De l’échec scolaire à l’agence e-commerce : mon parcours sans filtre
Combien de fois avez-vous entendu que vos rêves étaient impossibles ? Pour moi, cette phrase a été le carburant de toute mon aventure. Quand j’étais jeune, face à une conseillère d’orientation qui me demandait ce que je voulais faire plus tard, ma réponse était simple et honnête : ‘Moi, je veux être sur la plage avec un cocktail’. Inutile de vous dire que son regard oscillait entre l’incompréhension et la pitié. On m’a vite catalogué : ‘Il a du potentiel, mais il gâche tout’. Cette petite musique, je l’ai entendue pendant des années, au point de presque y croire. On essaie de vous faire rentrer dans un moule, le système scolaire, les études, le CDI… un chemin tout tracé qui, pour moi, ressemblait plus à une prison qu’à une promesse d’avenir. Je n’arrivais pas à me projeter. Ce monde-là n’était pas le mien. Ce récit, c’est celui d’un parcours d’entrepreneur en dropshipping qui a refusé le chemin balisé. C’est l’histoire de comment une simple publicité sur internet peut changer une vie, comment l’alliance avec un frère peut décupler les forces, et comment les premiers succès, aussi grisants soient-ils, cachent souvent les leçons les plus importantes. Si vous vous sentez, vous aussi, en décalage avec les attentes de la société, si vous cherchez une autre voie, alors mon histoire est peut-être le déclic que vous attendez. On va plonger dans les coulisses, les vraies : la peur, le stress, les nuits blanches, mais aussi l’adrénaline de la première vente et la fierté de construire quelque chose qui vous ressemble, en partant de rien.
Le déclic : quand une simple publicité redéfinit le champ des possibles
Le point de bascule de mon histoire n’est pas un diplôme prestigieux ou un héritage familial. C’est bien plus simple, presque anecdotique : une publicité vue sur internet. J’étais en BTS, en alternance dans une boîte de logiciels pour aéroports, et je sentais bien que je n’étais pas à ma place. Et puis un soir, je tombe sur cette vidéo. Un type expliquait comment, grâce au e-commerce et au dropshipping, il voyageait à travers le monde, son ordinateur comme seul bureau. Pour le gamin qui avait passé des heures sur des jeux vidéo, la connexion a été instantanée. C’était la même chose, mais ‘dans la vraie vie’. La promesse était folle, presque trop belle pour être vraie, mais elle a fait écho à mon désir le plus profond : la liberté. C’était la preuve tangible que mon rêve de ‘plage et cocktail’ n’était pas une fantaisie d’adolescent immature, mais un objectif atteignable. Ce que les professeurs et les conseillers m’avaient présenté comme impossible existait. Quelqu’un le faisait.
Rejeter le moule : l’incompatibilité avec le système classique
Pour comprendre la puissance de ce déclic, il faut revenir un peu en arrière. J’ai toujours été ce qu’on appelle un ‘mauvais élève talentueux’. Je comprenais vite, mais je n’avais aucune envie de me conformer. Le ‘par cœur’ ne m’intéressait pas. L’école, en dehors des heures de cours, n’existait pas pour moi. Mon engagement dépendait entièrement de la passion du professeur. Si le sujet ou l’enseignant était ennuyeux, mon cerveau se fermait. Cette inconstance a nourri le discours ambiant : ‘Il pourrait faire tellement mieux, quel gâchis’. Au début, on vous dit que vous avez du potentiel. Puis, à force de ne pas l’exploiter selon leurs critères, le discours change subtilement.
‘Non en fait, je pense qu’il est vraiment con quoi’.
J’ai failli y croire. Mais au fond de moi, une petite voix me disait que j’étais juste différent, que je trouverais ma voie. Le système scolaire est conçu pour créer de bons employés, des gens qui suivent les règles. Mon cerveau, lui, a toujours cherché à les contourner, à trouver des solutions créatives. C’est un inconvénient majeur dans une salle de classe, mais c’est devenu mon plus grand avantage en tant qu’entrepreneur.
