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Comment ils ont construit l’un des plus gros business de Padel en France durant le COVID 19

Épisode diffusé le 2 décembre 2025 par Danilo Mura Duchesnes

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De la passion à l’empire : comment nous avons bâti le leader du padel en ligne en pleine crise

Parfois, les plus grandes opportunités naissent des situations les plus inattendues. Pour moi, ce fut le silence assourdissant de mars 2020. Le monde s’arrêtait, et avec lui, l’activité du club de padel où je travaillais. Ce qui aurait pu être une période de doute et d’incertitude s’est transformé en la rampe de lancement d’une aventure entrepreneuriale qui dépasse tout ce que j’aurais pu imaginer. Je suis Joffrey Gilant, et en l’espace de quatre ans, avec mon associé Sébastien, nous avons transformé une idée née du confinement en Esprit Padel Shop, un acteur majeur de l’e-commerce du padel en France, passant de zéro à neuf millions d’euros de chiffre d’affaires. Ce n’est pas une histoire de levée de fonds spectaculaire ou de génie du marketing inné. C’est l’histoire d’une passion pour un sport, d’une observation attentive du marché et d’une volonté farouche de construire quelque chose de différent, de plus humain. Comment passe-t-on de moniteur de tennis à co-fondateur d’un e-commerce à succès ? Comment identifier les failles d’un marché dominé par des géants étrangers ? Et surtout, comment utiliser le contenu et l’incarnation de sa marque pour créer une connexion authentique avec ses clients ? Dans cet article, je vais vous partager non seulement notre parcours, mais aussi les stratégies précises, les doutes et les décisions clés qui nous ont permis de surfer sur la vague du padel et de construire une entreprise solide, rentable et prête à conquérir l’Europe.

Les prémices d’une aventure : quand la passion du sport rencontre l’opportunité

Tout a commencé bien avant l’e-commerce, sur les courts de tennis. Dès l’âge de 8 ans, j’ai baigné dans la compétition, une discipline qui forge le caractère et enseigne la persévérance. Cette passion m’a naturellement conduit à devenir moniteur pendant mes études en management du sport. Je voulais absolument travailler dans cet univers, et plus particulièrement dans le tennis. Mais le destin, ou plutôt une nouvelle passion, en a décidé autrement. C’est sur la Côte d’Azur, à la fin de mes études, que j’ai découvert le padel. Ce sport, alors confidentiel en France, a été une véritable révélation. Comme je le dis souvent : ‘quand j’ai découvert le paddle, je me suis dit, c’est c’est quand même sympa ce sport. il y a peut-être quelque chose à faire, c’est en train de se développer’. Cette intuition a été le point de départ de tout. J’ai senti qu’une vague était en train de se former et j’ai voulu en faire partie. J’ai donc orienté mes recherches d’emploi vers ce secteur naissant. Les opportunités étaient rares, mais je suis tombé sur une annonce pour un stage chez Esprit Padel, un club qui venait d’ouvrir dans la région lyonnaise. Ce stage s’est transformé en CDI, et c’est là que j’ai rencontré Sébastien Cornet, mon patron de l’époque, qui deviendra quelques années plus tard mon associé. Cette expérience au cœur d’un club a été fondamentale. J’étais au contact direct des joueurs, je comprenais leurs besoins, leurs frustrations, leurs questions sur le matériel. Je ne le savais pas encore, mais j’accumulais sans le vouloir une connaissance client inestimable, une connaissance qui allait devenir la pierre angulaire de notre futur site e-commerce.

Le COVID-19 : comment transformer une crise mondiale en opportunité de vie

Mars 2020. Le verdict tombe : confinement. Le club ferme ses portes, et comme des millions de personnes, je me retrouve en chômage partiel. L’activité trépidante du club, avec ses horaires à rallonge, laisse place à un vide immense. Pour beaucoup, ce fut une période d’angoisse. Pour moi, rétrospectivement, ce fut une bénédiction déguisée. J’ai toujours été curieux du monde de l’e-commerce, mais je n’avais jamais eu le temps de m’y plonger sérieusement. Cette pause forcée m’a offert ce que je n’avais plus : du temps. J’ai alors pris une décision qui allait changer ma vie : transformer ce temps subi en une période d’apprentissage intensif. Ce n’était plus une option, mais une obsession.

