Logo de l'épisode Jessy SEO - ChatGPT & IA, comprendre pour mieux s'adapter 🤖| E12 du podcast Les Makers | Podcast

Jessy SEO – ChatGPT & IA, comprendre pour mieux s’adapter 🤖| E12

Épisode diffusé le 17 janvier 2023 par Les Makers | Podcast

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D’un ordinateur sans musique à l’IA : comment une quête personnelle a forgé un expert de la tech

Imaginez un instant. Nous sommes au milieu des années 90. L’Internet grand public balbutie, accessible via des CD-ROM AOL qui promettent un nouveau monde au son strident d’un modem 56k. Pour beaucoup, l’informatique est une boîte noire, un outil de bureau complexe. Pour d’autres, c’est une toile vierge, une promesse de création. C’est dans ce décor, loin des parcours académiques classiques, que commence l’histoire de Laurent Jean, plus connu sous le pseudonyme de Jessy SEO. Une histoire qui n’est pas celle d’un génie de l’informatique né, mais plutôt celle d’un ‘Forrest Gump de la tech’, comme il se décrit lui-même, un passionné de musique dont la quête pour enregistrer quelques notes de guitare l’a propulsé, presque par accident, au cœur de la révolution numérique, jusqu’à l’intelligence artificielle. Ce récit est une plongée dans une époque où chaque information se méritait, où chaque erreur était une leçon brutale mais fondatrice. C’est le témoignage que la curiosité, la persévérance face aux obstacles et même une certaine forme de ‘flemme’ productive sont les véritables moteurs de l’innovation. Comment un jeune homme, destiné à une carrière commerciale après un Bac G, a-t-il pu déconstruire l’informatique, de la ligne de commande MS-DOS aux prémices de l’IA, simplement pour assouvir sa passion ? C’est ce voyage inattendu, riche en enseignements pour tout entrepreneur ou passionné de technologie aujourd’hui, que nous allons explorer.

Les premiers pas d’un entrepreneur du web à l’ère d’AltaVista

Avant de devenir une figure reconnue dans le monde du SEO et de l’IA, le parcours de Laurent a débuté bien loin des algorithmes de Google, à une époque où le concept même de ‘business en ligne’ était embryonnaire. Son premier contact avec la création numérique s’est fait dans le cadre d’une association d’immobilier social, grâce à un dispositif ’emploi jeune’. Sa mission initiale était simple : gérer l’informatique. Cela se traduisait par la création de petites bases de données sur Microsoft Access pour suivre les biens et les locataires. Mais très vite, un nouveau défi, et une nouvelle opportunité, est apparu avec une boîte en carton : le fameux kit de connexion AOL. ‘On avait acheté un modem pour pouvoir se connecter à Internet, on savait pas du tout à l’époque ce que c’était quoi’. Cette simple phrase résume l’état d’esprit de l’époque : une exploration pure, sans guide ni certitude. Le web n’était pas l’océan d’informations que nous connaissons. Les moteurs de recherche comme Google n’existaient pas, et le roi d’alors s’appelait AltaVista, un outil de recherche textuel, concurrencé par des annuaires comme Yahoo, qui tentaient de classer le web manuellement. Dans ce contexte, trouver une information simple, comme le numéro d’un organisme social, pouvait devenir une véritable quête. C’est de ce besoin très concret qu’est née sa première création en ligne. Armé de Microsoft FrontPage, un des premiers éditeurs de sites web WYSIWYG (What You See Is What You Get), il a bâti un portail. L’idée était de centraliser toutes les informations utiles pour l’association : numéros, contacts, liens vers des ressources. C’était une sorte d’annuaire interne, une page unique qui fusionnait l’idée du moteur de recherche et de l’annuaire pour répondre à un besoin précis. Ce projet, bien que modeste, contenait déjà les germes de la pensée SEO : organiser l’information pour la rendre accessible et utile. Il ne s’agissait pas de plaire à un algorithme, mais de résoudre un problème humain. Cette première expérience démontre un principe fondamental de l’entrepreneuriat : les meilleures innovations naissent souvent d’une frustration personnelle et d’un besoin immédiat. Ce ‘mini portail’, comme il l’appelle, était bien plus qu’une simple page web ; c’était la preuve que la technologie, même balbutiante, pouvait être domptée pour créer de la valeur concrète, bien avant que les stratégies de monétisation et de marketing digital ne deviennent la norme.

