Logo de l'épisode FAQ #6 : Pourquoi Marketing Mania n'est (toujours) pas aux US du podcast Marketing Mania - Conversations d'entrepreneurs

FAQ #6 : Pourquoi Marketing Mania n’est (toujours) pas aux US

Épisode diffusé le 2 juin 2020 par Marketing Mania

Écouter l'épisode :

Comment trouver une idée de business viable quand on part de zéro ?

« Comment identifier des opportunités quand on démarre ? » C’est la question que m’a posée Helio, un auditeur du podcast, qui a 4 mois devant lui pour lancer une boîte. C’est une excellente question qui cache en réalité deux problèmes fondamentaux à résoudre pour quiconque souhaite entreprendre.

Les deux piliers pour trouver une idée de business : valeur et avantage concurrentiel

Pour trouver une idée, il faut résoudre deux problèmes. Le premier, c’est celui de la valeur : comment pouvez-vous apporter de la valeur aux gens ? Autrement dit, comment pouvez-vous résoudre un de leurs problèmes ? Pour moi, le meilleur algorithme pour ça, c’est celui du « problème dur ».

J’en ai souvent parlé, un problème dur est un problème qui est douloureux, urgent et reconnu. Est-ce que vous pouvez identifier un tel problème pour lequel les gens n’ont pas encore la bonne solution ? C’est le point de départ de toute offre de valeur.

Le deuxième problème, c’est celui de votre avantage concurrentiel. C’est une chose que les gens aient un problème, mais qu’est-ce qui vous fait croire que vous, en sortant de nulle part, allez le résoudre mieux que les autres ? Comme je l’explique, « c’est aussi simplement d’un point de vue de possibilités techniques, c’est-à-dire que si les gens ont un certain problème, ils arrivent pas à le résoudre parce que ce problème est compliqué à résoudre. Qu’est-ce qui te fait penser que tu vas pouvoir le résoudre là où personne d’autre n’y arrivait ? »

La réponse à ces deux questions, la valeur et l’avantage concurrentiel, n’est jamais évidente. Et c’est normal. Personne ne devrait croire que c’était facile. Ce sont deux défis spécifiques et complexes à relever.

Le défi des 4 mois : pourquoi est-ce si court pour lancer un business ?

Maintenant, abordons la contrainte de temps. Est-il possible de trouver une idée de business et de la lancer en seulement 4 mois ? Ça me semble un peu court pour vraiment monter une boîte solide. Rien que le fait de trouver ce qu’on appelle le Product Market Fit, c’est-à-dire un produit qui répond à un vrai besoin du marché, peut prendre beaucoup de temps.

« C’est pas déraisonnable d’imaginer passer 6 mois, passer 1 an quand tu lances un business à vraiment gratter, gratter, gratter pour trouver la solution. » Si votre horizon est de 4 mois, cela devient beaucoup plus facile si vous ne partez pas de zéro. Par exemple, si vous êtes déjà développeur web, vous pouvez utiliser ces 4 mois pour vous lancer en freelance. Vous avez déjà un avantage compétitif (vos compétences) et un problème à résoudre bien identifié. Vous avez déjà une sorte de Product Market Fit.

En revanche, si vous partez de rien et que vous devez à la fois identifier le problème, développer les compétences pour le résoudre, et construire votre avantage, cela prend beaucoup plus de temps. C’était ma situation quand j’ai commencé : « j’ai pas commencé dans le business en ligne en disant tiens, je suis expert du copywriting. […] ça m’a pris beaucoup plus de 4 mois de comprendre simplement quel était le besoin […] et quel était l’avantage que moi je pouvais développer. »

Le paradoxe des idées : pourquoi les entrepreneurs établis en ont-ils trop ?

C’est un phénomène fascinant que j’appelle le paradoxe des idées. Demandez à n’importe quel entrepreneur établi, il a des dizaines d’idées en attente. « Il a un dossier ‘idée à faire un jour’ qu’il a pas le temps de faire. » Chaque semaine, de nouvelles idées émergent, mais elles sont souvent mises de côté car elles représentent une distraction par rapport au projet principal.

Alors, pourquoi un entrepreneur établi a-t-il autant d’idées, tandis qu’une personne qui débute a tant de mal à en trouver une seule ? La réponse résout ce paradoxe : les idées ne viennent pas de nulle part. Elles naissent de deux choses : la compréhension du contexte et les compétences.

