Un marché concurrentiel, par définition, attire du monde. Et justement parce qu’il attire du monde, beaucoup de gens s’en éloignent avant même d’avoir commencé. Mike, lui, a fait l’inverse. Ingénieur dans l’aéronautique, sans formation marketing, sans école de commerce, il a débarqué dans l’un des créneaux les plus bouchés d’internet – la séduction – avec un an et demi de retard sur tout le monde. Résultat : entre 1,5 et 2,5 fois son salaire d’ingénieur chaque mois, avec 300 à 400 visiteurs uniques par jour. Pas des milliers. Des centaines.
C’est l’épisode de Marketing Mania animé par Stan Leloup qui m’a mis cette histoire sous les yeux. Et ce qui m’a arrêté, c’est pas les chiffres – enfin si, un peu – c’est la trajectoire. Un mec qui raisonnait en temps d’affichage de page et en mégaoctets, et qui a tout retourné en quelques mois. Sans toucher à son trafic. En changeant uniquement sa façon de penser.
Ce que la mentalité d’ingénieur fait vraiment au marketing
Le piège classique, quand tu viens d’un parcours technique, c’est de croire que la qualité se vend seule. Mike le dit sans détour. Au départ, ses entretiens de coaching ressemblaient à des spécifications techniques.
« Dans la mentalité d’ingénieur, tu vas un peu lister toutes les fonctionnalités, tu vas dire alors le coaching c’est bien parce que il y a si parce que il y a ça machin. Mais en fait l’autre en face il s’en fout, c’est pas ça qu’il veut. »
C’est exactement le problème. Et c’est plus répandu qu’on ne le croit – pas seulement chez les ingénieurs.
Son site, au départ, suivait la même logique. Des pop-ups dans tous les sens. Des menus partout. Des sidebars. De l’information empilée, parce que plus il y en avait, plus le visiteur serait impressionné. Sauf que le visiteur, lui, il glissait. Il atterrissait sur une page, regardait dans toutes les directions, et repartait sans rien faire. Le trafic était là. La conversion, non.
L’anecdote qui résume tout : Mike était fier d’avoir réduit le temps d’affichage de sa page de 2 secondes à 1,2 secondes. Son partenaire l’a arrêté net. « C’est pas le poids de ta page qui va t’amener des clients. » Un coup de pied au cul, selon ses propres mots. Et il avait raison.
Ce glissement – du technique vers le stratégique – c’est souvent là que ça coince pour les entrepreneurs qui ont tout bien fait mais qui stagnent. On optimise ce qu’on sait mesurer. Pas ce qui compte vraiment.
300 visiteurs par jour, des revenus multipliés par 8 : le marché concurrentiel ne protège pas les gros
Voilà le chiffre qui dérange. 300 à 400 visiteurs uniques quotidiens. Mike le dit lui-même : il connaît des gens avec 1 000, 2 000 visiteurs par jour qui génèrent moins que lui. Comment c’est possible ?
La réponse tient en une phrase : il n’a jamais cherché du trafic. Il a cherché des conversions. Et c’est une différence de paradigme totale, pas juste une différence de tactique.
Avant la bascule, il faisait 1/3 de son salaire d’ingénieur avec le site. Après avoir travaillé sa conversion – sans augmenter le trafic, sans publier 50 articles supplémentaires – il est passé à 1,5 à 2,5 fois ce même salaire. Donc x5 à x8 selon les mois. En gardant les mêmes visiteurs. En leur parlant différemment.
Ce que ça dit sur le marché concurrentiel, c’est que la bataille du trafic est souvent une fausse guerre. Les gros acteurs écrasent tout le monde sur le volume. Mais le volume n’est pas la seule façon de gagner. Un petit site avec une conversion à 3% bat un gros site à 0,3% – et de loin. (Ce qui est rare dans la discussion publique autour du SEO, où on parle de positions, de DA, de backlinks – rarement de ce qui se passe après le clic.)