La révélation du e-commerce : bien plus qu’un simple vendeur de rêves
La publicité que j’ai vue n’était pas juste une promesse d’argent facile. C’était la validation d’un mode de vie. Le type n’était pas un ‘vendeur de rêves’ au sens péjoratif du terme ; il était la preuve vivante d’une alternative. La publicité a duré 5 ou 10 minutes, mais elle a suffi. Je n’ai même pas acheté sa formation. Le message seul a suffi à allumer une étincelle. Immédiatement, j’ai ouvert des dizaines d’onglets sur mon navigateur : ‘C’est quoi le dropshipping ?’, ‘Comment fonctionne le e-commerce ?’, ‘Psychologie de l’achat en ligne’. J’ai passé des nuits à éplucher tout ce que je pouvais trouver. J’étais censé m’inscrire à son webinaire le jeudi suivant, mais le jour J, j’avais déjà tellement appris par moi-même que j’étais prêt à me lancer. Cette soif d’apprendre, que l’école n’avait jamais réussi à susciter, était dévorante. J’avais enfin trouvé un domaine où ma curiosité et mon envie de décortiquer les systèmes pouvaient s’exprimer pleinement. Le jeu avait changé : il ne s’agissait plus de réussir un examen, mais de construire ma propre vie.
Avoir un déclic est une chose, mais passer à l’action en est une autre. Surtout quand on part de zéro et qu’on est seul face à un océan d’informations. Heureusement, je n’étais pas seul. Pour moi, le premier pas n’a pas été de suivre une formation, mais de plonger tête la première, avec un allié de taille : mon frère. Cette décision a été le véritable acte fondateur de notre parcours entrepreneurial.
L’alliance fraternelle : la clé de voûte de notre succès
Dès le début de l’aventure, une chose était claire : je ne le ferais pas seul. Toutes les boîtes que nous avons montées, nous les avons faites à deux, avec mon frère. C’est une dynamique particulière, presque une force tranquille. Les gens nous comparent parfois à PNL, et il y a un peu de ça. Nous sommes deux entités distinctes mais inséparables dans le business. Cette collaboration n’est pas un hasard, c’est le socle sur lequel tout repose. La confiance est un élément fondamental en affaires, et quelle confiance peut être plus forte que celle qui unit deux frères ? On partage la même éducation, les mêmes valeurs fondamentales. Je sais qu’il ne me la fera jamais ‘à l’envers’. Cette certitude élimine une charge mentale énorme et permet de se concentrer à 100% sur la construction et la croissance de nos projets.
Deux frères, deux profils : la puissance de la complémentarité
Ce qui est fascinant, et c’est notre plus grande force, c’est que nous sommes radicalement différents. Mon frère a un parcours beaucoup plus scolaire, il est carré, organisé, structuré. Moi, je suis le créatif, celui qui part dans tous les sens, qui imagine et qui conçoit.
‘On est hyper complémentaires bah lui a un parcours différent de moi, il était beaucoup plus scolaire beaucoup plus carré moi j’ai suis beaucoup plus dans tous les sens’.
Cette dualité est explosivement efficace. Pendant que je réfléchis à la stratégie, à la vision, à la prochaine idée disruptive, il s’assure que les fondations sont solides, que l’opérationnel suit, que l’entreprise est saine. Sans lui, mes idées resteraient probablement de belles théories sur un carnet. Sans moi, la structure qu’il mettrait en place manquerait peut-être de cette étincelle de folie qui fait la différence sur le marché. C’est cet équilibre qui nous a permis de naviguer les eaux tumultueuses de l’e-commerce, en particulier au début où nous faisions tout nous-mêmes.
L’angoisse de l’administratif : déléguer ses faiblesses pour maximiser son impact
Pour moi, la complémentarité avec mon frère est tout simplement indispensable. Je suis très lucide sur mes faiblesses. Tout ce qui est comptabilité, administratif, la structure… ce n’est pas que je ne sais pas faire, c’est que je ne veux même pas apprendre. Ça m’angoisse profondément. Ce sont littéralement des tâches qui me donnent des cauchemars. Tenter de forcer ma nature et de m’occuper de ces aspects serait une perte de temps et d’énergie colossale, et le résultat serait médiocre. Reconnaître cela est une étape cruciale pour tout entrepreneur. On ne peut pas être bon partout. Mon plus grand impact, ma plus grande valeur ajoutée pour nos entreprises, se situe dans la réflexion stratégique et la créativité.