D’un échec scolaire à une révélation : la puissance de l’apprentissage concret

Le parcours de Laurent est une réfutation vivante de l’idée qu’il faut suivre une voie royale académique pour réussir dans la tech. Il se définit lui-même comme un produit de la dernière session du ‘BAC G’, une filière professionnelle souvent perçue comme une voie de garage pour les élèves moins à l’aise avec les matières générales. ‘Comme j’avais que trois de moyenne en maths tout ça pendant toute ma scolarité, on s’était dit que c’était bien de me caler là’. Pourtant, avec le recul, cette orientation s’est avérée être une bénédiction. Le BAC G3, spécialisé en commerce et distribution, l’a plongé directement dans des concepts pratiques : comptabilité, marketing, les bases de ce qui régit une entreprise. Contrairement aux filières générales, qui privilégient souvent la théorie et le ‘par cœur’, cette formation était ancrée dans le réel. Pour un esprit comme le sien, c’était essentiel. ‘Je suis quelqu’un qui a besoin d’être concret, de savoir qu’est-ce que lorsque j’apprends quelque chose, je veux savoir quelle est l’utilité’. Cette exigence de concret explique son échec cuisant à l’université, en filière AES (Administration Économique et Sociale), un monde de statistiques et de mathématiques abstraites où il n’a tenu qu’un trimestre. Cet échec n’était pas un signe d’incapacité, mais plutôt la confirmation que son mode d’apprentissage était différent. Il ne pouvait pas accumuler du savoir sans en voir l’application directe. C’est une caractéristique que l’on retrouve chez de nombreux entrepreneurs et autodidactes : ils apprennent en faisant, en construisant, en résolvant des problèmes. Le système éducatif traditionnel, qui valorise la mémorisation et la restitution, peut laisser ces profils sur le bord de la route. Pourtant, ce sont souvent eux qui possèdent la ténacité et l’ingéniosité nécessaires pour innover. Cette expérience forge une conviction profonde : la valeur d’une connaissance ne réside pas dans sa complexité théorique, mais dans son application pratique. Les bases de marketing apprises en BAC G se sont révélées bien plus durables et utiles pour sa future carrière que n’importe quel cours magistral en amphithéâtre. C’est une leçon puissante : le chemin le plus prestigieux n’est pas toujours le plus efficace. Parfois, c’est en sortant des sentiers battus que l’on acquiert les compétences les plus solides et les plus pertinentes pour le monde réel.

Ce besoin de concret et d’application immédiate est le fil rouge qui relie son parcours scolaire à son apprentissage de l’informatique. Rejetant la théorie pure, il était sur le point de découvrir que la meilleure université qui soit est parfois une chambre, un vieil ordinateur, et un problème apparemment insoluble à résoudre. C’est sa passion pour la musique, un domaine éminemment créatif et pratique, qui allait devenir le catalyseur inattendu de sa transformation en expert technique. Loin des salles de classe, son véritable apprentissage était sur le point de commencer, dicté non pas par un programme, mais par une obsession : faire sortir des sons d’une machine récalcitrante.

Quand la passion pour la musique devient le cheval de Troie de l’informatique

Le véritable tournant dans la relation de Laurent avec la technologie n’a rien à voir avec le business ou une quelconque ambition professionnelle. Tout part d’une guitare, d’un groupe de rock de lycée et d’une rencontre décisive. Après avoir organisé un concert avec ses amis, leur motivation impressionne une professeure qui, l’année suivante, leur présente un intervenant spécialisé en MAO (Musique Assistée par Ordinateur). À l’époque, l’idée même de faire de la musique avec un ordinateur semble incongrue. ‘Nous on a des vrais instruments, tu vois, qu’est-ce qu’on va foutre avec un ordinateur ?’. Mais la démonstration est une révélation : la machine peut combler les lacunes du groupe, en créant une ligne de basse ou une piste de batterie. C’est le déclic. L’ordinateur n’est pas qu’une machine à calculer ou à écrire ; c’est un instrument de création. Cette idée s’ancre profondément en lui. Après avoir abandonné la fac et vécu une carrière de brancardier ‘la plus courte de l’histoire’ (une heure dans un service de tétraplégiques), il se retrouve face à un ultimatum amical de la part du père de sa petite amie de l’époque, qui lui offre un vieux PC 386. Son intention est purement utilitaire, mais dans l’esprit de Laurent, une seule pensée résonne : ‘Ah mais je vais pouvoir faire de la musique avec, quoi’. C’est le début d’une longue et tortueuse aventure, une descente dans le terrier du lapin blanc de l’informatique des années 90.

