Oser l’échec : pourquoi votre plus grande peur est la clé de votre réussite
Je dois vous faire une confidence : j’ai le syndrome de la bonne élève. Depuis toute petite, j’ai été conditionnée pour réussir. Des bonnes notes, un parcours sans faute, une carrière qui décolle rapidement… une trajectoire en apparence parfaite. Mais cette médaille a un revers particulièrement lourd. Comme le disait ma mère, j’étais une ‘enfant modèle’, et les modèles ne sont pas censés avoir de failles. Le plus gros désavantage d’être la ‘bonne élève’, c’est qu’on n’apprend jamais à se planter. On ne développe pas le muscle de la résilience face à l’échec. Et c’est un problème majeur, car la peur de l’échec devient alors une ombre paralysante. Je le sais intimement : ‘si j’ai peur de l’échec, et ben j’ai peur d’avancer. Et si j’ai peur d’avancer, et ben je n’apprends plus, je ne bouge plus et j’attends que ça se passe.’ Bref, une recette parfaite pour la stagnation.
Nous vivons dans une culture qui glorifie le succès instantané, les ‘success stories’ impeccables partagées sur les réseaux sociaux, où chaque projet semble être une victoire éclatante. Cette façade cache une vérité pourtant universelle : le chemin vers toute réussite significative est pavé d’erreurs, de faux départs, de pivots et d’échecs purs et simples. La peur de l’échec n’est donc pas une faiblesse personnelle, mais une réaction profondément humaine, amplifiée par notre environnement. Mais que se passe-t-il lorsque cette peur cesse d’être un simple garde-fou pour devenir une cage ? Elle nous empêche de lancer ce projet qui nous tient à cœur, de postuler à ce poste ambitieux, de prendre la parole en réunion, ou simplement d’innover dans notre travail quotidien.
Dans cet article, nous allons plonger au cœur de ce sujet tabou. Nous n’allons pas nous contenter de dire qu’il ‘faut’ accepter l’échec. Nous allons décortiquer ensemble les mécanismes de cette peur, comprendre son impact réel et mesurable sur nos résultats, et surtout, je vais vous partager des stratégies concrètes et des changements de perspective puissants pour la démanteler. Nous verrons comment transformer cette force paralysante en un carburant pour l’action et l’apprentissage. Et pour les moments où, inévitablement, nous nous plantons, nous établirons un plan de match pour rebondir plus fort. Si vous êtes prêt à faire de l’échec non plus une fin en soi, mais un tremplin, alors vous êtes au bon endroit.
Décrypter la peur de l’échec : au-delà du simple ‘je n’aime pas perdre’
Un jour, lors d’une conversation avec l’un de mes invités de podcast préférés, Edgar Grospiron, je lui ai avoué ma peur de l’échec. Sa réponse m’a arrêtée net. Il m’a dit : ‘Non, mais Estelle, tu es mignonne, personne n’aime l’échec. Évidemment que personne n’aime échouer. C’est logique.’ Cette phrase simple a été une révélation. Le problème n’est pas de ne pas aimer l’échec ; c’est un sentiment universel. Le véritable enjeu, la question qui change tout, est la suivante : est-ce que cette aversion nous paralyse ou nous pousse à nous dépasser ? La peur de l’échec, ce n’est donc pas simplement la déception d’un résultat non atteint. C’est un mille-feuille complexe d’angoisses plus profondes qui se cachent derrière. Pour la combattre, il faut d’abord la comprendre, la nommer. C’est rarement l’échec en lui-même qui nous terrifie, mais plutôt la cascade de conséquences que nous imaginons.
La peur du regard des autres
La première couche, et peut-être la plus puissante, est la peur de ce que les autres vont penser. Nous sommes des êtres sociaux, et notre place dans le groupe a longtemps été une condition de notre survie. Aujourd’hui, cette survie est sociale et professionnelle. Que vont dire mes collègues si je rate le lancement de ce produit ? Comment serai-je perçu par mes pairs si mon entreprise ne décolle pas ? Cette peur du jugement nous pousse à rester dans les clous, à ne proposer que des idées consensuelles, à éviter toute initiative qui pourrait nous exposer à la critique. C’est une forme d’autocensure qui tue la créativité dans l’œuf. On préfère ne rien tenter d’audacieux plutôt que de risquer le ‘qu’en-dira-t-on’, oubliant que ceux qui réussissent sont presque toujours ceux qui, à un moment, ont osé déplaire ou se tromper publiquement.
