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[Best Episode] Pourquoi rester solopreneur – Episode 211 – on parle de stratégie marketing

Épisode diffusé le 8 décembre 2025 par Estelle Ballot

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Entreprendre seul ou en équipe : le grand débat qui n’a pas lieu d’être

Dans l’univers de l’entrepreneuriat, on aime bien les récits épiques : la start-up née dans un garage qui lève des millions, l’équipe soudée qui conquiert le monde, les bureaux qui s’agrandissent à vue d’œil. L’imaginaire collectif associe la réussite à la croissance, la croissance à l’équipe, et l’équipe à la légitimité. Et puis, il y a l’autre camp. Celui des solitaires, des indépendants, de ceux que l’on regarde parfois avec un mélange de curiosité et de commisération. Comme je l’entends encore trop souvent : ‘Oui, mais bon, tu vois, j’ai créé une société parce que ça fait plus sérieux. Si tu n’as pas d’équipe, c’est que tu ne vois pas les choses en grand et puis au fond, c’est que ton business, il ne tourne pas. Bref, c’est un peu la loose.’

Cette vision, je la combats. Non pas par principe, mais parce qu’elle ignore une réalité massive et une philosophie de vie profondément réfléchie. En France, nous sommes 4 millions d’indépendants sur 30 millions d’actifs. Plus de 10% de la force de travail du pays. Pas rien, n’est-ce pas ? Pourtant, le poids de la norme est tel que beaucoup de solopreneurs se sentent obligés de justifier leur choix, voire de le cacher. C’est pour cette raison que j’ai décidé de prendre la parole aujourd’hui. Pas pour vous donner une nouvelle stratégie marketing à appliquer, mais pour partager un bout de mon histoire, mes réflexions, et vous expliquer pourquoi, à un stade de maturité de mon entreprise où je pourrais ‘passer à l’étape supérieure’, j’ai fait le choix conscient de rester solopreneur. C’est une plongée dans les coulisses de ma vie d’entrepreneure, une analyse honnête des avantages et des sacrifices, loin des clichés et des idées reçues. Car être solo, ce n’est pas une fatalité, c’est souvent une force et, pour moi, la plus belle expression de la liberté.

Solopreneur : au-delà du cliché, une réalité à deux visages

Avant d’explorer les raisons profondes de mon choix, il est essentiel de définir ce que signifie réellement ‘être solopreneur’. On ne parle pas ici d’un freelance qui travaille avec une équipe de partenaires réguliers, agissant presque comme des employés externalisés. Non, pour moi, la véritable définition du solo, c’est celui qui opère majoritairement seul au quotidien. Comme je le précise, ‘le principe d’être solo, c’est de ne pas travailler en permanence avec des gens […] parce que sinon, ce n’est pas vraiment solo en fait, c’est juste qu’on a une équipe mais qu’on ne les a pas intégrés’. C’est cette solitude opérationnelle qui forge une expérience entrepreneuriale radicalement différente, avec son lot de défis et de récompenses. C’est une voie exigeante, qui ne convient certainement pas à tout le monde, et il faut en être conscient. Regardons la vérité en face : travailler seul, c’est d’abord affronter des obstacles de taille.

Les défis de la solitude : quand le silence pèse lourd

Le premier monstre que l’on rencontre sur le chemin du solopreneuriat, c’est celui de la motivation. Dans un bureau, l’énergie collective nous porte. Les horaires des collègues, le bruit ambiant du travail, la simple présence des autres créent un cadre, une impulsion. Seul chez soi, le silence peut être assourdissant et les distractions, omniprésentes. Personne ne vous jugera si vous passez une heure à errer sur les réseaux sociaux. Il n’y a pas de réunion à 9h pile pour vous forcer à démarrer. C’est à vous, et à vous seul, de créer ce cadre. ‘Il faut avoir cette capacité, cette rigueur à se définir des plages horaires de travail et s’y tenir.’ Cela demande une autodiscipline de fer, une connaissance intime de ses propres cycles de productivité et une volonté constante de se mettre en mouvement sans impulsion externe.