L’erreur qui a tout changé : la leçon du ‘format C:’

Armé de son 386, Laurent se heurte à un mur. L’ordinateur ne ressemble en rien à l’Atari ST qu’il connaissait au lycée, qui disposait d’une interface MIDI intégrée pour brancher des instruments. Ce PC démarre sur un écran noir avec un curseur clignotant : MS-DOS. Comment passer de ça à de la musique ? Poussé par la nécessité et l’absence de Google, il se rend à la Fnac pour trouver des réponses dans des livres. N’ayant pas d’argent pour acheter le manuel MS-DOS, il adopte une stratégie de pirate : noter la première commande qui lui semble intéressante. Son choix se porte sur ‘format C:’. ‘Je note ça sur un bout de papier, je rentre chez moi. Je le marque sur l’ordinateur. Je tape entrée, j’étais trop content de moi’. S’ensuit un silence de mort. L’ordinateur ne répond plus. De retour à la Fnac pour lire la suite du manuel, il découvre la terrible vérité : ‘le formatage permet d’effacer tout ce qu’il y a sur le disque dur’. Cette erreur catastrophique est en réalité l’événement le plus formateur de son parcours. Il n’a pas seulement ‘flinguer l’ordinateur’, il vient d’ouvrir la boîte de Pandore. Pour réparer sa bêtise, il est obligé de tout apprendre depuis la base : qu’est-ce qu’un disque dur ? Comment installe-t-on un système d’exploitation (MS-DOS) avec des disquettes ? Comment fonctionnent les commandes pour gérer les fichiers ? Il plonge dans les arcanes de la gestion de la mémoire, une problématique cruciale à l’époque, pour lancer Windows 3.1. Cet incident a transformé une approche passive (‘comment utiliser cet outil ?’) en une approche active et fondamentale (‘comment cet outil fonctionne-t-il ?’). C’est la leçon ultime de l’ingénierie inversée : en cassant quelque chose, on est forcé de comprendre son mécanisme interne pour le reconstruire. Cette compétence, acquise dans la douleur, deviendra sa plus grande force.

De la réparation matérielle à la découverte de l’IA : la quête du son parfait

Sa quête musicale continue de le pousser plus loin. Un jour, l’ordinateur tombe en panne. Le réparateur du coin, au lieu de lui facturer une fortune, lui donne un conseil qui change tout : ‘si vous voulez, ben vous pouvez le faire vous-même’. Il lui explique que c’est probablement la carte mère, et qu’il suffit d’en acheter une nouvelle et de la changer. Cet encouragement à mettre les mains dans le cambouis est une nouvelle révélation. Non seulement il apprend à assembler les composants d’un PC, mais dans la boutique, il découvre l’objet de sa quête : une carte son, la fameuse Sound Blaster 16. C’est la pièce manquante qui va lui permettre de brancher sa guitare et de s’enregistrer. Mais le véritable trésor se trouve dans le kit logiciel fourni avec la carte. Au milieu des utilitaires d’enregistrement, un petit programme attire son attention. Il permet de faire du ‘texte vers parole’ (text-to-speech). ‘Tu vois j’avais été j’avais été impressionné par ce ce ce ce petit truc là’. Avec une voix de robot ‘vraiment merdique’, le logiciel lisait à voix haute n’importe quel texte qu’on lui donnait. Pour lui, c’est une fascination immédiate. C’est sa première rencontre tangible avec ce que nous appelons aujourd’hui l’intelligence artificielle. Il y voit immédiatement une application concrète, née de sa propre aversion pour la lecture : ‘si j’avais eu ça pendant mes études, parce que moi j’aimais pas lire’. Cette découverte marque le début d’une nouvelle philosophie : la recherche de raccourcis et de ‘hacks’ pour optimiser les tâches fastidieuses. Son premier hack est d’ailleurs emblématique : pour sauvegarder l’audio généré, il enregistre le son sortant des haut-parleurs en le réinjectant dans l’entrée micro de la carte son. Un système D ingénieux qui résume parfaitement sa démarche : identifier un besoin, imaginer une solution et la bricoler avec les moyens du bord. C’est cet état d’esprit, né de la volonté de faire de la musique, qui l’a mené de la réparation matérielle à la découverte de l’IA, posant sans le savoir les fondations de sa future expertise.