La peur de la comparaison sociale
Étroitement liée à la peur du jugement, la peur de la comparaison est le poison de notre époque numérique. Sur LinkedIn, Instagram ou même dans les discussions entre entrepreneurs, nous sommes constamment exposés à une version soigneusement éditée de la réussite des autres. On ne voit que les levées de fonds, les lancements réussis, les promotions obtenues. Personne ne poste sur ses doutes, ses nuits blanches ou ses campagnes marketing qui ont fait un flop. Face à ce flux incessant de succès apparents, notre propre échec nous semble d’autant plus cuisant et solitaire. On se dit : ‘Regarde machin fait telle chose et moi et ben je me suis plantée.’ Cette comparaison constante crée un standard irréaliste et nous fait oublier que notre parcours est unique, avec ses propres défis et son propre rythme.
La peur de perdre confiance en soi
L’échec peut agir comme un puissant dissolvant pour l’estime de soi, surtout pour ceux qui, comme moi, ont construit leur identité sur la réussite. Un seul faux pas peut venir ébranler des années de succès et réveiller le syndrome de l’imposteur. On commence à douter de ses compétences, de sa légitimité, de sa valeur. La petite voix intérieure nous murmure : ‘Tu vois, je savais bien que tu n’étais pas à la hauteur’. Cette peur est insidieuse car elle crée un cercle vicieux : la peur de perdre confiance nous empêche d’agir, et l’inaction érode encore plus notre confiance en notre capacité à réussir. C’est une prophétie autoréalisatrice dévastatrice qu’il est crucial de briser.
La peur de blesser son ego
Enfin, il y a l’ego. Notre ego est cette image que nous construisons de nous-mêmes et que nous souhaitons projeter au monde : l’expert, le performant, celui qui réussit. L’échec vient frontalement égratigner cette belle façade. Il nous rappelle notre faillibilité, nos limites. Pour protéger cet ego fragile, nous pouvons développer des stratégies d’évitement, comme ne jamais commencer un projet pour ne jamais avoir à l’échouer, ou trouver des excuses externes pour justifier nos insuccès. Reconnaître sa part de responsabilité dans un échec demande une humilité que notre ego combat férocement. Pourtant, c’est seulement en mettant notre ego de côté que nous pouvons réellement apprendre et grandir.
L’impact mesurable de la peur sur la réussite : ce que Google nous apprend
On pourrait penser que le lien entre la peur de l’échec et la baisse de performance est une évidence, une intuition de bon sens. Mais il est toujours plus puissant de voir cette intuition validée par des données concrètes, surtout quand elles proviennent d’une des entreprises les plus obsédées par la performance au monde : Google. En 2012, Google a lancé une étude massive, baptisée ‘Projet Aristote’, pour répondre à une question simple : qu’est-ce qui fait qu’une équipe réussit ? Ils n’ont pas fait les choses à moitié. ‘Ils ont étudié plus de 180 équipes avec quelques 200 paramètres dans cette étude et ils sont allés étudier et bien les raisons de la performance.’ Après avoir analysé des montagnes de données, des profils des membres de l’équipe à leurs modes de communication, le résultat a été surprenant. Le facteur numéro un qui distinguait les équipes les plus performantes des autres n’était ni le talent individuel, ni l’expérience du manager, ni la charge de travail. C’était un concept appelé ‘sécurité psychologique’.
