Logo de l'épisode Guillaume Souillard - Le parcours idéal d'un développeur web 👨‍💻 | E4 du podcast Les Makers | Podcast

Guillaume Souillard – Le parcours idéal d’un développeur web 👨‍💻 | E4

Épisode diffusé le 31 octobre 2022 par Les Makers | Podcast

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De Dofus à la création d’un SaaS : le parcours qui devrait inspirer tous les développeurs

Le chemin d’un développeur est souvent perçu comme une ligne droite : apprendre à coder, trouver un bon poste en CDI, et évoluer au sein d’une structure. Mais que se passe-t-il lorsque cette voie tracée ne répond plus à l’aspiration de liberté, de création et d’impact ? Pour beaucoup, c’est le début d’une quête entrepreneuriale. Mon histoire commence de manière assez classique, voire clichée pour un développeur de ma génération : dans une chambre d’adolescent, entre deux parties de Dofus. C’est là que j’ai écrit mes premières lignes de code, sans la moindre idée que cette passion pourrait un jour devenir un métier, et encore moins le socle de ma propre entreprise. J’ai suivi le parcours ‘normal’ : les agences web, les postes en CDI. Mais très vite, un sentiment de décalage s’est installé. J’étais passionné par la technique, mais frustré de ne pas comprendre l’impact réel de mon travail sur le business. Je souffrais de ce que j’appelle aujourd’hui ‘la maladie des devs’ : une obsession pour la perfection technique au détriment de la vision d’ensemble. Cet article n’est pas juste mon histoire. C’est un guide pour chaque développeur qui sent au fond de lui qu’il peut faire plus, qu’il peut être plus qu’un simple exécutant. C’est la démonstration qu’en alliant la maîtrise du code à une compréhension fine du business, on ne débloque pas seulement un meilleur salaire, mais une liberté totale. Nous allons voir ensemble comment passer de l’apprentissage en autodidacte à la vente de son premier projet, comment utiliser le freelancing comme un tremplin stratégique, et surtout, comment guérir de cette fameuse maladie pour devenir un véritable entrepreneur.

Apprendre à coder : pourquoi votre projet personnel est votre meilleur professeur

La question qui revient sans cesse chez ceux qui veulent se lancer est : ‘Par où commencer ? Quel est le meilleur langage ?’. On passe des heures à comparer des frameworks, à lire des articles sur les ‘langages de 2024’, et on finit paralysé par l’analyse, sans jamais écrire une seule ligne de code. La vérité, c’est que cette approche est une perte de temps. Ma propre expérience, et celle de milliers d’autres développeurs, le prouve : la manière la plus rapide, efficace et motivante d’apprendre est de se lancer dans un projet qui nous tient à cœur. Pour moi, tout a commencé avec une idée simple : recréer Mappy. J’étais fasciné par le fait de pouvoir calculer un itinéraire entre un point A et un point B. Ce projet m’a forcé à apprendre le HTML, le PHP, et à interagir avec des API externes comme celle de Google. C’était un désastre technique, plein de bugs, mais j’avais créé quelque chose qui fonctionnait. C’est ce sentiment d’accomplissement qui a tout changé. C’est la flamme qui vous pousse à passer des nuits à déboguer une fonction, non pas parce qu’un patron vous le demande, mais parce que vous voulez voir votre idée prendre vie.

La méthode infaillible pour débuter : trouver une idée et la copier

Le mot ‘copier’ fait souvent peur. Il est associé à la triche, au manque d’originalité. Pourtant, dans le processus d’apprentissage, c’est l’outil le plus puissant qui soit. Pensez-y : quand on apprend à jouer d’un instrument, on commence par reprendre les morceaux des autres. Quand on apprend à dessiner, on copie les maîtres. Le développement ne fait pas exception. Le meilleur conseil que je puisse donner à un débutant est simple : choisissez un site ou une application que vous adorez et essayez de la recréer. Vous êtes fan de Tinder ? Il existe des formations pour en recréer une version simplifiée. Vous passez votre temps sur Airbnb ? Challengez-vous à en refaire la page de listing. Comme je le disais dans le podcast :

‘Ça peut être une bonne source d’inspiration, votre site préféré, essayez de le recopier. Alors n’allez pas recopier Facebook mais euh je sais pas moi euh la présentation de Netflix. Allez elle est assez stylée, essayez de la recopier etc. Faites-vous plaisir.’