‘C’est là où j’ai le plus d’impact en fait sur mes boîtes c’est quand je réfléchis’.
En me déchargeant de tout le reste sur mon frère, qui est non seulement compétent mais aussi à l’aise avec ces tâches, je libère mon esprit pour faire ce que je fais de mieux. C’est une leçon fondamentale : identifiez votre zone de génie et construisez un système ou une équipe qui prend en charge tout le reste.
Armés de cette complémentarité et d’une confiance à toute épreuve, nous étions prêts à nous lancer. Notre premier projet ? Une boutique de niche que personne n’attendait, dans le monde de la pêche. Une aventure qui allait nous propulser dans une réussite aussi fulgurante qu’inattendue, et nous enseigner nos premières grandes leçons sur le e-commerce.
Premier lancement, premier carton : la leçon cachée de la niche de la pêche
Notre première boutique, lancée fin 2016, a été une anomalie. Contre toute attente, elle a explosé. ‘Premier produit, première pub, tout tout du premier, tout fonctionne’. Nous étions dans une niche très spécifique : la pêche. Un univers dont nous ne connaissions absolument rien. Un ami spécialisé en SEO nous avait soufflé l’idée, et nous nous sommes lancés, un peu naïvement. Sur le coup, nous ne comprenions pas ce qui nous arrivait. On voyait les ventes s’accumuler, les notifications Shopify pleuvoir, et on se regardait avec mon frère, incrédules. Avec le recul, j’ai compris que ce succès ‘accidentel’ reposait sur des fondamentaux marketing très solides, que nous avions appliqués sans même nous en rendre compte. C’est souvent dans cette ignorance des règles que naissent les meilleures innovations. Nous n’étions pas formatés par des stratégies toutes faites, nous avons simplement tenté des choses qui nous semblaient logiques, et ça a payé.
La stratégie inconsciente du produit ‘winner’
Notre premier produit phare était un leurre de pêche. Mais pas n’importe lequel. Il vibrait et faisait de la lumière. L’effet ‘waouh’ était immédiat et parfait pour des publicités vidéo. Mais le vrai coup de génie, ce fut notre offre. Nos concurrents vendaient ce type de produit à l’unité, autour de 12-13€. Nous, on a mis en place une offre ‘un acheté, un offert’ à 25€. En réalité, nous vendions un lot de deux, mais la perception de la valeur était décuplée pour le client.
‘Nous on avait réussi à créer une offre en gros un acheté, un offert sauf que dans le un acheté un offert on mettait un prix pour les deux’.
Cette offre a tout changé. Elle nous a permis d’avoir une marge suffisante pour acquérir des clients via la publicité, là où nos concurrents peinaient. C’était une approche contre-intuitive qui a complètement déjoué les standards du marché. On a cassé le modèle existant sans même savoir qu’on le faisait. C’est la beauté de la naïveté du débutant : on ose des choses que les ‘experts’ jugeraient impossibles.
De 5€ à 3000€ par jour : scaler sans comprendre, le piège doré
La croissance a été verticale. On a commencé avec 5€ de budget publicitaire par jour. Puis 10€, puis 50€… et ça continuait de fonctionner. Une vente, puis deux, puis dix, puis cinquante par jour. J’étais sur Facebook Ads, mon frère sur le design du site, et on ne comprenait rien à ce qu’on faisait. On augmentait les budgets, et les ventes suivaient. On a scalé comme des brutes avec une seule et même publicité, sans faire de tests, sans stratégie complexe. On a envoyé des milliers d’euros par jour sans jamais vraiment maîtriser les subtilités de la plateforme. C’était à la fois grisant et terrifiant. Dans ma tête, c’était simple : j’avais craqué le code.
‘Je multipliais le le profit qu’on faisait par jour par le nombre de jours qu’il y avait dans une année je me disais bon globalement là dans deux trois ans normalement on est millionnaires quoi’.