La sécurité psychologique : l’antidote à la peur de l’échec
Qu’est-ce que la sécurité psychologique ? C’est la conviction partagée par les membres d’une équipe qu’ils peuvent prendre des risques interpersonnels sans crainte de conséquences négatives. En des termes plus simples, c’est ‘le fait de savoir qu’on peut s’exprimer sans crainte, sans avoir peur d’être critiqué, sans avoir peur du regard du groupe, sans être mis à l’écart du groupe.’ C’est un environnement où poser une question ‘bête’, proposer une idée à contre-courant, admettre une erreur ou un manque de connaissance n’est pas vu comme une faiblesse mais comme une contribution constructive. Cette sécurité permet de débrancher le mode ‘survie sociale’ de notre cerveau et d’allouer toute notre énergie cognitive à la résolution de problèmes et à l’innovation.
Les conséquences directes sur la performance collective et individuelle
Le Projet Aristote a démontré que lorsque la sécurité psychologique est élevée, la performance grimpe en flèche. Pourquoi ? Parce que dans un tel climat, les idées fusent. Les problèmes sont identifiés et résolus plus rapidement, car personne n’a peur de signaler une erreur. La créativité est débridée, car les suggestions les plus folles peuvent être partagées sans risque de ridicule. La collaboration est plus fluide, car la confiance remplace la politique interne. En bref, la sécurité psychologique est le terreau sur lequel la performance et l’innovation peuvent s’épanouir. À l’inverse, dans un environnement où règne la peur de l’échec, les gens se taisent, les bonnes idées meurent avant d’être exprimées, les erreurs sont cachées jusqu’à ce qu’elles deviennent des catastrophes, et la stagnation s’installe. Le groupe devient moins intelligent que la somme de ses individus.
Comment créer sa propre sécurité psychologique en tant que solopreneur ?
Cette notion est facile à comprendre pour une équipe, mais qu’en est-il pour l’entrepreneur, le freelance, le solopreneur ? Nous sommes souvent seuls face à nos décisions et à nos doutes. La réponse est de créer intentionnellement cet environnement pour soi-même. Cela passe par plusieurs actions. Premièrement, changer son dialogue intérieur : se parler avec la même bienveillance qu’on offrirait à un collègue qui a fait une erreur. Deuxièmement, s’entourer d’un réseau de pairs (mastermind, groupe de co-développement) où la vulnérabilité est la norme et où l’on peut partager ses échecs sans jugement pour recevoir des conseils constructifs. Troisièmement, ritualiser le ‘test and learn’. Chaque action n’est pas un test de votre valeur, mais une expérience pour recueillir des données. Que l’on soit à la tête d’une équipe de 100 personnes ou seul à son bureau, le principe reste le même : cultiver un espace où l’erreur est perçue comme une information et non comme une faute est la condition sine qua non de la réussite durable.
7 stratégies concrètes pour démanteler la peur de l’échec
Savoir que la peur de l’échec est un frein est une chose. Apprendre à la maîtriser en est une autre. Ce n’est pas un interrupteur que l’on peut simplement éteindre. C’est un muscle à entraîner, un ensemble de nouvelles habitudes mentales à construire pas à pas. Heureusement, il existe des stratégies éprouvées pour reprogrammer notre cerveau et changer notre relation à l’échec. Voici sept approches que j’ai personnellement explorées et qui peuvent radicalement transformer votre manière d’aborder le risque et l’incertitude.
1. Puiser dans vos victoires passées sur la peur
Votre cerveau a besoin de preuves pour changer ses croyances. Une des techniques les plus efficaces est de lui rappeler les moments où vous avez déjà triomphé de la peur. Pensez-y : le permis de conduire, un examen important, un premier rendez-vous… Nous avons tous vécu des situations où nous étions pétrifiés, persuadés que nous allions échouer. ‘On s’est dit ‘c’est sûr là, je cours à la catastrophe, je vais me planter’. Et puis finalement on y a été.’ Et nous avons réussi. Prenez un carnet et listez concrètement trois de ces moments. Revivez-les. Ressentez la peur d’alors, puis la fierté de l’avoir surmontée. Cet exercice simple reconditionne votre cerveau. Il lui apprend que la peur n’est pas un prédicteur fiable de l’échec. C’est juste une émotion, un signal, pas une sentence.
