Oser se tromper : pourquoi votre peur de l’échec est la clé de votre succès
Je dois vous faire une confidence : j’ai le syndrome de la bonne élève. Depuis toute petite, j’ai été conditionnée pour la réussite. Comme le disait ma mère, j’étais une ‘enfant modèle’. Des notes excellentes, des études sans accroc, un stage de fin d’études décroché dans ce cabinet réputé inaccessible… Ma trajectoire semblait tracée, lisse, parfaite. Une carrière qui décolle vite, des attentes comblées, des validations extérieures qui pleuvent. Mais cette médaille a un revers, une face sombre et paralysante. Être une ‘bonne élève’ a un désavantage colossal : on n’apprend jamais à se planter. On ne développe pas le muscle de la résilience face à l’échec. Et c’est là que le piège se referme.
Cette aversion pour l’erreur, au début, ressemble à une qualité. C’est du perfectionnisme, de l’exigence, n’est-ce pas ? Mais rapidement, elle se mue en une peur viscérale. Une peur qui chuchote à l’oreille : ‘Ne prends pas ce risque’, ‘Et si tu n’étais pas à la hauteur ?’, ‘Reste où tu es, c’est plus sûr’. Cette petite voix, si on l’écoute trop, devient une prophétie auto-réalisatrice. Car si j’ai peur de l’échec, j’ai peur d’avancer. Et si j’ai peur d’avancer, alors je stagne. Je n’apprends plus, je ne bouge plus, j’attends que ça se passe. C’est la mort lente de l’ambition, de la créativité, de la croissance. Ce n’est pas une option viable.
Alors que cette période de l’année est souvent dédiée aux bilans élogieux et aux résolutions pleines d’optimisme, j’ai décidé de prendre le contre-pied. Parlons de ce sujet tabou, inconfortable mais essentiel : l’échec. Plongeons ensemble au cœur de cette peur qui nous tenaille. Explorons pourquoi c’est un sujet capital à traiter, quel est son impact réel et mesurable sur nos résultats, et surtout, comment développer des stratégies concrètes pour la dépasser. Et parce que la théorie ne suffit pas, nous verrons aussi comment faire, concrètement, quand on se plante. Quand l’échec n’est plus une hypothèse, mais une réalité. Si vous êtes prêt à regarder cette peur droit dans les yeux pour la transformer en force, alors je vous embarque avec moi. Promis, ça va être plus libérateur que douloureux.
Décortiquer la peur de l’échec : ce qui se cache vraiment derrière notre angoisse
Avant de chercher des solutions, il est fondamental de comprendre la nature de notre ennemi. Qu’est-ce que cette fameuse ‘peur de l’échec’ ? Est-ce vraiment l’acte de rater qui nous effraie ? Mon invité Edgar Grospiron, champion olympique, m’a un jour recadrée avec une sagesse désarmante. Alors que je lui avouais ma peur de l’échec, il m’a dit :
Non mais Estelle, tu es mignonne, personne n’aime l’échec. Évidemment que personne n’aime échouer. C’est logique. La vraie question, c’est cette histoire de peur. Est-ce que l’échec nous paralyse ou est-ce qu’il nous fait avancer ?
Cette distinction est cruciale. Le problème n’est pas de ne pas aimer perdre, c’est de laisser la peur de perdre nous empêcher de jouer. Cette peur n’est en réalité qu’un écran de fumée derrière lequel se cachent des angoisses plus profondes et plus personnelles.
Les quatre cavaliers de l’apocalypse de l’échec
Quand on creuse un peu, on s’aperçoit que la peur de l’échec est un terme générique pour un cocktail de craintes bien précises. J’en ai identifié quatre principales, qui reviennent constamment. La première, et peut-être la plus puissante à l’ère des réseaux sociaux, c’est la peur du jugement des autres. Que vont-ils dire ? Vais-je passer pour incompétent, pour un imposteur ? Cette peur est liée à notre besoin tribal d’appartenance au groupe. Être jugé négativement, c’est risquer l’exclusion, même symbolique. La deuxième est la peur de la comparaison. On se dit : ‘Oh là là mais regarde, machin fait telle chose et moi et ben je me suis plantée.’ On ne se compare plus à notre propre progression, mais à la vitrine parfaitement orchestrée des réussites des autres, oubliant leurs propres luttes et échecs invisibles.
