Logo de l'épisode Guillaume Souillard - Le parcours idéal d'un développeur web 👨‍💻 | E4 du podcast Les Makers | Podcast

Guillaume Souillard – Le parcours idéal d’un développeur web 👨‍💻 | E4

Épisode diffusé le 31 octobre 2022 par Les Makers | Podcast

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De Dofus au SaaS : Le parcours complet pour passer de développeur passionné à entrepreneur libre

Le chemin d’un développeur est souvent perçu comme une ligne droite : apprendre un langage, trouver un CDI, monter en compétences techniques et peut-être, un jour, devenir expert ou chef de projet. Mais si cette voie rassurante n’était en réalité qu’une facette d’un univers bien plus vaste ? Et si la véritable puissance d’un développeur ne résidait pas seulement dans sa maîtrise du code, mais dans sa capacité à le transformer en liberté, en impact et en projets qui lui appartiennent ? Beaucoup de développeurs ressentent cette frustration : être un simple exécutant, une ligne de code dans un projet immense dont on ne maîtrise ni les tenants ni les aboutissants. On est passionné par la tech, mais déconnecté du business. C’est ce que j’appelle la ‘maladie des devs’, ce piège qui nous pousse à nous concentrer uniquement sur la technique, en oubliant l’immense pouvoir que nous avons entre les mains.

Mon histoire commence comme celle de beaucoup : un adolescent qui découvre le code entre deux parties de Dofus, fasciné par la possibilité de créer quelque chose à partir de rien. J’ai appris en autodidacte, dans ma chambre, sans jamais imaginer que cette passion pourrait devenir un métier, et encore moins le socle de ma liberté d’entrepreneur. Ce parcours, qui m’a mené du développement de sites pour le plaisir à la vente de ma première application, en passant par des expériences en CDI qui ont radicalement changé ma vision des choses, m’a appris une leçon fondamentale : un développeur qui comprend le business devient inarrêtable. C’est la fusion de ces deux mondes qui transforme un bon technicien en un véritable ‘maker’, capable de construire non seulement des applications, mais aussi sa propre vie.

Dans cet article, je vais vous partager mon parcours sans filtre, de mes débuts sur le Site du Zéro à la création d’Afilisting, mon projet SaaS actuel. Nous verrons comment l’apprentissage par projet concret peut accélérer votre montée en compétences, pourquoi une expérience en CDI peut être un formidable tremplin (surtout si elle vous ouvre les yeux sur les chiffres), et comment j’ai utilisé le freelancing comme une étape stratégique pour financer mes ambitions. Si vous êtes développeur et que vous sentez au fond de vous l’envie de créer, de lancer vos propres business et de ne plus simplement échanger votre temps contre un salaire, alors ce qui suit est pour vous. C’est le plan de match pour passer du statut d’employé à celui de créateur, et reprendre le contrôle de votre carrière et de votre avenir.

Chapitre 1 : Les fondations d’un développeur autodidacte

Tout a commencé de la manière la plus classique qui soit, celle que beaucoup considèrent comme un cliché, mais qui est la réalité pour une génération entière de développeurs.

‘C’est un peu le cliché classique des devs qui ont appris tout seul dans leur chambre, quand pendant l’adolescence, tu vois, entre deux parties de Dofus.’

Cette phrase résume parfaitement mes débuts. À 15 ou 16 ans, je ne me disais pas que j’étais ‘en train d’apprendre un métier’. J’étais simplement passionné. Je passais des nuits entières à coder, non pas par contrainte, mais par pur plaisir. Et c’est là que réside la première clé, la plus importante de toutes : la passion et le plaisir. Sans cela, l’apprentissage du développement, surtout en autodidacte, devient une corvée insurmontable. Les obstacles sont nombreux, les bugs frustrants, et l’impression de ne pas avancer peut être décourageante. La seule chose qui vous fait tenir, c’est cette flamme, cette envie de voir votre création prendre vie à l’écran.