2. Comprendre la mécanique primitive de votre cerveau
Votre peur n’est pas un signe de faiblesse, c’est le résultat de millions d’années d’évolution. Votre cerveau reptilien est conçu pour une seule chose : vous maintenir en vie. Pour lui, tout ce qui est nouveau ou inconnu est un danger potentiel. ‘Ce qui nous a gardé en vie finalement, c’est de faire des choses qu’on sait maîtriser.’ Il adore la routine, les sentiers battus, car ils sont synonymes de sécurité. Quand vous envisagez de lancer un nouveau produit, de changer de stratégie marketing ou de prendre la parole en public, votre cerveau tire la sonnette d’alarme : ‘Attention, terrain inconnu, risque de mort !’. Évidemment, le risque n’est plus d’être dévoré par un mammouth, mais le mécanisme de peur est le même. Comprendre cela est libérateur. Vous pouvez alors prendre du recul et vous dire : ‘Ok, mon cerveau fait juste son travail de protection. Mais ce n’est pas un danger réel, c’est juste le signal que je suis en train d’innover.’ La peur devient alors un indicateur de croissance, pas un panneau stop.
3. Adopter le mindset de l’apprentissage perpétuel
Changez la définition même de l’échec. Dans un mindset de croissance, il n’y a pas d’échec, il n’y a que des expériences et des apprentissages. Chaque action que vous entreprenez est une occasion de collecter des données. ‘C’est quoi que je fasse, c’est une occasion d’apprendre.’ Votre campagne publicitaire n’a pas fonctionné ? Fantastique. Vous venez d’apprendre ce qui ne résonne pas avec votre audience. Votre nouvelle page de vente ne convertit pas ? Super. Vous avez maintenant des indices précieux pour améliorer l’expérience utilisateur ou votre copywriting. Voyez chaque projet non pas comme un test binaire (succès/échec), mais comme une expérience scientifique. Quelle est mon hypothèse ? Quel est mon protocole ? Quels sont les résultats ? Qu’est-ce que j’apprends ? Cette approche dépersonnalise l’échec et le transforme en un outil d’amélioration continue.
4. Voir la réussite comme un chemin, pas une destination
Nous sommes obsédés par le résultat final : le chiffre d’affaires atteint, le podium, le lancement réussi. Nous oublions que la véritable valeur réside dans le processus. ‘La réussite, c’est pas juste l’arrivée. La réussite, c’est tout ce qui a permis d’arriver et donc les erreurs, et ben ça a permis d’arriver.’ Les détours, les impasses, les erreurs font intrinsèquement partie du voyage. Sans eux, il n’y a pas d’ajustement, pas d’apprentissage, pas de progression. Cessez de juger chaque pas et concentrez-vous sur le fait de continuer à avancer. Parfois vous ferez un grand bond, parfois un petit pas, parfois un pas de côté. L’important est de rester en mouvement, car c’est le mouvement lui-même qui constitue la réussite.
5. Dissocier l’action de l’identité : vous n’êtes pas vos échecs
C’est peut-être le changement de perspective le plus crucial. Il y a un gouffre entre ‘avoir raté’ et ‘être un raté’. Le premier est un événement, ponctuel et factuel. Le second est un jugement de valeur sur votre identité, une étiquette permanente. Très souvent, nous faisons l’amalgame : ‘J’ai très vite le sentiment si je me plante que ‘oh, mais je suis une branquignole, je suis nulle’.’ Vous devez activement vous entraîner à séparer ce que vous faites de ce que vous êtes. Votre valeur en tant que personne n’est pas définie par le résultat d’un projet. Vous êtes un être complexe, avec des compétences, des valeurs, des expériences. Une action qui échoue n’est qu’une infime partie de cela. Répétez-le comme un mantra : ‘Mon action a échoué, mais moi, je n’ai pas échoué. J’apprends et je continue’.
