Logo de l'épisode Comment monter un business sur YouTube - FAQ #3 du podcast Marketing Mania - Conversations d'entrepreneurs

Comment monter un business sur YouTube – FAQ #3

Épisode diffusé le 7 mai 2019 par Marketing Mania

Écouter l'épisode :

Le dilemme du créateur : le podcast face au géant YouTube

Bonjour et bienvenue. Aujourd’hui, on repart sur un format FAQ, concentré sur un sujet qui vous intéresse beaucoup : YouTube. Ma stratégie, comment faire des vidéos, ce que j’ai appris en 2 ans… on va couvrir tout ça.

Mais avant, il faut que je vous parle d’une sorte de crise d’identité que traverse ce podcast, Marketing Mania. J’ai commencé le podcast bien avant de me lancer sérieusement sur YouTube. Et depuis que la chaîne a explosé à un niveau que je n’aurais jamais imaginé, elle a bien sûr dépassé l’audience du podcast. Le podcast, c’est un peu ce grand frère qui a vu son petit frère prodige le dépasser. Il se demande un peu quel est son rôle aujourd’hui.

C’est pour ça que vous avez vu des changements de format. En ce moment, je fais plus de FAQ, comme aujourd’hui, et j’ai aussi invité Paul la semaine dernière pour parler des coulisses de la boîte. Je suis en train de réinventer le rôle du podcast dans mon écosystème. Les interviews, c’est passionnant, mais ça demande beaucoup de temps à organiser. C’est rigide, il faut planifier des semaines à l’avance, faire beaucoup de recherches. Face à ça, je me dis que le podcast a peut-être un rôle différent : celui de vous parler plus directement. Sur YouTube, mes vidéos sont très écrites, l’audience est énorme, je fais plus attention à ce que je dis. Le podcast, c’est plus confidentiel, c’est une manière de répondre directement à vos questions. On va donc probablement faire plus de ces formats FAQ.

Peut-on encore réussir sans se lancer sur YouTube ?

La première question nous vient de Jonathan, et elle va droit au but : « Salut Stan, j’aimerais me lancer dans la création de contenu et en vivre, notamment par la vente de formation, mais je ne suis pas à l’aise en vidéo et j’ai l’impression que sur YouTube, cela va être plus difficile et beaucoup plus long pour en vivre. […] En 2019, peut-on raisonnablement penser se lancer uniquement dans l’écrit ou l’audio et attirer suffisamment de trafic sur sa mailing list via son blog ou son podcast ? »

Merci Jonathan pour cette excellente question. Pour être très clair : non, tu n’es pas obligé de te lancer sur YouTube. Mais il faut être lucide, c’est aujourd’hui la meilleure plateforme. C’est la plus rapide et la plus puissante.

YouTube, la plateforme la plus puissante pour les créateurs

Il y a deux grands avantages sur YouTube. Le premier, c’est que l’audience se dirige de plus en plus vers la vidéo. C’est un format plus naturel pour beaucoup de gens que de lire un article ou même d’écouter un podcast. Regarder de la vidéo, tout le monde sait faire : on regarde des films, la télé, des vidéos sur Facebook… C’est un réflexe universel.

Le podcast, par exemple, s’adresse à une frange de la population qui a structuré sa vie pour pouvoir en écouter : pendant les trajets, en faisant la vaisselle, en marchant… Il y a ceux qui ont pris cette habitude, et les autres. La vidéo, elle, touche tout le monde.

En plus, la vidéo est un excellent moyen de créer une connexion. Imagine la différence : tu fais une recherche Google, tu tombes sur un article de blog, tu lis l’info et tu repars. La personnalité de l’auteur transparaît rarement. Sur une vidéo, même courte, la manière dont la personne parle, son énergie, tout ça transmet une émotion, une personnalité. C’est un élément très fort qui rend plus facile de fidéliser une audience.

Le double levier de YouTube : SEO et recommandations

La deuxième force de YouTube, et c’est la plus importante, c’est la découvrabilité. Les gens peuvent te trouver de deux manières.

Le premier levier, c’est le référencement (SEO). Les gens cherchent des mots-clés sur Google ou directement sur YouTube (le deuxième plus grand moteur de recherche au monde). Et à mon avis, le SEO sur YouTube est beaucoup plus facile que le SEO sur Google. Sur Google, il y a une prime énorme à l’ancienneté, aux backlinks, à la structure de ton site… C’est complexe. Le SEO sur YouTube est plus simple, il y a moins de paramètres à gérer. C’est avant tout une question de qualité de ton contenu, au sens où YouTube l’entend.