La troisième est une blessure plus intime : la peur de perdre confiance en soi, de voir son estime personnelle s’effriter. Chaque échec est alors perçu comme une preuve de notre propre nullité, une confirmation de ce fameux syndrome de l’imposteur. On ne se dit pas ‘j’ai raté cette tâche’, mais ‘je suis un raté’. Enfin, la quatrième peur est celle d’égratigner son ego. Nous avons tous une image de nous-mêmes, une persona que nous présentons au monde. L’échec vient fissurer cette image, nous forçant à une humilité parfois douloureuse. C’est rarement l’échec en lui-même qui nous fait peur, mais bien l’une ou plusieurs de ses conséquences. Identifier laquelle résonne le plus en nous est le premier pas pour la désamorcer.
L’impact invisible : comment la peur de l’échec sabote concrètement votre réussite
On pourrait penser que cette peur est une simple angoisse personnelle, un dialogue intérieur sans conséquence sur le monde réel. C’est une erreur profonde. La peur de l’échec a un impact direct, mesurable et dévastateur sur la performance, que ce soit au niveau individuel ou collectif. Ce n’est pas une simple intuition, c’est un fait démontré par l’une des études les plus ambitieuses menées sur le sujet par un géant de la tech.
Le Projet Aristote de Google : la sécurité psychologique comme pilier de la performance
En 2012, Google a lancé une étude massive baptisée ‘Projet Aristote’. L’objectif ? Percer le secret des équipes les plus performantes. Pendant des années, ils ont analysé plus de 180 équipes en interne, croisant des centaines de paramètres : la composition de l’équipe, les compétences individuelles, l’environnement de travail, etc. Le résultat a surpris tout le monde. Le facteur numéro un qui différenciait les équipes ultra-performantes des autres n’était ni le talent individuel, ni la structure hiérarchique, mais un concept appelé la sécurité psychologique.
Qu’est-ce que c’est exactement ? La sécurité psychologique est la conviction partagée par les membres d’une équipe qu’ils peuvent prendre des risques interpersonnels sans crainte de conséquences négatives. C’est le fait de savoir qu’on peut s’exprimer, proposer une idée folle, admettre une erreur ou poser une question ‘bête’ sans être critiqué, humilié ou mis à l’écart du groupe. En d’autres termes, c’est un environnement où la peur de l’échec est collectivement neutralisée. L’étude a prouvé que cette sécurité est le terreau de la confiance, de la créativité et, in fine, de la performance. Les équipes où les membres se sentent en sécurité sont celles qui innovent le plus, qui apprennent le plus vite de leurs erreurs et qui atteignent les meilleurs résultats. La conclusion est sans appel : la peur de l’échec n’est pas qu’un sentiment, c’est un frein quantifiable à la réussite.
De l’hésitation à la stagnation : le coût réel de l’inaction
À l’échelle individuelle ou pour un solopreneur, l’absence de sécurité psychologique (que l’on doit alors créer pour soi-même) a les mêmes effets dévastateurs. Cette peur se manifeste par la procrastination, le perfectionnisme à outrance (qui est une forme de peur de ne pas être assez bon), le refus de déléguer, ou encore l’incapacité à lancer un projet avant qu’il ne soit ‘parfait’ – ce qui n’arrive jamais. Le coût de cette inaction est immense. Ce sont des opportunités manquées, des projets qui ne voient jamais le jour, des compétences qui ne sont jamais développées. Chaque fois que la peur de l’échec vous fait renoncer à une action, vous ne faites pas que stagner : vous reculez, car le monde, lui, continue d’avancer. Le véritable échec n’est pas de se tromper, mais de ne jamais essayer par peur de se tromper.
7 stratégies concrètes pour transformer la peur en tremplin
D’accord, la peur de l’échec est un vrai problème avec des conséquences réelles. Mais la grande question demeure : comment fait-on pour la surmonter ? Comment passer de la paralysie à l’action ? Il n’y a pas de baguette magique, mais une série de changements de perspective et d’exercices mentaux qui, pratiqués régulièrement, peuvent radicalement changer la donne. Voici sept stratégies que j’ai personnellement testées et qui ont prouvé leur efficacité.
