discipline, imposée par les circonstances, qui lui a permis de construire un business solide.

Tomber dans le panneau : multiplier les actions à faible impact

En passant à plein temps, cette contrainte disparaît. Et même en ayant conscience du principe, le piège se referme. « Je suis passé à plein temps sur mon activité et là bah ça a été ça a été la fête. J’ai commencé à faire des funnels partout, j’ai commencé à dire « vas-y, tiens, on va monter un compte Instagram, on va faire ci, on va faire ça. » »

Le résultat ? Beaucoup d’agitation pour peu de résultats concrets. « Ça fait très peu de différence à la fin. C’est-à-dire les leviers que j’avais actionné quand j’avais mon travail de salarié à côté, ce sont toujours ceux qui marchent le mieux aujourd’hui et tout ce que j’ai essayé d’actionner […] bah c’est jamais devenu des leviers majeurs. » C’est une leçon fondamentale : travailler plus ne signifie pas produire plus de résultats.

La culpabilité de ne pas travailler assez et la recherche d’un nouvel équilibre

Cette nouvelle liberté a engendré une forme de dissonance cognitive. « Quand je travaille que 4 heures par jour, je culpabilise un peu parce que j’ai un peu une mentalité allemande, c’est-à-dire le travail ça fera toujours partie de ma vie. » Il se retrouvait tiraillé entre le sentiment de devoir travailler plus pour justifier son statut d’entrepreneur et la conscience que travailler trop le mènerait à des actions inutiles.

La solution, une fois de plus, a été la diversification. « C’est en ayant d’autres activités à côté, ce qui fait que je passe pas plus de 3-4 heures par jour sur D’raer de Paris et du coup comme ça avec ça, je peux passer une ou 2 heures sur un autre business. » En se recréant des contraintes, il s’oblige à rester focalisé sur les leviers les plus significatifs pour chaque projet.

Identifier ses leviers de croissance : la méthode du Jukebox

Le cœur de la stratégie de Mike repose sur l’identification et l’exploitation des actions les plus rentables, selon la fameuse loi de Pareto. Mais comment appliquer ce principe concrètement et éviter de s’éparpiller ?

Le principe du 20/80 : est-ce seulement une analyse rétrospective ?

La question se pose souvent : la loi du 20/80 n’est-elle pas simplement un constat que l’on fait après coup ? Pour Mike, c’est un jeu itératif. « Une fois que tu les as fait, tu peux les identifier et c’est un jeu itératif en fait. » L’idée est de constamment analyser ce qui a fonctionné par le passé pour guider les actions futures. Le levier principal pour Dragueur de Paris a toujours été le même : Google. Le référencement organique est son canal d’acquisition le plus puissant.

La métaphore du Jukebox : miser sur les canaux existants ou en construire de nouveaux ?

Pour illustrer sa pensée, Mike utilise une métaphore puissante. « Le 20/80, c’est un peu comme un jukebox. C’est-à-dire aujourd’hui mon jukebox c’est Google et j’ai le choix entre mettre des pièces dans le jukebox et avoir la musique qui joue et c’est cool ou bien construire un autre jukebox dans lequel je pourrais aussi mettre des pièces. »

La tentation est grande de vouloir construire de nouveaux jukebox (lancer une chaîne TikTok, un compte Instagram, etc.). « Mais en attendant pendant ce 1 an et demi où tu vas construire le second jukebox, c’est du temps que tu aurais aussi pu passer sur le premier. » La leçon est claire : avant de chercher à se diversifier à tout prix, il est souvent plus rentable de continuer à investir dans les canaux qui ont déjà prouvé leur efficacité.

Foire aux questions

Pourquoi quitter un CDI est-il difficile même avec un business rentable ?

Quitter un CDI est difficile car cela implique de renoncer à une sécurité et à une carrière tracée, surtout quand le poste est intéressant et offre des avantages comme des voyages. La décision va au-delà du financier et touche à l’identité, aux habitudes et à la peur de se lasser de son propre projet.

« En fait, j’étais bien dans mon boulot d’avant dans le sens où je sais où j’allais finir dans 5 ans, dans 10 ans, dans 15 ans […] et D’raer de Paris ce que j’avais peur, c’est de m’en lasser en fait. » – Mike

Comment un business peut-il s’adapter à une crise comme le Covid-19 ?