Avoir un projet : Le carburant indispensable de l’apprentissage

La question qui revient sans cesse chez les débutants est : ‘Par où commencer ? Quel langage apprendre ?’. Ma réponse est toujours la même : oubliez le langage, trouvez un projet. Un projet qui vous tient à cœur, qui a du sens pour vous. C’est la méthode la plus rapide, la plus simple et, de loin, la plus motivante. Pourquoi ? Parce qu’un projet transforme un apprentissage abstrait en une quête concrète. Chaque nouvelle notion de code que vous apprenez a une application immédiate. Vous n’apprenez pas les boucles ‘for’ pour le principe, vous les apprenez parce que vous en avez besoin pour afficher la liste des articles de votre blog ou les membres de votre communauté de jeu vidéo.

Mon tout premier vrai projet en est l’illustration parfaite. J’ai décidé de créer une copie du site Mappy.

‘Le premier outil que j’avais fait, c’était une copie de du site Mappy (…) tu mets l’itinéraire, le point A, le point B, ça te calcule l’itinéraire, ça te dit combien ça coûte et tout. Et en fait, le premier projet que j’ai fait, c’était ça.’

Ce projet, bien que simple en apparence, m’a forcé à affronter des problématiques réelles de développeur : utiliser des API externes (celles de Google Maps), gérer des formulaires, effectuer des calculs en backend avec PHP, et afficher le résultat de manière dynamique. C’était un désastre technique, plein de bugs et de failles de sécurité, mais peu importe. J’avais adoré l’expérience et j’avais appris en quelques semaines ce qui m’aurait pris des mois avec des tutoriels théoriques. Le résultat visible et fonctionnel est la meilleure des récompenses et le meilleur des moteurs pour continuer.

La puissance de la copie pour s’améliorer

Il y a une sorte de tabou autour du mot ‘copier’. On l’associe à la triche, au manque d’originalité. C’est une erreur fondamentale, surtout dans l’apprentissage. Quand on apprend à jouer d’un instrument, on commence par jouer les morceaux des autres. Quand on apprend à dessiner, on copie les maîtres. Le développement ne fait pas exception. Recopier une application existante, que ce soit Uber Eats, Airbnb, Tinder ou Netflix, est un exercice incroyablement formateur. Cela vous donne un cadre, un objectif clair et un résultat final à atteindre. Vous n’avez pas à vous soucier de l’idée, du design ou du business model ; votre unique focus est la technique. Comment reproduire cette fonctionnalité ? Quelle architecture mettre en place ? C’est une forme de ‘reverse engineering’ qui vous force à décomposer un produit complexe en petits problèmes solubles. Une fois que vous avez réussi à cloner une application, la confiance que vous gagnez est immense. Vous vous dites : ‘OK, je suis capable de construire ça. Maintenant, je peux utiliser ces compétences pour construire mes propres idées’.

Le langage n’est qu’un outil, la logique est la compétence

J’ai commencé, comme beaucoup, avec le trio HTML, CSS, puis PHP via le Site du Zéro (aujourd’hui OpenClassrooms). Pourquoi PHP ? Parce qu’il me permettait de rendre mes sites dynamiques, de passer d’une page statique à une véritable application. Aujourd’hui, j’utilise principalement PHP avec Laravel, mais aussi du JavaScript, du Python… Le choix du premier langage est un faux débat. L’important n’est pas de savoir si Python est ‘mieux’ que JavaScript pour un débutant. L’important est de commencer. Choisissez un projet, trouvez un tutoriel qui vous plaît pour le réaliser, et utilisez le langage de ce tutoriel. Au début, vous allez simplement suivre et reproduire. Mais petit à petit, vous allez comprendre la structure sous-jacente.

‘T’as beau faire du PHP, du JavaScript, du Python, la logique dans comment tu vas penser ton code et cetera, c’est toujours la même. C’est juste le langage qui change (…) ta logique de développeur, elle va naître comme ça. Et ensuite, tu l’as pour tous les langages après.’

C’est cette logique – comment décomposer un problème, comment organiser son code, comment penser en termes de variables, de conditions et de fonctions – qui est la véritable compétence que vous développez. Une fois que vous l’avez acquise, passer d’un langage à un autre n’est plus qu’une question de syntaxe, que vous pouvez apprendre rapidement grâce à la documentation.

