Gagner des abonnés instagram rapidement – genre vraiment rapidement, pas le traditionnel « poste tous les jours pendant 6 mois » – c’est le genre de promesse qui fait fermer l’onglet en moins de deux secondes. Et pourtant. Décembre 2018, un mec que personne ne connaît annonce publiquement qu’il va faire passer son compte de zéro à 10 000 abonnés en une semaine. Pas de notoriété préalable. Pas de passage télé. Pas de collab avec une star. Résultat : 36 000 abonnés en 10 jours.
C’est Aline, fondatrice du blog The Be Boost, qui raconte cette histoire dans son podcast. Et elle le dit elle-même : elle a d’abord pensé que c’était du flan. L’algorithme Instagram en 2018, c’était censé être devenu ingérable, la portée organique s’effondrait, tout le monde se plaignait. Et puis elle a regardé. Et les chiffres sont arrivés.
Ce qui m’intéresse ici, c’est pas juste le chiffre. C’est la mécanique. Et surtout ce que ça dit sur la façon dont on se raconte des histoires pour justifier notre inaction.
Le compte vidé, l’objectif posté, les 10 jours qui ont suivi
Florent – son nom de compte Instagram, c’est Florent suivi des initiales PL – avait un compte à 2 000 abonnés. Un beau matin de début décembre 2018, il le vide entièrement. Zéro post. Et il publie un message : à partir de telle date, je me fixe l’objectif de gagner plus de 10 000 abonnés en une semaine.
Aline décrit très bien le moment :
«Je me disais ‘Oh, pas possible ! Instagram, 2018, l’algorithme, mon Dieu, c’est ça va pas le faire, incroyable !’ Mais une part de moi était quand même super curieuse et je me suis dit ‘Punaise, si le mec l’annonce comme ça à tout le monde, c’est qu’il y croit, c’est qu’il a une technique.’»
Ce qui m’a frappé là-dedans, c’est pas la curiosité d’Aline. C’est que Florent avait annoncé son objectif publiquement avant de l’atteindre. Pas après. Avant. Ce détail change tout en termes de dynamique psychologique – pour lui, mais aussi pour ceux qui l’observaient.
La technique ? Un jeu concours. Mais pas un jeu concours pour gagner un bon d’achat Amazon de 50 euros. Un voyage à Bali pour deux personnes. Environ 5 000 euros. Et en parallèle, il a sollicité d’autres influenceurs Instagram pour relayer le concours auprès de leurs audiences. C’est la combinaison des deux qui a tout déclenché.
En 10 jours : 36 000 abonnés. Son objectif initial de départ était 10 000.
Un jeu concours instagram, ça marche vraiment – mais pas comme tu crois
Première réaction classique quand on entend cette histoire : «Ouais, mais moi j’ai pas 5 000 euros à mettre dans un voyage à Bali.» Aline l’anticipe dans son podcast, et elle a raison de le faire, parce que c’est exactement le réflexe qu’on a tous. Et c’est aussi le réflexe qui nous empêche d’apprendre quoi que ce soit d’utile.
Le principe du jeu concours Instagram n’est pas nouveau. Ce qui a fonctionné ici, c’est la combinaison de trois éléments précis :
- Un lot suffisamment désirable pour créer du bruit – pas besoin que ce soit Bali, mais il faut que ça donne envie de taguer ses amis
- Un relais par des comptes déjà en place (ce que les anglophones appellent le cross-promotion)
- Une exécution propre avec des règles claires d’abonnement comme condition de participation
Le vrai enseignement, c’est que gagner des abonnés instagram rapidement via un jeu concours repose moins sur la valeur du lot que sur la qualité du réseau de diffusion. Florent connaissait des influenceurs. Il leur a demandé de l’aide. Ils ont dit oui. C’est une compétence en soi – pas juste lancer un concours dans le vide et attendre.
D’ailleurs, si la mécanique des partenariats entre comptes t’intéresse, l’article sur les partenariats pour créer une communauté va plus loin sur la façon de structurer ce genre de collaboration.
abonnés instagram rapidement : ce que l’algorithme n’a pas tué
«Arrêtez de me dire que l’algorithme Instagram c’est de la merde, arrêtez de me dire que on n’a plus de visibilité.»
C’est Aline qui dit ça. Et en 2019 quand l’épisode sort, ce discours est courant dans les communautés marketing. Il l’est toujours aujourd’hui, sous des formes légèrement différentes.
«Tous ceux qui disent que l’algorithme Instagram en 2018, il fait plus monter aucun compte, qu’on a plus de visibilité, non, non c’est faux ! Regardez, vous avez l’exemple sous les yeux d’un mec parti de rien que personne ne connaît qui est pas célèbre, qui a pas buzzé, il est pas passé à la télé, le mec en 10 jours, zéro à 36000 abonnés.»
C’est exactement le problème. On confond «l’algorithme est difficile à comprendre» avec «l’algorithme rend la croissance impossible». C’est pas la même chose.
La croissance organique pure – publier du contenu et attendre – a effectivement des limites. Mais la croissance assistée par des mécaniques de diffusion intelligentes, c’est une autre histoire. Et Florent ne jouait pas contre l’algorithme. Il l’utilisait. Un contenu très partagé, beaucoup de nouveaux abonnés en peu de temps, des interactions qui s’enchaînent : c’est exactement ce que l’algorithme récompense. Pas par magie. Par design.