La règle d’or que Stan Leloup appelle la règle d’or des conversions
Une page. Un objectif. C’est le principe que Mike a appliqué – et c’est simple à énoncer, violent à exécuter si tu viens d’une logique d’accumulation.
Avant, chaque article essayait de faire trois choses à la fois : attirer, convaincre, vendre. Résultat : il ne faisait aucune des trois correctement. La restructuration a été radicale : certaines pages deviennent des pages d’acquisition, d’autres des pages de vente. On ne mélange plus. On guide le visiteur d’une étape à l’autre, avec un message clair à chaque étape.
« Le mec, il arrive sur la page, quel est l’objectif ? Qu’est-ce qu’il faut qu’il fasse ? Quel est le message à faire passer et qu’est-ce que je veux faire de cette personne qui est potentiellement intéressée par le site ? »
Dit comme ça, ça a l’air simple.
Mais la plupart des sites que je vois – dans la séduction, dans le marketing, dans la santé, dans la méditation – ressemblent encore à l’ancien site de Mike. Un bouton pour la newsletter, un lien vers une page de vente, un autre lien vers un article connexe, une pop-up qui demande un email, et quelque part dans tout ça une offre payante. Le visiteur ne sait pas quoi faire. Alors il ne fait rien. C’est pas la concurrence qui tue ces sites. C’est la confusion interne.
Si tu veux creuser ce point sur pourquoi la visibilité seule ne résout pas ton problème de ventes, la logique est exactement la même.
Se différencier sur un marché concurrentiel saturé : l’angle avant le volume
La séduction sur internet, c’est un des premiers marchés à avoir cartonné avec des ebooks et des formations. Quand Mike arrive, il y a un an et demi, le truc est déjà bien installé. Les gros sont en place depuis 10 ans. Les niches classiques sont occupées.
Son choix : ne pas attaquer le marché général. Cibler une sous-niche très précise – les applications de rencontre, et notamment Tinder – en combinant deux compétences que personne d’autre n’avait exactement de cette façon : coach en séduction ET photographe portraitiste. La « refonte de profil » naît de cette combinaison. Pas d’un brief stratégique sur PowerPoint. D’une réalité concrète : il sait coacher, il sait photographier, et il a compris ce qui cloche dans les profils des gars qui n’ont pas de matchs.
C’est ça, l’entrée sur un marché concurrentiel quand t’arrives tard : tu ne copies pas ce que font les leaders. Tu trouves l’angle que personne n’a encore exploité – ou exploité de cette façon-là.
« Il y a une ébullition, il y a un truc qui se passe et il y a une opportunité de vous prendre une petite tranche de ce marché en ayant un positionnement qui est intéressant. »
Voilà. Et ce qui est intéressant dans ce que dit Stan, c’est que la concurrence elle-même est un signal. Si le marché est bondé, c’est qu’il y a de l’argent dedans. La question c’est pas « est-ce qu’il reste de la place » – il en reste toujours. C’est « par quel bout tu rentres ».
Ce type de réflexion sur le marché concurrentiel et le positionnement, on en parle aussi dans les dynamiques de passage de palier pour les entrepreneurs entre 3k et 10k – le problème de fond est souvent le même.
Commencer par le coaching, pas par la formation : le contre-intuitif qui tient la route
Beaucoup de gens qui montent un business en ligne pensent d’abord à la formation. Le produit scalable, le truc qu’on vend pendant qu’on dort. Mike a fait l’inverse – par défaut d’abord, puis par conviction.
Il a commencé par du coaching individuel. Et ça, c’est un choix structurant pour plusieurs raisons que l’épisode effleure sans toujours les nommer clairement.
