De la peur du jugement à un empire à 30 millions : les confessions de Christopher Wangen
Sur les réseaux sociaux, la vie d’un entrepreneur à succès ressemble souvent à une ligne droite pointant vers le ciel. Les réussites s’enchaînent, les projets fleurissent, et tout semble facile, presque prédestiné. Pourtant, derrière les chiffres et les photos de voyages se cache une réalité bien plus complexe, faite de doutes, de freins et de peurs viscérales. C’est cette réalité que j’ai décidé de partager. Beaucoup pensent que je réussis tout, que mon parcours est parfait. La vérité, c’est que même après avoir créé cinq entreprises et bâti un patrimoine conséquent, je suis toujours humain. J’ai encore des peurs, des freins qui tentent de me ralentir. La différence, c’est que je ne les laisse plus décider pour moi. Je les affronte, je travaille dessus, car je sais que de l’autre côté de la peur se trouve la croissance.
Une de mes plus grandes angoisses, bien plus forte que celle d’investir des millions ou de parler devant une foule, était profondément humaine et irrationnelle. C’était la peur du jugement de ceux que je voulais aider. Mon ambition première a toujours été de tendre la main aux personnes qui, comme mes parents il y a 30 ans, partaient de rien, sans éducation financière, sans capital, sans réseau. Ma mission, c’est eux. Mais comment concilier cette volonté d’aider ‘ceux d’en bas’ avec une trajectoire qui, inévitablement, m’éloigne de leur réalité quotidienne ?
C’était la peur qu’en fait, les gens se disent ‘il change et trop négativement, tu vois, parce que moi en fait, tout ce que je fais, c’est pour aider les gens qui viennent d’en bas. […] C’est dur de se dire je veux aider ces gens-là, mais en même temps, en évoluant, bah je vais en perdre parce qu’ils vont dire ‘Ouais, il a changé, il est plus comme nous’. Non, je suis plus comme vous, mais j’ai encore envie de vous aider.
Cette dualité est le combat de nombreux entrepreneurs issus de milieux modestes. On craint de devenir le symbole de ce qu’on a fui, de trahir ses origines. J’ai dû accepter une vérité essentielle : oui, je change. Et je vais continuer de changer. Plus j’évolue, plus je brise mes propres barrières, et plus je serai en mesure d’avoir un impact massif. Mon message aujourd’hui est clair : ma transformation n’est pas une trahison, c’est un outil. Plus je grandis, plus mes capacités à aider grandissent avec moi. Cet article n’est pas une simple success story. C’est une plongée dans les coulisses de l’entrepreneuriat, une exploration du déclic qui change tout, des batailles familiales, et de l’art délicat de construire une machine de guerre tout en restant fidèle à soi-même.
Le déclic : quand une notification à 150 € surpasse un salaire
On imagine souvent le début d’une grande aventure entrepreneuriale comme une révélation divine, une idée de génie qui s’impose dans un éclair. La réalité est souvent plus simple, plus terre-à-terre. Pour moi, tout n’a pas commencé avec le plan de créer cinq entreprises. Tout a commencé avec un petit investissement, presque un coup de poker, et une prise de conscience brutale de la valeur du temps. À 23 ans, alors que je travaillais en gestion de patrimoine, un ami m’a parlé d’une opportunité d’investissement immobilier à Budapest. C’était 15 000 ou 20 000 €, la totalité de mes économies. La peur était là, bien sûr, mais la pensée dominante était : ‘J’ai 23 ans, je n’ai rien à perdre. Au pire, je repars de zéro’. Alors, je l’ai fait.
Cet acte a planté une graine, mais le véritable déclic, celui qui a changé la trajectoire de ma vie, est arrivé quelques mois plus tard. J’étais en rendez-vous client, tard le soir, probablement 20h ou 21h. Je venais de conclure une affaire, une signature qui m’avait rapporté 300 ou 400 € de commission. J’étais satisfait de mon travail, mais épuisé. En sortant, je consulte mon téléphone et je vois une notification qui allait tout changer : ‘Booking : 150 € de réservation’. Ce fut un choc. Un électrochoc. D’un côté, des heures de travail, de persuasion, d’énergie dépensée pour gagner une commission. De l’autre, 150 € gagnés passivement, pendant que j’étais occupé à autre chose. L’argent travaillait pour moi.
Et je pense que c’est là que j’ai eu des déclics, il y en a eu plein mais là ça a été un des premiers en me disant ‘Attends, je suis quelque part, je gagne de l’argent quelque part, mais j’en gagne aussi d’un autre côté. Et là j’en gagne peu importe que je travaille, peu importe que je dorme, peu importe que je sois dans ma douche, je gagne de l’argent’. Et c’est là que j’ai dit ça peut pas s’arrêter à un quoi, je faut que je les multiplie.