C’est le piège doré du premier succès. On croit avoir tout compris, on se sent invincible. On pense que c’est facile et on se demande pourquoi tout le monde ne fait pas ça. La réalité, c’est qu’on est sur une vague, et on ne sait même pas comment elle s’est formée. Et chaque vague finit par s’écraser.
Au-delà du dropshipping : les premiers pas vers une vraie marque
Malgré notre ignorance technique, nous avions une intuition : il fallait soigner l’expérience. Nous ne voulions pas être un simple site de dropshipping de plus. On s’est mis à la place de nos clients. On a mis en place des actions qui peuvent paraître folles pour une boutique de ce type. Pour les commandes importantes, on envoyait un petit leurre supplémentaire par la poste, avec un message écrit à la main. J’avais mis en place un service client téléphonique, et je passais mes journées à discuter avec des pêcheurs qui me racontaient leurs prises, en faisant semblant de m’y connaître. On a développé un blog sur Shopify pour le SEO, on envoyait tellement de trafic payant qu’on est devenus numéro 1 sur des mots-clés de longue traîne. On essayait de fidéliser, de créer une communauté. C’était une démarche de construction de marque, bien avant que ce soit un concept à la mode. Cette obsession pour le client et pour la performance globale du site, née de la peur de perdre notre propre argent, est devenue plus tard la pierre angulaire de notre agence.
Ce premier succès a été un formidable accélérateur. Il nous a donné la confiance et les moyens de voir plus grand. Mais il a aussi été mon plus grand test. Face à cette réussite précoce, j’ai pris une décision radicale, une de celles qui définissent un parcours et qui ont choqué tout mon entourage. J’ai décidé de tout brûler derrière moi pour me consacrer à 100% à cette nouvelle voie.
Brûler ses vaisseaux : la stratégie du précipice pour forcer la réussite
Au milieu de cette effervescence, j’étais toujours en BTS. Le succès de notre boutique a créé un décalage violent avec ma réalité d’étudiant. D’un côté, je gérais un business qui générait des dizaines de milliers d’euros. De l’autre, j’étais assis sur une chaise en cours, à écouter des choses qui me paraissaient déconnectées de la vraie vie. J’étais à un mois de passer mon diplôme, et je l’aurais eu sans problème. Mais une idée a commencé à germer dans mon esprit, une idée folle pour beaucoup : tout arrêter. Je suis tombé tellement amoureux de ce que je découvrais, de l’entrepreneuriat, de la création, que je ne voulais aucune porte de sortie. Je ne voulais pas de plan B, pas de filet de sécurité. C’était ça ou rien. Cette mentalité du ‘tout ou rien’ a été un moteur surpuissant tout au long de mon parcours.
Quitter l’école à un mois du diplôme : un acte de foi entrepreneuriale
La décision a été prise. J’ai démissionné de mon alternance et j’ai quitté mon école. Personne n’a compris. Mes profs, ma famille, mon employeur, tout le monde me disait : ‘Mais attends, vas au bout, passe juste l’examen, même si tu ne vas plus en cours, tu l’auras’. C’était logique, rationnel. Mais pour moi, ce diplôme représentait une sécurité que je ne voulais pas. C’était un parachute. Et si j’avais un parachute, peut-être que je n’oserais pas sauter aussi haut.
‘Je voulais pas de je voulais pas de sécurité, je voulais vraiment brûler tous mes bateaux et me dire il y aura pas de retour en arrière, c’est ça ou rien’.
Cet acte n’était pas un caprice, mais une déclaration d’intention. C’était un engagement total envers moi-même et envers mon projet. En supprimant toute possibilité de retour en arrière, je me mettais volontairement au bord du précipice. C’est une position inconfortable, mais c’est aussi là que l’on est le plus créatif, le plus combatif. Quand la seule option est de réussir, on trouve des ressources insoupçonnées en soi.