1. La compréhension du contexte : Plus vous comprenez un marché, ses acteurs, ses besoins, ses tendances, plus vous êtes capable d’identifier des problèmes et des solutions potentielles. Le fait de bien connaître la publicité en ligne, le SEO ou la création de contenu me permet, quand une idée émerge, de visualiser immédiatement comment la mettre en œuvre, quelles seraient les sources de trafic, etc.

2. Les compétences : Plus vous savez faire de choses, plus vous pouvez connecter les points. Si vous maîtrisez le marketing, la vente, le copywriting, vous pouvez regarder une idée et vous dire : « Je pense que je peux percer dessus parce que j’ai ces compétences ». C’est là que les idées deviennent juteuses et réalisables.

La recette secrète : développer son contexte et ses compétences

Si aujourd’hui, vous n’avez ni ce contexte, ni ces compétences, votre stratégie sur les 4 mois à venir doit être entièrement focalisée sur une chose : comment les obtenir ? Il y a des moments dans une carrière pour exploiter ses acquis et générer du cash, et d’autres pour apprendre et construire ces acquis.

Mon père m’a donné un conseil précieux lors de mon premier stage : « ça sert à rien dans un stage d’optimiser pour gagner le plus d’argent. Il vaut beaucoup mieux faire un stage qui a du potentiel qui va t’apprendre des choses qui vont t’amener sur quelque chose après. » C’est la même logique pour votre premier projet entrepreneurial. L’objectif n’est pas de créer un business qui fait des millions immédiatement, mais de construire la première brique de compétences et de contexte qui vous le permettra plus tard.

Apprendre avant de gagner : la stratégie long terme

Avoir un plan sur 4 mois est en fait une bonne chose, car cela évite de faire des plans sur la comète. Plutôt que de viser un succès fulgurant et irréaliste, dites-vous : « je vais faire 4 mois, je vais peut-être pas faire un truc de ouf mais je vais apprendre et je vais construire une vraie brique qui va ensuite me donner le contexte et les compétences de faire un truc qui va être un cran plus gros après. » Focalisez-vous sur l’apprentissage.

Quand j’étais au lycée, j’ai travaillé pendant deux étés dans une entreprise qui créait des sites web de niche. Mon travail consistait à écrire des articles et à soumettre des liens à des annuaires en ligne, une technique de SEO de l’époque. « Je me rendais pas du tout compte à l’époque […] que j’avais pas la curiosité vraiment de comprendre tout ce qu’il y avait derrière. » Si j’avais été plus curieux, j’aurais pu comprendre le business model et lancer mes propres sites de niche bien plus tôt. J’étais au cœur d’un système qui fonctionnait, mais je n’ai pas su en tirer tout le contexte.

Mon plan d’action pour vous : comment s’intégrer dans un écosystème

Pour développer rapidement contexte et compétences, la meilleure stratégie est de rentrer dans un écosystème existant. En 4 mois, en partant seul, vous apprendrez des choses, mais vous n’aurez pas le temps de construire un réseau et un contexte suffisants.

Voici deux manières de procéder :

1. Bosser dans une entreprise existante : Trouvez un stage ou un petit job. L’objectif est d’observer, de poser des questions et de comprendre les rouages.

2. Travailler en tant que freelance : Choisissez une compétence qui vous intéresse (copywriting, SEO, montage vidéo…) et proposez vos services. Au début, ne cherchez pas à maximiser vos revenus. « Si tu fais des projets effectivement, tu te fais payer peut-être un peu moins […] mais ça te permet d’avoir des projets, d’avancer, de mettre les pieds dans le truc, tu vas apprendre, tu vas gagner du contexte. »

Idéalement, essayez d’être proche de la vente, du marketing, du client. C’est là que vous aurez la vision la plus globale. Une des meilleures positions est celle d’assistant d’un petit entrepreneur. « Être homme à tout faire, assistant d’un petit entrepreneur, c’est pas forcément la meilleure manière de gagner un maximum d’argent, mais c’est la meilleure manière d’avoir la vision entière du business. »

En 4 mois, vous ne créerez peut-être pas l’entreprise de vos rêves, mais vous aurez mis les pieds dans le milieu, commencé à construire un réseau et développé de vraies compétences. Vous aurez pris une étape d’avance cruciale sur tous ceux qui attendent l’idée parfaite sans jamais se salir les mains.