Cette simple notification a cristallisé la différence fondamentale entre revenu actif et revenu passif. J’ai compris que mon temps n’était pas extensible, mais que mes sources de revenus, elles, pouvaient l’être. Ce n’était plus une question de ‘si’ mais de ‘comment’. Comment multiplier ces appartements ? Comment systématiser ce modèle ? Cette prise de conscience a été le carburant de mes premières années. Elle était couplée à une motivation encore plus profonde : la volonté d’aider mes parents. Issu d’une famille où l’argent était une source de stress, j’ai longtemps essayé de leur donner des conseils qu’ils n’appliquaient pas. J’ai perdu beaucoup d’énergie avant de comprendre que la meilleure façon de les aider n’était pas de leur dire quoi faire, mais de me mettre moi-même en position de pouvoir agir pour eux. Ce double moteur, la quête de liberté financière et le désir de sécurité pour mes proches, a tout déclenché.
L’épreuve familiale : naviguer entre le rêve parental et la réalité entrepreneuriale
L’un des défis les moins discutés de l’entrepreneuriat est la gestion de son entourage, et en particulier de sa famille. Quand on vient, comme moi, d’un milieu où la sécurité de l’emploi est la valeur suprême, annoncer qu’on quitte un poste stable pour ‘créer sa boîte’ s’apparente à une déclaration de guerre contre le bon sens. J’ai vécu cette dichotomie de plein fouet, et souvent dans la même pièce : la cuisine de mes parents. Mon père, artisan, a toujours eu cette fibre indépendante. Quand je lui ai parlé de mon premier achat immobilier, sa réaction a été immédiate : ‘Super, vas-y mon fils, fonce !’. Il comprenait l’audace, la prise de risque. Ma mère, fonctionnaire, incarnait l’autre pôle : la sécurité avant tout. Pour elle, cet achat à l’étranger était une folie pure. Son amour pour moi se traduisait par une peur démesurée du risque.
Cette dynamique s’est répétée à chaque étape clé de ma carrière. Le jour où je lui ai annoncé que j’avais décroché un CDI dans une grande société européenne, avec tickets restaurants, voiture de fonction et vacances payées, ce fut l’apothéose. Elle était aux anges, comme si j’avais décroché la lune. Pour elle, c’était la définition même de la réussite, la fin des inquiétudes.
J’ai eu l’impression que je lui annonçais la lune. Bravo mon fils, tu es famille pied noir italienne donc théâtrale, tu vois. […] La fois où je lui ai annoncé je crois que c’est dans la cuisine aussi […] ‘Bah voilà, maman, je je quitte et je vais créer ma boîte.’ J’ai cru que je la tuais. Elle me dit ‘Mais pourquoi tu me fais ça ?’
Sa réaction, ‘Pourquoi tu me fais ça ?’, est révélatrice. Pour elle, mon choix n’était pas une quête de liberté, mais une attaque personnelle contre la sécurité qu’elle chérissait tant pour moi. Il a fallu des années pour qu’ils comprennent réellement ce que je faisais. Les posts sur les réseaux sociaux étaient abstraits. La véritable prise de conscience a eu lieu lors d’un de mes premiers séminaires en 2018. En me voyant sur scène devant 200 personnes, en voyant des gens demander des photos et des autographes, ils ont enfin visualisé l’impact de mon travail. Ce n’était plus une ‘boîte’ abstraite, c’était une communauté, une mission. Leur regard a changé, passant de l’incompréhension à l’admiration. Aujourd’hui, mon père me demande ‘comment tu gères tout ça ? Comment tu dors la nuit ?’. C’est la preuve que le chemin a été parcouru. Mais ce parcours rappelle une leçon essentielle : il faut parfois accepter de décevoir les attentes de ceux qu’on aime pour construire la vie qui nous est destinée.
Bâtir une armée : l’art de la délégation quand on vient d’un monde où ‘on fait tout soi-même’
Fils d’artisan, j’ai grandi avec un mantra gravé dans le marbre : si tu veux que quelque chose soit bien fait, fais-le toi-même. Je me souviens, sur les chantiers avec mon père, ne pas comprendre les clients qui nous payaient pour ensuite vouloir faire le carrelage eux-mêmes, ou pire, ceux qui payaient des déménageurs. ‘Ils sont débiles ou quoi ? Ils savent pas porter des cartons ?’. Je n’avais aucune notion de la valeur du temps, de l’effet de levier, de la délégation. Mon ADN était programmé pour l’action directe et le contrôle total. Passer de cette mentalité à la direction d’un groupe de cinq entreprises avec près de 20 collaborateurs a été ma plus grande remise en question, un combat quotidien contre mes propres instincts. La délégation n’est pas un processus naturel, c’est une compétence qui se cultive dans la douleur, en dépassant des peurs profondes : la peur que ce soit moins bien fait, que les délais ne soient pas respectés, la peur de perdre le contrôle.
