5 ans de podcasting : mon retour d’expérience pour lancer et réussir votre podcast
En mars 2019, je lançais le Podcast du Marketing. Cinq ans, plus de 250 épisodes et des milliers d’heures de travail plus tard, il est temps de faire le bilan. Ce projet, né d’une intuition en observant le marché américain, a transformé ma carrière. Je l’ai lancé au moment le plus improbable de ma vie : en poste à plein temps chez Microsoft et découvrant la semaine du lancement que j’étais enceinte de mon deuxième enfant. Comme je le dis souvent, ‘il n’y a jamais de bon moment de toute façon, go’. Cette aventure m’a énormément appris sur ce média fascinant, et aujourd’hui, je veux partager avec vous les leçons, les erreurs et les stratégies qui fonctionnent vraiment. Beaucoup pensent qu’il est trop tard, que le marché est saturé. Je suis ici pour vous prouver le contraire et vous donner une feuille de route concrète, que vous soyez un CMO chevronné ou un entrepreneur qui souhaite faire entendre sa voix. Ce n’est pas juste un article sur ‘comment faire un podcast’, c’est un partage d’expérience authentique pour vous aider à comprendre l’âme de ce média et à l’utiliser pour créer un lien unique avec votre audience.
Le podcast est-il saturé ? Pourquoi il n’est absolument pas trop tard pour se lancer
La question qui revient sans cesse est : ‘Estelle, n’est-ce pas trop tard pour se lancer dans le podcast ?’. C’est une crainte légitime. On a l’impression que des podcasts naissent chaque jour, et c’est vrai. Mais laissez-moi être très claire : non, il n’est pas trop tard. En réalité, nous sommes encore au début d’une vague immense. Pour comprendre l’ampleur de l’opportunité, il faut regarder les chiffres et sortir de notre bulle. C’est une erreur que je vois souvent : on juge un marché à l’aune de notre propre consommation, mais la réalité des données est souvent très différente.
Le mythe du marché saturé : les chiffres qui parlent
Comparons ce qui est comparable. Le blogging existe depuis plus de deux décennies et est un pilier du marketing de contenu. Le nombre de blogs dans le monde est estimé à plus de 600 millions. C’est un océan. Maintenant, regardons le podcast. Le nombre de podcasts actifs dans le monde est d’environ 2,5 millions. Je vous laisse faire le calcul : 600 millions d’un côté, 2,5 millions de l’autre. La différence est abyssale. Comme je le disais dans l’épisode :
‘600 millions de blogs d’un côté, 2,5 millions de podcasts de l’autre côté, évidemment qu’il y a encore de la place. En tout cas, il est bien plus facile d’être visible avec un podcast que d’être visible avec votre blog.’
Cette statistique seule devrait suffire à vous convaincre. L’espace pour se faire une place est considérablement plus grand. De plus, le marché est en pleine croissance. Le nombre d’auditeurs augmente chaque année, car l’usage se démocratise. Le podcast s’intègre parfaitement dans les interstices de nos vies : dans les transports, en faisant du sport, en cuisinant. C’est un média qui ne demande pas 100% de notre attention visuelle, ce qui le rend unique. Lancer un podcast aujourd’hui, c’est comme acheter un appartement dans un quartier qui va devenir le nouveau centre-ville : vous investissez avant que tout le monde n’ait compris son potentiel.
L’avantage du pionnier et l’importance de l’historique
Lorsque j’ai lancé le podcast en 2019, ma décision était stratégique. En observant le marché américain, je savais que la tendance arriverait en France avec quelques années de décalage. Être présente dès le début m’a conféré un avantage concurrentiel majeur. Pourquoi ? Parce que ‘sur le digital, l’historique, ça compte. Être là depuis le début, ça vous donne une avance difficile à rattraper.’ Cet historique se manifeste de plusieurs manières. D’abord, il y a le catalogue. Un nouvel auditeur qui vous découvre aujourd’hui a potentiellement des dizaines, voire des centaines d’épisodes à écouter. C’est une mine d’or qui crée un attachement rapide et profond. Ensuite, il y a la confiance. La longévité est un gage de sérieux et de crédibilité. Enfin, les algorithmes des plateformes d’écoute (Apple Podcasts, Spotify) favorisent les podcasts qui publient régulièrement depuis longtemps. Vous construisez une autorité qui est très difficile à obtenir en quelques semaines. Commencer maintenant, c’est commencer à bâtir cet historique pour les années à venir.