De l’erreur monumentale du formatage à la bidouille pour enregistrer une voix de synthèse, chaque étape de ce parcours chaotique a renforcé une approche unique de la technologie. Cette approche, qu’il qualifie lui-même de ‘feignante’, est en réalité une quête incessante d’efficacité. Il ne cherche pas à maîtriser la technologie pour la technologie, mais à la plier à sa volonté pour simplifier sa vie et atteindre ses objectifs plus rapidement. C’est cette mentalité qui allait naturellement le guider vers l’automatisation et l’optimisation, les piliers de ses activités futures.

La mentalité du ‘hacker feignant’ : automatiser pour décupler sa productivité

Le fil conducteur qui traverse toutes ces expériences, de la création d’un portail pour éviter de chercher des numéros de téléphone à l’enregistrement d’une voix de synthèse pour ne pas avoir à lire, est une philosophie que Laurent résume avec une franchise désarmante : ‘je suis quelqu’un de très très feignant’. Mais cette ‘flemme’ n’est pas de la paresse. C’est une aversion profonde pour les tâches répétitives et inefficaces, un moteur puissant qui le pousse à constamment chercher des raccourcis, des ‘hacks’, des automatisations. C’est l’essence même de la mentalité ‘hacker’ : pourquoi faire une tâche dix fois manuellement si on peut passer du temps une fois à créer un système qui la fera à notre place ? Cette quête d’efficacité a été une constante. Après sa découverte du text-to-speech, il a été fasciné par la technologie inverse, le speech-to-text, avec des logiciels comme Dragon Dictate. La promesse était immense : dicter un texte et le voir apparaître à l’écran. ‘Tu peux dicter quelque chose et puis en fait l’ordinateur, lui va retranscrire et en fait tu gagnes beaucoup de temps’. Bien sûr, la technologie de l’époque était rudimentaire. Il fallait passer des heures à entraîner le logiciel à reconnaître sa propre voix en lisant des textes pré-définis. Aujourd’hui, cette fonctionnalité est intégrée nativement dans nos smartphones et fonctionne avec n’importe quelle voix, instantanément. Cette évolution fulgurante illustre parfaitement le principe de la ‘flemme’ comme moteur d’innovation. Des milliers d’ingénieurs, probablement tout aussi ‘feignants’ dans l’âme, ont travaillé à rendre ce processus de plus en plus transparent et sans effort pour l’utilisateur final. Ce qui était autrefois une installation complexe est maintenant un simple bouton sur notre clavier virtuel. Laurent a compris très tôt que la véritable productivité ne consiste pas à travailler plus dur, mais à travailler plus intelligemment en déléguant les tâches fastidieuses à la machine. C’est cette approche qui lui permet aujourd’hui de naviguer avec aisance dans l’écosystème de l’IA. Pour lui, des outils comme ChatGPT ne sont que l’aboutissement logique de cette longue quête d’une interface homme-machine plus fluide, d’un dialogue plus naturel avec la technologie pour la mettre au service de notre créativité et de notre efficacité.

De l’information rare à l’abondance instantanée : un parallèle entre deux générations

Le parcours de Laurent, marqué par la recherche laborieuse d’informations dans des livres ou par des expérimentations hasardeuses, offre un contraste saisissant avec le monde dans lequel évoluent les nouvelles générations. Il observe avec fascination ses propres enfants interagir avec la technologie. ‘Je suis impressionné de voir comment mes petits, en fait ils sont imprégnés de de de cette technologie’. Là où il devait passer des jours à comprendre une seule ligne de commande, son fils de huit ans pose simplement une question à un assistant vocal. ‘Il suffit juste qu’ils se posent la question. Qu’est-ce que je ne sais pas ? Il va la poser la question à Alexa, Alexa va lui répondre quelque chose’. Même sans savoir écrire, son fils pouvait utiliser la recherche vocale sur la télévision pour trouver instantanément l’information qu’il cherchait. Cette accessibilité immédiate à la connaissance représente une transformation radicale de la courbe d’apprentissage. Toutes les barrières techniques et financières qui constituaient des obstacles majeurs pour la génération de Laurent ont été pulvérisées. La frustration de ne pas savoir, qui était son principal moteur, est remplacée par la certitude de pouvoir trouver une réponse à tout, tout de suite. Ce ‘parallèle entre ce qu’il se faisait avant et ce qu’il se fait maintenant’ est fondamental pour comprendre les enjeux actuels. D’un côté, cette abondance est une chance inouïe, permettant d’apprendre plus vite et d’explorer plus de domaines. De l’autre, elle peut aussi inhiber la curiosité profonde et la ténacité développées face à l’adversité. Quand la réponse est toujours à portée de voix, apprend-on encore à chercher, à déconstruire, à comprendre les mécanismes sous-jacents ? La véritable compétence n’est plus de trouver l’information, mais de savoir la filtrer, la critiquer et surtout, de poser les bonnes questions. L’objectif ultime, que ce soit pour programmer un magnétoscope VHS à l’époque ou pour interagir avec une IA aujourd’hui, reste le même : créer une interface homme-machine si intuitive qu’elle en devient invisible, permettant à l’humain de se concentrer sur l’intention plutôt que sur l’outil. Le rêve de pouvoir simplement ‘parler à notre ordi et qu’il nous comprenne’ est en train de se réaliser, clôturant une boucle commencée il y a des décennies par des pionniers autodidactes dans leur chambre.