Le deuxième grand manque, c’est celui de l’émulation intellectuelle. J’ai un souvenir très vif de mes années en agence, où les séances de brainstorming avec ma collègue Delphine étaient d’une efficacité redoutable. On se lançait des idées comme dans une partie de ping-pong, chacune rebondissant sur la proposition de l’autre pour construire quelque chose de plus grand. ‘En une heure de temps, on abattait un travail qu’on aurait fait en facilement une demi-journée voire une journée si on avait été seul.’ Cette co-création, cette synergie qui fait que 1+1=3, est quasiment absente quand on est solo. On peut bien sûr échanger avec des pairs, mais cela ne remplacera jamais l’intensité d’une collaboration quotidienne sur un projet commun. On doit apprendre à être son propre partenaire de brainstorming, à challenger ses propres idées, ce qui est un exercice bien plus lent et parfois moins fructueux.

La tyrannie des 24 heures : l’impossible quête de l’omniscience

Enfin, le troisième et peut-être le plus grand désavantage est mathématique et implacable : une journée ne compte que 24 heures. Être solopreneur, c’est accepter d’être un ‘multi-spécialiste’. Vous n’êtes pas seulement un consultant, un formateur ou un créateur. Vous êtes aussi votre propre comptable, votre responsable marketing, votre community manager, votre service client, votre acheteur média et parfois même votre support technique. Toutes ces ‘fonctions support’, indispensables à la survie de l’entreprise, reposent sur vos seules épaules. Le problème est double. D’une part, il faut acquérir un minimum de compétences dans des domaines qui ne sont pas les vôtres et qui, soyons honnêtes, ne vous intéressent pas forcément. D’autre part, le temps que vous consacrez à ces tâches est du temps que vous ne consacrez pas à votre cœur de métier, à ce qui crée réellement de la valeur. On se retrouve vite face à un plafond de verre, non pas par manque de potentiel, mais par simple manque de temps et de bande passante. On ne peut pas tout faire, et certainement pas tout faire parfaitement.

Ces trois défis – la motivation, l’isolement créatif et la limitation du temps – sont réels et peuvent être des raisons valables de ne pas choisir cette voie. Reconnaître leur existence est la première étape pour pouvoir les surmonter. Mais si je vous en parle avec autant de franchise, c’est pour mieux vous montrer pourquoi, malgré tout, les avantages que j’y trouve pèsent infiniment plus lourd dans la balance.

Le statut micro-entrepreneur : l’allié insoupçonné de ma liberté

Si le choix du solopreneuriat est une philosophie, il est rendu possible et surtout agréable en France grâce à un outil d’une puissance redoutable : le statut de micro-entrepreneur. Je suis convaincue que sans lui, mon parcours entrepreneurial aurait été très différent, voire inexistant. Ce statut n’est pas qu’un simple cadre juridique ; c’est un véritable accélérateur qui lève les barrières psychologiques et administratives à l’entrepreneuriat.

La simplicité comme porte d’entrée dans l’entrepreneuriat

La France a la réputation d’être un enfer administratif. Créer une société ‘classique’ (SASU, EURL…) peut être un parcours du combattant pour un néophyte : rédaction de statuts, publication dans un journal d’annonces légales, dépôt au greffe, rendez-vous avec un expert-comptable… C’est un univers opaque et intimidant qui peut décourager les meilleures volontés. La micro-entreprise, c’est l’antithèse de tout cela. ‘Littéralement vous allez sur internet, en trois clics, vous avez créé votre statut.’ La barrière à l’entrée est quasi nulle. Pour moi, ce fut l’élément déclencheur. Je me suis dit que je n’avais rien à perdre, à part une heure de mon temps. Cette simplicité permet de tester une idée, de se lancer sans prendre de risques démesurés. C’est une rampe de lancement fantastique, que l’on souhaite rester solo sur le long terme ou que l’on envisage de faire évoluer sa structure plus tard.

Une fiscalité avantageuse, mais pas pour tout le monde

Le deuxième atout majeur, c’est la fiscalité. Et là, il faut bien comprendre son fonctionnement. La grande différence avec une société classique, c’est que l’on est imposé sur son chiffre d’affaires, et non sur ses bénéfices. Cela peut sembler désavantageux, mais tout dépend de votre structure de coûts. Pour les métiers de service comme le conseil ou la formation, où la matière première est notre cerveau, les charges sont très faibles. Dans mon cas, elles sont probablement inférieures à 500€ par mois. La différence entre mon chiffre d’affaires et mes bénéfices est donc minime. Payer environ 22% de cotisations sociales sur mon chiffre d’affaires est donc une excellente affaire. Mais le véritable ‘hack’ fiscal, c’est une petite case à cocher lors de la création : le versement libératoire de l’impôt sur le revenu. En payant un petit pourcentage supplémentaire (environ 1 à 2%) avec vos cotisations, vous êtes (presque) totalement libéré de l’impôt sur le revenu pour les gains de votre micro-entreprise. ‘Les impôts sur le revenu, à mon niveau, on est autour d’une vingtaine de %. Là je paye peut-être 4-5%.’ L’économie est colossale et parfaitement légale. C’est un dispositif conçu pour encourager les petites structures, et il serait dommage de ne pas en profiter.