Passer à côté du podcast aujourd’hui, c’est prendre le risque de regretter dans deux ou trois ans de ne pas avoir commencé plus tôt, lorsque la concurrence sera réellement devenue féroce. L’opportunité est là, maintenant. Mais pour la saisir, il faut comprendre l’ADN si particulier de ce média, qui ne ressemble à aucun autre.
Comprendre l’ADN du podcast : le média de l’intime et du temps long
Le podcast n’est pas juste un autre canal de contenu. Il possède une nature profonde qui le distingue radicalement des blogs, des vidéos YouTube ou des publications sur les réseaux sociaux. Si vous essayez de l’aborder avec les mêmes codes, vous passerez à côté de sa véritable puissance. Le podcast repose sur deux piliers fondamentaux : l’intimité et le temps long. Comprendre et embrasser ces deux concepts est la clé pour créer une émission qui non seulement attire des auditeurs, mais les transforme en une communauté engagée.
Dans l’oreille de votre auditeur : la puissance de l’intimité
J’aime dire que le podcast est le ‘média de l’intime’, et ce n’est pas une formule en l’air. La raison est avant tout physique. La grande majorité des podcasts sont écoutés avec des écouteurs. Cela signifie que votre voix ne se diffuse pas dans une pièce, elle est directement dans l’oreille de votre auditeur. C’est une proximité presque charnelle, une invitation dans la bulle personnelle de quelqu’un.
‘Être dans l’oreille de l’auditeur, et bien ça veut dire être très proche physiquement de l’auditeur. […] Avant même que vous ayez commencé à parler, il a décidé de vous faire rentrer dans son intimité, c’est déjà une immense marque de confiance.’
Cette proximité crée un lien d’une force incomparable. Votre auditeur a l’impression d’être en conversation directe avec vous. Votre voix, avec ses intonations, ses pauses, ses émotions, devient un véhicule de confiance extraordinairement puissant. Cependant, cette intimité est à double tranchant. Si votre son est mauvais, si votre ton est désagréable ou si votre propos est confus, le rejet sera tout aussi immédiat et personnel. L’auditeur vous expulsera de son intimité d’un simple clic. Mais si vous parvenez à créer ce cocon, cette connexion, vous bâtissez une relation qui surpasse de loin celle que vous pourriez avoir via un texte ou une vidéo.
La patience est une vertu : le podcast est un marathon, pas un sprint
Le second pilier est le ‘temps long’. Dans un monde digital obsédé par l’instantanéité des likes et des partages, le podcast est un anachronisme rafraîchissant. Il ne fonctionne pas sur des cycles courts. Attendre des résultats significatifs en quelques semaines est la meilleure façon d’être déçu et d’abandonner. Il faut se préparer à un travail de fond. Je l’affirme : ‘si vous démarrez, il va falloir attendre 6 mois, 1 an avant d’avoir les vrais résultats, les premiers résultats de votre travail.’ C’est un investissement sur la durée, un marathon. Chaque épisode est une brique que vous posez pour construire votre maison. Au début, on ne voit pas grand-chose, mais après un an, les fondations sont solides et la structure commence à être visible.
Méfiez-vous également des ‘fausses joies’. Je vois souvent de nouveaux podcasts propulsés dans les classements d’Apple Podcasts ou de Spotify, pour ensuite disparaître aussi vite qu’ils sont apparus. C’est souvent un jeu des algorithmes pour donner un coup de pouce à la nouveauté. C’est gratifiant sur le moment, mais la véritable mesure du succès est la constance et la croissance régulière sur le long terme. Ne soyez pas découragé si vous redescendez. La seule chose qui compte, c’est de continuer à produire du contenu de qualité, régulièrement. Le succès en podcasting est une accumulation, pas une explosion.
Maintenant que l’état d’esprit est posé, que l’on a compris la philosophie de ce média, il est temps de passer à la pratique. Et la première étape, la plus cruciale, c’est le son. Car sans un bon son, toute cette belle théorie sur l’intimité s’effondre.