Chapitre 2 : La révélation du CDI et le virus du business

Après cette phase d’apprentissage intense en autodidacte, la voie logique était de transformer cette passion en métier. J’ai donc suivi le chemin classique : des postes de développeur en CDI dans des agences web. Ces premières expériences ont été formatrices sur le plan technique, mais elles m’ont aussi ouvert les yeux sur une réalité frustrante, partagée par de nombreux développeurs : le cloisonnement entre la technique et le business. On nous demandait de coder des fonctionnalités, de résoudre des bugs, mais nous n’avions aucune idée de l’impact de notre travail. Les chiffres, la stratégie, le marketing… tout cela se passait dans un autre monde, derrière des portes closes. C’est là que j’ai contracté ce que j’appelle ‘la maladie des devs’.

Le piège de ‘la maladie des devs’ : quand la technique isole

Cette ‘maladie’ est un piège confortable mais dangereux.

‘La maladie des devs, qu’est-ce que c’est ? C’est les devs qui veulent, qui se concentrent uniquement sur la tech, qui sont passionnés, et c’est très bien, mais qui n’ont pas la notion du business et de la puissance qu’ils peuvent avoir, en fait.’

Quand on est passionné, il est facile de s’enfermer dans une bulle purement technique. On veut utiliser le dernier framework, optimiser une requête à la milliseconde près, refactoriser du code pour qu’il soit ‘plus propre’. Ce sont des préoccupations légitimes et importantes, mais si elles sont déconnectées de l’objectif final – créer de la valeur pour un client ou un utilisateur – elles deviennent un handicap. Le développeur devient alors un simple exécutant, un artisan qui polit un outil sans savoir à quoi il va servir. Il ne comprend pas pourquoi une fonctionnalité est prioritaire sur une autre, il subit les décisions sans en comprendre la logique, et surtout, il ignore la valeur réelle qu’il produit. C’est le chemin le plus court pour stagner, se sentir dévalorisé et passer à côté d’opportunités incroyables. Parce que la vérité, c’est que la magie opère quand le code rencontre le business.

Le choc culturel chez Norstar : la transparence qui change tout

J’en ai eu marre de ce cloisonnement et j’ai cherché autre chose. C’est comme ça que j’ai rejoint Norstar Network, la boîte de Yann de Coopman. Et là, ce fut un choc. Un choc salutaire qui a complètement changé ma façon de voir les choses. La différence fondamentale ? La transparence totale.

‘Ce qui m’a choqué, c’est que tous les chiffres étaient étaient étaient transparents (…) en fait là, quand je suis rentré dans cette boîte, ça a complètement changé ma façon de voir les choses.’

Du jour au lendemain, je voyais le chiffre d’affaires, les marges, les coûts d’acquisition, la performance des différentes campagnes. Je comprenais enfin le ‘pourquoi’ derrière chaque ligne de code que j’écrivais. Je voyais l’impact direct de mon travail sur les résultats de l’entreprise. Beaucoup de patrons ont peur de cette transparence. Ils craignent que les employés demandent des augmentations ou se démotivent en voyant les profits. Mon expérience a été tout l’inverse. Voir les chiffres ne m’a pas donné envie de réclamer plus, mais de faire exploser ces chiffres. C’est incroyablement motivant.

‘Ça te met dans un mood (…) qui te donne de tout péter encore plus les chiffres, tu sais, de de de de de faire beaucoup mieux. Et je pense que cette façon de faire les choses, c’est c’est la meilleure.’

Cette expérience a été le déclic. J’ai compris que si je pouvais avoir un tel impact en tant que salarié, qu’est-ce que je pourrais accomplir si je travaillais pour moi-même ? J’ai réalisé que la compétence de développement, combinée à une compréhension même basique du marketing et du business, était un super-pouvoir. C’était la fin de la maladie des devs. Le virus de l’entrepreneuriat était planté.

Chapitre 3 : Le grand saut : le freelancing comme arme stratégique

L’expérience chez Norstar a été le catalyseur. Je ne suis pas parti parce que l’entreprise ne me plaisait pas, au contraire. Je suis parti parce que j’avais vu ce qui était possible et que je voulais le construire pour moi.