L’auto-formation intensive : le pilier de la future réussite

J’ai plongé tête la première dans l’univers de l’e-commerce. Mon rythme était quasi militaire. Je me souviens encore de ces journées : ‘pendant pratiquement un an c’était 8h 20h et je faisais que ça. C’est-à-dire que je lisais des bouquins, je regardais des vidéos sur internet, je me renseignais un peu partout’. J’ai tout exploré : le SEO, le marketing digital, les plateformes comme Shopify, la logistique. Pour mettre en pratique cette théorie, j’ai même monté un petit site de vente de posters. C’était mon laboratoire, mon terrain de jeu pour tester, échouer et apprendre. Cette expérience concrète, même modeste, m’a permis de comprendre les rouages, de me familiariser avec les outils et de construire une base de compétences solides, sans savoir qu’elle me servirait très bientôt pour un projet bien plus ambitieux. Ce que je dis souvent, c’est que ‘ça a été l’opportunité de ma vie ce Covid parce que ça m’a permis de de prendre le temps que je n’avais pas avant pour me former’. C’est la preuve que même dans les moments les plus sombres, une volonté d’apprendre peut paver la voie vers des opportunités insoupçonnées.

L’étincelle : l’idée de lancer Esprit Padel Shop

Alors que le confinement touchait à sa fin et que la réouverture du club approchait, Sébastien, mon patron, est venu me voir avec une idée. Il avait observé, comme moi, une tendance au club : de nombreux joueurs arrivaient avec des raquettes achetées en ligne, principalement sur des sites espagnols. Nous nous demandions pourquoi ils n’achetaient pas dans notre boutique physique. La réponse était double : le prix, bien sûr, mais aussi un marketing agressif de ces pure players. Cependant, il y avait un revers à la médaille. Ces mêmes joueurs se plaignaient souvent de l’expérience : des produits reçus qui n’étaient pas ceux commandés, un service client inexistant, des pratiques commerciales douteuses. Nous avons vu là une faille béante dans le marché. Il manquait un acteur qui allierait la compétitivité d’un e-commerce à la qualité de service et de conseil d’un club spécialisé. C’est là que l’idée a germé. Comme Sébastien a vu que je m’étais formé et que je savais ‘à peu près de quoi je parlais’, il m’a proposé de nous associer pour lancer un site e-commerce. La vision était claire : ‘l’idée c’était de retranscrire un peu l’expérience club sur un site e-commerce’. Nous ne voulions pas être un simple vendeur de boîtes. Nous voulions être des conseillers, des experts, des passionnés au service d’autres passionnés.

Ce moment a été un tournant. Mon année de formation intensive prenait soudain tout son sens. La passion pour le padel, la connaissance du client acquise au club et mes nouvelles compétences en e-commerce convergeaient vers un projet unique et parfaitement synchronisé avec l’explosion du marché. Le timing était parfait, et nous étions prêts à saisir cette opportunité.

Lancer un e-commerce de niche : la stratégie de David contre Goliath

Nous nous lancions sur un marché qui, bien que naissant en France, était déjà un champ de bataille. Nous n’étions pas face à des débutants, mais à des mastodontes espagnols, des entreprises établies depuis des années, avec des catalogues immenses et une force de frappe marketing considérable. À l’époque, le plus gros site français réalisait peut-être 300 000 ou 400 000 euros de chiffre d’affaires annuel. C’était minuscule. Nous étions clairement le petit Poucet face à des géants. Sans fonds externes, sans budget publicitaire initial, notre approche ne pouvait être que celle de la guérilla. Nous devions être plus malins, plus proches de nos clients et construire notre croissance sur des fondations que l’argent seul ne peut acheter : la confiance et la pertinence.

Le SEO comme arme principale : construire des fondations solides

Notre première stratégie n’a pas été de crier plus fort que les autres, mais de construire une base solide et durable. J’étais convaincu que le référencement naturel (SEO) était la clé. C’était un investissement en temps, pas en argent, et cela correspondait parfaitement à notre situation de bootstrapping. ‘Au début moi j’avais plutôt une stratégie plutôt SEO donc beaucoup d’articles de blog en essayant d’avoir un peu de de faire un peu de net linking voilà pas mal de pas mal de SEO’, je me suis concentré sur deux axes. D’une part, des articles de blog à haute valeur ajoutée pour attirer un trafic de découverte, ce qu’on appelle le haut de tunnel. On répondait aux questions que les débutants se posaient : ‘comment choisir sa raquette ?’, ‘quelles sont les règles du padel ?’. D’autre part, un travail méticuleux sur nos fiches produits pour qu’elles soient non seulement complètes et utiles pour le client, mais aussi parfaitement optimisées pour Google sur des requêtes d’achat. Ces efforts ont porté leurs fruits plus vite que prévu. Le SEO nous a apporté nos premières ventes, notre premier flux de trésorerie, sans dépenser un euro en publicité. C’est cet actif qui, encore aujourd’hui, constitue un pilier de notre résilience.

