apparitions médiatiques

Utiliser les médias pour booster vos ventes – avec Alexandre Roth

Épisode diffusé le 30 juin 2015 par Marketing Mania

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Les apparitions médiatiques, la plupart des entrepreneurs internet n’y pensent même pas. Trop inaccessible, trop cher, trop compliqué sans réseau. Alexandre Roth, lui, a démarré à 18 ans – sans budget, sans carnet d’adresses – et il a fini par toucher 35 millions de personnes sur cinq pays à travers des passages sur France 2, M6, la BBC, GQ ou encore RTL. Ce n’est pas une question de chance. C’est une méthode.

Dans un épisode du podcast Marketing Mania, Stanislas Leloup l’a longuement interrogé sur ce que la plupart des gens ratent quand ils essaient de se médiatiser. Ce qui en est sorti, c’est une conversation brutalement concrète sur les journalistes, les angles, les tunnels de conversion et – detail que j’ai trouvé franchement révélateur – sur pourquoi coller un logo TF1 sur ta page de vente peut valoir autant qu’une campagne pub à 60 000 euros.

Alors oui, cet article parle de relations presse. Mais pas comme tu l’imagines.

18 ans, une caméra, et vraiment peur

Alexandre Roth lance Lifestyle Conseil en 2008. À l’époque, il cherche des visiteurs pour son site de coaching en séduction et développement personnel. Il n’est pas fort en marketing digital – il le dit lui-même, sans fausse modestie.

Ce qu’il sait faire, par contre, c’est contacter des journalistes. Il sort de l’EFAP, l’École française des attachés de presse. Pas pour faire des RP traditionnels, mais parce que ses événements de coaching dans des villas louées sont du bonbon pour les médias. Concrètement : il organise, il envoie un email, les journalistes viennent couvrir.

Sa toute première grande apparition médiatique, c’est la TSR – la Télévision Suisse Romande. Il avait 18 ans.

J’avais vraiment peur, j’étais assez flippé parce que je me suis dit waouh, une grosse équipe de journalistes, une caméra qui va se braquer contre moi, trois personnes qui vont regarder en même temps… J’avais peur de pas être suffisamment compétent et pas suffisamment à l’aise pour parler de mon sujet.

Ce stress-là ne disparaît jamais complètement, me semble-t-il. Ce qui change, c’est qu’on s’y prépare mieux.

Sa recette de l’époque : des réponses un peu préfaites, de la répétition, et une conviction chevillée au corps que passer dans les médias change le regard que les gens portent sur toi. Il appelle ça une ‘aura médiatique’. Ce mot fait peut-être sourire – mais les chiffres, eux, ne sourient pas. Le taux d’inscription sur ses pages de capture a augmenté de 5% rien qu’en ajoutant les logos des médias où il était apparu. 5 points. Sur un tunnel, ça peut représenter des dizaines de milliers d’euros.

L’erreur que font presque tous les business en ligne face aux apparitions médiatiques

Le problème central, selon Alexandre Roth, c’est que les entrepreneurs qui travaillent sur internet oublient de rendre leur business tangible. Tout se passe en ligne, dans des tunnels de vente, des newsletters, des webinaires. Les journalistes, eux, ont besoin de quelque chose à filmer, à photographier, à raconter.

Roth a résolu ce problème en créant des événements physiques. Des ateliers de coaching dans des villas. Des conférences. Des trucs qui existent dans la vraie vie, pas seulement sur un serveur quelque part.

Ce qui marche dans les médias, c’est tout ce qui est phénomène de société. Pour tout ce qui est marché de niche, ça va intéresser une presse de marché. Moi je dis souvent que tous les business sont médiatisables, c’est surtout l’angle qui est important.

L’angle. Ce mot revient sans cesse dans la conversation.