‘Je suis surtout parti pour vas-y, je me lance. Moi aussi, j’ai envie de tenter l’aventure.’

Mais se lancer ne se fait pas sur un coup de tête. Il faut une stratégie. Mon plan n’était pas de créer immédiatement un produit, car cela demande du temps et ne génère pas de revenus au début. L’étape intermédiaire, la plus logique et la plus puissante, était de devenir développeur freelance. C’était le moyen de capitaliser immédiatement sur mes compétences techniques, de gagner en liberté et, surtout, de financer la suite de mon aventure.

La transition en douceur : comment dé-risquer le passage en freelance

Beaucoup ont peur de se lancer en freelance, surtout sans une grande expérience. Ils pensent qu’il faut un carnet d’adresses long comme le bras et des années de bouteille. C’est une fausse croyance.

‘Il ne faut surtout pas avoir peur de se dire ‘Ouais, ben, j’ai pas d’expérience, et cetera.’ Les ESN et les boîtes, en tout cas, grands comptes, aujourd’hui, ont conscience de ça et savent qu’il y a de plus en plus de développeurs qui se lancent freelance.’

Mon conseil est simple : tentez. Si vous ne trouvez pas de mission tout de suite, une courte expérience supplémentaire en CDI peut suffire à rassurer les premiers clients. De plus, en France, nous avons un système qui peut grandement faciliter cette transition. Utiliser une rupture conventionnelle pour bénéficier de l’assurance chômage n’est pas une honte, c’est un filet de sécurité intelligent. C’est une façon de se ‘cover’ financièrement, de réduire le stress et de se donner le temps de trouver la bonne mission ou de commencer à travailler sur ses propres projets. Être freelance, c’est créer une entreprise. Et il existe de nombreuses aides pour cela. Il faut les utiliser.

La réalité financière : multiplier sa valeur et acheter sa liberté

Le passage en freelance a été une révélation financière. En CDI, je touchais un salaire confortable, autour de 2500€. En passant freelance, mon chiffre d’affaires mensuel est monté à 8000 ou 9000€.

‘Tu passes d’un d’un salaire où je touchais peut-être 2005 en CDI à tu te rentres tu fais 8, 9000 de chiffres. Alors attention, c’est les chiffres d’affaires, bien sûr, hein. Il faut tout déduire et cetera, mais donc du coup là, tu commences à comprendre que OK, la valeur de ton temps, tu peux la maîtriser.’

Mon TJM (Taux Journalier Moyen) était entre 400€ et 500€. Bien sûr, c’est un chiffre d’affaires, et il faut enlever les charges, les impôts, etc. Mais même après tout ça, le revenu net est significativement plus élevé. Mais le plus important n’est pas seulement l’argent. C’est la liberté que cela procure. Vous devenez votre propre patron. Si un jour vous voulez prendre votre après-midi, vous le faites. Fini les demandes de congé validées par cinq personnes. Cette autonomie n’a pas de prix.

Le freelancing comme tremplin : ‘coffrer’ pour l’avenir

Pour moi, le freelancing n’a jamais été une fin en soi. C’était une étape, un moyen stratégique pour atteindre mon véritable objectif : créer mes propres produits. J’ai donc adopté une approche très disciplinée. J’ai pris une mission en grand compte, chez Noroto, pendant six mois. L’objectif était clair : travailler intensivement, mettre un maximum d’argent de côté, et construire un ‘trésor de guerre’.

‘J’ai coffré pas mal de thunes, et ensuite, j’ai utilisé cet argent bah, pour pour lancer des projets, notamment Afilisting (…) ça te permet de vivre sur ce stock de thunes le temps de lancer des projets.’

C’est une stratégie que je recommande à tous les développeurs qui veulent se lancer. Utilisez le freelancing pour générer un cash-flow important sur une période définie. Vivez simplement et épargnez agressivement. Cet argent vous achètera ensuite le bien le plus précieux pour un entrepreneur : du temps. Le temps de développer vos idées sans la pression de devoir payer les factures à la fin du mois. Aujourd’hui, je continue à faire un peu de prestation pour un client historique, environ 50 heures par mois, ce qui assure une base de revenus stable et me laisse tout le reste de mon temps pour me consacrer à mes projets. L’objectif à terme est de réduire cette partie au minimum, voire de la supprimer complètement, pour vivre à 100% de mes propres créations.