L’allègement administratif : plus de temps pour ce qui compte vraiment

Au-delà des impôts, c’est toute la gestion quotidienne qui est simplifiée à l’extrême. Oubliez les bilans comptables de fin d’année, qui nécessitent obligatoirement un expert-comptable. En micro-entreprise, vos obligations se résument à tenir un simple registre des recettes et des dépenses, qui peut être un simple tableau Excel. ‘Très sincèrement, ça fait des années que je suis en micro-entreprise, personne n’est jamais venu me le demander.’ De plus, jusqu’à un certain seuil de chiffre d’affaires, vous bénéficiez de la franchise en base de TVA. Concrètement, vous ne facturez pas la TVA à vos clients. Pour un client particulier, cela signifie que votre prix affiché est 20% moins cher, ou que ces 20% vont dans votre poche plutôt qu’à l’État. Pour un client professionnel, cela simplifie la facturation. On peut arguer qu’on ne peut pas non plus déduire la TVA sur ses achats, mais encore une fois, pour une activité de service avec peu de frais, l’avantage est net. Moins de paperasse, moins de déclarations, c’est plus de temps et d’énergie pour se concentrer sur son activité principale.

La liberté comme boussole : pourquoi je refuse (pour l’instant) de manager

Les avantages pratiques du statut de micro-entrepreneur sont indéniables, mais la raison la plus profonde de mon attachement au solopreneuriat est d’ordre philosophique. Elle tient en un mot : la liberté. Une liberté totale, multiforme, qui est devenue le pilier de mon équilibre professionnel et personnel.

Échapper au poids de la responsabilité managériale

J’ai été manager pendant plus de dix ans, et j’ai aimé ça. Mais c’était aussi épuisant. J’étais ce qu’on appelle une manager ‘maman love’, très protectrice de mes équipes. Cela crée un environnement de travail sécurisant pour eux, mais pour moi, cela représentait une charge mentale et émotionnelle énorme. ‘Ça me bouffe beaucoup beaucoup beaucoup d’énergie.’ Au-delà de l’aspect émotionnel, il y a la responsabilité concrète du salaire des autres. Quand vous embauchez, vous devenez garant de la stabilité financière de quelqu’un, de sa famille. C’est une pression immense, surtout quand l’activité connaît des fluctuations. Je suis heureuse d’avoir vécu cette expérience, mais je suis tout aussi heureuse aujourd’hui de ne plus porter ce poids. Ma seule responsabilité, c’est moi-même.

La maîtrise totale du temps et des contraintes

Cette absence de responsabilité envers une équipe se traduit par une maîtrise absolue de mon emploi du temps et de mes processus. On me demande souvent pourquoi je ne délègue pas le montage de mon podcast. La réponse est simple : la délégation crée des contraintes. ‘Pour qu’une personne soit chargée de mon montage, ça veut dire que je dois nécessairement enregistrer mes épisodes à l’avance.’ Cela m’ôterait la liberté d’enregistrer un épisode à la dernière minute sur un sujet d’actualité, ce qui arrive très souvent. Travailler avec d’autres, même des freelances, implique de créer des process, de fixer des deadlines, de s’adapter aux contraintes des autres. En étant seule, je suis le seul maître à bord. Si je veux travailler à 3h du matin ou prendre mon après-midi, la décision ne dépend que de moi et n’impacte personne.

La flexibilité absolue : mon plus grand luxe

Cette maîtrise du temps est la partie visible de l’iceberg. La vraie liberté, c’est celle d’être totalement agile. Je peux changer de stratégie du jour au lendemain. Si lundi je décide de tout miser sur le podcast et que mardi je réalise que je veux me concentrer sur ma formation, je peux pivoter instantanément. Dans une entreprise structurée, un tel changement aurait des conséquences humaines et organisationnelles majeures. Je peux changer de business model, passer d’un système de lancements à un abonnement, sans avoir à convaincre ou former qui que ce soit. Mais la liberté la plus précieuse, c’est celle de pouvoir changer de rythme. La vie n’est pas un long fleuve tranquille. Il y a des événements heureux et malheureux qui nous obligent à ralentir, ou des phases d’énergie où l’on veut accélérer. ‘Quand on est solo, si vous arrive une tuile ou un événement heureux […], vous changez de braquet du jour au lendemain.’ Savoir que je peux adapter mon activité à ma vie, et non l’inverse, m’apporte une sérénité inestimable.