1. Puisez dans vos victoires passées sur la peur
Votre cerveau a une excellente mémoire pour les menaces, mais il a tendance à oublier vos triomphes sur l’adversité. La première étape est de le rééduquer. Jenny Chamas, une experte de la vente, m’a donné ce conseil qui a tout changé pour moi : se souvenir activement des moments de peur qu’on a déjà dépassés. Pensez-y. Le permis de conduire, le bac, ce premier rendez-vous galant, cette présentation importante… Nous avons tous vécu des moments où nous étions pétrifiés, convaincus que nous allions à la catastrophe.
Un truc où on s’est dit ‘C’est sûr là, je cours à la catastrophe, je vais me planter.’ Et puis finalement, on y a été. On a dépassé sa peur hein puisqu’on y a été. On y a été. Et ça s’est très bien passé.
En vous remémorant ces expériences, vous envoyez un message puissant à votre cerveau : ‘La peur n’est pas un indicateur de résultat. J’ai déjà eu peur et j’ai réussi.’ C’est un exercice de reconditionnement mental qui affaiblit l’association automatique entre peur et échec.
2. Comprenez la mécanique de votre cerveau reptilien
La peur n’est pas une faiblesse, c’est un mécanisme de survie. Notre cerveau est câblé depuis la préhistoire pour nous protéger du danger. Pour l’homme des cavernes, sortir du sentier connu, c’était risquer de se faire dévorer. Le cerveau a donc développé une préférence massive pour la routine et le connu. Tout ce qui est nouveau est perçu comme un risque mortel. Aujourd’hui, les mammouths ont disparu, mais le mécanisme est resté. Quand vous voulez lancer un nouveau projet, votre cerveau crie : ‘Attention, danger ! Reste dans la routine, c’est plus sûr !’. Il faut comprendre que cette peur est souvent un faux signal. C’est simplement l’indicateur que vous êtes en train de sortir de votre zone de confort. Vous pouvez alors prendre du recul et vous dire : ‘Ok, mon cerveau fait son travail de protection, mais le danger n’est pas réel.’ Mieux encore, vous pouvez retourner le signal :
Attention hein, si on n’a pas peur, c’est qu’on n’innove pas. Et si on a peur, c’est peut-être aussi qu’on est juste en train de sortir de sa zone de confort.
3. Adoptez le mindset de l’apprentissage permanent
Changez radicalement votre définition de l’échec. Et si ce n’était pas un point final, mais une source de données ? C’est le cœur du mindset entrepreneurial. Chaque action, qu’elle réussisse ou échoue, est une occasion d’apprendre. Une campagne publicitaire qui ne fonctionne pas vous apprend ce qui ne résonne pas avec votre audience. Un produit qui ne se vend pas vous donne des informations cruciales sur les besoins du marché. Sans ces ‘échecs’, vous naviguez à l’aveugle. Envisager chaque initiative comme une expérience scientifique désamorce la peur. Le but n’est plus de ‘réussir’ à tout prix, mais d »apprendre’ quoi qu’il arrive. Dans cette optique, le seul véritable échec est de ne rien apprendre de ses erreurs.
4. Redéfinissez la réussite comme un voyage, pas une destination
Nous sommes obsédés par l’image finale : le podium, le chiffre d’affaires atteint, le projet achevé. Mais la réussite n’est pas cet instant T. C’est l’ensemble du chemin parcouru pour y arriver. Et ce chemin est parsemé d’essais, d’erreurs, de détours et d’ajustements. Les échecs ne sont pas des obstacles sur le chemin de la réussite ; ils FONT partie du chemin. Chaque erreur est une pierre qui pave la route vers le succès, en vous indiquant où ne pas mettre les pieds la prochaine fois. En adoptant cette vision, la pression de l’arrivée s’estompe au profit de la joie de progresser, même à travers les difficultés.
5. Dissociez l’action de l’identité : vous avez échoué, vous n’êtes pas un échec
C’est sans doute le changement de perspective le plus difficile mais le plus libérateur. Surtout pour les ‘bonnes élèves’ comme moi, nous avons une tendance toxique à fusionner nos actions et notre identité. Si je rate un projet, la conclusion immédiate est : ‘Je suis nulle’. C’est une distorsion cognitive dangereuse. Il faut apprendre à créer une séparation nette entre ce que vous faites et qui vous êtes.
