De coursier à vélo à expert sur YouTube : la naissance d’une audience
L’histoire d’Harry JMG est de celles qui bousculent les idées reçues. L’homme qui s’est tatoué lui-même « Just do it » sur le poignet avec une aiguille et de l’encre incarne une philosophie de l’action brute. Son parcours est une succession de pivots audacieux : coursier à vélo, puis le coursier à vélo le plus célèbre de France grâce à YouTube, créateur de logiciel, consultant et enfin, développeur freelance. Ce cheminement illustre parfaitement comment devenir freelance en capitalisant sur chaque expérience.
Tout commence sur YouTube. Comme beaucoup, Harry est un grand consommateur de vidéos avant de devenir créateur. « J’avais toujours voulu commencer à faire des vidéos et tout parce que je regardais vraiment beaucoup », confie-t-il. Inspiré par des chaînes de vulgarisation historique avec des animations, il tente d’abord de suivre cette voie. « Je me suis dit moi aussi il faut que j’apprenne des choses aux gens de cette manière-là. »
Cependant, il se heurte rapidement à la complexité technique : « Je me suis vite rendu compte que c’était vraiment compliqué de faire des animations comme ça. Du coup, je me suis rabattu sur mon beau visage. » C’est ainsi qu’il se lance face caméra, un exercice qui n’était pas si naturel au début. « Ma première vidéo, je me rappelle encore… tu te rends compte que tu n’arrives pas à parler devant une caméra en fait. J’essaie de parler et puis je me dis : putain mais c’est nul ce que je dis là. »
Le sujet qui va lancer sa chaîne est son propre job étudiant : coursier à vélo pour Stuart. Un métier alors nouveau et intriguant. « C’était un job qui venait d’arriver un peu sur Paris et en France […] et ça changeait vachement de tous les autres petits jobs qu’on pouvait faire à l’époque. » Il se met alors à documenter son quotidien, parfois avec une vidéo par jour, expliquant le fonctionnement du métier. Ses vidéos trouvent rapidement une audience, car il répond à une curiosité et un besoin d’information sur ce nouveau secteur. Sans le savoir, il était en train de devenir un expert dans sa niche, celle des coursiers à vélo, ce qui lui ouvrira plus tard des opportunités imprévues.
L’école 42 vue de l’intérieur : apprendre à devenir développeur freelance
Avant de devenir développeur freelance, Harry a suivi un parcours de formation atypique. Après un bac S, « le truc le plus large possible », et une première année de licence d’informatique, il rejoint la toute première promotion de l’École 42, la fameuse école fondée par Xavier Niel.
Une pédagogie unique : sans profs ni cours
Qu’est-ce que l’École 42 ? Harry la décrit comme « une école qui se revendique comme étant unique, qui apprend la programmation à des jeunes qui sont pas forcément diplômés […] et c’est réputé comme étant difficile. » La particularité fondamentale de cette école réside dans sa pédagogie : « il n’y a ni prof ni cours et c’est uniquement basé sur des projets. »
Mais alors, comment apprend-on concrètement ? « Tu arrives le matin déjà, il faut que tu arrives le matin parce qu’il faut se motiver […] ce qui se passe en fait c’est que tu as des projets à faire, des projets qui ont l’air archi compliqués. […] Et en fait tu es totalement perdu au début, tu avances avec tes voisins, tu te débrouilles en fait, c’est la vraie vie quoi. C’est la vraie vie mais dans une école. » L’apprentissage se fait par la recherche, l’entraide et l’expérimentation. « Tu apprends à chercher, tu apprends à trouver et puis ça finit par fonctionner. »
La compétence clé : apprendre à apprendre par soi-même
Ce modèle ne convient pas à tout le monde. Harry a vu beaucoup de gens « arrêter complètement 42 très rapidement parce qu’ils sentent qu’ils sont trop lâchés dans la nature. » Mais pour lui, l’expérience a été fondatrice. La méta-compétence qu’il en a tirée est bien plus importante qu’un langage de programmation spécifique : « Ce que j’ai tiré de 42, c’est vraiment ça, c’est cette compétence de se dire on est capable de tout en fait. Tu peux tout faire par toi-même, il suffit de chercher. »
Cette capacité à se former en continu est le socle de sa carrière de développeur. C’est ce qui lui permet aujourd’hui d’accepter des missions même sans être un expert absolu du sujet. « Il y a des fois des missions que je prends et je suis pas forcément expert, tu vois. Tu cherches un peu sur Google et puis tu finis par trouver la solution. Je me considère comme quelqu’un qui arrive à toujours trouver la solution. » Cette autonomie est l’une des compétences freelance les plus précieuses.
Comment trouver ses premiers clients : la méthode « bourrin » qui fonctionne
Bien avant de professionnaliser sa démarche, Harry a eu une première expérience pour trouver ses premiers clients alors qu’il n’était qu’au lycée. Son approche, qu’on pourrait qualifier de « méthode bourrin », est un exemple génial de logique et de simplicité.