6. Réaliser une analyse de risque objective
Notre cerveau est un expert pour imaginer des scénarios catastrophes. La peur de l’échec est souvent une peur vague et démesurée. Pour la rationaliser, confrontez-la aux faits. Prenez un papier et posez-vous la question : ‘Quelle serait la réelle catastrophe ? La pire chose qui puisse arriver ?’ Soyez précis. Si je lance ce produit et que personne ne l’achète, que se passe-t-il concrètement ? Je perds de l’argent (combien ?). Je perds du temps (combien ?). Ma réputation en prend un coup (auprès de qui et est-ce permanent ?). Une fois que vous avez listé le pire du pire, vous réalisez souvent deux choses. Premièrement, ce scénario a une probabilité très faible. Deuxièmement, même s’il se produisait, vous ne mourriez pas. Il y aurait des solutions, des plans B, des façons de rebondir. Cet exercice ramène la peur de la taille d’un monstre terrifiant à celle d’un problème gérable.
7. Intégrer la dualité échec-réussite à la Schwarzenegger
Dans un podcast de Tim Ferriss, Arnold Schwarzenegger partage une vision du monde qui change la donne. Il explique que les gens opposent à tort la réussite et l’échec. Pour lui, ils sont indissociables, les deux faces d’une même pièce. ‘L’échec fait partie de la réussite. C’est les deux sont finalement absolument indissociables.’ Pour qu’il y ait un gagnant dans une compétition, il doit nécessairement y avoir des perdants. Participer à la compétition, c’est accepter la possibilité de perdre. Tenter de réussir, c’est accepter la possibilité d’échouer. Il ne peut y avoir de succès sans risque d’échec. Refuser l’échec, c’est donc refuser la possibilité même de la réussite. En voyant les choses ainsi, l’échec n’est plus un ennemi à éviter à tout prix. Il devient une partie intégrante et nécessaire du jeu de l’ambition.
Rebondir après l’échec : le guide pour transformer une chute en tremplin
Malgré toutes les stratégies du monde pour maîtriser la peur, il y aura des moments où nous allons échouer. C’est une certitude. Un projet qui n’atteint pas ses objectifs, une collaboration qui tourne mal, une idée qui ne trouve pas son marché. La question n’est pas de savoir si ça va arriver, mais comment nous allons y réagir. Rester écrasé au sol, paralysé par la déception, ou se relever, analyser, et repartir plus fort ? Rebondir après un échec n’est pas un acte magique, c’est un processus structuré qui demande de l’intention et de la méthode. Voici les étapes clés pour transformer une expérience douloureuse en un puissant levier de croissance future.
Étape 1 : L’acceptation radicale, premier pas vers la guérison
La toute première chose à faire, et souvent la plus difficile, est d’accepter la réalité. ‘Accepter l’échec, c’est ce qui va nous permettre de dépasser l’échec.’ Cela ne veut pas dire que vous êtes content du résultat, ni que vous vous résignez. Cela signifie simplement que vous cessez de lutter contre ce qui est. Vous arrêtez de vous dire ‘si seulement j’avais fait ci’ ou ‘ce n’est pas juste’. L’échec est là, c’est un fait. Tant que vous êtes dans le déni, la colère ou la négociation, vous gaspillez une énergie précieuse qui pourrait être utilisée pour avancer. L’acceptation est le point de départ de toute reconstruction. C’est dire ‘Ok, c’est arrivé. Maintenant, qu’est-ce que je fais ?’.
Étape 2 : L’analyse constructive pour extraire la leçon
Une fois l’émotion initiale un peu retombée, il est temps de passer en mode analyste. Prenez du recul et examinez la situation froidement. L’idée est de ‘réfléchir aux raisons de cet échec. Qu’est-ce qui a fait qu’on s’est planté ?’ Posez-vous des questions précises : Quelles étaient mes hypothèses de départ et lesquelles se sont avérées fausses ? Quels facteurs externes ont joué un rôle ? Quelles décisions que j’ai prises ont conduit à ce résultat ? Qu’est-ce qui a bien fonctionné malgré tout ? L’objectif n’est pas de vous blâmer, mais de transformer l’échec en une étude de cas personnelle. Documentez vos apprentissages. C’est cette analyse qui transforme une perte sèche en un investissement pour l’avenir.