Cette démarche a un double avantage. Premièrement, elle vous donne un objectif clair et un résultat tangible à atteindre. Vous n’êtes pas en train d’apprendre la théorie des boucles ‘for’ dans le vide ; vous l’utilisez pour afficher une liste de profils ou de logements. Deuxièmement, elle vous force à décomposer un produit complexe en petites briques fonctionnelles, ce qui est l’essence même du métier de développeur. Vous apprendrez la logique avant le langage. Et une fois que vous avez cette logique, passer de PHP à Python ou à JavaScript devient infiniment plus simple.

Quel langage choisir ? Le faux débat qui vous paralyse

La guerre des langages est un débat sans fin dans la communauté des développeurs. PHP est-il mort ? Faut-il tout miser sur JavaScript ? La réalité, c’est qu’il n’y a pas de mauvais langage. Chaque outil a ses forces et ses faiblesses, mais pour un débutant, ce choix est secondaire. Ce qui compte, c’est de comprendre les concepts fondamentaux : les variables, les conditions, les boucles, les fonctions, l’interaction avec une base de données. Ces concepts sont universels. La syntaxe change, mais la logique reste.

‘Au début tu t’en fiches. Il faut juste que tu comprennes la logique du code. Et ensuite tu as beau faire du PHP, du Javascript, du Python, euh la logique dans dans comment tu vas penser ton code et cetera, c’est toujours la même, c’est juste le langage qui change.’

Alors, comment choisir ? Ne choisissez pas. Laissez votre projet choisir pour vous. Si vous avez trouvé un super tutoriel sur YouTube pour cloner Uber Eats en React Native, alors commencez par React Native. Si vous trouvez une formation pour créer un blog avec Laravel (un framework PHP), lancez-vous avec Laravel. L’important est de commencer à construire. Des ressources gratuites et exceptionnelles existent. Je pense notamment à des chaînes comme Grafikart en France, qui m’a énormément appris. La barrière à l’entrée n’a jamais été aussi basse. La seule chose qui vous sépare de votre objectif, c’est votre capacité à vous y tenir et à rester régulier.

L’expérience en entreprise : une étape cruciale pour voir plus grand

Après mes premières armes en autodidacte, j’ai suivi le chemin classique en rejoignant des agences web en tant que développeur salarié. Pour beaucoup, le CDI est une fin en soi. Pour moi, ce fut une étape, une sorte d’université pratique indispensable pour comprendre comment le monde professionnel fonctionnait. C’est là que j’ai appris à travailler en équipe, à respecter des délais, à utiliser des outils de versioning comme Git de manière rigoureuse. Mais c’est aussi là que j’ai ressenti les premières frustrations. Dans beaucoup d’entreprises, les développeurs sont maintenus dans une bulle technique, loin des réalités business. On nous donne des tâches, on code, on livre, mais on ne sait jamais vraiment pourquoi on le fait, ni quel est l’impact de notre travail sur le chiffre d’affaires. C’est une situation confortable pour certains, mais terriblement limitante pour ceux qui ont une fibre entrepreneuriale. C’est ce qui m’a poussé à chercher autre chose, une expérience qui allait non seulement me faire grandir en tant que développeur, mais aussi en tant que futur entrepreneur.

La révélation Northstar : quand la transparence des chiffres change votre vision

Ma carrière a pris un tournant décisif lorsque j’ai rejoint Northstar Network, la société de Yann Kaufman. Là-bas, j’ai vécu un véritable choc culturel. Contrairement à toutes mes expériences précédentes où les chiffres étaient un sujet tabou, chez Northstar, tout était transparent. Je pouvais voir les revenus générés, comprendre les marges, analyser ce qui fonctionnait et ce qui ne fonctionnait pas. Cette transparence a eu un effet immédiat et profond sur ma manière de travailler. Au lieu d’être un simple exécutant, je me suis senti impliqué dans une mission commune. Je ne me contentais plus d’écrire du code ; je comprenais l’enjeu derrière chaque fonctionnalité.