C’est une vraie différence entre avoir raté et être un raté ou une ratée. […] Si on a raté, c’est qu’on a raté. Point. Ça ne dit absolument rien de la personne que l’on est.
Vos actions sont des événements externes et temporaires. Votre valeur en tant que personne est intrinsèque et stable. Rater ne diminue en rien votre valeur. C’est un exercice de dissociation consciente à pratiquer jusqu’à ce qu’il devienne un réflexe.
6. Pratiquez le scénario du pire pour rationaliser la peur
La peur adore le flou. Elle est d’autant plus grande que le danger est vague et mal défini (‘ça va être une catastrophe !’). Pour la combattre, il faut l’éclairer avec la lumière de la raison. Prenez un moment pour faire cet exercice concret : quelle est la pire chose qui puisse arriver si je me plante ? Vraiment, le scénario atomique. Écrivez-le. Puis, demandez-vous : est-ce que ma vie s’arrête ? La réponse est quasiment toujours non. Vous réaliserez que même dans le pire des cas, il y a des solutions, des plans B, des façons de rebondir. Cet exercice ne minimise pas le risque, il le met à sa juste place. Il transforme une angoisse paralysante en un problème gérable, ce qui est radicalement différent.
7. Intégrez la vision d’Arnold Schwarzenegger : l’échec est une condition de la réussite
Dans un podcast de Tim Ferriss, Arnold Schwarzenegger partage une vision du monde qui renverse complètement la table. Il explique qu’opposer l’échec et la réussite est une absurdité. En bodybuilding, pour qu’il y ait un gagnant sur le podium, il faut nécessairement qu’il y ait des perdants. L’existence même de la compétition, et donc de la réussite, implique l’existence de l’échec. Les deux sont les deux faces d’une même pièce.
Si on n’accepte pas l’échec, on ne peut pas réussir. […] Il ne peut pas y avoir de réussite sans échec. Pour que quelqu’un réussisse, il faut que quelqu’un échoue. Donc tout simplement, si l’on ne croit pas à l’échec, on ne croit pas à la réussite.
Voir les choses ainsi change tout. L’échec n’est plus un accident de parcours, un drame à éviter à tout prix. Il fait simplement partie des règles du jeu. Ne pas avoir peur de l’échec, c’est simplement accepter de jouer le jeu de la vie et de l’ambition.
Le plan de rebond : 5 étapes pour se relever après une chute
Malgré toutes ces stratégies, il arrivera un moment où vous vous planterez. C’est inévitable et même souhaitable, si l’on a bien compris ce qui précède. La question n’est donc pas d’éviter la chute, mais de savoir comment se relever. Rester écrasé au sol comme une crêpe n’est pas une option. Voici un processus en cinq étapes pour transformer un échec douloureux en un tremplin pour l’avenir.
Étape 1 : Accepter l’échec
C’est l’étape la plus difficile, car elle heurte notre ego de plein fouet. Mais elle est non négociable. Tant que vous êtes dans le déni, la colère ou la justification, vous ne pouvez pas avancer. Accepter ne veut pas dire se complaire, mais simplement reconnaître la réalité : ‘Ok, ça n’a pas marché comme prévu. Je me suis planté.’ C’est un acte de courage qui stoppe la lutte interne et libère de l’énergie pour la suite.
Étape 2 : Analyser les raisons
Une fois l’émotion initiale passée, il faut enfiler sa casquette d’analyste. L’idée n’est pas de s’autoflageller, mais de comprendre objectivement : qu’est-ce qui n’a pas fonctionné ? Quelles étaient mes hypothèses de départ ? Qu’est-ce qui était sous mon contrôle et qu’est-ce qui ne l’était pas ? Cette phase de réflexion est essentielle pour extraire la leçon cachée dans l’échec.