Étape 3 : Assumer sa part de responsabilité, sans autoflagellation
Il est très tentant de rejeter la faute sur les autres ou sur les circonstances. C’est un mécanisme de défense de l’ego. Mais blâmer le monde extérieur nous place en position de victime impuissante. Pour reprendre le contrôle, il est essentiel d’assumer sa part de responsabilité. ‘On n’est pas toujours responsable de tout ce qui se passe et de toutes les composantes d’un échec, mais on est nécessairement responsable au moins d’une partie de cet échec.’ Identifier ce qui était sous votre contrôle et où vous auriez pu agir différemment est un acte de pouvoir. Cela ne signifie pas s’autoflageller, mais simplement reconnaître son agence dans la situation. C’est ce qui vous permettra de ne pas répéter les mêmes erreurs.
Étape 4 : Pivoter vers les solutions pour regarder vers l’avenir
Après avoir accepté, analysé et assumé, il est temps de basculer complètement le regard vers le futur. C’est le moment de passer du ‘pourquoi ça a raté ?’ au ‘comment faire pour que ça marche la prochaine fois ?’. Cet état d’esprit tourné vers les solutions est un véritable ‘switch’ mental. ‘Comment est-ce que je peux faire différent ? Comment est-ce que je peux changer la donne ?’ Brainstormez de nouvelles approches, de nouvelles stratégies. L’échec a fermé une porte, mais il a probablement ouvert des fenêtres que vous n’aviez pas vues. C’est souvent dans les décombres d’un projet raté que l’on trouve les germes de la meilleure idée suivante. L’énergie n’est plus dans le passé et le regret, mais dans le futur et la possibilité.
Étape 5 : Le pouvoir des objectifs pour redéfinir la victoire
Enfin, pour concrétiser ce nouvel élan, il est crucial de se fixer de nouveaux objectifs. Un échec peut nous laisser désorientés, sans cap. Se fixer un nouvel objectif, même petit, permet de se remettre en mouvement et de reconstruire la confiance. C’est aussi un rappel fondamental : on ne peut juger d’un succès ou d’un échec que par rapport à un objectif défini au préalable. ‘Vous n’allez pas pouvoir définir si ce que vous faites est un succès ou un échec si vous n’aviez pas fixé d’objectifs.’ Après un échec, fixez un nouvel objectif clair, mesurable et réaliste. Chaque pas vers cet objectif sera une petite victoire qui viendra panser les plaies de l’échec précédent et reconstruire votre momentum.
Conclusion : Votre prochaine grande aventure commence par la peur
Nous avons parcouru un long chemin ensemble, de la dissection de cette fameuse ‘peur de l’échec’ jusqu’aux stratégies pour la dompter et même rebondir après une chute. Si vous ne deviez retenir qu’une seule chose, ce serait celle-ci : la peur de l’échec n’est pas votre ennemie. La véritable ennemie, c’est l’inaction qu’elle engendre. L’échec, quant à lui, n’est pas l’opposé du succès, mais un arrêt sur le chemin qui y mène, une étape d’apprentissage obligatoire pour quiconque ose entreprendre et innover.
J’ai commencé en vous parlant de mon syndrome de la bonne élève. Aujourd’hui, je m’efforce de devenir une ‘bonne apprenante’. La différence est subtile mais fondamentale. La bonne élève cherche la note parfaite et craint l’erreur. La bonne apprenante cherche la progression et chérit l’erreur, car elle sait que c’est là que se cache la leçon la plus précieuse. Accepter de se planter, ce n’est pas devenir médiocre, c’est s’autoriser à être ambitieux. C’est comprendre que pour atteindre des sommets que l’on n’a jamais atteints, il faudra forcément emprunter des chemins que l’on n’a jamais pris, avec tous les risques que cela comporte.
Alors, en refermant cet article, posez-vous la question : quelle est cette action, ce projet, cette idée que la peur de l’échec vous empêche de réaliser aujourd’hui ? Et si, au lieu de voir cette peur comme un mur infranchissable, vous la considériez comme une boussole ? Une boussole qui pointe exactement vers la direction où se trouve votre prochaine zone de croissance. Osez faire le premier pas. Promis, même si vous trébuchez, vous ne reviendrez pas en arrière. Vous aurez appris, et vous serez déjà plus loin qu’hier.