Un business peut s’adapter en faisant preuve de résilience et de créativité. Il faut analyser les nouveaux problèmes des clients et modifier son offre en conséquence, par exemple en déplaçant des services physiques en ligne (relooking sur Zoom) ou en inventant de nouvelles pratiques (le « home dating »).

« Le Covid, c’est un avantage d’un certain point de vue, d’un point de vue business j’entends, parce que ça te force à être résilient. […] Tu fais face à un événement qui a des conséquences assez fortes et tu dis comment je peux rendre mon entreprise la plus résiliente possible face au changement. » – Mike

Qu’est-ce que la loi de Parkinson et comment affecte-t-elle les nouveaux entrepreneurs ?

La loi de Parkinson stipule que le travail s’étend pour occuper tout le temps disponible. Pour un entrepreneur qui quitte son job, le passage de 2-3 heures par jour à une journée entière peut mener à une baisse de productivité, car il se met à travailler sur des tâches à faible impact pour simplement « remplir » son temps.

« Quand je suis passé à plein temps sur D’raer de Paris, j’avais beau avoir totalement conscience de ça, je me suis quand même fait piéger parce que […] j’ai commencé à faire plein de choses que je n’avais pas le temps de faire avant et en fait, ça fait très peu de différence à la fin. » – Mike

Est-ce qu’avoir un travail salarié peut être un avantage pour lancer son business ?

Oui, le salariat peut être un avantage car le temps limité (2-3 heures le soir) oblige à se concentrer sur l’essentiel et à appliquer la loi de Pareto (20% des actions pour 80% des résultats). Cette contrainte force à une grande efficacité et à ne pas s’éparpiller.

« Avoir cette limite de temps, ça t’oblige à aller à l’essentiel et à réfléchir en 20/80, à réfléchir avec la loi de Pareto pour te dire c’est quoi le levier qui va m’apporter le plus de résultats. » – Mike

Comment identifier les actions les plus importantes pour son business (loi de Pareto) ?

Identifier les actions les plus importantes est un processus itératif. Il faut analyser ce qui a fonctionné dans le passé (par exemple, un canal d’acquisition comme Google) et continuer d’investir du temps et des ressources dans ce levier, plutôt que de chercher constamment à construire de nouveaux canaux moins performants.

« Une fois que tu les as fait, tu peux les identifier et c’est un jeu itératif en fait. C’est la semaine prochaine, je fais le mieux de ce que j’ai fait cette semaine. » – Stan Leloup (approuvé par le contexte de la discussion)

Comment les rencontres ont-elles évolué avec la pandémie ?

Avec la fermeture des lieux publics comme les bars et les cafés, les rencontres ont dû être réinventées. Une nouvelle pratique, le « home dating », a émergé, consistant à organiser le premier rendez-vous directement chez l’un ou chez l’autre. Cela a nécessité de développer une plus grande confiance en amont via la discussion.

« On a entre guillemets inventé une nouvelle méthode qu’on a appelé le home dating. Et le home dating, ça veut dire que maintenant au lieu de faire des rendez-vous au café, tu les fais directement soit chez toi soit chez la femme avec qui tu es en train de parler. » – Mike

Comment gérer son temps efficacement quand on passe à plein temps sur son projet ?

Pour rester efficace, il faut se méfier de la loi de Parkinson et éviter de remplir son temps avec des tâches non essentielles. Une solution est de se recréer des contraintes, par exemple en diversifiant ses activités, pour ne consacrer que quelques heures par jour à chaque projet et ainsi rester focalisé sur les leviers principaux.

« Je passe peu de temps sur chaque business, mais à chaque fois je me concentre sur les leviers qui sont les plus significatifs. » – Mike

Faut-il se diversifier ou se concentrer sur un seul canal d’acquisition ?

La priorité est de se concentrer sur le canal d’acquisition qui fonctionne déjà (le « Jukebox »). Il est plus rentable d’investir du temps à optimiser ce canal existant que de passer des mois à construire un nouveau canal qui ne sera peut-être jamais aussi performant. La diversification peut venir plus tard.

« Le 20/80, c’est un peu comme un jukebox. C’est-à-dire aujourd’hui mon jukebox c’est Google et j’ai le choix entre mettre des pièces dans le jukebox et avoir la musique qui joue […] ou bien construire un autre jukebox. » – Mike


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