Le seo et business en ligne, c’est une équation que la plupart des référenceurs refusent de résoudre. Frédéric Zibette – alias Mon Salaire en Slip, formateur SEO depuis 2015 et fondateur d’EcomLinks – le dit sans détour : il a passé des années à faire grimper des sites techniquement impeccables qui ne rapportaient pas un euro. Et il n’est pas un cas isolé.
Ce qui est frappant dans l’épisode 8 du podcast Les Makers, c’est pas la trajectoire de Fred en elle-même – digital nomade à Chiang Mai depuis 3 ans, ex-salarié dans une boîte de mutuelles reconverti en créateur de formation. C’est la lucidité avec laquelle il décortique un angle mort quasi universel dans la communauté SEO française : savoir faire ranker un site ne veut pas dire savoir en faire un business.
Il a mis du temps à le comprendre. Moi aussi, franchement, j’aurais eu du mal à l’admettre si j’avais passé des années à maîtriser l’algorithmique de Google. Mais le chiffre qu’il balance – une seule vente au lancement de sa première formation, puis 30 ventes en 48h après un simple email d’urgence – dit tout ce qu’il y a à dire sur le fossé entre le trafic et le cash.
Alors, qu’est-ce qui sépare un SEO techniquement brillant d’un business qui tourne vraiment ?
Le syndrome du SEO pauvre : technique parfaite, chiffre d’affaires vide
Fred l’appelle le syndrome du SEO pauvre. Et clairement, c’est pas une attaque – c’est un constat qu’il fait d’abord sur lui-même. Les meilleurs profils SEO qu’on croise sur Twitter en France sont reconnus pour une technique : un schéma de maillage interne, une approche backlink, une astuce Black Hat qui a buzzé en 2019. Rarement pour le chiffre d’affaires généré.
Le truc, c’est que le SEO aime l’algorithme. Il aime débugger, comprendre, partager des tips. C’est quelqu’un qui, comme le dit Fred, ressemble à un développeur raté – avec toutes les obsessions du dev pour la technique, sans forcément l’indifférence commerciale qui va avec.
« Le SEO intrinsèquement n’aime pas vendre. C’est quelqu’un qui aime bien derrière son écran, qui aime bien parler d’un algorithme… le nombre de sites que j’ai fait grimper et avec lesquels, sur papier, c’était techniquement beau, ça permettait de briller dans les yeux de la communauté. Mais derrière, ça rapporte pas une tune. »
C’est exactement le problème.
Et ce qui est cruel, c’est que la technique SEO renforce ce comportement. Quand ton site rank, la page fait la vente à ta place. Tu n’as pas à convaincre, pas à relancer, pas à envoyer un email avec un compte à rebours. La page est première, les gens cliquent, et si ça convert pas – bah, tu travailles ta technique de ranking. Pas ton copywriting. Pour approfondir les bases du SEO et comprendre où commence la vraie stratégie, c’est souvent là que les référenceurs s’arrêtent.
Fred cite des gens qu’il a côtoyés dans sa formation – techniquement bidons au départ – qui ont rattrapé le minimum technique en quelques mois, puis ont fait des chiffres bien supérieurs aux siens. Parce qu’eux, ils vendaient. Ils ne cherchaient pas à briller devant la communauté.
Paul Sanchez, 2012 : le jour où le faire a pris le dessus sur le savoir
2012. Fred est salarié dans une boîte de mutuelles. Son patron lui paie une formation en one-to-one avec Paul Sanchez – formateur SEO, figure discrète mais respectée du milieu français.
Ce qu’il retient de cette session, c’est pas une technique précise. C’est un déclic mental : tu sais déjà. Applique. Fred repart de cette formation et se positionne sur le mot-clé « mutuelle » – au singulier, premier résultat Google. À l’époque, à base de spam blog, spam commentaire, spam forum. Black Hat old school.