Pour aller plus loin sur les stratégies de construction d’une communauté Instagram engagée, il y a des approches complémentaires qui méritent d’être regardées en parallèle.
Le vrai sujet : pourquoi on ne se donne pas les moyens
À mi-chemin de son épisode, Aline bifurque. Et franchement, c’est là que ça devient intéressant – peut-être plus que la technique Florent elle-même.
Elle parle de la programmation évolutive. L’homme préhistorique face à une meilleure caverne de l’autre côté de la savane, avec les lions entre les deux. Il n’y va pas. Pas parce qu’il est stupide. Parce que son cerveau est câblé pour préférer l’inconfort connu à l’inconnu potentiellement meilleur.
«Lâcher une situation qu’on connaît pour aller vers l’inconnu, notre corps, il déteste ça. On déteste ça, ça fait ultra peur, même s’il y a 90 % de chances qu’on réussisse, et ben on a du mal et moi la première hein, je m’enferme dans ce genre de mécanisme constamment, faut pas croire.»
Elle l’assume. C’est pour ça que ça passe. Pas de posture de coach qui survole le problème depuis son promontoire. Elle parle d’elle, de son syndrome de l’imposteur qui l’a empêchée de reprendre son micro pendant deux mois entiers.
Et c’est là que la question devient gênante : quand on dit qu’on veut des abonnés instagram rapidement mais qu’on ne lance jamais le moindre concours, qu’on ne contacte jamais d’autres créateurs, qu’on continue à poster en espérant que ça vienne tout seul – est-ce qu’on le veut vraiment ? Ou est-ce qu’on préfère, quelque part, rester dans la situation actuelle qui au moins est connue ?
La question vaut aussi pour le contenu éditorial. Créer du contenu régulier demande de se confronter à des publications qui ne marchent pas, à des idées qui tombent à plat, à une audience qui met du temps à réagir. C’est inconfortable. La réflexion sur la stratégie de contenu avec un budget réduit aborde ce blocage d’une autre façon – valeur du contenu vs inertie de la publication.
Ce que Florent a fait que personne ne mentionne
Revenons aux faits concrets. Parce que dans l’enthousiasme du chiffre – 36 000 abonnés en 10 jours – on passe vite sur les détails qui font la différence.
Premier détail : Florent avait déjà un réseau. Pas une audience. Un réseau. Des gens avec qui il était en contact, qui le connaissaient, qui lui faisaient confiance. Les influenceurs qui ont relayé son concours ne l’ont pas fait parce qu’un inconnu leur a envoyé un DM générique. Ils l’ont fait parce qu’il existait dans leur écosystème. Ça, ça se construit avant – pas au moment où on lance le concours.
Deuxième détail : il avait utilisé les pods, les groupes d’engagement Instagram. Aline en parle rapidement – c’est d’ailleurs comme ça qu’elle a rencontré Florent. Ces groupes consistent à coordonner les interactions entre comptes pour booster artificiellement (mais délibérément) l’engagement. C’est une technique que beaucoup utilisent en silence (ce qui est rare dans un secteur où tout le monde se félicite bruyamment de ses «résultats organiques»).
Troisième détail, et c’est peut-être le plus important : l’objectif était posé par écrit, publiquement, avec une date. Pas «je voudrais bien avoir plus d’abonnés». 10 000 abonnés, une semaine, à partir de telle date. Cette précision n’est pas anecdotique. Elle change la nature de l’engagement.
Le marketing d’influence est une autre dimension de cette équation. Comprendre comment planifier et réussir une campagne de marketing d’influence – y compris pour sa propre croissance – permet de mieux structurer ce type d’opération.
La question que l’histoire de Florent ne résout pas
36 000 abonnés en 10 jours. Et après ?
C’est la limite que je dois mentionner ici – enfin, que j’aurais voulu qu’on mentionne dans le podcast. Des abonnés acquis via un jeu concours pour un voyage à Bali ne sont pas les mêmes que des abonnés qui te suivent parce que ton contenu les touche. Ils se sont inscrits pour gagner un voyage. Pas pour toi.
Le taux d’engagement post-concours, la rétention, la conversion de ces 36 000 personnes en une vraie communauté – ça, on ne sait pas. Aline dit que Florent visait 100 000 abonnés ensuite. Il les faisait au moment de l’épisode. Mais la question de la qualité de cette audience reste ouverte.
Gagner des abonnés instagram rapidement, c’est faisable. Le prouver, Florent l’a fait. Ce que ça vaut sur la durée dépend de ce qu’on fait ensuite avec ces abonnés – et c’est une compétence complètement différente. La façon dont on valorise son profil pour retenir et engager une nouvelle audience rejoint d’ailleurs des problématiques proches de celles traitées sur la valorisation de profil grâce au contenu – même si le contexte est différent, les mécaniques d’attraction et de rétention se ressemblent.
Bref. L’exemple de Florent est réel. La technique est documentée. La mécanique fonctionne. Ce que tu en fais ensuite, c’est ton problème – et c’est là, en général, que la vraie difficulté commence.