Le recrutement contre-intuitif : pourquoi le ‘savoir-être’ écrase les compétences
Ma première règle en matière de construction d’équipe va à l’encontre de toutes les conventions du recrutement. Je ne cherche pas le CV parfait, je cherche la confiance absolue. La quasi-totalité de mon équipe est composée de personnes que je connaissais avant : des amis, des membres de ma famille, d’anciens participants à mes formations. Pourquoi ? Parce que je pars d’un principe simple : les compétences techniques, ça s’apprend. Un logiciel, une stratégie marketing, une méthode de vente, tout cela peut être enseigné. En revanche, le savoir-être, la loyauté, l’éthique de travail, l’envie de se dépasser pour une vision commune, ça, ça ne s’apprend pas. C’est inné ou ce n’est pas.
Je préfère quelqu’un qui n’ait pas les compétences de base mais qui est le savoir-être, la confiance et je sais qu’il va se déchirer pour moi parce qu’il croit en moi, en mes valeurs […], plutôt que quelqu’un qui est très compétent mais qui a pas ça. […] Et pour le moment, ça m’a jamais fait défaut.
Prendre un expert ultra-compétent mais dont je ne partage pas les valeurs ou en qui je n’ai pas une confiance aveugle serait une erreur stratégique. Mon premier marketeur, Mathias, a fait exploser mon chiffre d’affaires, non pas parce qu’il était juste un technicien de génie, mais parce qu’il avait compris ma vision et savait comment la traduire. Ma graphiste, Lisa, est une connaissance du collège. En basant mon recrutement sur ce cercle de confiance, je construis une équipe qui n’est pas juste là pour un salaire, mais pour une mission. C’est un véritable clan qui avance dans la même direction.
L’assistante personnelle : mon investissement le plus rentable n’est pas immobilier
Si on me demandait quel est le meilleur investissement que j’aie jamais fait, beaucoup s’attendraient à ce que je parle d’un bien immobilier ou d’une de mes sociétés. La réponse est bien plus surprenante : c’est mon assistante personnelle. Je le dis souvent et sans aucune exagération : si demain je perdais tout, si je devais vivre dans une cabane en bois, la seule chose que je garderais, c’est une assistante. Ce n’est pas un luxe, c’est un décupleur de vie. La charge mentale que nous portons tous, faite de micro-tâches administratives, logistiques et personnelles, est un poison qui draine notre énergie et notre concentration. Penser à prendre un billet d’avion, passer une heure au téléphone pour un remboursement, gérer les artisans à la maison, faire les courses, classer le courrier… Toutes ces choses, accumulées, nous empêchent de nous concentrer sur l’essentiel.
Si demain je perds tout, j’ai plus rien […] je suis capable d’aller vivre dans une cabane en bois sans montre, sans voiture, sans fringue, sans rien mais je garderai une assistante. […] C’est un confort de vie, je ne retournerai jamais en arrière.
Mon assistante, Delphine, est le centre névralgique de mon existence. Elle gère mes déplacements avec une précision chirurgicale, connaissant mes préférences de compagnies aériennes. Elle s’assure que j’aie un repas sain qui m’attend au frigo quand je rentre de voyage. Elle gère mes biens, mes artisans, mon courrier. Elle me fait gagner un temps inestimable, mais surtout, une liberté d’esprit totale. C’est grâce à cette délégation du personnel que je peux faire 1h30 de sport par jour, que je peux éteindre mon téléphone quand je suis avec ma famille, que je peux me consacrer pleinement aux tâches à haute valeur ajoutée pour mon groupe. C’est le secret le mieux gardé des entrepreneurs performants : avant de vouloir optimiser votre business, optimisez votre vie.
Créer des process pour devenir inutile : l’objectif final de tout leader
Déléguer des tâches est la première étape. La seconde, bien plus complexe, est de déléguer la prise de décision et le flux d’information. L’objectif ultime d’un dirigeant ne devrait pas être de devenir indispensable, mais au contraire, de devenir parfaitement inutile au fonctionnement quotidien de son entreprise. Tant que toutes les informations doivent passer par vous pour être validées ou transmises, vous restez le goulot d’étranglement de votre propre croissance. J’ai travaillé sans relâche pour me retirer des boucles de communication. Mon assistante n’a plus besoin de me demander l’autorisation pour la plupart des choses ; elle est en contact direct avec mon comptable, mon architecte, mon père pour les travaux. Les équipes communiquent entre elles sans que je sois en copie de chaque email.