Étape 3 : Assumer sa part de responsabilité
Il est tentant de rejeter la faute sur les autres ou sur les circonstances extérieures. C’est un réflexe de protection de l’ego. Mais c’est aussi un piège qui nous place en position de victime impuissante. Pour reprendre le contrôle, il faut assumer sa part. Attention, il ne s’agit pas de tout prendre sur soi, mais d’identifier honnêtement sa contribution à l’échec. C’est en assumant sa responsabilité qu’on récupère son pouvoir d’agir.
Étape 4 : Se tourner vers les solutions
L’esprit humain peut se concentrer soit sur le problème, soit sur la solution. Après avoir analysé l’échec, il est temps de pivoter. La question n’est plus ‘Pourquoi ai-je échoué ?’ mais ‘Comment puis-je faire différemment la prochaine fois ?’ ou ‘Quelle opportunité cet échec vient-il de créer ?’. C’est ce que j’ai observé en Australie : une culture éminemment tournée vers la solution. Ce changement de focus est un puissant moteur pour repartir de l’avant.
Étape 5 : Se fixer de nouveaux objectifs
Enfin, pour ne pas rester dans le vague, il faut concrétiser cette nouvelle énergie en se fixant de nouveaux objectifs clairs et mesurables. Cela permet de donner une direction à votre rebond. D’ailleurs, la notion même de succès ou d’échec n’a de sens que si des objectifs ont été fixés au préalable. Sans objectif, on ne peut ni réussir, ni échouer. C’est le point de départ et le point d’arrivée de toute ambition.
Conclusion : Osez jouer, osez apprendre
Nous avons parcouru un long chemin, du cœur de la peur à la stratégie du rebond. Si vous ne deviez retenir qu’une seule chose, ce serait celle-ci : la peur de l’échec n’est pas votre ennemie. C’est une boussole. Elle vous indique précisément où se trouve la limite de votre zone de confort, et donc, où se trouve votre prochaine zone de croissance. L’objectif n’est pas de ne plus jamais avoir peur – ce serait le signe que vous ne tentez plus rien de nouveau. L’objectif est d’apprendre à danser avec cette peur, à l’utiliser comme un carburant plutôt que comme un frein.
Ne laissez plus le fantôme de l’échec dicter vos choix et limiter vos ambitions. Chaque erreur est une leçon, chaque revers une opportunité de pivoter. La véritable défaite, la seule qui compte vraiment, est celle de ne pas essayer. Alors je vous lance un défi : aujourd’hui, quelle est la plus petite action que vous pourriez entreprendre, même si elle vous fait un peu peur ? Lancez-vous. Car c’est en osant vous planter que vous vous donnerez les meilleures chances de réussir.
Foire aux questions sur la peur de l’échec
1. Comment le ‘syndrome de la bonne élève’ alimente-t-il la peur de l’échec ?
Le ‘syndrome de la bonne élève’ crée une identité basée sur la réussite et la validation externe. Une personne conditionnée ainsi n’a pas appris à gérer l’échec, qui est perçu non pas comme un événement, mais comme une remise en cause de sa valeur personnelle. L’échec menace directement l’image de perfection qu’elle a construite. Cette dynamique engendre une peur paralysante, car chaque nouvelle tâche devient un test potentiellement destructeur pour son estime de soi. L’enjeu n’est plus d’apprendre ou de progresser, mais de ne surtout pas faillir pour préserver cette identité fragile.
‘Mais ça a un gros désavantage d’être la bonne élève, c’est qu’on n’a pas l’habitude de se planter. Du coup, et ben j’aime pas l’échec. Pire, je peux vite avoir peur de l’échec et ça c’est un problème parce que si j’ai peur de l’échec, et ben j’ai peur d’avancer.’
2. Concrètement, qu’est-ce que la ‘sécurité psychologique’ mentionnée dans l’étude de Google ?
La sécurité psychologique, mise en lumière par le ‘Projet Aristote’ de Google, est la conviction partagée au sein d’un groupe que l’on ne sera pas puni ou humilié pour avoir exprimé ses idées, posé des questions, soulevé des préoccupations ou admis ses erreurs. C’est un climat de confiance interpersonnelle et de respect mutuel où la vulnérabilité est permise. Cela encourage la prise de risque, l’innovation et l’apprentissage collectif, car les membres de l’équipe n’ont pas peur des conséquences négatives de l’échec potentiel sur leur statut ou leur image au sein du groupe.