Conclusion : la curiosité comme seul véritable diplôme

Le voyage de Laurent Jean, de l’ombre d’un Bac G aux lumières de l’expertise en IA, n’est pas une simple succession d’anecdotes techniques. C’est une véritable masterclass sur la puissance de la curiosité. Son histoire nous rappelle que les compétences les plus précieuses ne s’acquièrent pas toujours dans les amphithéâtres, mais souvent dans la solitude d’une chambre, face à un écran noir, avec pour seul guide une passion dévorante et un problème à résoudre. Chaque étape de son parcours, de la création d’un portail web archaïque à la découverte du text-to-speech, en passant par l’erreur fondatrice du ‘format C:’, illustre une vérité intemporelle : c’est en cherchant à résoudre nos propres frustrations que nous innovons le plus. Sa ‘flemme’ revendiquée n’est en réalité qu’une quête obsessionnelle d’efficacité, le désir de faire en sorte que la machine travaille pour nous, et non l’inverse. Aujourd’hui, alors que l’intelligence artificielle semble redéfinir toutes les règles, son parcours est plus pertinent que jamais. Il nous enseigne que la meilleure façon de s’adapter n’est pas d’accumuler des connaissances, mais de cultiver un état d’esprit : celui de l’expérimentateur, du ‘hacker’ qui n’a pas peur de casser pour comprendre, de l’autodidacte qui voit chaque obstacle comme une énigme à résoudre. Le véritable enjeu n’est pas de savoir comment utiliser ChatGPT, mais de conserver cette flamme de curiosité qui nous pousse à demander ‘pourquoi’ et ‘comment ça marche’. C’est ce moteur intérieur qui lui a permis de traverser plusieurs révolutions technologiques, et c’est ce même moteur qui permettra à chacun de naviguer dans celles à venir.


Questions fréquentes (FAQ)

Quel a été le premier business en ligne de Jessy SEO (Laurent) ?

Le premier projet en ligne de Laurent Jean n’était pas un business au sens commercial du terme, mais une initiative née d’un besoin concret à la fin des années 90. Alors qu’il travaillait pour une association d’immobilier social, il a été confronté à la difficulté de trouver des informations à une époque où Internet était encore balbutiant. Pour simplifier le travail de ses collègues, il a utilisé le logiciel Microsoft FrontPage pour créer un portail web interne. Cette page unique servait d’annuaire centralisé, regroupant tous les liens, contacts et informations dont l’association avait régulièrement besoin. C’était une solution pragmatique pour pallier l’inefficacité des outils de recherche de l’époque comme AltaVista.

‘J’avais fait un mini portail annuaire avec tous les trucs qu’on avait besoin… J’avais fait une one page sur lequel j’avais un petit peu relié les deux, quoi. Pour pouvoir avoir cette information.’

Comment la musique l’a-t-elle mené à l’informatique ?

La musique a été le véritable déclencheur de sa plongée dans l’informatique. Passionné de guitare et membre d’un groupe au lycée, il a découvert la Musique Assistée par Ordinateur (MAO), qui lui a ouvert les yeux sur le potentiel créatif de la machine. Plus tard, lorsqu’il a récupéré un vieil ordinateur PC 386, son unique objectif était de l’utiliser pour enregistrer sa musique. C’est cette quête qui l’a forcé à affronter les complexités de l’informatique de l’époque, de l’écran noir de MS-DOS à l’installation de composants matériels. Sans ce but précis et cette passion pour la musique, il n’aurait probablement jamais eu la motivation de surmonter les nombreux obstacles techniques qui se sont présentés à lui.