Le deuxième levier, c’est le système de recommandation interne de YouTube. Personne n’est aussi fort que YouTube là-dessus. Si ton contenu est de qualité – et par qualité, YouTube entend un truc mesurable : un bon taux de clic et une bonne durée de visionnage – il sera recommandé aux bonnes personnes. J’ai construit toute ma chaîne là-dessus. Mes vidéos ont peu de trafic via la recherche, j’optimise tout pour les recommandations. Et ça marche. L’algorithme me recommande régulièrement des chaînes avec 20 000 ou 50 000 abonnés. Même des ‘petites’ chaînes peuvent avoir une visibilité énorme parce que YouTube est très fort pour trouver la vidéo qui va t’intéresser.

Cette puissance de frappe n’existe presque nulle part ailleurs. Une vidéo qui marche bien peut être montrée à des centaines de milliers de personnes. Ça, c’est un truc qui n’existe que sur YouTube, surtout pour du contenu informatif.

Les alternatives à YouTube : blog et podcast, des stratégies à plus long terme

Alors, est-ce que tu peux réussir sans YouTube ? Oui. Mais ça ne sera pas aussi rapide. Sur YouTube, tu peux monter un business et en vivre en 6 mois, comme Thomas Routier l’a fait. Faire ça avec un blog aujourd’hui, c’est très rare. C’est un projet qui se construit sur le long terme.

Si tu choisis le blog, tes sources de trafic seront le SEO Google (plus difficile) et la viralité sur Facebook, qui marche moins bien pour le contenu informatif. Pour le podcast, tu as iTunes qui peut te recommander, mais c’est à des années-lumière de YouTube. Ta principale source de croissance sera le bouche-à-oreille. C’est très puissant, c’est ce qui a fait le succès de mes podcasts, mais c’est une viralité ‘à l’ancienne’, personne par personne. C’est beaucoup plus lent qu’une vidéo qui fait 50 000 vues par jour.

Comment percer sur YouTube quand on n’est pas à l’aise en vidéo ?

La raison que tu donnes pour ne pas vouloir utiliser YouTube, Jonathan, c’est que tu n’es pas à l’aise en vidéo. C’est là que je veux t’arrêter. C’est une fausse excuse.

‘Je ne suis pas à l’aise en vidéo’ : le faux prétexte qui vous bloque

Personne n’est censé être à l’aise en vidéo avant de commencer. Ce n’est pas inné. Je ne suis pas né en étant ‘à l’aise en vidéo’. Si tu regardes mes premières vidéos sur YouTube, je ne montrais même pas ma tête, je faisais une voix off. Quand j’ai commencé à me montrer, sur la vidéo sur Chandler de Friends par exemple, tu peux voir que je ne sais pas quoi faire de mes mains, je ne sais pas comment parler à la caméra. Je n’étais pas du tout à l’aise.

Pareil pour le podcast. Sur mes premiers podcasts, je parlais soit trop vite, soit j’articulais de manière excessive. Des gens se plaignaient dans les commentaires que je parlais comme un hypnotiseur. Ça m’a pris des dizaines, voire des centaines d’heures, avant d’être à l’aise dans un micro. Et encore aujourd’hui, je ne suis pas parfaitement à l’aise en vidéo. C’est quelque chose que j’ai pratiqué et appris.

Compenser le manque d’aisance par un contenu et un visuel forts

Aujourd’hui, je dirais que mon ‘jeu d’acteur’ face caméra est à 7/10. Passable, sans plus. Si mon script n’était pas intéressant, vous vous ennuieriez. Je n’ai pas un talent particulier. La clé, c’est de réfléchir à comment compenser ce manque d’aisance.

C’est exactement ce que j’ai fait. Le fait de savoir que je n’étais pas naturellement charismatique m’a forcé à travailler sur d’autres aspects pour rendre mes vidéos intéressantes. J’ai travaillé le contenu : les angles, les scripts, la structure, le storytelling. Et j’ai travaillé l’aspect visuel : le montage, les incrustations d’images, etc. Tout ça compense le fait que, face caméra, je suis juste ‘correct’.