‘C’est le fait de savoir qu’on peut s’exprimer sans crainte, sans avoir peur d’être critiqué, sans avoir peur du regard du groupe, sans être mis à l’écart du groupe. […] C’est un élément extrêmement important qui va venir casser finalement cette peur de l’échec.’
3. Est-il vraiment possible de ne plus avoir peur de l’échec ?
L’objectif n’est pas de supprimer totalement la peur, qui est une émotion humaine naturelle et un mécanisme de protection. Le but est de changer notre relation avec elle. Il s’agit de ne plus la laisser nous paralyser mais de l’utiliser comme un signal. Une absence totale de peur signifierait probablement que nous restons dans notre zone de confort et que nous n’innovons plus. La véritable victoire consiste à ressentir la peur mais à agir quand même, en comprenant qu’elle indique souvent que nous sommes sur le point de grandir.
‘La peur n’est pas mauvaise. C’est juste que vous êtes en train de faire nouveau, de changer, d’innover. Donc attention hein, si on n’a pas peur, c’est qu’on n’innove pas.’
4. Quelle est la première chose à faire quand on se sent paralysé par la peur avant un projet ?
La première chose à faire est de rationaliser la peur en réalisant l’exercice du ‘scénario du pire’. Au lieu de laisser l’angoisse rester une menace vague et gigantesque, posez-vous concrètement la question : ‘Quelle est la pire chose qui puisse réellement arriver si ce projet échoue ?’. En détaillant ce scénario, on s’aperçoit souvent que les conséquences sont bien moins dramatiques que ce que notre imagination laissait entendre et qu’il existe des solutions pour y faire face. Cet exercice permet de transformer une peur paralysante en une évaluation de risque gérable, ce qui libère la capacité d’action.
‘De s’arrêter réellement et de se poser la question. ‘Vraiment, si c’est la catastrophe atomique, c’est quoi ? Qu’est-ce qui se passe ?’ Et de voir si votre vie s’arrête. Mais en général, votre vie, elle s’arrête pas.’
5. Comment faire la différence entre une peur légitime (un vrai danger) et une peur irrationnelle ?
Il faut analyser la nature du risque. Une peur légitime est liée à un danger réel et tangible qui menace votre sécurité physique, financière (de manière vitale) ou juridique. Par exemple, la peur de lancer un produit non conforme aux normes est légitime. Une peur irrationnelle, dans le contexte professionnel, est souvent liée à des menaces pour l’ego : peur du jugement, de la critique, de ne pas être parfait. La clé est de se demander si le ‘danger’ est une menace pour votre survie ou une menace pour votre image. Notre cerveau préhistorique a du mal à faire la différence, c’est donc à notre conscience de prendre le relais.
‘C’était un bon signal à la préhistoire. ‘Fais gaffe, si tu sors du sentier, il y a peut-être un mammouth qui va venir te marcher dessus.’ Enfin, les mammouths maintenant, il n’y en a plus des masses. Donc peut-être qu’on peut […] vérifier qu’il y a bien un réel danger.’
6. Comment rebondir quand un échec a eu un impact financier ou professionnel réel ?
Lorsque l’échec a des conséquences tangibles, le processus de rebond commence par l’acceptation de la situation sans se laisser submerger par la panique. Ensuite, il est crucial d’analyser ce qui s’est passé de manière factuelle pour en tirer des leçons concrètes. La troisième étape consiste à assumer sa part de responsabilité, non pour se blâmer, mais pour reprendre le contrôle de la situation. Puis, il faut immédiatement pivoter vers la recherche de solutions : comment puis-je limiter les dégâts ? Quelles sont mes options maintenant ? Enfin, se fixer de nouveaux objectifs, même petits, permet de recréer une dynamique positive et de se remettre en mouvement.
‘Travailler sur les solutions, travailler sur ces opportunités, sur les nouvelles façons de faire. Comment est-ce que je peux faire différent ? Comment est-ce que je peux changer la donne pour que la prochaine fois et ben ce ne soit pas un échec mais une réussite.’