Conclusion : Solopreneur par choix, pas par défaut : redéfinir sa propre réussite

Alors, faut-il rester solopreneur à tout prix ? Absolument pas. Ce modèle n’est pas fait pour tout le monde. Il a ses limites, notamment en termes de potentiel de croissance. On ne construit pas une licorne en restant seul. Mais la question est : tout le monde a-t-il envie de construire une licorne ? La pression sociale et entrepreneuriale nous pousse constamment vers le ‘plus’ : plus de chiffre d’affaires, plus d’employés, plus de croissance. On en vient à ressentir une sorte de honte à ne pas vouloir ‘passer à l’étape supérieure’. Je la ressens moi-même, cette pression bienveillante de mon entourage qui me dit : ‘Mais attends, tu devrais passer en entreprise structurée, avoir des employés […], tu peux le faire.’

Le point central de ma réflexion est là : ‘pouvoir le faire’ ne signifie pas ‘devoir le faire’. Le choix du solopreneuriat, pour moi, n’est pas un aveu de faiblesse ou un manque d’ambition. C’est l’affirmation d’une ambition différente, une ambition alignée sur mes valeurs profondes de liberté, de simplicité et de sérénité. C’est choisir un quotidien où je suis maître de mon temps, de mes décisions et de mon énergie. C’est accepter un plafond de verre financier en échange d’un plafond de liberté infini. Mon quotidien est plus serein en solo qu’il ne le serait en entreprise, et pour l’instant, c’est tout ce qui compte. Alors si vous êtes solopreneur et que vous ressentez cette pression, souvenez-vous que votre chemin est tout aussi valable. La plus grande des réussites, c’est de construire une entreprise qui sert votre vie, et non une vie au service de votre entreprise.

Vos questions sur le choix du solopreneuriat

Qu’est-ce qui définit un ‘vrai’ solopreneur selon vous ?

Pour moi, un vrai solopreneur est une personne qui gère la grande majorité de son activité seule, au quotidien. Il ne s’agit pas de ne jamais collaborer, mais de ne pas avoir de structure d’équipe permanente, qu’elle soit salariée ou composée de freelances récurrents. La distinction est importante, car c’est cette solitude opérationnelle qui engendre à la fois les plus grands défis et la plus grande liberté. C’est une question de dépendance et de processus. Si votre travail quotidien dépend en permanence de l’intervention d’autres personnes, vous n’êtes plus vraiment solo.

‘Le principe d’être solo, c’est de ne pas travailler en permanence avec des gens […] parce que sinon, bah c’est pas vraiment solo en fait, c’est juste qu’on a une équipe mais que on les a pas intégrés.’

Le statut micro-entrepreneur est-il toujours le plus avantageux ?

Non, absolument pas. C’est un outil fantastique, mais il est conçu pour un certain type d’activité. Il est particulièrement avantageux pour les professions de service avec de très faibles charges (consultants, formateurs, coachs, freelances du numérique…). Comme l’imposition se base sur le chiffre d’affaires et non les bénéfices, une activité qui nécessite beaucoup d’achats de marchandises ou d’investissements matériels (comme le e-commerce ou l’artisanat) pourrait trouver ce statut moins intéressant, même avec les abattements forfaitaires prévus. Il faut toujours faire ses calculs en fonction de sa situation personnelle.

‘Évidemment lorsque l’on a un chiffre d’affaires avec beaucoup de charges, ça peut être compliqué. En revanche, lorsque que l’on a un chiffre d’affaires et que notre chiffre d’affaires égale peu ou prou notre marge, ce qui est le cas souvent quand on est dans le conseil, dans la formation […], il y a relativement peu d’investissement.’

Comment rester motivé quand on travaille toujours seul ?

La motivation est le défi numéro un. Il n’y a pas de recette miracle, mais cela passe par une grande discipline personnelle et la mise en place de rituels. Il faut être capable de se fixer ses propres horaires, ses propres objectifs et de s’y tenir comme si on avait un patron. C’est aussi crucial de bien séparer vie pro et vie perso, même si le bureau est à la maison. L’autodiscipline est la clé : personne ne viendra vous dire de vous mettre au travail. C’est un muscle qui se développe avec le temps, mais certaines personnalités sont naturellement plus armées pour cela que d’autres.