Questions fréquentes sur la peur de l’échec
Comment distinguer une peur rationnelle d’une peur irrationnelle de l’échec ?
Une peur rationnelle est basée sur une évaluation objective d’un risque réel et significatif, comme investir toutes ses économies dans un projet non testé. Elle pousse à la prudence et à la planification. Une peur irrationnelle, souvent liée au syndrome de l’imposteur ou à la peur du jugement, est démesurée par rapport au risque réel. Elle est paralysante et empêche d’agir même quand les conséquences d’un échec seraient minimes et gérables. L’exercice clé est de se demander : ‘Quelle est la pire chose qui puisse réellement arriver, et pourrais-je y survivre ?’. La réponse permet souvent de dégonfler la peur irrationnelle.
‘De s’arrêter réellement et de se poser la question. ‘Vraiment si c’est la catastrophe atomique, c’est quoi ? Qu’est-ce qui se passe ?’ Et de voir si votre vie s’arrête. Ben en général, votre vie elle s’arrête pas.’
Le ‘syndrome de la bonne élève’ est-il un frein majeur à l’entrepreneuriat ?
Oui, cela peut être un frein considérable. Le syndrome de la bonne élève conditionne à suivre des règles, à chercher la validation externe et à éviter l’erreur à tout prix pour obtenir la ‘bonne note’. Or, l’entrepreneuriat est l’exact opposé : il n’y a pas de règles claires, la validation vient du marché (qui est imprévisible), et l’erreur est un mécanisme d’apprentissage constant. Pour réussir en tant qu’entrepreneur, la ‘bonne élève’ doit apprendre à désapprendre cette aversion au risque et à accepter que le progrès se fait par itération, c’est-à-dire par une succession d’essais et d’erreurs corrigées.
‘Mais ça a un gros désavantage d’être la bonne élève, c’est qu’on n’a pas l’habitude de se planter. Du coup, et ben j’aime pas l’échec. Pire, je peux vite avoir peur de l’échec. Et ça c’est un problème parce que si j’ai peur de l’échec, et ben j’ai peur d’avancer.’
Quel est le rôle d’un manager dans la création de la sécurité psychologique ?
Le rôle du manager est central. Il doit activement créer un environnement où l’échec est traité comme une source d’information et non comme une faute personnelle. Cela passe par plusieurs actions concrètes : célébrer les apprentissages tirés des échecs, partager ses propres erreurs pour montrer l’exemple, encourager la prise de risque calculée, et ne jamais blâmer un individu pour une erreur mais plutôt analyser le processus qui y a mené. Un bon manager pose des questions comme ‘Qu’avons-nous appris ?’ plutôt que ‘Qui est le responsable ?’.
‘La sécurité psychologique, le fait qu’on se sente à l’aise pour exprimer nos opinions, et bien c’est un élément extrêmement important qui va venir casser finalement cette peur de l’échec, euh casser cette peur de se tromper face aux autres et donc de pouvoir réussir.’
Est-ce que ‘ne pas avoir peur de l’échec’ signifie prendre des risques inconsidérés ?
Absolument pas. Surmonter la peur de l’échec ne signifie pas devenir imprudent ou négligent. Au contraire, cela signifie être capable d’évaluer les risques de manière objective, sans le filtre déformant de l’anxiété. Il s’agit de prendre des risques calculés et intelligents : des risques où la perte potentielle est acceptable et où le gain potentiel en termes d’apprentissage ou de succès est significatif. C’est la différence entre sauter d’une falaise les yeux fermés et faire de l’escalade avec un équipement de sécurité : les deux comportent un risque, mais un seul est une approche intelligente de la progression.
‘Il faut avoir un peu de discernement hein, bien sûr, mais c’est peut-être aussi qu’on est juste en train de sortir de sa zone de confort.’