7. Pourquoi est-il si difficile de séparer l’échec d’une action de notre valeur personnelle ?
Cette difficulté vient souvent d’une confusion entre ‘faire’ et ‘être’. Nous vivons dans une société qui valorise la performance, et nous avons tendance à internaliser cette idée en liant notre valeur intrinsèque à nos réussites et à nos échecs. Si nous réussissons, nous ‘sommes’ des gagnants ; si nous échouons, nous ‘sommes’ des ratés. C’est un raccourci mental toxique. Pour s’en défaire, il faut consciemment pratiquer la dissociation : une action est un événement externe et ponctuel, tandis que notre valeur en tant qu’individu est inconditionnelle et permanente. C’est un muscle mental qui demande de l’entraînement.
‘C’est une vraie différence entre avoir raté et être un raté ou une ratée. […] Très souvent, on a tendance à se dire ‘Si j’ai loupé, c’est que je suis je suis naze.’ Mais non, ça n’a rien à voir. Si on a raté, c’est qu’on a raté. Point. Ça ne dit absolument rien de la personne que l’on est.’
8. En quoi le fait de se fixer des objectifs clairs aide-t-il à gérer la peur de l’échec ?
Fixer des objectifs clairs et mesurables est fondamental car cela définit les règles du jeu. Sans objectif, n’importe quel résultat peut être interprété comme un échec. Un objectif précis permet de savoir exactement ce que l’on vise et, par conséquent, de mesurer objectivement si on l’a atteint ou non. Cela transforme une angoisse diffuse (‘Et si ça ne marche pas ?’) en une question concrète (‘Comment atteindre cet indicateur ?’). De plus, cela permet de juger un résultat non pas comme un ‘échec’ total, mais comme un apprentissage : ‘Je n’ai pas atteint 100% de l’objectif, mais 60%. Qu’est-ce qui a fonctionné pour ces 60% et que dois-je changer pour les 40% restants ?’
‘Vous n’allez pas pouvoir définir si ce que vous faites est un succès ou un échec si vous n’aviez pas fixé d’objectifs. Donc il faut commencer par se fixer des objectifs avant de démarrer, ne serait-ce que pour savoir et ben si on a réussi ou si on a échoué.’

![[Best Episode] Oser l'Échec : les clés inattendues du succès - Episode 210 2 Logo de l'épisode [Best Episode] Oser l'Échec : les clés inattendues du succès - Episode 210 du podcast Le Podcast du Marketing - stratégie digitale, persona, emailing, inbound marketing, webinaire, lead magnet, branding, landing page, copy](https://podcast-marketing.fr/wp-content/uploads/2026/01/le-podcast-du-marketing-strategie-digitale-marketing-digital-cmo-persona-emailin-best-episode-oser-l-echec-les-cles-inattendues-du-succes-episode-210-1.jpeg)
![[Best Episode]Etendre son influence avec la stratégie des Dream 100 de Caroline Mignaux - Episode 237 - on parle de médias et de partenariat 4 Logo de l'épisode [Best Episode]Etendre son influence avec la stratégie des Dream 100 de Caroline Mignaux - Episode 237 - on parle de médias et de partenariat du podcast Le Podcast du Marketing - stratégie digitale, persona, emailing, inbound marketing, webinaire, lead magnet, branding, landing page, copy](https://podcast-marketing.fr/wp-content/uploads/2026/01/le-podcast-du-marketing-strategie-digitale-marketing-digital-cmo-persona-emailin-best-episode-etendre-son-influence-avec-la-strategie-des-dream-100-de-caroline-mignaux-episode-1-1-1024x1024.jpeg)
![[Best Episode]Etendre son influence avec la stratégie des Dream 100 de Caroline Mignaux - Episode 237 - on parle de médias et de partenariat 6 Logo de l'épisode [Best Episode]Etendre son influence avec la stratégie des Dream 100 de Caroline Mignaux - Episode 237 - on parle de médias et de partenariat du podcast Le Podcast du Marketing - stratégie digitale, persona, emailing, inbound marketing, webinaire, lead magnet, branding, landing page, copy](https://podcast-marketing.fr/wp-content/uploads/2026/01/le-podcast-du-marketing-strategie-digitale-marketing-digital-cmo-persona-emailin-best-episode-etendre-son-influence-avec-la-strategie-des-dream-100-de-caroline-mignaux-episode--1024x1024.jpeg)