Le matériel essentiel pour un son professionnel (sans se ruiner)
Lorsqu’on décide de lancer un podcast, la question du matériel arrive très vite et peut sembler intimidante. On imagine des studios complexes, des consoles de mixage et des factures astronomiques. Laissez-moi vous rassurer : vous pouvez obtenir un son de très haute qualité avec un investissement maîtrisé. Mais il y a un élément sur lequel vous ne devez faire aucun compromis : le microphone. C’est le cœur de votre installation, l’outil qui va capter votre voix et la transmettre à votre auditeur. Un mauvais son est la première cause d’abandon d’écoute d’un podcast. Vous pouvez avoir le contenu le plus brillant du monde, si on ne vous entend pas correctement, personne ne restera.
L’investissement non négociable : votre micro
J’insiste sur ce point : si vous avez un budget, même limité, consacrez-le en priorité à votre micro. C’est lui qui fera 80% de la qualité de votre son. Comme je l’explique, j’enregistre actuellement dans un environnement acoustique qui est loin d’être idéal, sous un toit cathédrale qui résonne. ‘Ce n’est pas très grave parce que j’ai un très bon micro.’ Un bon micro peut corriger de nombreux défauts de votre pièce. Voici les deux options que je recommande, pour deux budgets et deux niveaux d’expertise :
- Pour démarrer (Le choix malin) : Le Blue Yeti. C’est le micro que j’ai utilisé pendant les quatre premières années du podcast. Il coûte environ 100€, se branche en USB et est incroyablement simple à utiliser. Il offre une qualité sonore remarquable pour son prix. Son principal défaut est sa grande sensibilité : il a tendance à capter les bruits environnants, comme un avion qui passe au loin. Il faut donc veiller à enregistrer dans un environnement calme. Malgré un petit défaut de connectique qui peut apparaître après plusieurs années d’utilisation intensive, son rapport qualité-prix est imbattable pour débuter.
- Pour passer au niveau supérieur (La Rolls-Royce) : Le Shure SM7B. C’est mon micro actuel, une véritable référence dans le monde du podcasting et de la radio. Il offre un son incroyablement chaud, rond et professionnel. Son grand avantage est qu’il est un micro dynamique, ce qui signifie qu’il isole très bien la voix et rejette les bruits de fond et la réverbération de la pièce. L’amélioration de la qualité est telle que de nombreux auditeurs non-spécialistes m’ont fait la remarque après mon changement. ‘J’ai plein de gens qui ne connaissent rien au son […] qui m’ont dit ‘Ah mais, il s’est passé un truc, ton son est vraiment encore plus agréable. » Il est plus cher et nécessite un peu plus de matériel (une interface audio ou un adaptateur), mais si vous êtes sérieux dans votre démarche, c’est un investissement qui transforme l’expérience d’écoute.
Au-delà du micro : l’environnement d’enregistrement
Même avec le meilleur micro du monde, votre environnement joue un rôle. Vous n’avez pas besoin de construire un studio, mais quelques astuces simples peuvent grandement améliorer votre son. Les surfaces dures (murs nus, carrelage, grandes vitres) créent de l’écho, de la réverbération. Privilégiez des pièces avec des surfaces molles qui absorbent le son : une chambre avec un lit, une bibliothèque remplie de livres, un dressing rempli de vêtements. Ces ‘pièges à son’ naturels rendront votre voix plus claire et moins résonnante. Le simple fait de tendre une couverture derrière vous peut faire des miracles. Le son est une affaire de détails, et ces petites attentions feront une grande différence pour l’oreille de votre auditeur.
Une fois que vous avez capté un son propre et de qualité, l’étape suivante est le montage. C’est là que beaucoup de débutants se perdent ou, pire, dénaturent leur enregistrement en voulant trop en faire. L’approche que je préconise est celle du minimalisme efficace.
L’art du montage : viser le naturel, pas la perfection
Le montage est souvent perçu comme une étape technique et fastidieuse, une montagne à gravir pour les nouveaux podcasteurs. On imagine qu’il faut couper chaque hésitation, chaque ‘euh’, chaque respiration pour obtenir un résultat professionnel. C’est une erreur fondamentale. Un montage excessif rend votre discours robotique et artificiel, brisant le lien d’intimité que vous cherchez à créer. La clé est de viser le naturel et la fluidité, pas une perfection stérile.