Stanislas Leloup lui pose la question directement : est-ce que Marketing Mania – un site sur l’optimisation des conversions et le remarketing – peut se médiatiser ? Roth répond sans hésiter : oui, mais pas en parlant d’optimisation des conversions. En parlant du nomade digital. Du phénomène de société qui englobe le fait de travailler depuis n’importe où dans le monde. L’Airbnb du travail, en quelque sorte. Ça, les journalistes savent quoi en faire. Et si tu veux comprendre comment ce genre d’angle s’articule avec une stratégie de contenu cohérente, c’est une autre paire de manches.

La logique est simple – peut-être trop simple pour qu’on y pense spontanément : trouve le phénomène de société auquel ton business est rattaché, et présente-toi comme l’expert de ce phénomène. Pas de ton produit. Du phénomène.

Comment calculer le ROI d’une couverture presse (sans se mentir)

C’est la question que tout le monde se pose et que personne ne pose vraiment à voix haute : est-ce que les apparitions médiatiques rapportent quelque chose de mesurable ?

Roth distingue trois niveaux.

Premier niveau : la couverture digitale. Si tu passes dans un média qui publie un article avec un lien vers ton site, tu peux tracker les visites, les conversions, le coût par lead. C’est du marketing direct presque classique. Là, les chiffres sont clairs.

Deuxième niveau : la crédibilité par logo. Une double page dans Elle, tirage 500 000 exemplaires – le coût publicitaire équivalent était de 64 000 euros à l’époque. Tu n’as pas dépensé 64 000 euros. Mais tu as une preuve sociale qui vaut potentiellement cette somme sur l’ensemble de ta communication. Et comme je disais : +5% sur le taux d’inscription en ajoutant ces logos sur une squeeze page, c’est un chiffre réel, testé, documenté. (Ce qui est rare dans le secteur, la plupart des gens avancent des estimations vagues.)

Troisième niveau : l’entrée dans la conscience collective. Moins mesurable. Mais réel. Quand les gens pensent ‘coaching séduction pour hommes’, ils pensent Alexandre Roth. Ce n’est pas le résultat d’une seule campagne – c’est l’accumulation de dizaines d’apparitions médiatiques sur plusieurs années.

Ceux qui rejettent les RP parce qu’on ‘ne peut pas calculer le ROI’ passent à côté de deux des trois niveaux. C’est dommage. D’autant que construire une personnalité de marque forte repose exactement sur ce type d’accumulation progressive.

Le newsjacking : ce que les agences pub ne peuvent pas faire

Ce passage de la conversation est celui qui m’a le plus intéressé – et pourtant c’est celui qu’on aurait pu zapper comme un ‘conseil bonus’.

Le newsjacking, c’est l’art de s’immiscer dans une actualité qui ne te concerne pas, pour tirer la couverture médiatique vers toi. Roth cite deux exemples français.

L’affaire Hollande-Gayet, le scooter, les photos. Sixt publie immédiatement une publicité : ‘La prochaine fois, louez une voiture avec vitres teintées.’ Ce n’est pas une campagne préparée six mois à l’avance avec un brief et un deck créatif. C’est une réaction en temps réel, pertinente, drôle, qui coûte presque rien et génère une couverture massive.

Le newsjacking c’est quoi ? C’est communiquer et réagir en temps réel. Et s’il y a bien un mot qu’il faut retenir, c’est temps réel. Les agences de pub ne peuvent pas réagir aussi rapidement. Aujourd’hui tout se passe très vite sur internet, il y a Instagram, il y a Twitter, il y a Facebook.

Ce qui est vrai. Les agences ont des process, des validations, des réunions. Toi, entrepreneur solo ou petite équipe, tu peux publier en 20 minutes.

L’autre exemple cité par Roth, c’est Oasis – la marque de jus de fruits qui a tout compris au newsjacking sur les réseaux sociaux. Dès qu’un événement majeur éclate en France, Oasis réagit avec un visuel décalé, un jeu de mots sur leurs personnages. Et ça tourne. Naturellement. Gratuitement.