Travailler sous pression : un moteur, mais aussi un risque
Cette stratégie du précipice, je l’ai reproduite plusieurs fois, consciemment ou non. Je fonctionne bien sous stress. C’est dans l’urgence, à la dernière minute, que je suis le plus performant. C’est un trait de caractère que j’ai appris à utiliser. Aujourd’hui encore, il nous arrive de nous mettre volontairement dans des situations de ‘stress positif’. Par exemple, en investissant dans un coaching ou un mastermind un montant que nous n’avons pas forcément sur le compte à l’instant T. C’est une façon de se dire : ‘Ok, maintenant, il faut rentabiliser cet investissement, il faut se bouger’. Cela force à l’action et à l’excellence. Cependant, il faut être lucide : c’est une arme à double tranchant. Cette même pression qui me pousse à me dépasser est aussi ce qui m’a conduit au burnout lors d’un Black Friday. Il faut apprendre à connaître ses limites et à gérer cette intensité. Pour moi, le risque en valait la chandelle. Cette pression constante m’a forcé à apprendre, à m’adapter et à évoluer à une vitesse que je n’aurais jamais atteinte avec un filet de sécurité.
Le succès et l’échec sont les deux faces d’une même pièce. Après la montée fulgurante de notre boutique de pêche, la descente a été tout aussi instructive. C’est quand les performances ont commencé à décliner, quand la magie a cessé d’opérer, que notre véritable apprentissage a commencé. C’est dans cette adversité que les bases de notre future agence ont été forgées.
De l’opérateur à l’expert : la naissance de l’agence
Après trois mois et demi de croissance euphorique, la machine a commencé à ralentir. Les performances publicitaires diminuaient, la rentabilité s’effritait. Tant que ça fonctionnait, nous restions dans notre bulle, persuadés d’avoir trouvé la formule magique. On n’avait pas besoin de se former, on avait ‘craqué le truc’. Le déclin a été un réveil brutal mais nécessaire. C’est seulement lorsque nous avons été confrontés à la quasi-absence de rentabilité que nous avons réellement commencé à apprendre notre métier. Le succès nous avait rendus complaisants ; l’échec imminent nous a rendus affamés de connaissances. Cette période de doute a été le véritable point de départ de notre montée en compétence et, sans le savoir, la genèse de notre agence Jungle Agency, puis Kibers.
Quand la rentabilité s’effrite : le réveil brutal
Voir les chiffres baisser jour après jour est une expérience angoissante, surtout quand c’est votre propre argent qui est en jeu. Chaque matin, le réveil était rythmé par la consultation des notifications Shopify, une habitude terrible que je déconseille à tout le monde. Moins de ventes que la veille ? La panique s’installait. ‘Qu’est-ce qui ne va pas ? Le site a un bug ? Le paiement ne passe plus ?’ On effectuait des achats tests tous les trois jours pour vérifier que tout fonctionnait. Ce stress constant, bien qu’épuisant, nous a forcés à décortiquer chaque étape du parcours client. Comment améliorer le taux d’ajout au panier ? Comment réduire les abandons de paiement ? Chaque petit pourcentage devenait une obsession. C’est cette pression financière directe qui nous a transformés de simples ‘lanceurs de pubs’ en véritables experts de la conversion.
Se former pour survivre : la vraie montée en compétence
Face au déclin, nous n’avions pas le choix : il fallait comprendre pourquoi ça ne marchait plus et comment inverser la tendance. C’est là que j’ai vraiment plongé dans les arcanes de Facebook Ads. J’ai appris à tester méthodiquement les créatives, à analyser les audiences, à prendre des décisions basées sur la data et non plus sur l’intuition. On a commencé à tester de nouveaux produits dans notre niche, à relancer notre produit initial avec de nouveaux angles marketing. Bref, nous sommes passés d’une approche amateur et chanceuse à une approche professionnelle et stratégique.
‘C’est là où ça a vraiment commencé à devenir intéressant au final parce que c’est vraiment là où on a commencé à monter en compétence’.
C’est la leçon la plus importante de cette période : le vrai savoir-faire ne s’acquiert pas dans le succès facile, mais dans la résolution de problèmes complexes lorsque tout semble aller de travers.
La philosophie de l’agence : chaque centime compte
Cette expérience a profondément forgé notre ADN d’entrepreneurs et, plus tard, de consultants. Le fait d’avoir investi notre propre argent, de l’avoir vu partir en fumée certains jours, nous a inculqué un respect sacré pour chaque euro dépensé en publicité.