Dans les coulisses du podcast : mon processus technique pour les interviews

Félix m’a posé une question plus technique : comment est-ce que je gère les invités sur le podcast, de la prise de rendez-vous à l’enregistrement ?

La prise de rendez-vous automatisée

Tout commence par la planification. J’utilise des outils comme YouCanBook.me ou Calendly. Ces logiciels permettent à l’invité de voir mes disponibilités et de réserver un créneau directement dans mon calendrier. C’est un système totalement automatisé qui envoie une invitation et bloque le créneau pour éviter les doubles réservations.

Plus important encore, j’automatise des emails de relance. Ces emails rappellent le rendez-vous à l’invité mais lui donnent aussi des instructions claires : « si tu as un bon micro, amène ton micro et il faut que tu aies des écouteurs et il faut que tu sois dans un endroit calme pour pouvoir enregistrer. »

L’enregistrement : pourquoi j’utilise Zoom et l’enregistrement local

L’appel se fait via Zoom. Pourquoi Zoom ? D’après mon expérience, c’est l’outil le plus stable, surtout pour les appels internationaux. Mais sa fonctionnalité la plus importante est la possibilité de séparer les pistes audio. « Tu vas avoir une piste son avec ta voix et une piste son avec la voix de ton invité. »

C’est absolument crucial pour le montage. Si une personne parle moins fort ou s’il y a un bruit de fond sur une des pistes, on peut corriger cela indépendamment. Si tout était sur une seule piste, ce serait impossible.

Cependant, Zoom reste mon backup. La meilleure qualité audio est obtenue par un enregistrement local. Je demande donc à mes invités d’enregistrer leur son directement sur leur ordinateur en même temps que l’appel Zoom. Pour cela, j’utilise et je recommande :

  • Audacity pour les utilisateurs de PC.
  • QuickTime pour les utilisateurs de Mac, qui est installé par défaut.

Pourquoi cette double précaution ? Parce que Zoom compresse le son pour maintenir la fluidité de l’appel, ce qui dégrade la qualité. L’enregistrement local est brut, non compressé et donc de bien meilleure qualité. Avoir un backup est essentiel, car on ne peut pas facilement réenregistrer une interview.

Comment attirer des invités de qualité sans preuve sociale ?

Cette deuxième partie de la question de Félix est intéressante. Comment faire venir de bons invités quand on n’a pas encore une grosse audience ou une grande notoriété ? La clé est de personnaliser son approche et de montrer que vous avez fait vos devoirs. Ne vous contentez pas d’un message générique. Montrez que vous connaissez leur travail, citez des points spécifiques qui vous ont marqué et expliquez clairement pourquoi ils seraient l’invité parfait pour votre audience. Proposez une valeur claire : une conversation intéressante, une mise en avant auprès d’une audience ciblée (même petite), et surtout, rendez le processus aussi simple que possible pour eux, comme avec le système d’enregistrement que je viens de décrire.

Questions fréquentes sur la recherche d’idées de business

Est-il vraiment possible de lancer un business rentable en seulement 4 mois ?

C’est très difficile si vous partez de zéro, sans compétence ni connaissance du marché. En 4 mois, il est plus réaliste de se concentrer sur l’acquisition de compétences et de ‘contexte’ de marché, qui vous serviront à construire une entreprise solide sur le long terme.

« 4 mois, ça me semble un peu court ici pour vraiment te dire OK, je vais monter une boîte, je vais monter un business et je veux construire quelque chose. […] si ton horizon de temps c’est 4 mois et en 4 mois, je vais accomplir quelque chose, ça peut être un peu compliqué. Je dis pas que c’est impossible […] mais ça va être beaucoup plus facile si tu pars pas de zéro. »

Qu’est-ce qu’un problème ‘douloureux, urgent et reconnu’ (DUR) ?

C’est un cadre pour évaluer la pertinence d’un problème que vous souhaitez résoudre. Un problème ‘douloureux’ a de fortes conséquences négatives, ‘urgent’ signifie qu’il doit être résolu rapidement, et ‘reconnu’ indique que le client est conscient de ce problème et cherche déjà une solution.