‘Le meilleur montage est celui qui n’existe pas’
Je suis une grande adepte de la philosophie de Mathieu Stefani, du podcast Génération Do It Yourself, qui dit que l’idéal est de ne pas faire de montage du tout. Bien sûr, il y a toujours un minimum à faire, comme ajouter un jingle d’introduction et de fin. Mais pour le cœur de l’épisode, moins vous coupez, mieux c’est. ‘Moi quand j’enregistre avec un invité par exemple, je ne coupe pas. […] Ce que je veux justement c’est une discussion naturelle dans le flow.’ L’objectif est que l’auditeur ait l’impression d’être assis dans la pièce avec vous, assistant à une conversation authentique. Les petites imperfections, les bafouillements, les moments où l’on cherche ses mots font partie de la vie et rendent l’échange plus humain. Chercher à tout lisser est non seulement chronophage, mais aussi contre-productif.
Les 4 ajustements techniques indispensables
Cependant, ‘peu de montage’ ne signifie pas ‘aucun travail’. Il y a quatre interventions techniques qui sont, à mon sens, non négociables pour garantir une expérience d’écoute agréable et professionnelle.
- Nettoyer le bruit de fond : Même dans la pièce la plus silencieuse, il y a toujours un léger bruit résiduel, souvent généré par la ventilation de votre ordinateur. Votre micro le capte. Pour l’éliminer, enregistrez cinq secondes de silence au début de votre piste. La plupart des logiciels de montage ont une fonction qui permet d’analyser ce silence et de soustraire ce ‘bruit de fond’ de l’intégralité de votre enregistrement. C’est une manipulation simple qui rend le son instantanément plus propre.
- Normaliser les niveaux audio : C’est crucial, surtout lorsque plusieurs personnes parlent. Il n’y a rien de plus désagréable que de devoir constamment ajuster le volume parce qu’un intervenant parle plus fort que l’autre. Il faut ‘étalonner’ les pistes pour que toutes les voix soient au même volume sonore. C’est une question de respect pour les oreilles de vos auditeurs. Souvenez-vous, ils ont des écouteurs. Une variation brusque de volume peut être très douloureuse.
- Garder les respirations : Les outils d’IA proposent souvent de supprimer automatiquement les respirations. Ne le faites pas ! ‘Notre oreille sait qu’on doit prendre notre respiration et si on la prend pas, ben le cerveau se dit il y a un truc qui est bizarre.’ Une respiration signale une pause, la fin d’une idée. La supprimer crée une sensation de discours non naturel et suffocant. Si vous devez couper une phrase, coupez après une respiration et gardez-la avec la phrase suivante.
- Laisser des blancs : De la même manière, ne supprimez pas systématiquement les silences de 1 à 2 secondes entre vos phrases. L’auditeur n’a que son ouïe pour vous suivre. Il a besoin de ces micro-pauses pour digérer l’information. ‘Elle a besoin de processer ce qu’elle vient d’entendre. […] Donnez-lui une à 2 secondes pour le faire. Je vous assure que ça change radicalement les choses.’ Ces silences ne sont pas du vide, ils sont le temps de la réflexion. Ils donnent du poids à vos propos.
Ces principes de montage s’appliquent que vous soyez seul ou avec des invités. Mais lorsque vous accueillez quelqu’un, une nouvelle dimension entre en jeu : la relation humaine. Et le succès de votre épisode en dépend entièrement.
Accueillir des invités : les secrets d’un entretien réussi
Recevoir un invité sur son podcast peut être une source de richesse incroyable pour votre contenu, mais aussi une source de stress si ce n’est pas bien préparé. La qualité d’un entretien ne dépend pas seulement de l’expertise de votre invité, mais surtout de votre capacité à le mettre dans les meilleures conditions pour qu’il la partage. Beaucoup de mes invités me le confient après l’enregistrement : la différence se fait avant même que le bouton ‘enregistrer’ ne soit pressé.
Créer l’effet ‘canapé’ : l’importance de la mise à l’aise
La première chose à faire, et la plus essentielle, est de mettre votre invité à l’aise. Pour beaucoup, c’est une première expérience. Ils peuvent être intimidés, avoir peur de mal s’exprimer ou de paraître ridicules. Votre rôle est de désamorcer cette anxiété. Pour cela, prenez systématiquement 5 à 10 minutes avant l’enregistrement pour discuter de tout et de rien, mais surtout pas du sujet de l’interview. L’objectif est de créer une connexion humaine, de passer du statut d’interviewer à celui d’hôte. Je veux que mes invités se sentent comme s’ils étaient chez moi.