Comment parler d’un échec professionnel en entretien d’embauche ou à des clients ?
C’est une opportunité de démontrer sa maturité, sa capacité d’apprentissage et sa résilience. La meilleure approche est la méthode ‘STAR’ (Situation, Tâche, Action, Résultat) adaptée à l’échec. Décrivez brièvement la situation et l’objectif (la Tâche). Expliquez les Actions que vous avez menées. Exposez honnêtement le Résultat (l’échec), puis ajoutez une étape cruciale : les Apprentissages. Expliquez ce que vous avez compris de cette expérience et comment cela a fait de vous un meilleur professionnel. Cela transforme un point négatif en un argument de force.
‘Si je me plante, j’apprends. Ben oui, euh si je me plante, je vois ce qui n’a pas marché. C’est c’est c’est tout bête hein, comme euh façon de fonctionner, mais alors ça c’est vraiment un mindset entrepreneurial.’
Comment le fait d’analyser ses échecs aide-t-il concrètement à réussir ?
Analyser ses échecs est le moyen le plus rapide d’apprendre et de s’améliorer. Sans analyse, on risque de répéter les mêmes erreurs. L’analyse permet d’identifier les hypothèses erronées, les failles dans une stratégie ou les compétences à développer. C’est un retour d’information direct et sans filtre de la part de la réalité. Par exemple, si une campagne publicitaire échoue, l’analyse peut révéler que le message n’est pas adapté à la cible. Cette information est de l’or : elle permet d’ajuster le message pour la prochaine campagne et d’augmenter drastiquement ses chances de succès. Sans l’échec initial et son analyse, on continuerait à avancer à l’aveugle.
‘L’idée, c’est d’essayer de comprendre, de réfléchir aux raisons de cet échec. Qu’est-ce qui a fait qu’on s’est planté. C’est ça qui est intéressant. Qu’est-ce qui a fait que ça n’a pas marché ?’

![[Best Episode] Oser l'Échec : les clés inattendues du succès - Episode 210 2 Logo de l'épisode [Best Episode] Oser l'Échec : les clés inattendues du succès - Episode 210 du podcast Le Podcast du Marketing - stratégie digitale, persona, emailing, inbound marketing, webinaire, lead magnet, branding, landing page, copy](https://podcast-marketing.fr/wp-content/uploads/2026/01/le-podcast-du-marketing-strategie-digitale-marketing-digital-cmo-persona-emailin-best-episode-oser-l-echec-les-cles-inattendues-du-succes-episode-210.jpeg)
![[Best Episode]Etendre son influence avec la stratégie des Dream 100 de Caroline Mignaux - Episode 237 - on parle de médias et de partenariat 4 Logo de l'épisode [Best Episode]Etendre son influence avec la stratégie des Dream 100 de Caroline Mignaux - Episode 237 - on parle de médias et de partenariat du podcast Le Podcast du Marketing - stratégie digitale, persona, emailing, inbound marketing, webinaire, lead magnet, branding, landing page, copy](https://podcast-marketing.fr/wp-content/uploads/2026/01/le-podcast-du-marketing-strategie-digitale-marketing-digital-cmo-persona-emailin-best-episode-etendre-son-influence-avec-la-strategie-des-dream-100-de-caroline-mignaux-episode-1-1-1024x1024.jpeg)
![[Best Episode]Etendre son influence avec la stratégie des Dream 100 de Caroline Mignaux - Episode 237 - on parle de médias et de partenariat 6 Logo de l'épisode [Best Episode]Etendre son influence avec la stratégie des Dream 100 de Caroline Mignaux - Episode 237 - on parle de médias et de partenariat du podcast Le Podcast du Marketing - stratégie digitale, persona, emailing, inbound marketing, webinaire, lead magnet, branding, landing page, copy](https://podcast-marketing.fr/wp-content/uploads/2026/01/le-podcast-du-marketing-strategie-digitale-marketing-digital-cmo-persona-emailin-best-episode-etendre-son-influence-avec-la-strategie-des-dream-100-de-caroline-mignaux-episode--1024x1024.jpeg)