‘Ce qui m’a ce qui m’a ce qui m’a plu c’est que bah en fait tout de suite euh je comprenais l’enjeu, je comprenais euh le… ça te met dans un mood en tout cas là-bas euh qui te donne de tout péter encore plus les chiffres.’

Beaucoup de patrons craignent de partager leurs chiffres, de peur que les employés demandent des augmentations ou se démotivent. Mon expérience a été tout le contraire. Voir le succès de l’entreprise était une source de motivation incroyable. Cela m’a poussé à donner le meilleur de moi-même, non pas par obligation, mais par envie de contribuer à cette croissance. Cette expérience m’a guéri de la fameuse ‘maladie des devs’. J’ai compris que le code le plus élégant du monde ne vaut rien s’il ne résout pas un problème business et ne génère pas de valeur. Cette prise de conscience a été le véritable point de départ de mon aventure entrepreneuriale. Je savais désormais que pour réussir, je devais maîtriser les deux facettes : la tech et le business.

Le grand saut vers l’indépendance : le freelancing comme arme stratégique

Après un an chez Northstar, l’envie de voler de mes propres ailes était devenue trop forte. L’idée n’était pas de fuir une entreprise que je n’aimais pas, bien au contraire, mais de mettre en pratique tout ce que j’avais appris pour construire mes propres projets. Le freelancing s’est imposé comme la transition la plus logique et la plus intelligente. C’était le moyen parfait de continuer à vendre mon temps et mes compétences, mais à un tarif bien plus avantageux, tout en me dégageant du temps pour mes ‘side projects’. Beaucoup de développeurs hésitent à se lancer, paralysés par la peur de ne pas avoir assez d’expérience. C’est une crainte légitime, mais souvent infondée. Les entreprises, et notamment les grands comptes, sont de plus en plus conscientes du vivier de talents que représentent les freelances, même juniors. Elles savent qu’il y a une pénurie de développeurs et sont prêtes à donner leur chance. Mon conseil est simple : tentez.

‘Il faut surtout pas avoir peur de se dire ‘Ouais mais j’ai pas d’expérience et cetera.’ les ESN et les boîtes en tout cas grand compte, aujourd’hui ont conscience de ça et savent qu’il y a de plus en plus de développeurs qui se lance freelance. Donc tenter puis si vraiment vous trouvez pas de mission en freelance, faites-vous une petite expérience en CDI, ce sera peut-être un peu plus simple à trouver et ensuite lancez-vous.’

Le passage en freelance a été une révolution financière. Mon TJM (Taux Journalier Moyen) était d’environ 400 à 500 euros. Je suis passé d’un salaire de 2500 euros net en CDI à un chiffre d’affaires mensuel de 8000 ou 9000 euros. Bien sûr, il faut déduire les charges, les impôts, etc., mais la différence reste colossale. Cet argent n’était pas une fin en soi. C’était le carburant pour mes ambitions.

La stratégie du ‘coffrage’ : financer ses rêves avec le freelancing

J’ai adopté ce que j’appelle la stratégie du ‘coffrage’. J’ai pris une mission longue durée pour un grand compte, Norauto. Pendant 6 mois, j’ai mis un maximum d’argent de côté. Ce capital n’était pas destiné à m’acheter une voiture de sport, mais à m’acheter du temps et de la sérénité pour développer mes propres produits, comme Affilisting. C’est une approche extrêmement pragmatique. Le freelancing devient un accélérateur, un moyen de financer votre R&D personnelle sans avoir à lever des fonds ou à vous endetter. Vous construisez votre propre piste de décollage financière.

‘J’ai coffré pas mal de tunes et ensuite j’ai utilisé cet argent bah pour pour lancer des projets. notamment Affilisting. Euh alors quand je dis que j’ai utilisé cet argent. Moi Affilisting ça m’a rien coûté à développer. C’est surtout que bah voilà, ça te permet de vivre sur ce stock de tunes le temps de lancer des projets.’