‘J’avais littéralement l’impression que je m’étais installée dans ton salon avec toi et qu’on allait papoter. C’est l’objectif. […] S’il est stressé, il va parler vite, il va parler de façon saccadée, il va trop réfléchir, il ne va pas être naturel.’
Un invité détendu est un invité généreux, qui partagera des anecdotes, osera des réflexions plus personnelles et offrira une conversation bien plus intéressante qu’un simple exposé de ses connaissances. Cet ‘effet canapé’ est le secret d’un épisode vivant et authentique.
Le briefing technique de dernière minute : éviter les parasites sonores
En plus de la mise à l’aise psychologique, un bref briefing technique est indispensable. Votre invité n’est pas un professionnel du son, il ne pense pas aux détails qui peuvent ruiner un enregistrement. C’est à vous de le guider avec bienveillance. Voici une checklist simple à passer en revue :
- S’attacher les cheveux longs : Pour éviter de les toucher et de créer des frottements près du micro des écouteurs.
- Enlever les bracelets et les bijoux bruyants : Le moindre choc sur la table sera amplifié par le micro.
- Couper les notifications : Sur l’ordinateur et le téléphone pour éviter les ‘dings’ intempestifs.
- Ne pas taper au clavier : Même pour prendre des notes, le ‘clicti’ s’entend et est très distrayant.
Ces quelques consignes simples, expliquées calmement, permettent d’éviter 90% des problèmes de son que l’on rencontre avec des invités. Une fois que votre enregistrement est dans la boîte, le travail n’est pas terminé. Il reste une étape cruciale, souvent négligée par fatigue : la promotion.
Promotion et découvrabilité : les stratégies pour trouver vos auditeurs
Produire un podcast de grande qualité est une chose, faire en sorte qu’il soit écouté en est une autre. C’est peut-être la partie la moins glamour, mais elle est absolument vitale. Le principal défi du podcast est sa découvrabilité. Contrairement à YouTube ou TikTok, les algorithmes des plateformes d’écoute sont encore peu performants pour faire découvrir de nouvelles émissions. Le bouche-à-oreille, qu’il soit réel ou digital, reste le moteur principal de la croissance. Vous devez donc être le premier ambassadeur de votre travail et mettre en place une véritable stratégie de promotion pour chaque épisode.
L’IA, votre meilleure alliée pour la promotion
La bonne nouvelle, c’est que vous n’êtes plus seul pour cette tâche. L’intelligence artificielle est devenue un assistant marketing extraordinairement efficace. De nombreux outils peuvent vous faire gagner un temps précieux et démultiplier vos efforts de communication. Vous pouvez utiliser l’IA pour générer automatiquement :
- Les transcriptions de vos épisodes : Utiles pour le SEO de votre site et pour les personnes qui préfèrent lire.
- Les ‘show notes’ : Le texte de description qui accompagne votre épisode sur les plateformes.
- Des publications pour les réseaux sociaux : En extrayant les points clés et les citations marquantes.
Ces outils vous permettent de vous concentrer sur la stratégie plutôt que sur des tâches répétitives et chronophages.
Le pouvoir de la vidéo courte (sans faire un podcast vidéo)
Une question qui revient souvent est celle du podcast vidéo. C’est un engagement énorme en termes de production. Cependant, il existe un juste milieu extrêmement puissant : intégrer la vidéo dans la promotion de votre podcast audio. L’idée n’est pas de filmer tout l’épisode en qualité professionnelle, mais d’utiliser de courts extraits vidéo pour communiquer sur les plateformes où ce format est roi (YouTube Shorts, Instagram Reels, TikTok, LinkedIn).
‘Utilisez des shorts pour faire la promo de votre podcast. […] Les shorts sont très utilisés pour la découvrabilité sur YouTube, donc quelqu’un va vous découvrir avec un short et peut-être qu’il aura envie d’aller écouter l’audio complet de votre podcast.’
Vous pouvez simplement vous filmer avec une webcam pendant que vous enregistrez l’audio, ou utiliser des outils d’IA qui créent des vidéos dynamiques à partir de votre piste audio en ajoutant des sous-titres et des animations. Ces ‘teasers’ de 30 à 60 secondes sont parfaits pour capter l’attention et donner envie aux gens d’aller écouter l’épisode complet.