« Je me suis dit putain de merde, je peux faire monter n’importe quoi… Et je me suis retrouvé dans la situation où, en fait, je me suis vite retrouvé comme un con à pas savoir faire quoi faire monter. Je pouvais faire monter n’importe quoi, mais je savais pas comment faire d’argent. »
Dit comme ça, ça a l’air simple. Et pourtant c’est exactement là que 80% des référenceurs se bloquent – moi le premier si j’avais cette compétence à 25 ans.
La maîtrise technique pure crée une forme d’ivresse. Tu ranks sur des mots-clés hyper compétitifs, tu vois les courbes monter, la communauté te félicite sur Twitter. Et en face : zéro structure pour monétiser. Pour voir comment d’autres SEO ont fait cette transition – du technique vers le business – l’épisode sur Kevin Richard, de SEO BlackHat à SEObserver parle exactement de ce moment charnière.
La formation avec Paul Sanchez a posé la moitié de l’équation. L’autre moitié viendra d’une source beaucoup plus inattendue.
Olivier Roland et la brutalité du marketing de communauté
Controversé dans le milieu SEO. C’est le mot que Fred utilise pour parler d’Olivier Roland – créateur de BlogPro, figure du business en ligne généraliste. Pas le genre de référence qu’un SEO technique cite sans guillemets.
Sauf que Fred l’assume. Et pour une raison très précise : dans la communauté Roland, il a vu des gens techniquement médiocres générer des chiffres sérieux. Juste en montant un blog, en capturant des emails, en relançant une liste, en lançant des produits avec des séquences.
« Je voyais des chiffres tomber de gens qui partaient de la communauté et qui débutaient… j’ai vu débuter Maxence Rigotier, c’était rigolo parce que à l’époque où je l’ai vu démarrer, il gagnait pas une tune mais je savais qu’il allait gagner de l’argent. Le mec était toujours tout feu tout flamme. »
Voilà. L’énergie de vente compense souvent trois ans de gap technique.
Ce qui a changé Fred à ce moment-là, c’est pas une technique supplémentaire. C’est l’humilité de constater que des gens avec moins de savoir produisaient plus de cash. Et que le seo et business en ligne, ça se joue pas uniquement dans Google Search Console – ça se joue dans la relation à l’audience.
Le premier réflexe concret qu’il en tire : accepter de mettre une pop-up de capture d’email sur son blog. Truc basique. Truc que tout marketeur fait le premier jour. Et que la communauté SEO rejette unanimement parce que ça fait – et c’est le terme qu’il utilise plusieurs fois – « vendeur de tapis ».
La pop-up que les SEO refusent de mettre (et le seo et business en ligne qu’ils ratent)
Entre 10 et 15% de capture de lead avec une pop-up bien formulée. Entre 3 et 5% sans. Ces chiffres, Fred les balance comme si c’était une évidence – et c’en est une, pour n’importe qui qui a fait un peu d’email marketing.
Mais dans la bulle SEO française, mettre une pop-up sur son site, c’est se trahir. C’est avouer qu’on vend. C’est se rapprocher du monde des infopreneurs, des « vendeurs de tapis », de tous ceux que la communauté technique regarde de haut. Le problème, c’est que ce mépris coûte cher. En leads. En chiffre d’affaires. En leverage.
Et c’est là que le seo et business en ligne commence à se clarifier comme concept. Parce que quand Fred dit que la pop-up c’est « un petit déblocage mental », il parle en réalité d’un changement de posture complet : passer de « je génère du trafic » à « je construis un actif ».
La liste email, c’est le truc que Google ne peut pas t’enlever d’un update. Le trafic organique, si. Ceux qui ont survécu aux mises à jour Panda, Penguin, HCU – les survivants durables ont presque tous une liste. (Et c’est souvent là que ça coince, parce que construire une liste demande d’admettre qu’on est dans le business, pas juste dans la technique.)
Pour ceux qui découvrent le sujet, un tour rapide sur le SEO en 5 minutes chrono donne une base utile – mais la vraie question vient après : qu’est-ce qu’on fait du trafic une fois qu’on l’a ?