Le service client et l’expérience locale : notre véritable avantage concurrentiel

Face à des concurrents qui traitaient le marché français comme une simple extension de leur marché domestique, nous avons joué la carte de l’hyper-proximité. Nous avons identifié leurs faiblesses et en avons fait nos forces. Leurs sites étaient souvent mal traduits, leurs conditions de livraison coûteuses pour la France et leur service client aux abonnés absents. Nous avons pris le contre-pied total. ‘Ce qui a fait la la différence, c’est vraiment le le côté service humain, un site internet bah local parfaitement traduit’, mais aussi une livraison gratuite et rapide, et surtout, un vrai conseil. Les clients pouvaient nous appeler, nous envoyer un message, et ils avaient en face d’eux un expert, un joueur de padel, pas un simple opérateur. Cette dimension humaine, ce conseil hérité de l’expérience en club, est devenue notre signature. Les clients ne venaient plus seulement pour un prix, mais pour une expérience d’achat rassurante et personnalisée. C’est ce qui a permis de fidéliser nos premiers clients et de générer un bouche-à-oreille puissant, le meilleur marketing qui soit.

Activer la communauté existante : le coup de pouce initial

Pour amorcer la pompe, nous avons capitalisé sur l’actif le plus précieux que nous possédions : la communauté du club Esprit Padel. Le nom ‘Esprit Padel Shop’ n’a pas été choisi au hasard. Il nous a permis de bénéficier immédiatement de la notoriété et de la confiance associées au club, l’un des plus grands de France. Nos premières actions de communication ont été très simples et ciblées : une annonce sur les groupes WhatsApp du club, un partenariat avec des médias spécialisés comme Padel Magazine. Cela a suffi à générer un premier pic de trafic et de commandes. Cette base de ‘early adopters’, des joueurs qui nous connaissaient déjà et nous faisaient confiance, a été essentielle pour valider notre concept et nous donner l’élan nécessaire pour aller chercher une audience plus large. C’était la preuve que commencer petit, en s’appuyant sur un noyau dur, est une stratégie redoutablement efficace.

De 0 à 9 millions d’euros en 4 ans : les secrets d’une croissance explosive

Les débuts ont été modestes. Une commande tous les deux ou trois jours, puis une par jour. Mais au bout de quelques mois, nous avons senti une véritable traction. Le marché répondait présent. C’est à ce moment-là que nous avons décidé d’appuyer sur l’accélérateur. La courbe de croissance a alors été fulgurante. La première année, nous avons atteint 200 000 euros de chiffre d’affaires. Puis, tout s’est enchaîné : un million la deuxième année, 3,7 millions la troisième, et 9 millions la quatrième. Cette hyper-croissance n’est pas le fruit du hasard. Elle repose sur une stratégie de réinvestissement systématique et sur un tournant majeur dans notre approche marketing : l’incarnation de la marque.

Le réinvestissement systématique : de l’organique aux publicités payantes

Notre philosophie a été simple : chaque euro de bénéfice généré par nos ventes organiques (SEO, communauté) devait être réinvesti pour alimenter la croissance. ‘Dès qu’on a fait nos nos premières ventes, on a réinvesti en gros l’argent qu’on avait gagné dans des campagnes Facebook et Google’. J’ai commencé par gérer moi-même les premières campagnes. Google Shopping a été notre priorité pour être visible sur les requêtes transactionnelles, là où les clients sont prêts à acheter. Puis, nous avons exploré Meta (Facebook, Instagram) pour aller chercher une audience plus large et créer de la désirabilité autour de nos produits. Assez rapidement, nous avons compris que pour passer à l’échelle supérieure, nous devions nous entourer d’experts. J’ai donc délégué la gestion de ces canaux à des spécialistes, ce qui nous a permis de professionnaliser notre approche, d’optimiser nos budgets et de libérer mon temps pour me concentrer sur la stratégie globale et le développement de nouveaux leviers de croissance.