La seule chose qui marche vraiment : demander
Enfin, n’oubliez jamais la méthode la plus simple et la plus efficace : demandez de l’aide à votre audience. Si vous voulez des avis et des notes sur Apple Podcasts ou Spotify, vous devez le demander explicitement et régulièrement. Ces avis sont un signal fort pour les algorithmes et une preuve sociale pour les nouveaux auditeurs potentiels. C’est parfois un peu lourd, je le concède, mais c’est indispensable. ‘Sachez que si vous ne demandez pas à votre audience de le faire, il y a très peu d’auditeurs […] qui le feront.’ Les gens sont souvent heureux de soutenir un créateur qu’ils apprécient, mais ils ont besoin qu’on leur rappelle de le faire.
Votre tour de jeu : le podcast n’attend que votre voix
Après ce long parcours à travers cinq années d’expérience, j’espère vous avoir transmis une chose essentielle : lancer un podcast est une aventure formidable et toujours aussi pertinente aujourd’hui. Ce n’est pas une simple tactique marketing, c’est la construction d’un actif durable, une plateforme pour partager votre expertise et créer une connexion profonde avec une audience. Oui, cela demande du travail, de la constance et de la patience. Il n’y a pas de raccourci magique. Mais les récompenses, tant professionnelles que personnelles, sont immenses.
Ne vous laissez pas paralyser par la peur du ‘marché saturé’ ou la complexité technique. Comme nous l’avons vu, l’opportunité est bien réelle et la technologie est plus accessible que jamais. Concentrez-vous sur l’essentiel : un son de qualité, un contenu authentique et une promotion régulière. Le plus important est de commencer, d’appuyer sur ce bouton ‘enregistrer’ et de partager votre voix. La mienne a trouvé sa place dans ce monde fascinant du podcasting, et je suis convaincue que la vôtre le peut aussi.
Questions fréquentes sur le lancement d’un podcast
Quel est le meilleur moment pour lancer un podcast ?
Le meilleur moment pour lancer un podcast était probablement il y a cinq ans, mais le deuxième meilleur moment, c’est aujourd’hui. Le marché est encore loin d’être saturé comparé à d’autres médias comme le blogging. L’audience globale est en croissance constante, ce qui signifie qu’il y a de plus en plus d’auditeurs à capter. Attendre ne fera qu’augmenter la concurrence. Le plus important est de commencer à construire votre ‘historique’ dès que possible, car la longévité et la régularité sont des facteurs clés de succès à long terme.
‘Oui bien sûr, il y avait plus de place il y a 5 ans, c’était très certainement le bon moment. […] Mais évidemment qu’il y a encore énormément de place. Le podcast est un média extrêmement jeune.’
Ai-je vraiment besoin d’un micro cher pour commencer ?
Absolument pas. L’important est d’avoir un son nettement meilleur que celui du micro intégré de votre ordinateur ou de vos écouteurs de téléphone. Un micro comme le Blue Yeti, qui coûte environ 100€, est un excellent point de départ et offre une qualité sonore tout à fait professionnelle pour débuter. J’ai moi-même utilisé ce micro pendant quatre ans. L’investissement dans un micro plus cher comme le Shure SM7B est pertinent lorsque vous êtes sûr de votre engagement sur le long terme et que vous voulez atteindre un niveau de qualité sonore supérieur, mais ce n’est en aucun cas une obligation pour se lancer.
‘Pour commencer, on n’a pas besoin d’avoir la Rolls. Je vous invite d’ailleurs à ne pas commencer par la Rolls parce que encore une fois, il faut avoir un petit peu de techniques. Euh mais on peut avoir un micro très simple qui fonctionne très bien.’
Combien de temps faut-il pour voir les résultats avec un podcast ?
Le podcast est un ‘média du temps long’. Il faut s’attendre à travailler de manière constante pendant au moins 6 mois à 1 an avant de voir des résultats significatifs en termes d’audience, d’engagement ou de retombées pour votre activité. Contrairement aux réseaux sociaux, la croissance est rarement virale et explosive. Elle se construit épisode par épisode, en bâtissant la confiance avec votre audience. L’impatience est l’ennemi numéro un du podcasteur débutant. Il faut être prêt pour un marathon, pas pour un sprint.