« Pour moi le meilleur algorithme pour comprendre si tu apportes de la valeur c’est vraiment cette algorithme de problème dur. Donc un problème qui est douloureux, urgent et reconnu. J’en ai souvent parlé. »

Pourquoi les entrepreneurs expérimentés semblent-ils avoir plein d’idées ?

Les bonnes idées ne viennent pas de l’inspiration pure, mais de la combinaison de deux éléments : une connaissance approfondie d’un marché (le contexte) et des compétences spécifiques. Les entrepreneurs établis baignent dans ce contexte et possèdent ces compétences, ce qui leur permet de connecter les points et de générer constamment de nouvelles idées.

« Les bonnes idées, elles viennent de deux choses. D’abord, elles viennent de la compréhension du contexte, donc la compréhension d’un marché […] Le deuxième élément qui est important, c’est simplement les compétences. C’est-à-dire plus tu sais faire des choses, plus tu vas pouvoir dire cette idée, je pense que je peux percer dessus. »

Quelle est la meilleure façon de développer des compétences entrepreneuriales quand on débute ?

La meilleure approche est de s’intégrer à un écosystème existant. Vous pouvez faire un stage, travailler en freelance, ou même devenir l’assistant d’un entrepreneur. L’objectif est de se ‘salir les mains’ pour apprendre par la pratique et obtenir une vision globale d’un business qui fonctionne.

« La meilleure manière de le faire, c’est trouver un moyen de t’intégrer dans une organisation, dans une entreprise, dans un système qui est existant, soit en te faisant engager, soit en tant que stagiaire, soit en tant que freelance et imaginer que tu vas apprendre un maximum sur les 4 mois. »

Vaut-il mieux se former ou se lancer directement dans l’entrepreneuriat ?

Au tout début, il est plus judicieux de prioriser l’apprentissage et le développement de compétences. Chercher à maximiser ses revenus immédiatement est une erreur de court terme. Un stage ou un projet freelance moins bien payé mais très formateur sera bien plus rentable sur l’ensemble de votre carrière.

« Quand tu démarres, souvent il vaut mieux miser sur le fait d’apprendre. Ça empêche pas de se faire payer, mais c’est un trade-off, c’est un équilibre à choisir entre les deux et souvent c’est ici sur le long terme que ça fonctionne le mieux. »

Pourquoi l’enregistrement local est-il crucial pour un podcast avec invités ?

L’enregistrement local permet d’obtenir la meilleure qualité audio possible. Les logiciels de visioconférence comme Zoom compressent le son pour assurer la fluidité de l’appel, ce qui dégrade la qualité. Un fichier audio enregistré localement est non compressé, offrant un son beaucoup plus clair et professionnel pour le montage final.

« Zoom pour maintenir la fluidité va quand même compresser le son donc le son en local sera meilleur. »

Quel logiciel utiliser pour enregistrer un podcast à distance ?

Il est recommandé d’utiliser une double approche. Utilisez Zoom pour la conversation et sa capacité à enregistrer des pistes audio séparées comme solution de secours. En parallèle, demandez à votre invité d’enregistrer sa propre piste audio en local avec un logiciel comme Audacity (sur PC) ou QuickTime (sur Mac).

« J’utilise Audacity sur mon PC et sur l’ordinateur de mon invité. […] Les gens qui utilisent un Mac, ils ont généralement QuickTime qui permet d’enregistrer ton son et qui est par défaut sur Mac. »

Comment éviter l’impatience quand on se lance dans le business ?

Il faut comprendre que construire quelque chose de solide prend du temps. L’erreur de jeunesse est de vouloir un ‘truc de ouf’ immédiatement. Pensez sur un horizon de 2 à 3 ans, en posant des briques solides (compétences, contexte, réseau) qui vous permettront de construire plus grand par la suite.

« Je pense aussi qu’il y a vraiment une erreur de jeunesse qui est l’impatience quoi. C’est vrai que quand tu commences […] tu veux dire OK dans les 4 mois, il faut que je fasse un truc de ouf. En réalité, c’est réalistiquement, il y a peu de chance que dans les 4 mois, tu fasses un truc de ouf. Maintenant il faut que tu penses sur un horizon de de 2 à 3 ans. »


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