L’incarnation de la marque : le tournant de la création de contenu

En observant le marché et les marques qui me plaisaient, j’ai eu une conviction profonde : pour vraiment nous différencier, il ne suffisait plus d’avoir un bon service client. Il fallait créer un lien émotionnel, une véritable connexion. Et pour cela, rien de plus puissant qu’un visage, une personnalité. ‘On s’attache plus facilement, je pense à une personne qu’à une marque en particulier’. Cette idée m’obsédait, mais sa mise en œuvre a été un long cheminement. Au début, je ne voulais pas être ce visage. Je pensais ne pas avoir le temps, je cherchais la perle rare pour incarner Esprit Padel Shop. J’ai essayé d’embaucher, de travailler avec des externes… pendant près de deux ans, nous avons tâtonné sans succès. Je n’étais jamais satisfait du résultat. Fin 2023, j’ai pris mon courage à deux mains et j’ai décidé de m’y coller. C’était une sortie de ma zone de confort, mais je sentais que c’était nécessaire pour franchir un cap.

Structurer la machine à contenu : déléguer pour mieux performer

Me mettre devant la caméra était une chose, mais produire du contenu de qualité de manière régulière en était une autre. Je savais que je ne pouvais pas tout faire seul. J’ai donc appliqué le même principe que pour les publicités : m’entourer de personnes plus compétentes que moi. J’ai eu la chance de trouver les bonnes personnes, Paul puis Jérémy, des experts de la vidéo qui ont su comprendre ma vision et la traduire en images. Le processus a été une collaboration. Au début, je donnais beaucoup de direction, puis, voyant leur talent, je leur ai délégué de plus en plus de responsabilités. Aujourd’hui, mon rôle est de définir la stratégie, les offres, et de donner la vision. Eux s’occupent de tout le reste : la recherche d’idées, l’écriture des scripts, le tournage, le montage. Je le dis sans détour : ‘je suis un peu leur leur marionnette… tout le reste c’est fait dans le dans le dans l’ombre et c’est eux qui font qui font ça à ma place’. Cette collaboration nous a permis de créer une véritable machine à contenu, produisant des publicités, des tests de produits, des conseils, qui non seulement performent en termes de ventes, mais renforcent chaque jour notre image d’experts et notre lien avec la communauté.

L’avenir d’Esprit Padel Shop : conquérir l’Europe et au-delà

Aujourd’hui, notre croissance se poursuit sur le marché français, qui est lui-même en plein essor avec une progression annuelle de 30 à 40%. C’est énorme. Cependant, nous savons que notre potentiel de développement le plus important se situe au-delà de nos frontières. Tout notre chiffre d’affaires actuel est réalisé exclusivement en France, ce qui est à la fois notre force et notre prochaine grande opportunité. Nous regardons avec beaucoup d’attention les autres marchés européens où le padel explose ou est déjà très mature. L’Italie, par exemple, est un marché deux à trois fois plus gros que le nôtre. Pour donner un ordre de grandeur, ‘à Rome il y a à peu près autant de terrains qu’en France’. C’est colossal. L’Espagne, bien que plus saturée, reste quatre à six fois plus grande. Et puis il y a des marchés à très fort potentiel comme l’Allemagne, le Royaume-Uni, et bien sûr les États-Unis qui commencent tout juste à adopter ce sport. L’enjeu pour nous dans les mois et années à venir est double. Premièrement, continuer à consolider notre position de leader en France, en maintenant notre excellence opérationnelle et notre lien avec la communauté. Deuxièmement, réussir notre internationalisation. Le défi sera de répliquer notre modèle, basé sur la proximité et l’expertise, sur des marchés que nous connaissons moins bien, avec des cultures et des concurrents différents. Il faudra avancer prudemment, tester, apprendre, et trouver le bon équilibre pour croître sans ‘se brûler les ailes’. C’est un nouveau chapitre passionnant qui s’ouvre pour Esprit Padel Shop.