‘Si demain vous lancez un podcast, ne vous attendez pas à avoir des résultats immédiatement. […] si vous démarrez, il va falloir attendre 6 mois, 1 an avant d’avoir les vrais résultats.’
Faut-il couper toutes les hésitations et les ‘euh’ au montage ?
Non, c’est même une mauvaise idée. Chercher à supprimer toutes les petites imperfections de la parole rend le discours artificiel et robotique. Cela brise le sentiment d’authenticité et de conversation naturelle qui fait la force du podcast. Garder les hésitations, les ‘euh’ et les reformulations rend l’échange plus humain et crédible. L’objectif n’est pas la perfection, mais l’authenticité. Concentrez-vous plutôt sur les aspects techniques comme la suppression du bruit de fond et la normalisation des niveaux sonores.
‘Moi je les enlève pas parce que je trouve que ça fait partie aussi de la réflexion, de l’addiction et cetera. […] Au moins vous aurez de montage au mieux ce sera parce que tout simplement ça restera plus naturel.’
Le podcast vidéo est-il obligatoire pour réussir aujourd’hui ?
Non, le podcast vidéo n’est pas obligatoire et représente une charge de travail bien plus importante que le podcast audio seul. Cependant, il est très stratégique d’utiliser la vidéo pour la promotion. L’idée est de créer de courts extraits vidéo (Shorts, Reels) à partir de votre enregistrement pour attirer l’attention sur les réseaux sociaux et YouTube, et ainsi amener de nouveaux auditeurs vers votre podcast audio. C’est un excellent compromis pour bénéficier de la puissance de la vidéo sans s’engager dans une production complète.
‘De faire un podcast vidéo, ça n’est pas la même chose que de faire un podcast audio classique. En revanche, on peut tout à fait garder un podcast audio et y intégrer de la vidéo. […] c’est d’intégrer la vidéo dans la promotion du podcast.’
Comment mettre un invité à l’aise s’il est stressé ?
La clé est de créer une connexion humaine avant même de commencer l’enregistrement. Prenez 5 à 10 minutes pour discuter de manière informelle, sans aborder le sujet de l’interview. L’objectif est de transformer la situation d’un entretien formel en une conversation détendue. Expliquez clairement le déroulement, rassurez la personne sur le fait qu’il n’y a pas de pression et que le but est d’avoir un échange agréable. Un invité à l’aise sera bien plus généreux et naturel dans ses réponses.
‘La première des choses à faire, c’est de mettre votre invité à l’aise. […] C’est essentiel pour moi de prendre ne serait-ce que 5 à 10 minutes avant l’enregistrement pour discuter avec la personne.’
Quelle est l’erreur la plus courante des nouveaux podcasteurs ?
L’erreur la plus fréquente est l’inconstance, souvent causée par une attente de résultats rapides. Beaucoup de podcasteurs se lancent avec beaucoup d’enthousiasme, publient quelques épisodes, puis abandonnent au bout de quelques mois car l’audience ne décolle pas assez vite. Ils sous-estiment le fait que le podcasting est un marathon. Réussir demande de la régularité et de la persévérance sur le long terme, pendant au moins un an, avant de pouvoir juger de son succès potentiel. Le manque de patience est le principal tueur de podcasts.
‘Se lancer sur le podcast, ça veut dire être d’accord pour travailler sur la longueur régulièrement avec de la qualité pendant au moins 6 mois à 1 an avant de savoir si ça va marcher.’
Comment faire la promotion de mon podcast si je n’ai pas d’audience ?
Quand on part de zéro, il faut être proactif. Utilisez la vidéo courte (Shorts, Reels) en extrayant les passages les plus percutants de vos épisodes pour les diffuser sur les plateformes de découverte comme YouTube, TikTok ou Instagram. Si vous avez des invités, appuyez-vous sur leur audience en leur facilitant le partage. Partagez vos épisodes dans des communautés en ligne pertinentes (groupes Facebook, LinkedIn, forums) en apportant de la valeur, pas seulement en postant un lien. Enfin, encouragez le peu d’auditeurs que vous avez à partager l’épisode et à laisser des avis pour activer le bouche-à-oreille.
‘La découvrabilité n’est pas organisée par les algorithmes. […] les gens vont vous découvrir parce que vous en aurez parlé ou parce que d’autres personnes […] en auront parlé. Donc il faut vraiment aller chercher vos auditeurs.’

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