‘C’est un argent que tu considères 10 fois plus que si tu commences en mode agence avec l’argent de tes clients. Là c’est vraiment ça sort de ta poche Donc euh chaque centime est important en fait’.
Lorsque nous avons finalement lancé notre agence, cette philosophie est devenue notre plus grande force. Nous gérons les budgets de nos clients avec la même rigueur et la même obsession de la rentabilité que si c’était notre propre argent. Beaucoup d’agences se contentent de dépenser un budget. Nous, nous cherchons à optimiser chaque centime. Cette empathie pour l’entrepreneur qui est derrière le compte publicitaire, cette compréhension viscérale du stress qu’il ressent, c’est ce qui fait toute la différence et c’est le fruit direct de notre propre parcours du combattant en e-commerce.
Conclusion : trouvez votre propre voie, même si elle n’existe pas encore
Mon parcours, de l’élève en décalage au co-fondateur d’une agence e-commerce, est la preuve qu’il n’existe pas de chemin unique vers la réussite. Les doutes, les échecs, les moments de pression intense ne sont pas des obstacles, mais des étapes formatrices. C’est en étant rejeté par le système que j’ai développé une pensée créative. C’est en faisant face au déclin de mon premier succès que j’ai acquis une véritable expertise. C’est en m’associant avec un profil complémentaire au mien que j’ai pu bâtir une structure solide. Et c’est en prenant le risque de ‘brûler mes vaisseaux’ que je me suis donné les moyens de réussir. Mon histoire n’est pas un modèle à copier, mais une invitation à remettre en question les chemins tout tracés. Écoutez cette petite voix en vous qui vous dit que vous êtes différent. N’ayez pas peur de l’échec, car c’est lui qui vous enseignera le plus. Entourez-vous de personnes qui comblent vos faiblesses et décuplent vos forces. Et surtout, n’attendez pas la permission pour vous lancer. Le déclic peut venir de n’importe où, d’une simple publicité ou d’une conversation. Soyez prêt à le saisir et à construire la vie qui vous ressemble, même si personne autour de vous ne la comprend au début. C’est votre aventure, et elle commence maintenant.
Foire aux questions (FAQ)
Comment savoir si on est fait pour l’entrepreneuriat plutôt que pour le salariat ?
Le signe le plus révélateur est souvent un sentiment de décalage ou de frustration face au système traditionnel. Si vous avez du mal à vous projeter dans un plan de carrière classique, si vous avez constamment des idées et une envie de créer par vous-même, et si la perspective de suivre des règles établies par d’autres vous semble contraignante, ce sont des indicateurs forts. L’entrepreneuriat demande une grande tolérance au risque et à l’incertitude, ce qui est souvent l’inverse de la sécurité recherchée dans le salariat. C’est un chemin pour ceux qui préfèrent créer leurs propres règles, même si cela implique de naviguer dans l’inconnu.
‘Déjà de base j’étais j’étais pas vraiment fait pour le système classique on va dire. J’ai jamais trop réussi à matcher avec le système scolaire etc. J’arrivais pas à me projeter en fait dans un dans un travail’.
Est-il indispensable de s’associer pour réussir en e-commerce ?
Ce n’est pas indispensable pour tout le monde, mais c’est un accélérateur extrêmement puissant, à condition de bien choisir son partenaire. La clé est la complémentarité. Si vous êtes créatif mais désorganisé, trouver un associé structuré et rigoureux peut créer un équilibre parfait. Cela permet à chacun de se concentrer sur sa zone de génie et d’éviter l’épuisement à vouloir tout faire soi-même. Une bonne association divise les tâches et les angoisses, mais multiplie les forces et les idées. Pour moi, c’était une condition non négociable de ma réussite.
‘Clairement, si je si j’étais seul à gérer la boite, je sais pas comment je ferais. Je suis trop dans tous les sens, je suis pas organisé’.
Quel a été le facteur clé du succès de votre première boutique de dropshipping ?