Il voulait gagner de l’argent en créant des sites web, un domaine où il avait entendu que les tarifs pouvaient être élevés. Pour trouver des prospects, il a eu une idée brillante. « Pour trouver mes premiers clients, j’allais sur des annuaires. […] À l’époque, les conseils en référencement, c’était de s’inscrire sur des annuaires pour que ton lien apparaisse un peu partout. »
Son raisonnement était simple : ceux qui suivent ces conseils de débutants sont… des débutants. « Étant donné que je savais que les débutants faisaient ça pour se faire référencer, je pouvais trouver directement les débutants sur ces annuaires là. Je classais par date d’arrivée puis je regardais les sites les plus nuls, vraiment les plus moches. Et ces mecs-là, je les contactais […] et je leur proposais de les aider. »
Et contre toute attente, ça a fonctionné. « Ça a marché. C’est fou que ça a marché », s’étonne-t-il encore. Certes, les budgets n’étaient pas énormes. « À l’époque on me donnait 300 € par mois, j’étais trop content. J’étais au lycée, j’avais jamais gagné d’argent. » Mais cette expérience précoce lui a prouvé qu’il était possible de monétiser ses compétences et que parfois, les stratégies les plus directes sont les meilleures, surtout quand on débute.
Shift Heroes : comment trouver une opportunité de business que personne ne voit
Le projet Shift Heroes est sans doute l’exemple le plus marquant de la capacité d’Harry à trouver une opportunité de business cachée à la vue de tous. Alors qu’il était coursier à vélo, il a décelé une faille dans le système de rémunération de Stuart.
À l’époque, pour garantir une présence constante de coursiers, Stuart payait à l’heure de disponibilité, et non à la course. « On était payé à être disponible pendant des créneaux horaires. […] C’était 9 € l’heure de 8h à 23h et pendant 90 % du temps, j’étais chez moi à attendre une course », explique Harry. Pour obtenir ces créneaux payés, il fallait être le plus rapide à s’inscrire en ligne le samedi matin. Le système était simple : premier arrivé, premier servi.
En tant que développeur, Harry a immédiatement vu comment prendre l’avantage. « Ce que j’ai fait, c’est que j’ai mis au point un script qui allait me permettre de toujours avoir ces créneaux, d’être sûr de cliquer entre guillemets en premier. » Grâce à son script, il a monopolisé les créneaux les plus rentables. « À partir de là, j’avais tous les créneaux tout le temps, toutes les semaines. […] J’étais payé à travailler 15 heures par jour, 7 jours sur 7. » Cette astuce lui a permis de générer des revenus conséquents en étant étudiant, simplement en exploitant une inefficacité temporaire du marché.
Pré-vendre une formation pour 10 000 € : les leçons d’un lancement
Fort de son audience sur YouTube et de son expertise, Harry a décidé de se lancer dans un nouveau projet : créer sa première formation en ligne. Pour valider l’idée, il a utilisé la technique de la pré-vente, une méthode qui lui a permis de générer 10 000 € avant même d’avoir créé le moindre contenu.
La douleur de créer sa première formation en ligne
Si la pré-vente a été un succès financier et une excellente validation du marché, la phase de création s’est avérée être une véritable épreuve. « Ça a été une certaine douleur de créer sa première formation », admet-il. L’ambition de départ était peut-être trop élevée, et le processus de production s’est avéré beaucoup plus lourd que prévu. Cette expérience met en lumière un piège classique pour les créateurs : sous-estimer l’effort nécessaire pour produire un contenu de qualité après avoir encaissé l’argent des pré-ventes.
Le plaisir du revenu passif et des ventes automatiques
Malgré les difficultés de la création, le résultat final a apporté une immense satisfaction. Une fois la formation en place, Harry a découvert le plaisir des revenus passifs. « Le plaisir de pouvoir faire des ventes dans l’automatique et d’avoir une source de revenus qui tourne toute seule », surtout à un moment où il était moins actif sur sa chaîne YouTube. Cette expérience, bien que douloureuse, a été une étape cruciale dans son parcours d’entrepreneur, lui enseignant les réalités de la création de produits numériques et les avantages d’un système de vente automatisé.
Les compétences essentielles pour devenir un « super freelance »
Le parcours d’Harry illustre parfaitement un point crucial : pour devenir freelance et réussir sur le long terme, les compétences techniques ne sont qu’une partie de l’équation. C’est ce que l’hôte du podcast, Stan, appelle le concept du « super freelance ».
« Si vous voulez devenir freelance, […] le fait d’avoir des compétences monétisables, c’est que une partie du puzzle. Il faut aussi bien sûr avoir ces compétences qui vont être autour de la gestion de projets et surtout de la vente. » Toutes les entreprises recherchent de bons prestataires, mais elles font souvent appel à leurs réseaux internes. Pour un freelance externe, percer ces réseaux est un défi.