Chapitre 4 : L’ère du ‘Maker’ : de l’idée au produit rentable

Avec le temps et les fonds sécurisés grâce au freelancing, le véritable objectif pouvait enfin prendre forme : ne plus vendre mon temps, mais créer des actifs qui travaillent pour moi. C’est le passage ultime du technicien à l’entrepreneur, l’entrée dans l’ère du ‘Maker’. Mon parcours dans ce domaine a commencé bien avant Afilisting, avec des projets dans l’univers des cryptomonnaies, une aventure qui m’a appris des leçons parmi les plus importantes de ma carrière.

Crypto Alerte : la première vente, même modeste, est un ‘game changer’

En 2016, avec un ami, nous avons développé Crypto Alerte, une application pour suivre le cours des cryptomonnaies. À l’époque, il n’y en avait pas autant qu’aujourd’hui, et nous avions flairé une opportunité. Nous avons maintenu l’application pendant deux ans avant de la vendre. Le montant de la vente peut paraître dérisoire aujourd’hui :

‘On a vendue pour une bouchée de pain, vraiment, c’était de l’ordre je crois de 5000 ou 6000 dollars. Donc c’est ridicule, mais c’est quand même un bon début.’

Ridicule ? Pas du tout. L’anecdote amusante, c’est que pendant que nous développions, je discutais avec les créateurs d’une application similaire, Delta, qui se sont vendus plus tard pour 5 millions. La différence de résultat est énorme, mais la leçon que j’ai tirée de cette première vente de 6000$ a été, pour moi, un ‘game changer’ complet. Pour la première fois, j’avais la preuve tangible qu’il était possible de créer quelque chose à partir de rien et de le transformer en argent.

‘On a appris que on pouvait faire de l’argent avec ce qu’on crée de zéro. Et et ça ça a été un game changer complet dans mon cerveau. Ça a totalement tout chamboulé à ce moment-là.’

Cette expérience nous a aussi appris à ‘ne plus se faire douiller’. On apprend énormément sur la négociation, la valorisation d’un produit et la gestion d’une transaction. Cette première vente, même modeste, a été plus formatrice que n’importe quel cours de business.

Construire un écosystème : ClankApp et Afilisting

Fort de cette expérience, j’ai continué à créer. J’ai lancé ClankApp, un outil gratuit qui traque les grosses transactions sur les blockchains, un projet qui tourne encore aujourd’hui et que je monétise via l’affiliation et le display. Chaque projet est une nouvelle brique. On apprend, on itère, on s’améliore. Puis est venue l’idée d’Afilisting. En tant qu’éditeur de sites, notamment dans la crypto, j’étais constamment confronté au même problème : trouver des programmes d’affiliation pertinents pour monétiser mes contenus. C’était un processus fastidieux et manuel. Je me suis dit que je ne devais pas être le seul à avoir ce problème. Afilisting est né de cette frustration personnelle : une base de données de plus de 10 000 programmes d’affiliation, classés dans plus de 550 niches, facilement accessible.

Le lancement a été un succès, et le projet continue d’évoluer, notamment en intégrant directement les annonceurs. Ce qui est intéressant, c’est de voir comment les compétences s’accumulent et se nourrissent les unes les autres. Mon expérience en affiliation sur mes propres sites (comme ClankApp) m’a permis d’identifier un besoin du marché. Mes compétences de développeur m’ont permis de construire la solution. Et les leçons apprises de mes premières ventes m’aident aujourd’hui à développer Afilisting comme un véritable business. C’est un cercle vertueux. On passe de l’idée à l’exécution, puis à la monétisation, et chaque étape renforce la suivante. C’est ça, être un ‘Maker’.

Conclusion : Votre super-pouvoir de développeur vous attend

Mon parcours, de Dofus à Afilisting, peut sembler être une série d’étapes chanceuses ou complexes, mais il repose sur quelques principes fondamentaux accessibles à chaque développeur qui ressent cette envie d’aller plus loin. La première étape est de ne jamais cesser d’apprendre, non pas de manière abstraite, mais en construisant des projets qui vous passionnent. C’est ce qui transformera la corvée en plaisir et accélérera votre progression de manière exponentielle.