Récemment, j’ai senti le besoin de récupérer deux heures par jour pour intensifier mon entraînement sportif. La seule solution était de systématiser davantage. J’ai donc mis en place de nouvelles règles : je ne suis disponible pour des appels que sur deux créneaux spécifiques par semaine. Toute communication non-urgente passe par email. Les urgences doivent être signalées par un mot-clé précis sur WhatsApp. Le reste est géré par mon Directeur Général. En créant ces processus, je ne me rends pas inaccessible ; je canalise les flux pour protéger mon temps et mon énergie, qui sont mes ressources les plus précieuses. C’est un travail constant, une quête pour s’extraire de l’opérationnel et ne conserver que le stratégique. Plus l’entreprise grandit, plus je dois me détacher. C’est paradoxal, mais c’est la seule façon de ne pas imploser et de permettre au groupe de continuer à grandir.
Conclusion : le courage n’est pas l’absence de peur, mais l’action malgré elle
Le parcours d’un entrepreneur est rarement la belle histoire lisse que l’on vend sur internet. C’est un chemin sinueux, pavé de doutes, de remises en question et de peurs profondes. Mon histoire n’est pas celle d’un homme sans peur, mais celle d’un homme qui a décidé de ne plus laisser ses peurs dicter sa vie. La peur du jugement, la peur de l’échec, la peur de décevoir ses proches sont des compagnons de route universels. La clé n’est pas de les éliminer, mais d’apprendre à danser avec eux.
Les grands tournants de ma vie ne sont pas venus de plans complexes, mais de déclics simples : une notification sur un téléphone qui révèle la puissance du revenu passif, la prise de conscience que la meilleure aide pour ma famille était ma propre réussite, ou la compréhension que déléguer mon quotidien était plus important que de tout contrôler. Chaque étape de la croissance, du premier bien immobilier à la gestion de cinq sociétés, a exigé que je lâche une partie de moi-même, que j’abandonne une croyance limitante, que je fasse confiance à d’autres.
Si je pouvais laisser un seul message, ce serait celui-ci : n’attendez pas de ne plus avoir peur pour agir. L’action précède la confiance. Faites ce premier investissement, même s’il vous terrifie. Recrutez cette première personne, même si vous pensez pouvoir mieux faire le travail vous-même. Créez ce premier process pour vous libérer une heure par jour. C’est dans ces petits actes de courage quotidiens que se construisent les grands empires, mais surtout, que se bâtit une vie alignée avec ses ambitions les plus profondes.
Questions fréquentes (FAQ)
Quelle est la plus grande peur de Christopher Wangen en tant qu’entrepreneur ?
Au-delà des risques financiers ou opérationnels, sa peur la plus profonde était liée à la perception des autres, et plus particulièrement des personnes issues du même milieu modeste que lui. Il craignait qu’en réussissant et en évoluant, les gens qu’il souhaitait aider le perçoivent comme quelqu’un qui a ‘changé négativement’ et qui n’est ‘plus comme eux’. C’est une lutte interne entre rester fidèle à ses racines et accepter la transformation nécessaire pour avoir un impact plus grand. Il a dû accepter que son évolution était un outil pour mieux aider, et non une trahison.
C’était la peur qu’en fait, les gens se disent ‘ils changent et trop négativement, tu vois, parce que moi en fait, tout ce que je fais, c’est pour aider les gens qui viennent d’en bas. […] Je suis plus comme vous, mais j’ai encore envie de vous aider.
Quel a été le véritable déclic qui a lancé la carrière d’investisseur de Christopher Wangen ?
Le déclic décisif n’a pas été l’achat de son premier bien immobilier, mais une prise de conscience survenue quelques mois plus tard. Alors qu’il venait de gagner une commission de 300-400 € après une longue journée de travail en gestion de patrimoine, il a reçu une notification de réservation Booking de 150 € pour son appartement. La comparaison entre l’argent gagné activement en échange de son temps et l’argent gagné passivement, sans effort direct, a été une révélation. Il a immédiatement compris qu’il devait multiplier ces sources de revenus passifs pour atteindre la véritable liberté financière.
Je regarde mon téléphone et j’ai une notif Booking 150 € de réservation. […] Et c’est là que j’ai dit ça peut pas s’arrêter à un quoi, je faut que je les multiplie.
Comment la famille de Christopher Wangen a-t-elle réagi à son parcours entrepreneurial ?