Comment y parvenir ? En développant sa crédibilité, sa capacité à se vendre et à gérer des projets de manière professionnelle. Un développeur front end freelance comme Harry n’est pas seulement payé pour son code, mais aussi pour son autonomie, sa fiabilité et sa capacité à s’intégrer dans une équipe et à livrer un résultat. « Je suis le mec qui sait faire ça. Pour eux, je suis le gars qui sait faire ça, donc c’est ce que je fais. Côté autonome quoi, tu fais ton truc. Carrément », résume Harry à propos de son positionnement en mission.
En conclusion, le parcours d’Harry JMG est une source d’inspiration pour quiconque souhaite se lancer. Il montre que les chemins non conventionnels sont souvent les plus riches en apprentissages. De la débrouillardise de ses débuts à l’expertise technique acquise à 42, en passant par son flair pour les opportunités et sa capacité à construire une audience, chaque étape a ajouté une brique essentielle à son édifice de « super freelance ».
FAQ sur le parcours pour devenir freelance
Comment Harry JMG a-t-il trouvé ses premiers clients en tant que développeur freelance ?
Alors qu’il était encore au lycée, Harry a utilisé une méthode originale : il a parcouru des annuaires en ligne où les débutants s’inscrivaient pour le référencement. Il repérait les sites les moins professionnels, contactait leurs propriétaires et leur proposait ses services pour les améliorer.
« Je classais par date d’arrivée puis je regardais les sites les plus nuls vraiment les plus moches. Et ces mecs là, je les contactais et je leur proposais du coup de les aider. Et ça a marché. »
Quelle est la pédagogie de l’école 42 selon un élève de la première promotion ?
Selon Harry, qui a fait partie de la première promotion, l’École 42 a une pédagogie basée sur l’autonomie totale. Il n’y a ni professeurs ni cours ; les étudiants apprennent en réalisant des projets complexes par eux-mêmes, en cherchant des solutions et en collaborant avec leurs pairs.
« Ce qui se passe en fait c’est que tu as des projets à faire […] tu es totalement perdu au début, tu avances avec tes voisins, tu te débrouilles en fait, c’est la vraie vie mais dans une école. »
Est-il possible de pré-vendre une formation sans l’avoir créée ?
Oui, c’est tout à fait possible et c’est ce qu’a fait Harry. Il a utilisé son audience sur YouTube pour pré-vendre une idée de formation, ce qui lui a permis de récolter 10 000 €. Cette méthode valide l’intérêt du marché avant d’investir du temps dans la création du contenu.
« On parlera ensuite de YouTube et notamment de comment est-ce que vous pouvez trouver votre audience et comment est-ce que Harry a pu prévendre une formation pour 10 000 €. »
Comment devenir un expert reconnu dans une niche grâce à YouTube ?
Harry est devenu l’expert français des coursiers à vélo en documentant simplement son quotidien dans ce métier sur sa chaîne YouTube. En créant régulièrement du contenu utile et authentique sur un sujet spécifique, il a attiré une audience qualifiée et s’est positionné naturellement comme une référence.
« Comment est-ce que Harry est devenu l’expert français sur la question des coursiers à vélo à travers quelques vidéos YouTube. »
Quelles sont les compétences les plus importantes pour réussir en freelance au-delà de la technique ?
Au-delà des compétences techniques, les freelances qui réussissent, ou « super freelances », doivent maîtriser la vente, le networking et la gestion de projet. La capacité à trouver des clients, à démontrer sa crédibilité et à gérer une mission de manière autonome est cruciale.
« Il faut aussi bien sûr avoir ses compétences qui vont être autour de gestion de projets et surtout de vente. »
Comment passer de coursier à vélo à développeur informatique ?
La transition d’Harry s’est faite grâce à une formation en autodidacte et à l’École 42, qui lui a appris à apprendre. Il a capitalisé sur ses compétences en programmation, qu’il considérait au départ comme un hobby, pour en faire son métier principal, montrant qu’une reconversion est possible avec de la détermination.
« Je me rendais pas compte que la programmation […] c’était une compétence que j’ai que je peux vendre. Pour moi, je ne le voyais pas comme ça. »
Pourquoi est-il crucial d’apprendre à apprendre par soi-même pour un développeur ?
Le domaine de la technologie évolue constamment. La capacité à apprendre par soi-même, que Harry a développée à l’École 42, est plus importante que la maîtrise d’un langage spécifique à un instant T. Elle permet de rester pertinent, de s’adapter et de trouver des solutions à des problèmes nouveaux.
« Ce que j’ai tiré de 42, c’est vraiment ça, c’est cette compétence de se dire on est capable de tout en fait. Tu peux tout faire par toi-même, il suffit de chercher. »
Quelle était l’opportunité de business qu’Harry JMG a saisie avec les coursiers à vélo ?
Harry a remarqué que les créneaux de travail des coursiers, payés à l’heure de disponibilité, étaient attribués sur la base du « premier arrivé, premier servi ». En tant que développeur, il a créé un script informatique (Shift Heroes) qui réservait automatiquement les meilleurs créneaux pour lui, lui garantissant un revenu maximal.
« Ce que j’ai fait, c’est que j’ai mis au point un script qui allait me permettre de toujours avoir ces créneaux, d’être sûr de cliquer entre guillemets en premier sur le truc. »