Conclusion : les leçons d’une croissance hors-norme

L’histoire d’Esprit Padel Shop est bien plus qu’une simple success story financière. C’est la démonstration que dans un monde digital souvent déshumanisé, les valeurs de passion, d’expertise et de proximité peuvent faire toute la différence. Notre parcours repose sur quelques piliers fondamentaux que tout entrepreneur peut s’approprier. Premièrement, la capacité à transformer une contrainte en opportunité, comme le confinement qui est devenu une période d’apprentissage décisive. Deuxièmement, l’importance cruciale du timing et de l’observation du marché pour identifier une niche et ses failles. Troisièmement, la sagesse de construire sur des fondations solides avec le SEO avant de scaler agressivement avec la publicité payante. Quatrièmement, et c’est peut-être le plus important, la conviction que le service client et l’expérience humaine ne sont pas un centre de coût, mais le plus puissant des avantages concurrentiels. Enfin, le courage d’incarner sa marque, de mettre un visage sur un nom, pour créer un lien de confiance inégalable. Aujourd’hui, nous ne sommes qu’au début de l’aventure. Le marché du padel continue de grandir, et notre ambition avec lui. Si je devais laisser un message à ceux qui hésitent à se lancer, ce serait celui-ci : votre passion est votre plus grand atout. Combinée à une exécution rigoureuse et une obsession pour votre client, elle peut vous emmener bien plus loin que vous ne l’imaginez. N’attendez pas le plan parfait, commencez, apprenez, et construisez votre propre histoire.

Foire aux questions (FAQ)

Quelle a été l’étincelle pour lancer Esprit Padel Shop pendant le confinement ?

L’étincelle est venue d’une double prise de conscience. D’abord, l’arrêt forcé de l’activité du club physique pendant le COVID-19 a créé une période de disponibilité inédite, que j’ai utilisée pour me former intensivement à l’e-commerce. Ensuite, l’observation des joueurs du club qui achetaient leur matériel sur des sites espagnols tout en se plaignant du service. Nous avons identifié une faille de marché évidente : il manquait un acteur français offrant à la fois des prix compétitifs et un service client expert, à l’image de ce que nous proposions au club. L’idée était de transposer cette expérience de confiance en ligne.

‘On voyait au club des gens venir avec des raquettes de paddle qui n’achetaient pas au club… on s’est posé la question de monter un e-commerce à ce moment-là parce que aussi on a vu des failles de de marché… pourquoi pas lancer notre propre site avec un vrai service client, un vrai SAV, un vrai conseil.’

Comment avez-vous concurrencé les grands sites espagnols au début sans budget ?

Notre stratégie initiale a été celle de l’asymétrie : nous n’avons pas cherché à les affronter sur leur terrain de prédilection, la publicité à grande échelle, mais sur leurs points faibles. Nous avons capitalisé sur le ‘local’ et l’humain. Cela s’est traduit par un site parfaitement traduit en français, une livraison gratuite et rapide en France, et surtout, un service client ultra-réactif et expert. Nous étions des passionnés qui conseillaient d’autres passionnés. Cet avantage qualitatif a créé une relation de confiance que les géants étrangers, plus distants, ne pouvaient pas offrir, ce qui a fidélisé nos premiers clients et généré un bouche-à-oreille très efficace.

‘Je pense que ce qui a fait la la différence, c’est vraiment le le côté service humain, un site internet bah local parfaitement traduit, ce qui n’était pas forcément le cas sur les sites espagnols. Une livraison gratuite… ce qui n’avait pas forcément aussi les les espagnols.’

Quelle a été votre première stratégie d’acquisition pour générer les premières ventes ?

Notre première stratégie a été 100% organique, car nous n’avions pas de budget publicitaire. Elle reposait sur deux piliers. Le premier était le SEO : nous avons travaillé intensivement nos fiches produits et créé des articles de blog pour nous positionner sur des requêtes pertinentes et attirer un trafic qualifié. Le second pilier a été l’activation de la communauté existante du club Esprit Padel. En communiquant sur le lancement du site via les canaux internes comme les groupes WhatsApp, nous avons immédiatement touché une audience de passionnés qui nous faisaient déjà confiance, ce qui a généré nos toutes premières ventes.

‘Les premières ventes, on va dire qu’on les a faites grâce au SEO, également grâce à la notoriété du club… on a tout de suite diffusé le site sur les canaux WhatsApp du club… qui a permis de de faire aussi les les premières ventes et la première montée en puissance du site.’

Pourquoi avez-vous décidé d’incarner personnellement la marque Esprit Padel Shop ?

La décision est venue d’un constat simple : il est plus facile de s’attacher à une personne qu’à une marque abstraite. Je voulais créer une connexion plus forte et plus authentique avec notre communauté. Au début, je ne souhaitais pas m’exposer et j’ai cherché pendant près de deux ans quelqu’un d’autre pour le faire, sans succès. Face à cette impasse et convaincu de l’importance de cette stratégie pour nous différencier, j’ai finalement décidé de prendre ce rôle. Le but était de mettre un visage sur notre expertise, de rendre notre conseil plus tangible et de renforcer la confiance des clients en montrant qui se cachait derrière le site.