Cette liberté financière se double d’une liberté organisationnelle. Fini les demandes de congé à faire valider par cinq personnes. Vous êtes votre propre patron. Si un jour vous décidez de ne pas travailler, c’est votre choix, et vous en assumez les conséquences. Cette autonomie est, à mon sens, le plus grand luxe que l’on puisse s’offrir. C’est le véritable salaire de l’entrepreneur. Mon objectif à terme est de réduire au maximum la prestation de service pour me consacrer à 100% à mes produits. Le freelancing n’est donc pas une destination finale, mais un pont, un tremplin incroyablement puissant vers la création de vos propres actifs.

L’esprit ‘Maker’ : de la vente d’une app à 6000$ à la création d’Affilisting

Le véritable déclic entrepreneurial, celui qui change à jamais votre perception de la valeur, survient lorsque vous vendez pour la première fois quelque chose que vous avez créé de zéro. Pour moi, cette expérience fondatrice a eu lieu dans l’univers des cryptomonnaies. Avec un ami, nous avions développé ‘Crypt Alerte’, une application pour suivre le cours des cryptos. C’était en 2016, bien avant que le marché ne soit inondé d’outils similaires. Après deux ans de développement et de maintenance, nous avons vendu l’application. Le montant peut sembler dérisoire aujourd’hui : 5000 ou 6000 dollars. C’est une bouchée de pain, surtout quand on sait que des concurrents comme Delta, avec qui j’échangeais des conseils techniques à l’époque, se sont vendus pour 5 millions. Mais la valeur de cette transaction n’était pas financière. Elle était psychologique. Pour la première fois, j’avais la preuve tangible que mes lignes de code pouvaient se transformer en argent réel.

‘En réalité on a appris énormément de choses, on a appris déjà à plus se faire douiller. Et puis surtout on a on a appris que on pouvait faire de l’argent avec ce qu’on créait de zéro et ça ça a été un game changer complet dans mon cerveau.’

Cette expérience a été une leçon inestimable. Elle m’a appris à négocier, à valoriser un produit, et surtout, elle m’a donné la confiance nécessaire pour continuer à créer. Chaque projet, qu’il soit un succès fulgurant ou un échec relatif, est une brique qui construit votre expertise d’entrepreneur. J’ai continué avec ClankApp, un tracker de transactions crypto, puis des projets NFT. Chaque itération m’a rapproché de mon projet actuel, Affilisting, un annuaire de programmes d’affiliation. Ce parcours illustre une vérité fondamentale : l’entrepreneuriat n’est pas un long fleuve tranquille, mais une série d’expérimentations. L’important n’est pas de réussir du premier coup, mais d’apprendre à chaque étape et de réinvestir ces connaissances dans le projet suivant.

La compétence ultime : allier la maîtrise technique à la vision business

Si je devais résumer la clé de voûte de tout ce parcours, ce serait cette phrase que j’ai martelée durant notre échange : la fusion de la tech et du business. C’est ce qui distingue un bon développeur d’un entrepreneur à succès. La ‘maladie des devs’, cette tendance à se concentrer uniquement sur la beauté du code, est le plus grand frein à la réussite. C’est une maladie que j’ai eue, comme beaucoup. On veut utiliser le dernier framework à la mode, on passe des semaines à optimiser une requête qui ne sera jamais un goulot d’étranglement, et pendant ce temps, on oublie l’essentiel : répondre à un besoin client et créer un modèle économique viable. Mon passage chez Northstar m’a guéri en me forçant à regarder les chiffres. Mes projets personnels m’ont appris à penser comme un marketeur, un commercial et un chef de produit.

‘Aujourd’hui si tu es un développeur que tu connais le business et que tu mélanges les deux, vraiment c’est la rue vers l’or fois 1000.’

Cette double compétence est votre plus grand atout. Elle vous permet de construire des produits pertinents, de les lancer rapidement, et de les itérer en fonction des retours du marché, sans dépendre de personne. Vous avez une idée le matin, vous pouvez la prototyper l’après-midi et la tester le soir. Cette agilité est une force immense. C’est ce qui m’a permis de lancer Affilisting et de le faire évoluer en fonction des besoins des éditeurs de sites et des annonceurs. Mon parcours, de Dofus à Affilisting, n’est pas un coup de chance. C’est le résultat d’un apprentissage continu, d’une curiosité insatiable pour le business, et de la conviction profonde que le code est le plus bel outil qui soit pour transformer une idée en une entreprise prospère.