Sa famille a eu des réactions très contrastées, symbolisant le fossé entre la sécurité et la prise de risque. Son père, artisan, l’a toujours encouragé à foncer. Sa mère, fonctionnaire, a vécu son parcours avec beaucoup d’anxiété. Elle était comblée lorsqu’il a accepté un poste de salarié, le considérant comme l’aboutissement ultime. À l’inverse, lorsqu’il a annoncé qu’il quittait ce poste pour créer son entreprise, elle a vécu cela comme un drame. Il leur a fallu plusieurs années, et notamment le voir lors de séminaires avec des centaines de personnes, pour réellement comprendre l’ampleur et le sérieux de son activité.
La fois où je lui ai annoncé […] ‘maman, je je quitte et je vais créer ma boîte.’ J’ai cru que je la tuais. Elle me dit ‘Mais pourquoi tu me fais ça ?’
Quelle est la philosophie de recrutement de Christopher Wangen pour ses entreprises ?
Sa philosophie est contre-intuitive et repose sur la confiance avant les compétences. Il recrute presque exclusivement des personnes de son entourage (amis, famille, anciens clients) en qui il a une confiance absolue. Il part du principe que les compétences techniques peuvent toujours s’acquérir, alors que le savoir-être, la loyauté et l’alignement avec ses valeurs sont des qualités intrinsèques bien plus précieuses. Il préfère former quelqu’un de loyal et motivé plutôt que d’embaucher un expert ultra-compétent mais dont l’état d’esprit ne correspond pas à la culture de ses entreprises.
Je préfère quelqu’un qui n’ait pas les compétences de base mais qui est le savoir-être, la confiance et je sais qu’il va se déchirer pour moi […] plutôt que quelqu’un qui est très compétent mais qui a pas ça. Les compétences peuvent s’apprendre, ça ça s’apprend pas.
Pourquoi Christopher Wangen considère-t-il son assistante personnelle comme son meilleur investissement ?
Il la considère comme son meilleur investissement car elle lui apporte un confort de vie et une liberté d’esprit qu’il juge inestimables. En déléguant la quasi-totalité de ses tâches personnelles et administratives (réservations, gestion des artisans, courses, courrier), il élimine une charge mentale considérable. Ce gain de temps et d’énergie lui permet de se concentrer sur des activités à haute valeur ajoutée, comme le sport, le temps de qualité avec ses proches ou la stratégie de son groupe. Il affirme que même s’il perdait tout, il garderait une assistante, car le retour sur investissement en termes de qualité de vie est infini.
Si demain je perds tout […] je suis capable d’aller vivre dans une cabane en bois sans montre, sans voiture, sans fringue, sans rien mais je garderai une assistante. […] Je ne retournerai jamais en arrière.
Comment Christopher Wangen fait-il pour gérer cinq entreprises et garder du temps pour lui ?
Sa stratégie repose sur une délégation agressive et la création de processus stricts pour se retirer de l’opérationnel. L’objectif est de ne plus être le point de passage obligé pour l’information. Ses équipes sont autonomes et communiquent directement entre elles. De plus, il structure son temps de manière très disciplinée, en définissant des créneaux spécifiques pour les appels et en instaurant des règles claires de communication (email pour le non-urgent, WhatsApp avec un mot-clé pour l’urgent). Cette organisation lui permet de se rendre ‘inutile’ au quotidien et de libérer du temps pour ses priorités personnelles, comme le sport.
Il faut arriver à faire en sorte que les informations ne passent plus par toi. Et c’est ce que je fais aujourd’hui. […] Ce qui fait que mon assistante […] elle est en lien avec toutes les personnes comme ça elle me demande plus à moi.
Quelle est la motivation profonde qui anime Christopher Wangen depuis ses débuts ?
Sa motivation la plus profonde et constante est d’aider les personnes qui partent de rien, à l’image de ses parents trente ans auparavant. Issu d’un milieu modeste où l’éducation financière était inexistante, son objectif est de donner les outils et les opportunités à ceux qui n’y ont pas accès. Cette mission est son ‘étoile du Nord’ ; même lorsque les projets le font dévier, il y revient toujours. Aider ses propres parents était également un moteur initial très puissant, le poussant à se construire une situation financière solide pour pouvoir prendre soin d’eux.
Je reviens toujours à la même, c’est je veux aider une personne qui était à la place de mes parents il y a 30 ans. Je veux qu’une personne qui était à la place de mes parents sans avoir la possibilité d’investir, de d’avoir d’éducation, de ce qu’ils veulent, c’est ces gens-là que j’ai envie d’aider.