Pour un entrepreneur qui cherche à multiplier ses apparitions médiatiques sans budget RP, c’est un angle sous-exploité en France. Roth est convaincu que ça va devenir la forme dominante des relations presse. Je ne suis pas sûr que ça remplace tout – mais comme levier complémentaire pour booster sa visibilité sur les réseaux sociaux, ça mérite vraiment d’être testé.

Et puis il y a les ‘marronniers’ – ces sujets récurrents que les journalistes traitent chaque année. Noël, rentrée, vacances d’été, bilan de fin d’année. Si tu peux anticiper ces cycles et arriver avec le bon angle au bon moment, tu n’as même pas besoin d’inventer une actualité.

Préparer ses apparitions médiatiques avant que l’émission ne passe

Cas concret, tiré de la conversation : un ami de Stanislas Leloup va apparaître dans une émission de télé-réalité business en prime time sur M6. Il ne peut pas faire de call to action à l’antenne – la production ne l’y autorise pas. Que fait-il ?

Roth répond sans hésiter et je trouve sa réponse précise comme une liste de courses.

D’abord, créer du contenu – articles et vidéos YouTube – avec le nom et prénom du participant, associé au nom de l’émission et de la chaîne. Pourquoi ? Parce que les gens qui regardent une émission et s’intéressent à un candidat vont googler ‘Prénom Nom + nom de l’émission’. Tu veux ressortir avant le site officiel de M6.

Roth explique qu’il le faisait systématiquement : dès qu’il connaissait le nom d’un reportage dans lequel il allait apparaître, il créait un post WordPress en avance, le publiait, puis le mettait à jour avec la vidéo le jour J. Le contenu avait déjà quelques jours d’indexation. (Et c’est souvent là que ça coince – les gens attendent que l’émission soit passée pour créer le contenu. C’est trop tard.)

Ensuite, le deuxième écran. Pendant la diffusion en direct, être actif sur Twitter avec les hashtags de l’émission. ‘C’est moi Vin qui passe en direct sur M6, retrouvez-moi sur mon site.’ Les gens regardent leur téléphone pendant qu’ils regardent la télé – cette tendance n’est plus une tendance, c’est un comportement établi.

Moi ce que je faisais c’est que je créais un post sur WordPress et je travaillais déjà, je publiais en amont et ensuite je mettais à jour le post avec la vidéo et plus de contenu, ce qui me permettait déjà de bien ranker sur ces requêtes-là.

Dit comme ça, ça a l’air d’une évidence. Mais franchement, combien de personnes y pensent vraiment avant leur passage ?

Cette logique de préparation en amont, on la retrouve dans d’autres domaines. Construire une audience avant d’en avoir besoin. Ranker sur son propre nom avant de passer à la télé. C’est exactement ce que font ceux qui, par exemple, ont travaillé à développer leur présence sur LinkedIn bien avant d’en avoir besoin pour une opération ponctuelle.

Équipe de 10 personnes, zéro employé

La dernière partie de la conversation porte sur l’organisation d’Alexandre Roth – trois business en parallèle (Lifestyle Conseil, Devenez Médiatique, un site de défense personnelle) et une conviction très claire sur la façon de travailler.

Pas d’employés. Uniquement des freelances. Jusqu’à dix personnes selon les périodes de lancement.

Sa logique : se concentrer sur les tâches où sa valeur ajoutée est réelle. Créer du contenu. Construire des produits. Apparaître dans les médias. Tout le reste – technique WordPress, montage vidéo, transcription, publication d’articles – est délégué avec des process documentés.

En pratique, il enregistre des vidéos. Un assistant monte. Un autre transcrit. Un troisième publie sur WordPress selon une procédure écrite. Roth ne touche pas au CMS.

Ce modèle a une limite que Roth reconnaît lui-même : ça demande une discipline de fer pour documenter les process et une période de rodage pour que les freelances comprennent vraiment ce qu’on attend d’eux. Ce n’est pas une recette magique – c’est un système qui coûte du temps à construire avant d’en faire gagner.