‘Travailler seul, ça veut dire ne pas avoir de personnes autour de nous qui mine de rien nous donnent des horaires. […] Il faut avoir cette capacité, cette rigueur à se définir des plages horaires de travail et s’y tenir.’

Est-il possible de bien gagner sa vie en tant que micro-entrepreneur ?

Oui, tout à fait. Il ne faut pas confondre ‘micro-entreprise’ avec ‘petits revenus’. Le statut a des plafonds de chiffre d’affaires (188 700 € pour la vente de marchandises et 77 700 € pour les prestations de services en 2024), mais ces plafonds permettent déjà de se générer un revenu très confortable, surtout avec de faibles charges. Grâce à une fiscalité et des cotisations sociales allégées, une grande partie du chiffre d’affaires se transforme en revenu net. On peut être très épanoui financièrement sans jamais dépasser ces seuils.

‘On peut tout à fait être super bien, épanouie et gagner très bien sa vie tout en étant micro-entrepreneur.’

Ne pas avoir d’équipe, n’est-ce pas un frein majeur à la croissance ?

Si, c’est le principal frein. Il faut être lucide là-dessus. Seul, on est limité par son temps et ses compétences. On ne peut pas tout faire. Le solopreneuriat atteint nécessairement un plafond en termes de chiffre d’affaires et de développement. Le choix de rester solo est donc un arbitrage conscient entre le potentiel de croissance et d’autres valeurs comme la liberté ou la simplicité. Si l’objectif absolu est d’exploser les compteurs et de construire une très grande entreprise, le solopreneuriat n’est qu’une étape, pas une fin en soi.

‘Ça va pas vous permettre d’exploser. Ça, c’est limite le solopreneuriat […]. On va à un moment donné se retrouver bloqué en terme de compétence, en terme de chiffre d’affaires et en terme de revenus.’

Comment gérer la pression sociale qui pousse à embaucher et à grandir ?

C’est un travail sur soi. Il faut d’abord reconnaître que cette pression existe et qu’elle est souvent bienveillante. Ensuite, il est crucial de définir sa propre vision de la réussite. Est-ce un chiffre sur un compte en banque ? Le nombre d’employés ? Ou est-ce la qualité de son quotidien, sa sérénité, son temps libre ? En étant clair sur ses propres valeurs et objectifs, on devient moins perméable à la pression extérieure. J’ai choisi la sérénité et je l’assume, même si on me dit que je pourrais faire ‘plus’.

‘Je la ressens en ce moment cette pression de plein de gens autour de moi qui me disent ‘Mais attends, tu devrais passer en entreprise structurée’. […] Et en fait, je n’en ai pas du tout envie.’

La gestion administrative est-elle vraiment si simple en micro-entreprise ?

Oui, comparée à une société classique, la différence est abyssale. Les obligations se limitent à déclarer son chiffre d’affaires (mensuellement ou trimestriellement), tenir un livre de recettes et, si on fait de l’achat-revente, un registre des achats. Il n’y a pas de bilan à déposer, pas d’assemblée générale, pas de statut à mettre à jour. La gestion de la TVA est également simplifiée en dessous de certains seuils. C’est un système conçu pour que l’entrepreneur puisse se concentrer sur son métier plutôt que sur la paperasse.

‘Avec une micro-entreprise, l’administratif est réduit à son minimum. Vous avez des factures à faire, vous devez tenir un tableau Excel, ça peut littéralement être juste ça.’

Pourquoi refuser de déléguer des tâches comme le montage du podcast ?

Le refus de déléguer n’est pas une question de compétence ou de coût, mais une question de préservation de la liberté. Chaque délégation, même à un freelance, crée une interdépendance. Cela impose un calendrier, des délais de livraison, des validations. Pour le montage de mon podcast, cela signifierait devoir enregistrer mes épisodes bien à l’avance, ce qui m’enlèverait la spontanéité et la flexibilité que j’apprécie tant. C’est un choix de garder le contrôle total sur mes processus pour ne pas introduire de contraintes externes dans mon organisation.

‘Ça m’enlève cette liberté de pouvoir enregistrer au dernier moment parce que j’ai décidé d’enregistrer au dernier moment, ce qui soit dit en passant, arrive les 3/4 du temps.’


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