D’abord, le coaching te donne un feedback immédiat sur ce que les gens veulent vraiment. Pas ce que tu crois qu’ils veulent. Ce qu’ils paient pour résoudre. Un ingénieur qui liste des fonctionnalités dans un entretien de vente – Mike l’a vécu, il en parle – se retrouve face à un miroir brutal. Le client en face te dit ce qui compte pour lui, ou ne le dit pas, et tu dois le décoder. C’est une formation accélérée en vente et en écoute que zéro cours magistral ne remplace.
Ensuite, le coaching sur un marché concurrentiel comme la séduction permet de tester son positionnement sans investissement de production. Tu ajustes ta promesse, tu affines ton angle, tu comprends quels profils de clients sont les plus faciles à convaincre – et les plus agréables à accompagner, ce qui n’est pas un détail si tu veux pas péter un câble au bout de six mois.
Ce n’est pas sans limite, bien sûr. Le coaching ne scale pas indéfiniment. Il y a un plafond horaire physique que Mike reconnaît implicitement – d’où le fait qu’il continue son CDI en parallèle, pas par obligation financière, mais parce que son travail dans l’aéronautique le passionne vraiment. (Et ça, c’est rare dans l’écosystème « quitte ton job pour être libre » qui domine YouTube – entendre quelqu’un dire qu’il aime ce qu’il fait le lundi matin.)
Pour aller plus loin sur ce que ça change de choisir la bonne formation ou le bon mentor quand on apprend le marketing en autodidacte, c’est une autre dimension du même problème.
Le marché concurrentiel ne tue pas les petits – il tue les confus
Ce qui ressort de toute cette conversation entre Stan et Mike, c’est une leçon que j’aurais voulu qu’on me dise – enfin, qu’on me dise plus tôt – et qui va à l’encontre de la plupart des conseils qu’on lit sur le web marketing.
Le volume de trafic n’est pas une condition préalable à la rentabilité. Le positionnement n’est pas réservé aux experts en stratégie. Et le marché concurrentiel n’est pas une raison de ne pas se lancer – c’est au contraire la preuve que le marché existe.
Mike génère aujourd’hui entre 1,5 et 2,5 fois son salaire d’ingénieur chaque mois. Pas parce qu’il a eu un trafic exceptionnel. Pas parce qu’il a inventé une thématique vierge. Parce qu’il a arrêté de raisonner en développeur et commencé à raisonner en marketeur. Ce changement de lentille – son expression, et elle est juste – ne s’achète pas sur YouTube en regardant des vidéos à droite à gauche. Ça demande un cadre, un système de pensée cohérent.
Et là, oui, on est sur un épisode sponsorisé en quelque sorte par la formation Le Déclic de Stan. Ça mérite d’être dit. Mais ce que Mike décrit – la transformation concrète du site, la séparation des pages d’acquisition et de vente, la réflexion sur l’objectif de chaque page – c’est vérifiable indépendamment de toute formation. La formation a été le déclencheur. Le travail, lui, il l’a fait.
Bref. La vraie question pour quelqu’un qui hésite à se lancer sur un marché concurrentiel, c’est pas « est-ce qu’il y a trop de monde » – c’est « est-ce que je sais à qui je parle, et est-ce que ma page dit une seule chose clairement ». Et si la réponse aux deux est non, le trafic ne changera rien.
Le marché concurrentiel ne protège pas les gros indéfiniment. Il expose les confus plus vite que les autres. Et ça, c’est plutôt une bonne nouvelle si tu sais où tu vas. Mais si tu jonglais encore entre trois objectifs sur ta page d’accueil ce matin, c’est peut-être là qu’il faut commencer – avant même de penser à la question du scaling et des tunnels de vente automatisés.
Sur un marché concurrentiel comme la séduction, Mike a prouvé qu’un angle précis bat un trafic massif. Il a prouvé aussi qu’on peut apprendre le marketing en six mois sans école de commerce. Ce qu’il n’a pas encore prouvé – et il le sait – c’est si ce modèle tient quand il voudra vraiment déléguer, automatiser, et passer à autre chose. Mais ça, c’est le problème du prochain palier.