Conclusion : votre parcours de développeur ne fait que commencer

Mon histoire n’a rien d’exceptionnel. Elle est le reflet d’une évolution possible pour chaque développeur qui ose regarder au-delà de son éditeur de code. Le parcours idéal n’est pas une ligne droite, mais une succession d’étapes stratégiques : commencer par la passion avec un projet personnel, consolider ses bases techniques et sa vision business en entreprise, utiliser le freelancing comme un tremplin financier et, enfin, se lancer dans la création de ses propres produits. Chaque étape est une préparation pour la suivante. La vente d’une petite application pour quelques milliers de dollars n’est pas un échec, c’est le financement de votre première grande leçon d’entrepreneuriat. Le plus grand risque n’est pas de se lancer et d’échouer, mais de rester dans une situation confortable où l’on n’apprend plus. Comme je le disais, il y a énormément d’aides et de possibilités, notamment en France, pour ceux qui veulent créer. L’écosystème n’a jamais été aussi favorable. Alors, si vous sentez cette flamme en vous, cette envie de construire, de maîtriser votre destin et de connaître la liberté d’être votre propre patron, n’attendez plus. Le moment parfait n’existe pas. Lancez-vous.

‘Rien que pour la liberté que vous allez avoir derrière. Vous êtes votre propre patron, vous ne rendez plus de compte à part à vos clients forcément mais du coup si vous vous dites ‘bah aujourd’hui je suis off bah voilà, vous êtes off.’ Vous avez pas à faire de demandes de congé, que ce soit validé par 5 personnes. Ça ça me rendait ouf quoi à l’époque.’

Votre aventure ne fait que commencer. Prenez ce que vous avez appris ici, appliquez-le à votre propre contexte, et commencez à bâtir. Le monde a besoin de plus de ‘Makers’.

Foire aux questions (FAQ)

Quel est le meilleur moyen d’apprendre à coder quand on part de zéro ?

La méthode la plus efficace est de loin l’approche par projet. Au lieu de suivre des cours théoriques abstraits, choisissez une application ou un site web que vous aimez et que vous utilisez, et fixez-vous l’objectif de le recréer. Ce processus vous force à apprendre de manière concrète et vous maintient motivé, car vous voyez un résultat tangible prendre forme. Cherchez des tutoriels vidéo sur des plateformes comme YouTube qui vous guident pas à pas. L’important n’est pas la perfection, mais l’action et l’apprentissage par la pratique.

‘La façon la plus rapide, la plus simple et la plus motivante c’est d’avoir un projet. […] Ça peut être de créer je sais pas moi un site communautaire autour de ton jeu vidéo favori, […] mais il faut que c’est un intérêt et que c’est du sens pour toi.’

Est-il indispensable d’avoir une expérience en CDI avant de devenir freelance ?

Ce n’est pas une obligation absolue, mais c’est une étape très formatrice. Une première expérience en CDI, même courte, vous permet d’apprendre à travailler en équipe, de vous familiariser avec les processus professionnels et de gagner en confiance. Elle peut aussi faciliter la recherche de votre première mission freelance. Cependant, le marché a évolué, et de nombreuses entreprises sont prêtes à faire confiance à des freelances moins expérimentés mais motivés. Le plus important est d’oser se lancer et de ne pas laisser le manque d’expérience devenir un blocage insurmontable.

‘Tenter puis si vraiment vous trouvez pas de mission en freelance, faites-vous une petite expérience en CDI, ce sera peut-être un peu plus simple à trouver et ensuite lancez-vous.’

Comment surmonter le syndrome de l’imposteur en tant que développeur ?