Mais la question qu’il pose – ‘est-ce que cette tâche correspond à ma valeur ajoutée ?’ – est celle que la plupart des entrepreneurs ne se posent pas assez tôt. Et du coup, ils passent leurs journées à faire du WordPress au lieu de passer à la télé. Ce qui, au fond, n’est peut-être pas la meilleure stratégie pour développer son audience. Pour aller plus loin sur ce que des approches comme le marketing d’influence peuvent apporter en termes de visibilité externe, ça complète bien la réflexion.

Alexandre Roth a construit quelque chose d’assez rare : un système où les apparitions médiatiques alimentent la crédibilité, qui alimente les conversions, qui financent la délégation, qui libère du temps pour de nouvelles apparitions médiatiques. Un cercle, pas forcément vertueux au sens moral du terme, mais remarquablement efficace.

La vraie question, c’est combien de temps tu es prêt à investir avant que la machine tourne toute seule.

Questions fréquentes

Comment obtenir ses premières apparitions médiatiques sans réseau ni budget ? +
Alexandre Roth a commencé à 18 ans en organisant des événements physiques - des ateliers de coaching dans des villas - qui donnaient aux journalistes quelque chose de concret à couvrir. L'idée centrale : rendre ton business tangible. Un site internet ne se filme pas. Un événement, si. Contacte ensuite directement les journalistes de ta niche avec un angle clair, pas en leur parlant de ton produit mais du phénomène de société auquel il est rattaché.
Est-ce que les apparitions médiatiques ont un vrai impact sur les ventes ? +
Oui, mais pas toujours directement. Alexandre Roth a mesuré une augmentation de 5% du taux d'inscription sur ses pages de capture après avoir ajouté les logos des médias où il avait été cité. Par ailleurs, une double page dans Elle représentait à l'époque 64 000 euros en équivalent publicitaire - sans avoir dépensé cette somme. Les retombées sont à chercher sur trois niveaux : le trafic direct mesurable, la crédibilité par preuve sociale, et l'ancrage dans la conscience collective.
Qu'est-ce que le newsjacking et comment l'utiliser pour se médiatiser ? +
Le newsjacking consiste à s'immiscer dans une actualité qui ne vous concerne pas directement pour attirer l'attention médiatique vers vous. L'exemple cité dans l'épisode : Sixt qui a réagi en quelques heures au scandale Hollande-Gayet avec une publicité sur les voitures à vitres teintées. Pour un entrepreneur, ça demande une veille active et une capacité à publier en temps réel - ce que les agences de communication traditionnelles ne peuvent pas faire aussi vite.
Comment capitaliser sur des apparitions médiatiques quand on ne peut pas faire de call to action à l'antenne ? +
Créer du contenu - articles et vidéos - avec son nom et prénom associés au nom de l'émission avant la diffusion, pour ranker sur les recherches Google des téléspectateurs. Publier en amont, mettre à jour le jour J avec la vidéo. Être actif sur Twitter pendant la diffusion avec les hashtags de l'émission. Ce sont les deux leviers principaux recommandés par Alexandre Roth pour transformer une exposition TV en trafic qualifié.
Tous les types de business peuvent-ils faire des apparitions médiatiques ? +
Selon Alexandre Roth, oui - à condition de trouver le bon angle. Un business de niche technique ne passera pas sur TF1 en parlant de ses fonctionnalités. Mais en identifiant le phénomène de société auquel il est rattaché, oui. Il prend l'exemple de Marketing Mania : l'optimisation des conversions n'intéresse pas les journalistes, mais le nomade digital - travailler depuis n'importe où dans le monde - est une actualité totale.
Comment gérer plusieurs projets en parallèle quand on est entrepreneur solo ? +
Alexandre Roth gère trois business avec une équipe pouvant aller jusqu'à dix personnes - uniquement des freelances, zéro employé. Sa règle : déléguer toutes les tâches qui ne correspondent pas à sa valeur ajoutée réelle. Il enregistre des vidéos, des assistants s'occupent du montage, de la transcription et de la publication selon des process documentés. La discipline de départ pour documenter ces process est significative, mais c'est ce qui rend le modèle scalable.

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