Tu n’as pas besoin d’être un acteur pour réussir sur YouTube. En revanche, j’ai travaillé les autres aspects de mon contenu pour le compenser. Se fermer la porte de YouTube, qui est le meilleur canal aujourd’hui, pour cette raison, c’est dommage. C’est une compétence, et en tant qu’entrepreneur, tu devras constamment en apprendre de nouvelles.

L’arbitrage crucial : croissance de l’audience ou création de produits ?

Passons à la question d’Hugo, qui aborde un autre dilemme majeur : « Ma question concerne un de tes conseils, celui de se concentrer sur une seule chose à la fois. Le problème pour moi, c’est de prioriser entre la croissance de mon audience d’un côté et la création de produits de l’autre. […] J’ai peur que si je m’arrête pour créer un produit, je perde ce momentum. »

Merci Hugo, cette question me touche en plein cœur. C’est un dilemme avec lequel je vis depuis des années.

Le dilemme du créateur : pourquoi il est impossible de tout faire en même temps

Les vidéos YouTube que je produis demandent un énorme travail et une grande concentration. Les formations que je produis, c’est pareil, mais en fois trente. Faire les deux en parallèle n’a aucun sens. C’est comme s’entraîner en même temps pour un marathon et pour un sprint. Tu ne seras bon à aucun des deux et tu perdras un temps fou à switcher de contexte.

Quand je suis plongé dans la création d’une formation, si je dois faire un break pour tourner une vidéo, je dois décharger toute la formation de ma mémoire, puis tout recharger ensuite. C’est une perte de temps et d’énergie colossale. Il est donc logique de se concentrer sur une seule chose à la fois. Le problème, c’est que mes formations prennent 3 à 4 mois à faire. Que se passe-t-il sur la chaîne pendant ce temps ? La solution idéale serait de tourner des vidéos en avance, mais au rythme où je les produis, je ne peux jamais prendre assez d’avance pour couvrir une période de 4 mois.

La stratégie du ‘premier domino’ : identifier votre priorité n°1

Il faut accepter ce compromis et penser stratégiquement. À un instant T, il y a toujours une chose qui est plus importante que toutes les autres. Il faut identifier cette priorité, ce point de blocage qui, une fois résolu, fera levier sur tout le reste. C’est votre premier domino.

Imagine que tu pars de zéro et que tu veux atteindre 1000€ de chiffre d’affaires. Quel est ton premier domino ? C’est clairement de construire ton audience. Tu peux avoir le meilleur produit du monde, si tu as zéro audience, tu ne vendras rien. L’audience est le premier levier.

Maintenant, imagine que tu as atteint 1000 personnes sur ta liste email. Quel est ton prochain domino pour atteindre ces 1000€ par mois ? Est-ce que c’est de faire grossir ton audience à 10 000 personnes ? Non, car même avec 10 000 personnes, si tu n’as rien à vendre, ton chiffre d’affaires restera à zéro. À ce stade, la priorité bascule : elle devient la création d’un produit.

Une fois que ton produit est sorti et que tu l’as vendu à ton audience existante, la priorité rebascule. Le plus gros levier devient de trouver 1000 personnes de plus à qui vendre ce produit. Tu te reconcentres donc sur la croissance de l’audience. C’est un cycle.

Mon parcours : comment j’ai appliqué cette stratégie à Marketing Mania

C’est exactement ce que j’ai fait. Quand j’ai créé ma première formation, Copywriting Mania, j’avais déjà une petite audience. Ma priorité absolue était de créer ce produit. Pourquoi ? Parce que je devais valider mon angle sur le marché. Je voulais savoir si une formation sur le thème de ‘la méthode longue et difficile pour monter un business en ligne’ pouvait se vendre. C’était ma plus grande question. Une fois que la pré-vente a fonctionné, et que j’ai vu que ça se vendait, ma priorité a changé. Elle est devenue ‘comment faire grandir l’audience pour vendre cette formation à plus de monde’. Et c’est là que j’ai mis toute mon énergie sur YouTube.

FAQ : Vos questions sur la création de contenu et le business sur YouTube

Quelle est la meilleure plateforme pour se lancer dans la création de contenu ?

YouTube est actuellement la plateforme la plus puissante et la plus rapide pour se lancer. Elle combine une audience massive, un fort potentiel de découvrabilité grâce au SEO et à son algorithme de recommandation.