Avec le recul, le succès initial reposait sur la combinaison de trois éléments que nous avons mis en place presque instinctivement. Premièrement, un produit avec un fort ‘effet waouh’ qui se démarquait en publicité. Deuxièmement, une offre perçue comme irrésistible (‘un acheté, un offert’) qui a complètement changé la psychologie du prix par rapport à nos concurrents. Enfin, une niche de passionnés (la pêche) où nous avons pu rapidement devenir une référence. C’est cette alchimie entre un bon produit, une offre intelligente et un ciblage précis qui a fait exploser les ventes dès le départ.
‘On avait un produit qui était déjà hyper cohérent par rapport au marché […] Il vibrait, il faisait de la lumière donc l’effet waou était hyper hyper intéressant […] Nous on avait réussi à créer une offre en gros un acheté, un offert’.
Pourquoi avez-vous décidé de ‘brûler vos vaisseaux’ en quittant vos études si près du but ?
Cette décision, qui a paru irrationnelle à beaucoup, était en réalité un acte stratégique d’engagement total envers mon projet. Avoir ce diplôme aurait représenté un filet de sécurité, une ‘porte de sortie’ en cas d’échec. Je ne voulais pas de cette option. En supprimant tout plan B, je me forçais à n’avoir qu’un seul objectif : la réussite de mon entreprise. C’était une manière de me mettre une pression positive et de m’investir à 200%, sans aucune distraction ni possibilité de retour en arrière. C’était un acte de foi en ma capacité à réussir par cette nouvelle voie.
‘Je ne voulais pas du tout avoir de portes de sortie quoi. C’est ça ou rien. Et donc j’ai quitté j’ai démissionné, j’ai quitté mon école à un mois du BTS’.
Comment gérer le stress et la pression quand on investit son propre argent en publicité ?
C’est l’un des aspects les plus difficiles. La clé est de transformer ce stress en moteur. Cette pression financière vous force à être obsédé par les détails : le taux de conversion, le coût d’acquisition, la valeur du panier moyen. Chaque euro compte. Il faut mettre en place des rituels pour ne pas se laisser submerger, comme éviter de regarder les statistiques en temps réel en permanence. Surtout, cette expérience forge une discipline de fer. On apprend très vite à couper une publicité non rentable, là où une agence pourrait la laisser tourner. C’est une école de la rigueur et de la responsabilité.
‘C’est cette espèce de de stress qui était pas vraiment utile mais qui qui nous poussait en fait à nous poser les questions de comment est ce qu’on peut monter le le taux d’ajout panier’.
Quelle est la plus grande erreur à éviter quand on connaît un succès rapide en dropshipping ?
La plus grande erreur est de croire qu’on a tout compris et de devenir complaisant. Un succès rapide, surtout au début, est souvent dû à un alignement des planètes (bon produit, bon timing, faible concurrence) plus qu’à une réelle expertise. Le danger est de ne pas profiter de cette période faste pour se former et consolider ses compétences. Lorsque la vague retombe, et elle retombe toujours, on se retrouve démuni. Le succès doit être un tremplin pour apprendre, tester et se professionnaliser, pas une excuse pour arrêter d’apprendre.
‘À la base on était vraiment dans une optique de ben on a compris le truc genre on n’a pas besoin de se former, on est C’est bon quoi genre on a craqué le truc’.
Comment la gestion de votre propre boutique a-t-elle influencé la création de votre agence ?
C’est le fondement même de notre agence. Avoir été ‘dans les tranchées’, avoir ressenti le stress de dépenser son propre argent, change complètement la perspective. Nous ne sommes pas de simples consultants ; nous sommes des entrepreneurs qui accompagnent d’autres entrepreneurs. Nous comprenons leurs angoisses, leurs enjeux. Cette expérience nous a appris que la performance ne se limite pas à la publicité, mais englobe tout le site : l’offre, l’expérience client, la conversion. Notre approche est donc holistique et nous traitons les budgets de nos clients avec le même soin que s’ils sortaient de notre propre poche.
‘C’est ce qui fait aujourd’hui que ça fonctionne avec notre agence parce qu’on a eu cette dynamique justement de chaque centime est important’.