La seconde révélation est de briser les murs entre la technique et le business. Sortez de la ‘maladie des devs’. Intéressez-vous au marketing, à la vente, comprenez les chiffres, demandez ‘pourquoi’ on vous demande de développer telle ou telle fonctionnalité. Cette curiosité est ce qui transformera votre compétence technique en un véritable super-pouvoir entrepreneurial. Comme le disait Steve Jobs, la technologie seule ne suffit pas. C’est la technologie mariée aux arts libéraux, aux sciences humaines, qui fait chanter notre cœur. Pour un développeur, le business est cette science humaine qui donne un sens et une portée à notre code.

Enfin, considérez votre carrière comme un jeu de stratégie. Le CDI peut être un excellent camp d’entraînement. Le freelancing, un puissant levier pour financer vos ambitions et acheter votre liberté. Et la création de vos propres produits, le but ultime du jeu. Ne voyez pas ces étapes comme des chemins exclusifs, mais comme des outils que vous pouvez utiliser au bon moment. Lancez-vous. Construisez ce petit projet qui vous trotte dans la tête. Essayez de le vendre, même pour 100€. L’expérience que vous en tirerez vaudra tout l’or du monde et plantera une graine qui, je vous le promets, ne cessera de grandir.

FAQ : Questions fréquentes sur le parcours de développeur à entrepreneur

Par où commencer pour apprendre à coder quand on est un total débutant ?

La meilleure approche pour un débutant n’est pas de se demander quel langage apprendre, mais quel projet construire. La motivation est le facteur clé de la réussite dans l’apprentissage du code, et rien n’est plus motivant que de voir sa propre idée prendre vie. Choisissez un projet simple qui vous passionne : un site pour votre jeu vidéo favori, un petit outil pour votre entourage, ou même la copie d’un site que vous aimez. Ensuite, trouvez des ressources, comme les tutoriels sur YouTube (la chaîne Graphic Arts est excellente) ou les cours d’OpenClassrooms, qui utilisent une technologie pour réaliser ce type de projet. Le langage que vous apprendrez en premier n’a que peu d’importance ; c’est la logique de programmation que vous allez acquérir qui est précieuse et transférable.

‘La façon la plus rapide, la plus simple et la plus motivante, c’est d’avoir un projet. Ça peut être de commencer a créer des sites pour ton entourage, ça peut être plein de choses, mais il faut que ça ait un intérêt et que ça ait du sens pour toi.’

Est-il vraiment nécessaire d’avoir de l’expérience pour trouver sa première mission de développeur freelance ?

Non, il ne faut pas se laisser paralyser par la peur du manque d’expérience. Le marché a conscience qu’il y a de plus en plus de développeurs qui se lancent en freelance, y compris des profils plus juniors. Les Entreprises de Services du Numérique (ESN) et les grands comptes sont souvent ouverts à ces profils. L’important est de tenter sa chance et de postuler. Si vous rencontrez des difficultés, une courte expérience de 6 mois à 1 an en CDI peut suffire à construire un portfolio et à rassurer vos premiers clients. Cette première expérience salariée peut être un excellent tremplin pour ensuite se lancer avec plus de confiance et un profil plus solide.

‘Il ne faut surtout pas avoir peur de se dire ‘Ouais, ben, j’ai pas d’expérience, et cetera.’ Les ESN et les boîtes, en tout cas, grands comptes, aujourd’hui, ont conscience de ça et savent qu’il y a de plus en plus de développeurs qui se lancent freelance. Donc, euh, tenter.’

Quelle est la ‘maladie des devs’ et comment l’éviter ?