Le syndrome de l’imposteur touche presque tous les développeurs, peu importe leur niveau. La meilleure façon de le combattre est de se concentrer sur la création et la livraison de projets. Chaque projet terminé, même petit, est une preuve tangible de vos compétences. De plus, s’inspirer de projets existants, voire les ‘copier’ dans un but d’apprentissage, est une excellente pratique. Cela démystifie la complexité et vous montre que vous êtes capable de construire des choses qui fonctionnent. L’apprentissage est un processus continu ; personne ne sait tout, et c’est normal.

‘Quand tu vas prendre quelque chose tu copies en fait. Quand tu apprends à faire du vélo tu copies sur ton père. Enfin tu copies toujours quand tu apprends et c’est tout à fait logique. […] copier en tout cas s’inspirer […] c’est ultra important.’

Pourquoi un développeur doit-il absolument s’intéresser au business ?

Un développeur qui ne s’intéresse qu’à la technique risque de souffrir de ce que j’appelle la ‘maladie des devs’ : il crée des solutions techniquement parfaites mais qui ne répondent à aucun besoin réel du marché. Comprendre le business, c’est comprendre le ‘pourquoi’ derrière le code. Cela permet de prioriser les fonctionnalités qui ont le plus d’impact, de communiquer plus efficacement avec les autres équipes et, à terme, de créer ses propres produits rentables. La combinaison des compétences techniques et business est le levier le plus puissant pour une carrière réussie.

‘Aujourd’hui si tu es un développeur que tu connais le business et que tu mélanges les deux, vraiment c’est la rue vers l’or fois 1000.’

Quel langage de programmation choisir pour commencer en 2024 ?

C’est un faux débat qui paralyse beaucoup de débutants. Il n’y a pas de ‘mauvais’ langage pour commencer. L’essentiel est de maîtriser la logique de programmation (variables, conditions, boucles), qui est universelle. Mon conseil est de ne pas choisir un langage dans l’absolu, mais de le choisir en fonction du projet que vous voulez réaliser. Trouvez un tutoriel de qualité pour un projet qui vous plaît (cloner un site, créer une petite app) et utilisez le langage enseigné. Une fois la logique acquise, passer à un autre langage sera beaucoup plus facile.

‘Ta logique de développeur elle va naître comme ça. Et ensuite tu l’as pour tous les langages après. […] C’est ce que tu vas chercher au début c’est trouver ta logique de développeur et ensuite tu l’appliques à n’importe quel langage.’

Comment peut-on financer le lancement de ses propres projets web ?

Une des stratégies les plus efficaces est d’utiliser le freelancing comme un outil de financement. En tant que développeur freelance, vous pouvez facturer un taux journalier bien plus élevé que votre salaire en CDI. Adoptez une approche de ‘coffrage’ : prenez une mission bien rémunérée pendant plusieurs mois et mettez un maximum d’argent de côté. Ce capital vous servira de ‘piste de décollage’ pour pouvoir vivre pendant que vous développez vos propres produits, sans la pression de devoir générer des revenus immédiatement. Cela vous achète du temps et de la sérénité.

‘J’ai fait ça 6 mois, j’ai coffré pas mal de tunes et ensuite j’ai utilisé cet argent bah pour pour lancer des projets. […] ça te permet de vivre sur ce stock de tunes le temps de lancer des projets.’

Vendre son premier projet pour un ‘petit’ montant, est-ce un échec ?

Absolument pas. C’est même l’une des étapes les plus importantes de votre parcours d’entrepreneur. Vendre mon application ‘Crypt Alerte’ pour seulement 6000 dollars a été un tournant majeur. La valeur n’était pas dans l’argent, mais dans l’apprentissage. Cette première vente prouve que vous êtes capable de créer quelque chose de A à Z et de trouver quelqu’un prêt à payer pour. C’est une validation de concept fondamentale et une leçon sur la valorisation, la négociation et le marché qui vaut bien plus que le montant perçu. C’est un ‘game changer’ pour l’état d’esprit.

‘Aujourd’hui 6000 balles revend une appli ça peut paraître un peu euh dérisoire […] mais en réalité on a appris énormément de choses, […] on a appris que on pouvait faire de l’argent avec ce qu’on créait de zéro et ça ça a été un game changer complet dans mon cerveau.’


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