‘Je suis parti d’un constat assez simple, c’est qu’on s’attache plus facilement, je pense à une personne qu’à une marque en particulier et du coup c’est à ce moment-là que j’ai décidé de de mettre quelqu’un en avant et au début je devais pas me mettre en avant moi.’

Comment avez-vous structuré votre création de contenu vidéo pour qu’elle soit performante ?

Conscient que je ne pouvais pas être expert en tout, j’ai délégué la production à des professionnels de la vidéo. La structure est collaborative. Je définis la vision stratégique globale, les offres commerciales à mettre en avant et le ton général. Ensuite, je travaille avec une équipe de deux créateurs, Paul et Jérémy, qui prennent le relais. Ils sont responsables de la recherche d’idées, de l’écriture des scripts, du tournage et du montage. Mon rôle est celui du ‘talent’ devant la caméra, mais toute l’ingénierie créative et technique est gérée par eux. Cette répartition des tâches nous permet d’être très efficaces et de produire un volume important de contenu de haute qualité.

‘Je me suis entouré assez rapidement par une personne qui qui m’a aidé à me structurer sur la partie vidéo, qui m’a aidé sur les scripts… et c’est du coup mon visage qu’on a mis qu’on a mis face à la caméra quoi.’

Quelle est l’importance du SEO pour un e-commerce qui investit aussi en publicité payante ?

Le SEO est fondamental, c’est notre assurance-vie. Même si nous investissons de plus en plus en publicité payante, le SEO reste un des piliers majeurs de notre acquisition. Il représente un actif durable qui nous appartient et qui génère un flux constant de trafic et de ventes à un coût marginal faible. C’est une base solide qui nous rend moins dépendants des fluctuations des coûts publicitaires. Si demain les coûts d’acquisition sur Google ou Meta explosent, ou si nous devions couper nos budgets, notre activité ne s’effondrerait pas. Le SEO nous garantirait toujours un chiffre d’affaires minimum et une visibilité pérenne.

‘Le SEO, ça reste un des piliers fort d’Esprit Paddle Shop à l’heure actuelle… Ceux qui n’investissent pas pas dedans en général ils sont un peu moins solides sur sur leurs appuis et dès que les CPC augmente… il y a pas le SEO qui qui permet de se reposer dessus quoi.’

Comment Esprit Padel Shop a-t-il géré sa croissance fulgurante de 0 à 9 millions d’euros ?

La gestion de cette hyper-croissance s’est appuyée sur une logique de réinvestissement constant des bénéfices. Nous avons adopté une approche par étapes : d’abord, construire une base de ventes organiques solides grâce au SEO. Ensuite, utiliser la trésorerie générée par ces premières ventes pour financer nos premières campagnes publicitaires sur Google, puis sur Meta. Au fur et à mesure que les revenus augmentaient, nous avons augmenté les budgets publicitaires et, surtout, nous nous sommes structurés en déléguant les tâches opérationnelles (gestion des publicités, création de contenu) à des experts externes. Cette stratégie nous a permis de scaler intelligemment sans lever de fonds, en finançant notre croissance par notre propre rentabilité.

‘La première année on a fait 200000 € de chiffre d’affaires… après bah on a accéléré assez vite, on a fait 1 million d’euros la deuxième, 3,7 millions la troisième, 9 millions la 4e… dès qu’on a fait nos nos premières ventes, on a réinvesti en gros l’argent qu’on avait gagné dans des campagnes Facebook et Google.’

Quels sont les futurs défis et opportunités pour le marché du padel en Europe ?

L’opportunité majeure réside dans l’internationalisation. Le marché du padel est en pleine explosion dans de nombreux pays européens qui sont bien plus grands que le marché français, comme l’Italie, l’Allemagne ou le Royaume-Uni. Le défi principal sera de réussir à exporter notre modèle, qui est basé sur une forte expertise locale et un service client de proximité, sur ces nouveaux marchés. Il faudra adapter notre communication, notre logistique et notre approche pour rester pertinents, tout en maintenant notre croissance en France. L’enjeu est de devenir un acteur européen de référence sans perdre l’ADN qui a fait notre succès initial.

‘Ça pourrait être l’Italie par exemple qui est deux à trois fois plus gros que la France à l’heure actuelle… il faut qu’on continue à être bon en France, c’est un enjeu hyper important pour nous. Mais il faut qu’on arrive à aller adresser ces marchés là sans se sans se brûler les ailes en fait.’


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