La ‘maladie des devs’ est la tendance qu’ont de nombreux développeurs à se concentrer exclusivement sur les aspects techniques de leur métier, en ignorant complètement le côté business et marketing. C’est un piège car cela les cantonne à un rôle d’exécutant et les empêche de saisir la pleine valeur de leur travail et les opportunités entrepreneuriales. Pour l’éviter, il faut être curieux : posez des questions sur le ‘pourquoi’ des fonctionnalités que vous développez, intéressez-vous aux chiffres de l’entreprise, essayez de comprendre qui sont les clients et quels problèmes votre code résout pour eux. En bref, il faut fusionner la compétence technique avec une compréhension du business. C’est ce mélange qui décuple votre valeur.

‘La maladie des devs, c’est les devs qui se concentrent uniquement sur la tech, qui sont passionnés, et c’est très bien, mais qui n’ont pas la notion du business et de la puissance qu’ils peuvent avoir, en fait. Parce que aujourd’hui si tu es un développeur que tu connais le business et que tu mélanges les deux, vraiment c’est la ruée vers l’or fois 1000.’

Quelle est la meilleure stratégie pour passer de salarié (CDI) à développeur freelance en France ?

Une stratégie efficace consiste à utiliser les mécanismes existants pour sécuriser sa transition. Si possible, négociez une rupture conventionnelle avec votre employeur. Cela vous permettra de bénéficier des allocations chômage, créant ainsi un filet de sécurité financier pendant que vous cherchez vos premières missions. Cette période sans pression financière est cruciale. Ensuite, l’objectif est de trouver une ou plusieurs missions pour atteindre un chiffre d’affaires nettement supérieur à votre ancien salaire. Utilisez cette augmentation de revenus non pas pour augmenter votre train de vie, mais pour épargner massivement. Cet argent constituera votre capital de départ pour financer le développement de vos propres projets à l’avenir.

‘Vous pouvez aussi bénéficier du super chômage en France, hein, donc vous faites une rupture conventionnelle, vous avez votre chômage, si vous voulez vraiment vous cover derrière, et puis voilà (…) être freelance, c’est lancer quand même une entreprise, mine de rien. Et donc, il y a énormément d’aide, donc faites-le.’

Est-ce une bonne idée de copier des projets existants pour apprendre à développer ?

Absolument. C’est l’une des meilleures méthodes d’apprentissage. Copier un projet existant comme Airbnb, Tinder ou Netflix vous donne un cadre et un objectif clairs, ce qui élimine la difficulté de devoir trouver une idée originale. Votre seule concentration est sur l’aspect technique : comment reproduire l’interface, comment implémenter les fonctionnalités, quelle architecture choisir. C’est un exercice de ‘reverse engineering’ extrêmement formateur. Apprendre, c’est copier. On apprend à faire du vélo en copiant ses parents. Le tout est de le faire intelligemment, en cherchant à comprendre chaque ligne de code plutôt qu’en faisant un simple copier-coller. Une fois que vous avez réussi, vous avez acquis des compétences concrètes et la confiance nécessaire pour créer vos propres projets.

‘Copier, en tout cas, s’inspirer, si on peut utiliser ce terme, c’est ultra important, et oui, j’avais vu ces formations où tu pouvais, tu pouvais même recopier Airbnb, tu pouvais recopier Tinder. (…) Prenez du plaisir, et ça viendra tout seul.’

Comment financer le développement de ses propres projets quand on débute ?

La stratégie la plus pragmatique est d’utiliser le freelancing comme une phase de financement. Après avoir quitté votre CDI, trouvez des missions de développeur freelance bien rémunérées. Maintenez un style de vie simple et utilisez la différence significative de revenus pour ‘coffrer’, c’est-à-dire pour constituer une épargne solide. J’ai personnellement travaillé en mission pendant 6 mois avec l’objectif clair de mettre un maximum d’argent de côté. Ce ‘trésor de guerre’ vous achète ensuite le temps et la tranquillité d’esprit nécessaires pour vous consacrer au développement de vos propres produits, comme un SaaS ou une application, sans avoir la pression de générer des revenus immédiatement.

‘J’ai fait ça 6 mois, j’ai coffré pas mal de thunes, et ensuite, j’ai utilisé cet argent bah, pour pour lancer des projets, notamment Afilisting (…) ça te permet de vivre sur ce stock de thunes le temps de lancer des projets. Et donc en fait, ça s’est fait étape par étape.’


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