‘Je me dis Ah mais je vais pouvoir faire de la musique avec, quoi. Je vais pouvoir enregistrer et tout. Donc du coup je récupère l’ordi… et c’est à la base pour ça que je voulais le prendre.’

Quelle est l’anecdote du ‘format C:’ et quelle leçon en tirer ?

L’anecdote du ‘format C:’ est un moment clé de son apprentissage. Cherchant à comprendre comment faire de la musique sur son PC, et n’ayant pas d’argent pour acheter le manuel MS-DOS, il a noté la première commande qu’il a vue à la Fnac : ‘format C:’. De retour chez lui, il l’a exécutée, pensant avoir fait une manipulation intelligente, mais a en réalité complètement effacé son disque dur. Cette erreur catastrophique l’a obligé à tout apprendre de zéro : ce qu’est un disque dur, comment installer un système d’exploitation, etc. La grande leçon de cette histoire est que les échecs les plus cuisants sont souvent les expériences les plus formatrices. En étant forcé de réparer sa propre erreur, il a acquis une compréhension fondamentale du fonctionnement de la machine, bien plus profonde que s’il avait simplement suivi un manuel.

‘Je note sur un bout de papier la première commande qui me passe, quoi. Et la première commande qui me passe, c’est formate C deux points… et là, je m’aperçois que ben en fait j’ai tout effacé.’

Pourquoi un parcours scolaire atypique (Bac G) peut-il être un avantage ?

Laurent considère que son orientation en Bac G (filière technologique commerce-distribution), souvent vue comme une voie secondaire, a été un véritable atout. Contrairement aux filières générales très théoriques, le Bac G lui a offert un enseignement concret et directement applicable au monde de l’entreprise, avec des bases en marketing et en comptabilité. Pour sa personnalité, qui a besoin de comprendre l’utilité pratique de ce qu’il apprend, c’était idéal. Cet ancrage dans le réel lui a donné des fondations solides qu’il a pu utiliser plus tard dans sa carrière d’entrepreneur. Cela montre qu’un parcours ‘atypique’ peut en réalité mieux préparer à la vie professionnelle qu’une voie académique classique, en développant des compétences pratiques et un état d’esprit orienté vers l’action.

‘Je regrette pas en fait comment on voyait là parce que toutes les bases que j’ai aujourd’hui, elles viennent aussi de cette époque-là de de ce bac G3 que que que j’ai fait.’

Quelle était sa première expérience avec l’intelligence artificielle ?

Sa première rencontre avec une forme d’intelligence artificielle remonte au milieu des années 90, bien avant que le terme ne soit popularisé. En installant une carte son Sound Blaster 16 pour faire de la musique, il a découvert dans les logiciels fournis un petit utilitaire de text-to-speech (synthèse vocale). Ce programme, capable de lire un texte à voix haute avec une voix robotique, l’a fasciné. Il y a immédiatement vu le potentiel pour surmonter son aversion pour la lecture. Cette expérience a été un moment marquant, lui faisant entrevoir la possibilité d’une interaction plus naturelle entre l’homme et la machine. C’était la graine qui allait plus tard germer en un intérêt profond pour les technologies d’IA comme ChatGPT.

‘Je vois en fait un petit logiciel qui était en utilitaire avec cette Sound Blaster 16 qui permettait de faire du texte et verbe parole. Et tu vois j’avais été impressionné par ce petit truc là.’

Pourquoi se décrit-il comme ‘feignant’ et en quoi est-ce une force ?

Laurent utilise le terme ‘feignant’ de manière provocatrice pour décrire son aversion pour les tâches manuelles, répétitives et inefficaces. Cette ‘flemme’ est en réalité une force motrice pour l’innovation. C’est ce qui le pousse à chercher constamment des moyens d’automatiser les processus et de trouver des raccourcis intelligents pour atteindre un objectif plus rapidement. Par exemple, son intérêt pour la synthèse vocale venait de sa ‘flemme’ de lire. Cette mentalité l’a amené à développer un esprit de ‘hacker’, cherchant à optimiser chaque action. Dans le monde de la technologie et de l’entrepreneuriat, cette quête d’efficacité est un atout majeur qui mène à des gains de productivité et à la création de solutions ingénieuses.

‘Voilà, en fait je suis quelqu’un de très très feignant, tu vois et et même en ayant tous les outils je reste très très feignant mais par contre tout ce qui utilisent ça, eux en fait ils crèvent les plafonds.’


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