« Je dirais que très clairement euh tu n’es pas obligé de te lancer sur YouTube. Mais c’est clair que YouTube, c’est aujourd’hui la meilleure plateforme. C’est la plateforme qui est la plus rapide et qui est la plus euh puissante. »

Est-il possible de réussir avec un blog ou un podcast sans faire de vidéo ?

Oui, c’est possible, mais le processus est généralement plus lent. Le blog et le podcast ont des mécanismes de croissance différents, souvent basés sur un SEO plus compétitif pour le blog et le bouche-à-oreille pour le podcast.

« Faire un blog et 6 mois après avoir débuté ton premier blog en vivre aujourd’hui, c’est assez rare. C’est plus un truc qui va se construire sur le long terme… Le bouche à oreille, c’est probablement le canal le plus efficace sur un podcast… C’est beaucoup beaucoup plus lent qu’une vidéo qui est en train de décoller et fait 50000 vues par jour. »

Comment surmonter la peur de ne pas être à l’aise en vidéo sur YouTube ?

L’aisance en vidéo n’est pas un don inné, mais une compétence qui s’acquiert avec la pratique. Il est conseillé de commencer même si l’on n’est pas à l’aise et de compenser par la qualité du contenu, du script et du montage.

« La question, c’est que tu es pas censé être à l’aise en vidéo avant de commencer. C’est pas un truc qui est inné… Ça m’a pris en fait probablement des centaines d’heures ou au tout cas des dizaines d’heures au minimum avant d’être à l’aise de parler dans un micro. »

Comment fonctionne l’algorithme de recommandation de YouTube ?

L’algorithme de YouTube recommande les vidéos en se basant sur deux métriques clés : le taux de clic (est-ce que les gens cliquent sur la miniature) et la durée de visionnage (est-ce qu’ils regardent la vidéo longtemps). Si une vidéo performe sur ces deux points, YouTube la montrera à une audience plus large.

« Qualité aux yeux de YouTube, c’est un truc qui est mesurable, c’est le taux de clic, est-ce que les gens cliquent sur ta vidéo et c’est la durée de visionnage, est-ce que les gens regardent ta vidéo pendant longtemps. Si ton contenu est de qualité… ton contenu sera recommandé aux gens qui sont intéressés. »

Faut-il prioriser la croissance de son audience ou la création de produits ?

La priorité dépend de votre stade de développement. Au début, la priorité est de construire une audience. Une fois une audience de base établie, la priorité bascule vers la création d’un produit pour la monétiser, avant de revenir à la croissance de l’audience.

« Quand tu commences, par exemple, imagine que tu es à zéro… Le principal levier, c’est quoi ? C’est clairement de construire ton audience… Une fois que tu as atteint une audience de base… ta priorité devient le produit. »

Est-ce une mauvaise idée de faire une pause sur YouTube pour créer une formation ?

Non, c’est souvent une nécessité stratégique. Créer un produit de qualité demande une immersion totale, ce qui rend difficile la production simultanée de vidéos. Il s’agit d’un arbitrage conscient pour développer le business.

« Faire les deux en parallèle n’a pas vraiment de sens… quand je suis dans une formation, c’est déjà tellement intense comme boulot et tellement énorme comme quantité de choses à faire que si je fais un break pour aller faire des vidéos YouTube… je perds du temps à switcher de l’un à l’autre. »

Pourquoi est-il plus facile de créer une connexion avec son audience en vidéo ?

La vidéo permet de transmettre la personnalité et l’émotion à travers la voix et l’expression, ce qui est plus difficile à faire par écrit. Cela facilite la fidélisation de l’audience car elle se connecte directement avec le créateur.

« Regarder une vidéo… dans la manière dont la personne va parler, tu vas transmettre une certaine émotion, une certaine personnalité. C’est un un un élément fort de la vidéo. Donc c’est plus facile de fidéliser sur de la vidéo que sur du texte. »

Le SEO sur YouTube est-il plus simple que sur Google ?

Oui, le SEO sur YouTube est considéré comme plus simple. Il dépend moins de facteurs complexes comme les backlinks et l’ancienneté du domaine, et se concentre davantage sur la qualité perçue par l’audience (clics et durée de visionnage).

« À mon avis, le SEO sur YouTube est beaucoup beaucoup plus facile que le SEO sur Google… Le SEO YouTube est beaucoup plus simple dans le sens où il y a beaucoup moins de paramètres à gérer et c’est plus une question euh vraiment de la qualité en fait de ton contenu. »


Épisodes similaires