30 ventes en 48h : ce qu’un chronomètre fait que 12 mois de contenu ne font pas
L’anecdote la plus parlante de tout l’épisode. Fred lance sa première formation après un an de vidéos YouTube sur Mon Salaire en Slip. Audience engagée, gens enthousiastes dans les commentaires. Il sort sa page de vente.
Une vente.
Pas dix. Pas cinquante. Une.
Il repart, découragé. Et puis il envoie un email à sa liste : il reste 48 heures pour commander, après les portes ferment. Résultat : 30 ventes en deux jours. Trente fois plus. Sans changer le produit. Sans changer le prix. Sans toucher à la technique SEO. Juste en ajoutant de l’urgence.
« Je me suis dit putain c’est fou, l’effet que peut avoir un chronomètre sur le passage à l’action… et de là j’ai déroulé tous les aspects marketing qui pouvaient fonctionner. »
Ce moment-là, c’est le vrai pivot. Pas la formation avec Paul Sanchez. Pas la communauté d’Olivier Roland. C’est ce chiffre concret – 1 vente versus 30 – qui lui a rendu le marketing concret et non plus théorique.
Ce que ça dit sur le seo et business en ligne dans sa globalité : le trafic sans conversion, c’est de la vanité métrique. Et la conversion sans urgence, c’est souvent de la procrastination côté acheteur. Les gens veulent le produit – ils ont besoin d’une raison d’agir maintenant. C’est du copywriting de base, mais c’est exactement ce que la bulle SEO occulte systématiquement. Pour aller plus loin sur les modèles qui combinent trafic et revenus, l’épisode sur l’édition de site avec Antoine Magnan explore une autre façon de transformer du SEO en cash flow régulier.
Pourquoi les meilleurs SEO sortent-ils de leur bulle si tardivement ?
Fred pose une question simple vers la fin de l’épisode : qu’est-ce qui se passe quand un SEO regarde comment les media buyers ou les marketeurs généralistes monétisent leurs audiences – avec moins de trafic, mais beaucoup plus de process commercial ?
La réponse habituelle : du mépris. Défensif. « C’est du vendeur de tapis. » Mais si tu t’arrêtes une seconde, si tu es honnête avec toi-même, tu réalises que le problème c’est pas eux – c’est que toi, tu es un mauvais vendeur.
Pas un mauvais technicien. Un mauvais vendeur. Nuance.
Le seo et business en ligne implique les deux. Et la communauté française a tendance à ne valoriser qu’un seul côté de cette équation – ce qui crée des experts reconnus sur Twitter pour leurs astuces, et anonymes dans les bilans comptables. Fred le dit clairement, et ce passage est peut-être le plus honnête de tout l’épisode : il a lui-même été longtemps ce profil-là. Brillant techniquement. Peu efficace commercialement.
La solution qu’il propose n’est pas révolutionnaire – relances email, pop-ups de capture, compte à rebours, paiement mensuel, page de vente avec vraie argumentation. C’est du marketing 101. Ce qui est révolutionnaire, c’est d’accepter de le faire quand on vient du monde SEO.
Et même là, il y a une limite que Fred assume : le paiement en plusieurs fois, avec des gens qui arrêtent à la troisième mensualité. Il dit qu’il fait son deuil de 30% de son CA potentiel. Pas idéal. Mais il considère que l’accès au plus grand nombre – y compris à ceux qui ont peu de moyens mais beaucoup de motivation – vaut le manque à gagner. C’est une position, pas une vérité absolue. (D’autres formateurs feraient exactement le calcul inverse, et auraient probablement raison sur le papier.)
Ce qui reste, après 80 minutes de podcast, c’est une question que j’aurais posée si j’avais été dans la pièce : combien de SEO lisent cet épisode, hochent la tête, et continuent à bosser uniquement sur leurs balises H1 le lendemain matin ?




